Monaco-Matin n°2015-11-29 dimanche
Monaco-Matin n°2015-11-29 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-11-29 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 72,6 Mo

  • Dans ce numéro : le Monte-Carlo Gastronomie a investi le chapiteau de Fontvieille avec 150 exposants...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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l’Histoire Responsable : Régine Meunier -Contact : rmeunier@nicematin.fr Dimanche 29 novembre 2015 ROM Maga'PEUR DE RIEN En 1924, un architecte monégasque remporte une médaille de bronze aux Jeux Olympiques, qui étaient à la fois sportifs et intellectuels. Son projet de construire un stade en gagnant du terrain sur la mer deviendra réalité. Depuis, Monaco a augmenté de 14% son territoire. Deux kilomètres carrés ! En dehors du Vatican, Monaco est et demeure leplus petit état du monde. De tout temps, la Principauté arêvé de s’agrandir. Au XX e siècle, les choses sont devenues réalité. En 1924, lors des Jeux Olympiques de Paris, un architecte monégasque de 29 ans, Julien Médecin, présente un projet de construction de stade àMonaco nécessitant une emprise de terrain sur la mer. Acette époque-là -etjusqu’en 1948- les Jeux Olympiques étaient ouverts àdes épreuves intellectuelles en plus des épreuves sportives. Le jury admire l’audace du projet et octroie àJulien Médecin une médaille de bronze. C’est, àcejour, laseule médaille jamais remportée aux J.O. par un Monégasque ! Lestade devint réalité quelques années plus tard. Il est connu comme l’« ancien stade Louis II » etfut construit en s’appuyant, d’un côté, sur le Rocher et de l’autre sur un remblai en bord de mer. Les ballons, d’ailleurs, finissaient souvent leur course dans l’eau ! Rasé pour construire le quartier de Fontvielle Le stade fut détruit en 1985 lorsque les constructions titanesques du nouveau quartier de Fontvielle et du nouveau stade furent achevées. wh ; "'1""1 1:1 r-,.,'11121'. - Imp°,. e' : I - I mi en ; ne en" - s Il était une époque où la voie ferrée traversait en hauteur la Principauté de Monaco. Depuis, elle a été enfouie sous terre. (DR) L’« ancien Stade Louis II » s’étalait au pied du Rocher de Monaco jusque dans les années 1980 où il a été remplacé par le nouveau quartier de Fontvieille. (DR) Auparavant,en1949, le prince Rainier III avait demandé à l’architecte le Corbusier son avis sur l’extension de la Principauté. Celui-ci avait préconisé l’enfouissement de la voie ferrée pour gagner de l’espace. Cela fut réalisé àlafin des années cinquante. Ainsi la Principauté put-elle s’étaler sur le rivage àl’est, et, partant de là, conquérir sur la mer les 35 000 mètres carrés du quartier du Larvotto. Là se trouvent aujourd’hui des immeubles et hôtels de luxe ainsi que le centre decongrès du Grimaldi Forum, dont une bonne partie du bâtiment est située au dessous du niveau de la mer. C’est au début des années soixante que le Prince Rainier III prend la décision grandiose de construire un, ret ; NOWIL, quartier entier sur la mer. Ils’appellera « Fontvieille » -étymologiquement « Vieille fontaine ». Ainsi que l’explique Thomas Fouilleron dans son « Histoire de Monaco », un premier projet de 400 000 mètres carrés est envisagé, jusqu’à un endroit où les fonds marins atteignent quarante mètres de profondeur. Mais, deux ans plus tard, on le réduit à220000 mètres carrés avec création d’un port de plaisance de 55000 m². Des sommes colossales sont en jeu. Des gouffres financiers s’ouvrent sous les pas des promoteurs, plus profonds que les fonds marins. Au début des années soixante-dix, on parle d’une ruine prochaine de la Principauté, ou –chocking ! –de la création d’un impôt pour les Monégasques. Puis tout rentre dans l’ordre. Le quartier de Fontvieille est achevé. La Principauté a ainsi augmenté de 14% sa superficie. Et ce n’est pas fini ! LePrince Albert II, estimant que Monaco doit gagner 300 000 mètres carrés d’espace àvivretous les dix ans, alancé en 2013 un projet de presqu’île de six hectares dite « du Portier » au large du Larvotto. ANDRÉ PEYREGNE Le nouveauquartier de