Monaco-Matin n°2015-11-26 jeudi
Monaco-Matin n°2015-11-26 jeudi
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°2015-11-26 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 60,4 Mo

  • Dans ce numéro : mille personnes, le prince Albert II en tête, ont participé à une marche pour la paix, hier à Monaco.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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AllianzRiviera - iStock nice-matin Le dossier Jeudi 26 novembre 2015 L’après 13 novembre : Est-ce l’effet d’une prise de conscience après les attentats de Paris ? Toujours est-il que les remontées d’information sur des cas de jeunes mineurs en voie de radicalisation se multiplient Honnêtement, ça fait peur de se dire que n’importe quel gamin peut se faire retourner la tête en mode Matrix. » Christine Teixeira n’est pas du genre fataliste, c’est même plutôt l’inverse. La radicalisation islamiste des mineurs, elle y est chaque jour confrontée. Elle lutte, pour sauver ces jeunes, comme cadrededirection au Pôle Solidarités du Département, et coordonne notamment les services de protection des mineurs et de l’aide sociale à l’enfance. Dans ses bureaux, une cellule, l’Adret, ytraite des cas de radicalisation. VOS CÔTÉS POUR SIGNALER UN ENI:ANĪ EN DANGER OU RISQUANT DE LtTRE AUJOURD’HUI 9H -19H Entreprenarialese le salon des dirigeants d'entreprise *I& A L L I A N Z R I V I E R A Àl’Adret, ici avec Michelle Mosnier et Christine Teixeira, on arecensé 81 mineurs radicalisés. Des « barbus » à l’arrêt du tram Depuis octobre 2014, 81 signalements de mineurs radicalisés (le plus jeune avait 13 ans) ont été enregistrés dans les Alpes-Maritimes. Notamment àCannes-la-Bocca, Nice, Menton, Grasse, mais aussi, et c’est la nouveauté, dans l’arrière-pays. Au total, mineurs inclus, 427 individus radicalisés ont été signalés dans le département. Dans la semaine qui asuivi les attentats du 13 novembre, les appels se sont multipliés. Rien que pour la journée du vendredi qui asuivi les attentats, huit cas sont « Cultivons l’optimisme ! » #ENTREPRENARIALES2015 www.entreprenariales.com parvenus, « dont deux très sévères », précise Michelle Mosnier,adjointe au service de l’enfance. « Attention, cela ne veut pas dire qu’il yaeuplus de radicalisés depuis les attentats, À Nice, le foot face à la pression religieuse Consterné, Diego Noto, le président du Cavigal, club multi-activités niçois, se souvient d’une anecdote qui l’a marqué. Il aété président de la section foot pendant quatorze ans. Jusqu’en 2014, ils ont accueilli sans le savoir,lefils de Omar Diaby,lerecruteur du djihad, présumé mort en Syrie. « Son fils s’appelait Djibril, né en France. Il avait de grosses qualités, il jouait milieu offensif ou attaquant. C’était un des meilleurs joueurs dans sa catégorie, on l’a eu de 6à13ans. Hélas on aappris que son père avait réussi àl’envoyer en Syrie. Il adisparu d’un jour àl’autre, on ne sait pas ce qu’il est devenu. Dès 8ou9ans il traînait souvent seul dans la rue. Cela m’arrivait de lui payer un coca. » Le président souligne que, dans ces quartiers populaires, des musulmans, il y en a toujours eu. « Mais il yadix ans on s’est aperçus que certains gamins prenaient la douche en slip, car la nudité est bannie dans la pratique radicale. » Le Cavigal a ainsi été contraint de changer les statuts de son club pour y inclurelanotion de laïcité, stipulant qu’aucun signe religieux distinctif, croix ou autre, ne doit être arboré. Dans un autre club niçois, le Gazelec, c’est un stage de footballeurs de 13 ans qui adérapé il yadeux ans. « Ils ont commencé àfaire la prière musulmane dans les chambres, témoigne Daniel Bottos, le président du Gazelec. On amis le holà et on aarrangé les choses. Dans notre club, lors des stages, on propose des menus de substitution, mais on ne fait pas de halal. » Aucun n’a constaté en revanche de prières dans les vestiaires. (Photo Franz Chavaroche) mais au contraire qu’il ya peut-être eu une prise de conscience encore plus forte qu’après Charlie de la part des entourages, mais aussi de tous ceux qui sont àmême de signaler. » 42% des dossiers proviennent de l’Éducation nationale. La masse d’appels traitée par l’Adret reflète une réalité de terrain. Ainsi, dans le quartier Bon-Voyage, àNice, un éducateur confirme qu’il n’est pas rare « devoir des « barbus » attendre le matin les lycéens àl’arrêt du tram et de leur reprocher de ne pas s’être présentés à la prière la veille au soir ». Àl’Adret, on se souvient aussi de ce jeune Niçois qui, le 19 février dernier,a glissé àses copains du foot qu’il avait en poche son billet vers la Turquie. La voie « classique » vers la Syrie. « En douze heures, grâce à une parfaite coordination avec le parquet et la préfecture, les parents étaient convoqués et, le vendredi, le garçon faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire », relate Christine Teixeira. Depuis, il a bénéficié du parcours des jeunes pris en charge. À savoir un suivi personnalisé par les services sociaux du Département, en lien avec la préfecture etla justice. Une poussée insidieuse de la religion La poussée doctrinale de l’intégrisme islamique, se ressent évidemment dans les structures associatives (lire ci-contre) et depuis longtemps. Eric Ciotti, initiateur du plan département de lutte contre la radicalisation, unique en France, rappelle que les premiers départs vers la Syrie datent de l’été 2012. Il se félicite que 1220 agents du Département aient été formés, dans le cadre de ce plan, depuis le 19 février dernier, aux signes avant coureurs de radicalisation. Ce travail, que Christine Teixeira compare à une goutte d’eau qui réussit à s’infiltrer partout, quel que soit le chemin, porte ses fruits. Ainsi, lundi à Nice, dans le quartier Bon-Voyage, des témoins éberlués ont assisté à une drôle de scène. Une maman est venue « bastonner » sa fille qui portait le voile pour aller au collège. Ces signalements, ces gestes, sont-ils annonciateurs d’une prise de conscience ? Seul l’avenir le dira. Enquête : GRÉGORY LECLERC GUILLAUME BERTOLINO +377 97 98 > OUVERTURE DEMAIN SALON DU 27 > 30 NOVEMBRE 2015 CHAPITEAU DE FONTVIEILLE 10H > 19H MONTECARLOGASTRONOMIE.COM f/MONTECARLOGASTRONOMIE V MCGASTRONOMIE Nous avons le plaisir de vous inviter à la 20e" édition du salon Monte-Carlo Gastronomie. Véritable invitation à la gourmandise, ce temple de la gastronomie est dédié à tous les gourmets. Producteurs, professionnels, associations et chefs proposent des produits originaux, de qualité et des recettes gourmandes à quelques semaines des fêtes de fin d'année. Venez découvrir les démonstrations e quotidiennes des plus grands chefs des palaces de Monaco et de la Côte d'Azur. RADIO OFFICIELLE MONAM MffiiiDAS MAGAZIN MERTMAGAZINE RADIOMONACO Mt « 8.11.W3 ae
Le dossier signalementsaccrus « Recréer des espaces de dialogue » Aux doigts qui se lèvent nombreux, aux visages concentrés, on sent leur envie de bien faire, mais aussi une forme de désarroi. Ils sont vingt-cinq éducateurs du Département, venus des quatrecoins des Alpes-Maritimes, réunis en cercle autour du psychologue Patrick Amoyel, et d’une animatrice de groupe. Réunis, comme près de 1200 agents avant eux, pour un atelier parole dans le cadre du « Plan départemental de lutte contre les risques de radicalisation des jeunes ». Ces vigies sociales affichent une forme d’inquiétude. Dans leurs témoignages, on trouve pêle-mêle les difficultés de logement, la problématique de l’insertion, celle du voile, de la déscolarisation. Beaucoup pointent le manque de moyens. « Le problème, c’est qu’on ne nous écoute pas », lâche vertement une éducatrice. « Cela fait quelques années que nous avons allumé les clignotants. La prise de conscience politique est trop tardive. Des cours d’alphabétisation ont été fermés, comme des structures de proximité. Nous ne sommes plus en phase avec notre métier. Nous sommes en constat d’échec, d’impuissance. Quand je regarde Arte j’en appends plus qu’en une journée avec cette formation. » Certaines arrivent avec des problèmes concrets. « Une fille de 19 ans, dont la maman est de tradition chrétienne, s’est soudain voilée. Elle ne veut plus aller faire les courses avec la maman, ne veut plus aller en classe. Comment l’aider ? » Au final, tous s’accordent sur un constat : « Il faut recréer des espaces réels de dialogue entre les jeunes et les élus locaux, régionaux, les éducateurs, les associations. Il faut élaborer des plans d’action avec ces jeunes-là pour qu’ils se sentent inclus dans la prise de décision. » Une partie du groupe d’éducateurs autour de Patrick Amoyel. (Photo G.L.) Cannes : « Lacitoyenneté en cheval de bataille » C’était il y a trois semaines, à l’initiative de la sous-préfecture de Grasse. La rencontre avait eu lieu dans un collège. Celui de Ranguin –Gérard Philipe –à Cannes. Les événements tragiques du 13 novembre n’avaient pas encore mis en émoi le monde entier.Et la formation de ces enseignants en manque de répondant face à un phénomène complexe–celui de ces trop nombreux jeunes candidats au djihad –avait de faux airs de cours magistral. Ce que regrette Noré Mezouar. Avec YoannGiletti, ils sont tous deux éducateurs à Ranguin. Un de ces quartiers dits « difficiles » de Cannes. Bien loin des flashs de la Croisette. Où paupérisation et stigmatisation ont pu, à la longue, favoriser certains jeunes à choisir la voie de la radicalisation. « Onn’a rien vu venir… Ou on s’est peutêtre borné ànerien voir »,essayent-ils d’analyser. « Aujourd’hui on nous demande d’apprendre à identifier les nouveaux cas. Mais lorsqu’on vient nous voir en nous expliquant les choses plus qu’en échangeant, ça me dérange ». Hôtel des Ventes de Monte-Carlo Monte-Carlo auCtion House CHantal BeauVois &FranCk Baille JOURNées d’eXPeRTIses GRATUITes eTCONFIdeNTIeLLes dans les différentes spécialités en présence des experts le Vendredi 27 noVeMBre 2015 et le saMedi 28 noVeMBre 2015 au Matin MOBILIeR OBJeTs d’ART, LIVRes, TABLeAUX ANCIeNs &XIX e sIÈCLe, HORLOGeRIe, ARGeNTeRIe, ARCHéOLOGIe www.hvmc.com « Trop tard ? » En tant qu’éducateur,Noré est plongé depuis trois ans au cœur de la vie de ces jeunes. Avec des parcours de vie difficiles. Compliqués par une rupture affective, scolaire, familiale, professionnelle. Parfois les quatreàlafois. Alors quand s’ajoute la dimension religieuse, le cocktail peut s’avérer carrément explosif. « C’est à nous, éducateurs, de recentrer le débat. Ça fait trois ans que je travaille sur la citoyenneté. Que je diffuse un message de paix et de tolérance. Quandj’entends parler de radicalisation, c’est trop tard ! » Et le sapeur volontaire Mezouar de jouer au pompier de service. « Onme demande d’éteindre un incendie alors qu’il suffisait d’entretenir un jardin… » poursuit-il pour rester dans la métaphore. ÀLaBocca, Noré et Yoannsont en contact avec 150 jeunes. De onze à dix-sept ans essentiellement. Parfois plus. Et pas de signaux inquiétants détectés depuis la « formation ». Pas depuis le 13 novembrenon plus. Bras reliquaire 10-12 Quai Antoine 1er -98000 MONACO -00377 93 25 88 89 France, finXiV e/début XV e info@hvmc.com nice-matin Jeudi 26 novembre 2015 Yoannet Noré, tous deux éducateurs àRanguin, quartier dit « difficile » deCannes-La Bocca. (Photo Franz Chavaroche) Les gamins de la fracture sociale « Lepremier problème ici, c’est l’emploi. Il fautarrêter avec le reste ! Avant de parler radicalisation, parlons aide à l’emploi. Luttons contre l’absentéisme à l’école qui explose. Aidons les familles qui sont larguées. Soyons plus rapides que ces mecs qui arrivent àconvaincre des jeunes àl’abandon de partir en Syrie ». « Or » pour Yoann, « laradicalisation dont on nous rebat les oreilles depuis des semaines, elle prend ses sources dans les années 90. Quand on aparlé fracture sociale. Qu’est-ce qu’on a fait depuis ? Elle est où l’intégration ? Ces jeunes ne croient plus en la politique, ni aux institutions. Alors c’est difficile de leur dire d’aller voter pour un système qui se désintéresse d’eux. Et ça facilite le job des enrôleurs qui promettent paradis, frères, femmes etc. » Àleur niveau, Noré et Yoannont mis au point plusieurs projets pour « raccrocher » les cas les plus durs. « Onaorganisé ce voyage àParis. On aété reçu à l’Élysée, au Parlement, au Sénat. On a pu dire aux jeunes : voilà pourquoi vous êtes Français. Ils ont compris. Ils ont respecté ». Ils veulent aussi les faire travailler sur l’Histoire. « Celle de leurs ancêtres. De ces tirailleurs nord-africains morts pour la France à Monte Cassino. Et pas l’inverse que certains essayent de leur inculquer ! » Enfin, autre idée forte des éducateurs cannois : « Instaurer un service civique d’un an. Les sortir des quartiers et leur donner envie d’aider leur pays. Vous êtes musulmans, mais vous êtes Français. On abesoin de vous pour combattre une minorité de fous criminels ». italie, Castelli Époque XVii e siècle,



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