Fontvieille aentièrement étéconstruit en gagnant sur la mer,àlasuite d’une des réalisations architecturales les plus audacieuses au monde dans le genre. (DR), ONCERT CH NSON SPECTAC E COMÉDIE MU ICAL FE OUR VARIÉTÉ BILLET DANSE P JE : H TACLE CO SICALE TH TRE JE UN VHI-tlt 1 L bALLt I LU1VItUlt URNbt l'UV UME Votre actu est sur www.lecridelamarmotte.com Soit dit en passant ABrignoles, Pierre Léonce Bonfils, né en 1833, invente les allumettesbougies, dont le brevet est conservé au musée local. Surnommé « l’homme du siècle » par ses concitoyens, son nom est depuis 2007 celui d’une rue. Le 15 septembre2007, le maireJean-Pierre Guercin inaugure larue Léonce Bonfils, en présence des descendants de « l’homme du siècle » et de nombreux Brignolais. Cette petite rue nefait que 150m. Elle devait se profiler entre larue Lice de Signons et la rue Raynouard, mais les travaux programmés n’ayant pas été effectués, elle s’est arrêtée au boulodrome Claude- Toucas. Rien ne prédisposait cet humble ouvrier à laisser une telle trace dans sa ville natale. En effet, né le 19 mai 1833, Pierre Léonce Bonfils a débuté sa carrière entant que cirier (qui travaille la cire) en 1855 àSaint-Maximin. Quelques années plus tard, il ouvre son atelier rue Lice de Signons àBri- gnoles, où l’on peut encore voir les restes de son enseigne murale. Le cirier décide d’améliorer les techniques d’allumage de bougies en inventant les allumettes-bougies dont le brevet se trouve au musée de Brignoles. Puis, les allumettes chimiques ayant détrônée celles en cire, il suit le courant et sa fabrique connaît alors un essor fulgurant. Léonce est un inventeur dans l’âme. Chargé de la distribution de gaz pour l’éclairage de la ville Lors de la guerre de 1870 il va, pour l’armée, fabriquer une balle incendiaire dotée d’une capsule de phosphore censée embraser sa cible. L’histoire ne dit pas si elles ont été utilisées. Lorsqu’en 1872, une loi attribue le monopole de la fabrication des allumettes à l’État, Léonce doit cesser son activité. Pour la cessation d’activité et la préemption de ses locaux commerciaux, rue Lice de Signons, il perçoit une indemnité de 130000 francs (environ 25000 euros). En 1875, au vue de ses connaissances de l’alchimie du feu, le maire Louis Bagarry concède à Léonce Bonfils la distribution du gaz pour l’éclairage de la ville. Le premier bec est installé àBrignoles en 1876. Léonce ne s’arrêtera jamais de chercher et d’inventer.Il est à l’origine de l’exploitation des sites de bauxite dans le Var, qu’il vendra àl’Union des Bauxites de Montpellier. A partir de 1891, il réalise le remodelage de la carrière de Candelon, proche de Brignoles et exploite ce marbre rose veiné que l’on retrouve dans certaines églises, mais aussi dans la décoration intérieure etdans les meubles de cette époque. Il a même déniché une petite chute d’eau sur le Caramy en aval de Brignoles pour produire de l’électricité hydraulique. Avec tout ça, il était naturel qu’en séance du mercredi 23 mai 2007, le conseil municipal donne son nom à une rue. NELLYNUSSBAUM Source : Association pour la Sauvegarde du patrimoine brignolais au travers l’ouvrage « Que serait Brignoles sans le XIX e siècle ? » écrit par Michel Dutto. Bien que très arborée et quelque peu bucolique,la petite rue Léonce Bonfils n’est pas très passante et sert surtout de parking pour les Brignolais ou touristes qui vont au centre-ville. Vo RUE Léonce BONFILS Restant de l’enseigne peinte sur le mur de l’atelier de PierreLéonce Bonfils,rue Lice de Signon. (Association pour la Sauvegarde du patrimoine brignolais)
l’Histoire Dimanche 29 novembre 2015 GENS D’ICI C’était une villa qui datait des années 1870. Elle tenait son nom d’une source voisine : « Fontana rosa ». Située àMen- ton, elle avait été construite près du passage de la toute nouvelle voie ferrée. Achetée en 1906 par un négociant allemand, elle fut confisquée pendant la guerre, puis vendue aux enchères. En 1922, un ressortissant espagnol l’acheta. Ce n’était pas le moindredes ressortissants espagnols ! Ilétait l’un des plus grands romanciers de son pays : Vicente Blasco-Ibanez. Il fuyait la dictature instaurée en Espagne par Primo de Riveira. Vicente Blasco Ibanez, né àValence en 1867, était non seulement un écrivain mais aussi un chef républicain. Exilé en Argentine, il avait milité pour l’indépendance de Cuba par rapport àl’Espagne, et avait été condamné à quatreans de prison par un Conseil de guerre de son pays. Il avait ensuite décidé de créer, toujours en Argentine, deux… nouvelles villes, appelées « Cervantès » et « Nueva Valencia ». Mais la guerre avait ruiné ses projets. « Désormais, je servirai le peuple par la seule voie du roman », avait-il conclu. C’est alors qu’ayant recherché un point de chute en Europe, il était arrivé àMenton. « Nivivant, ni mort, je ne reviendrai en Espagne, aussi longtemps que la dictature ysévira »,avait-il proclamé. Nos trésors Blasco-Ibanez, l’écrivain en exil àMenton « Jusqu’à la fin de tes jours, tu auras le Christ en face de toi ! » lance le clerc deLaGarde-Freinet àson « ennemi », lejour où la grande Croix des Maures aété élevée et consacrée, au sommet du village, le 3mai 1900. C’était le jour de la Saint-Clément, patron du village. L’abbé Mathieu qui officie àl’époque, aurait fait en sorte de la placer exprès dans l’axe de la place Neuve, pour qu’elle soit visible de tous et plus particulièrement du riche propriétaire athée de la C’est la dictature espagnole qui a poussé Vicente Blasco-Ibanez, républicain et romancier,àfuir son pays. (DR) Des sculptures de ses auteurs favoris dans le jardin Le voici à Fontana Rosa. Vicente Blasco Ibañez aménage la villa et les jardins. La villa d’origine n’existe plus aujourd’hui. Il fait construire une colonnade en demi-cercle autour de bancs en carreaux de céramique illustrant les aventures de Don Quichotte. Il souhaite, en effet, que la littérature soit partout présente dans son jardin. Des stèles sont dressées pour recevoir des bustes de Dickens, Flaubert, Hugo, Dostoïevski, Balzac, Zola, Pouchkine et, bien sûr,Cervantes. A l’entrée de la propriété surgit un lourd portail en pierres dont le fronton est orné de portraits de Balzac, Cervantes et Dickens. Toute une bibliothèque imaginaire hante ces jardins mentonnais. Blasco-Ibanez a déjà publié des romans célèbres : « Sommica », « Dans l’ombre de la cathédrale », « LaHorde », « Arènes sanglantes », « Les Quatre cavaliers de l’apocalypse », « Mare nostrum »,dont plusieurs sont devenus des films. Il écrit àMenton « LaReine Calafia », « Voyage d’un romancier autour du monde », « Aux pieds de Vénus », « A la recherche du grand Khan », « Le chevalier de la Vierge ». Autant de personnages qui chevauchent les grandes étendues de son imagination ! Mais la maladie guette. Vicente Blasco-Ibanez meurt le28janvier 1928, àl’âge de 61 ans. plus imposante maison du village sise au n°1. Habitation qui a plus tard et pendant longtemps, abrité l’office de Tourisme, qui a déménagé en 2002. Énergique, cet ecclésiastique ! Ilaconvaincu les Gardois et le conseil municipal, d’élever cet imposant signe religieux au-dessus du village, répondant ainsi à l’anticléricalisme bourgeois en vogue. En effet, au début du XX e siècle, l’église aété sommée par l’État de se retirer des affaires civiles. Cette laïcisation s’est accomplie dans un climat particulièrement conflictuel et s’est exprimée sous la forme d’une idéologie refusant àlareligion toute manifestation publique. Aussi, la plupart des notables provençaux suivaient-ils ce nouveau courant. Un paratonnerre adossé au Christ C’est ainsi que depuis 115 ans, le village, comme la vallée de la Garde-Freinet, sont surplombés par la Les effigies de Balzac,Cervantes et Dickens ornent le portail de sa villaFontana Rosa àMenton. (DR) Blasco-Ibanezfit construire, dans le jardin de sa villa, un portique semi-circulaire à la base duquel on trouve des céramiques illustrant les aventures de Don Quichotte. (DR) Des funérailles grandioses à Menton puis en Espagne Ses funérailles donneront lieu àune cérémonie d’une ampleur inouïe. C’est un monstre sacré, un roi, un empereur que toute la ville accompagne au cimetière du Trabuquet ! Mais lorsque, cinq ans plus tard, la République fut rétablie en Espagne, on décida d’y transférer ses cendres à Valence. Le 27 octobre, une nouvelle cérémonie grandiose eut lieu en présence du ministre espagnol de la Marine. Le journal l’« Illustration » en rendit compte : « Une foule immense se pressait pour apercevoir le sarcophage du romancier, don de sa ville natale, dont brillait le bas-relief en or massif. Ce sarcophage digne d’un roi était long de 3m, haut de 1m,il représentait un livre aux tranches dorées. II était supporté par sept autres livres en bois sculpté choisis parmi ses propres ouvrages. Des marins français et espagnols traversèrent toute la ville, la dépouille sur les épaules, jusqu’au port oùattendait un navire pour Valence. » Dans « Les Quatre cavaliers de l’apocalypse »,Blasco-Ibanez avait rêvé d’une « société idéale où il n’y aurait plus de frontières ni d’antagonisme de race. » ANDRÉ PEYREGNE ACTU... actu... - LA CONFÉRENCE Les séjours de George Sand àLaSeyne, racontés àOllioules Mardi 1er décembre, l’Université du Temps Libred’Ollioules propose une conférence sur « Georges Sand à Tamaris », animée par le docteur François Trucy,membredel’Académie du Var. En effet, Amantine, Aurore, Lucile, Dupin, baronne Dudevant, plus connue sous le pseudonyme de George Sand née àParis le 1er juillet 1804, aséjourné dans ce quartier de La Seyne, àplusieurs reprises. L’œuvredecette romancière, auteur dramatique, critique littéraireetjournaliste compte plus de soixante-dix romans. Mardi 1er décembre à18h30, salle Jean-Moulin, placeTrotobas,Ollioules. Entrée 6 euros,étudiants 2 euros,infos et réservations au 04.94.30.41.20 L’EXPOSITION Antibes-Juan les Pins : « LeCorbusier, le jeu du dessin » L’exposition du musée Picasso va démontrer combien l’œuvre graphique de Le Corbusier est restée confidentielle et pourtant, le dessin qui demeurait le « labeur secret »,la part de l’intime, la clef de la recherche de l’architecte a largement participé à la modernité du XX e siècle. Les dessins présentés ici n’ont été, pour la plus grande partie, peu ou jamais exposés. Ils proviennent tous de la Fondation Le Corbusier, détentrice de quelque six mille cinq cents pièces. Jusqu’au 24 janvier,musée Picasso, place Mariejoln, Antibes. Ouvert tous les jours -sauf le lundi -de10h à12h et de 14h à18h. 6euros.Tél. 04 92 90 54 20. En 1900, la Croix des Maures, est érigée de façonostentatoire au sommet de la Garde-Freinet en réponse au courant laïc et anticlérical de l’époque et pour agacer le propriétaire,aussi riche qu’athée,delaplus imposante maison du village. Dès son installation, la Croix des Maures a fait l’objet de cartes postales. Un circuit en boucle sur les hauteurs de la Garde-Freinet est possible aujourd’hui, depuis les ruines du fort Freinet jusqu’à la Croix des Maures. Compter 1heure. (Cartepostale début XX e siècle. DR) Croix des Maures. Elle culmine à437m. Monumentale, la Croix en fer, haute de six mètres, aété fabriquée par des artisans locaux, notamment le charron Cavalier, installé àBrignoles, àlafinduXIX e siècle. Quant àson effigie, le grand Christ qui pèse 175 kg, il aété commandé àunfondeur spécialisé. Il se dit qu’il fut installé en le montantsur les épaules d’un seul homme d’une force herculéenne, M. Rimbaud ! Mais, le monument aégalement eu une fonction moins spirituelle. Il aservi de paratonnerre au village pendant des années, avant que la rouille n’en vienne àbout et efface en même temps les gravures faites au fil du temps par les amoureux. En 1978, une décision de restauration aété prise et menée àbien par la vaillante association de maintenance de la Croix des Maures. C’est aujourd’hui, avec le fort, le monument le plus photographié et le plus visité de la Garde-Freinet. NELLY NUSSBAUM Sources : Monographie sur La Garde-Freinet et le Plan-de-la-Tour,écrite par Albert Giraud, membre du conseil d’administration du Conservatoire du Patrimoine.Éditions Équinoxe,collectionVillages des Maures.Remerciements à Laurent Boudinot, Conservatoire du Patrimoine de la Garde-Freinet.



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