Micro Systèmes n°97 mai 1989
Micro Systèmes n°97 mai 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°97 de mai 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 220

  • Taille du fichier PDF : 186 Mo

  • Dans ce numéro : imprimantes laser et traitements de texte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La gestion est, paradoxalement, l'un des domaines les moins biens maîtrisés du monde industriel. La Gestion de Production Assistée par Ordinateur, ou GPAO, a bien conquis ses lettres de noblesse, mais les liens sont encore rares avec les outils de gestion traditionnels, principalement stocks, commandes et fournisseurs. La frontière entre les cols bleus de l'usine et les cols blancs de l'administration se retrouve dans l'informatique. Les produits de GPAO les plus sophistiqués sont nés chez les professionnels de la XAO, pas chez ceux de la comptabilité. Des choix décisifs Le problème vient de l'intégration entre des univers différents. ChezC.J.B. Automation, Didier Mignardot signale ainsi qu'« en matière de réseaux, des produits spécifiquement industriels, comme ModBus, cèdent le pas à Ethernet, moitié pour des raisons objectives d'homogénéité, moitié pour suivre la mode ». L'intégration chère à la philosophie CIM n'est pas aussi simple qu'il puisse paraître à première vue. Les choix que doivent faire les industriels, intégrateurs et autres prestataires de services qui ont décidé de travailler dans ce domaine, sont donc encore loin d'être élucidés. Car, si le CIM est au premier abord une notion facile à comprendre, sa mise en pratique soulève des questions. Ainsi, la normalisation est un des points qui suscitent actuellement le plus d'interrogations. Tous les équipements qui doivent communiquer entre eux ne peuvent le faire qu'en suivant des protocoles clairement définis et respectés par chacun. Tant au sein de l'entreprise, entre les différents services qui sont partie prenante du processus de production, qu'au-dehors de l'entreprise. Il est évident par exemple que les relations avec des sous-traitants ou des intervenants extérieurs, fournisseurs de services ou de produits, sont censés obéir aux règles édictés. A l'heure où les communications sont de plus en plus intégrées aux ordinateurs et à la vie de l'entreprise, il n'est plus possible de concevoir l'unité de production hors du maillage de relations, matières premières, commercial, transports... CIM ou EIM, aujourd'hui, pour cer- tains, la question est déjà de savoir où doit s'arrêter l'intégration. Pour Pierre Marie Gallois, consultant international en management industriel à Cap Sesa Industrie, CIM est une notion globale qui recouvre une multiplicité d'approches et de questions complémentaires, certes, mais aussi très segmentées. « Dans CIM, ce qui me paraît le plus important, c'est le « I » de Intégration. Et nous préférons de plus en plus parler à la place de CIM, de EIM, c'est-à-dire de Entreprise Integrated Manufacturing. En effet, le plus important dans les nouvelles organisations industrielles qui voient le jour actuellement, c'est moins de savoir que tout est organisé autour du computer, que de bien prendre conscience que c'est de l'entreprise dont il est question. Il s'agit de promouvoir un nouveau type d'intégration pour l'entreprise, qui peut se faire avec l'ordinateur et autour de l'ordinateur. Mais, en dernière analyse, le plus important demeure l'entreprise. Concrètement, cela veut dire que certains ont tendance à penser CIM uniquement en terme de production, ce qui est un peu une vision GPAO, alors que le maître mot reste intégration. » L'équipe de Cap Sesa Industrie s'est constituée il y a quatre ans, et depuis cette date elle affine en permanence sa perception de l'entreprise. Ces ingénieurs définissent le CIM selon trois concepts dont le premier est évidemment Intégration. Les deux autres notions essentielles à leurs yeux sont flux et simplification. « Nous utilisons flux au sens large. Il est bien sûr question des flux d'information et de communication entre les différents équipements informatiques, mais flux, c'est aussi flux de données, de produits, de matériaux. Simplicité est comme l'objectif que doit garder à l'esprit l'ingénieur qui pense à l'organisation de son entreprise. Le but etant d'arriver à une plus grande simplicité et à un maximum de transparence par l'intégration. A ce propos, il est amusant de noter que les Américains écrivent « cimplification », sans doute pour indiquer que la simplification est le principe de CIM. » Une autre façon de dire que le CIM, ce n'est pas uniquement le « traite- Les stations de travail, comme ce Vax Station de Digital, sont à la base d'une stratégie d'intégration de l'informatique en milieu industriel. 108 - MICRO-SYSTEMES Mai1989
DOSSIER. ment de l'information » mais aussi l'organisation de l'entreprise. Le CIM a pour effet de faire passer l'entreprise d'un mode de production ou les services sont « relativement cloisonnés » vers une structure décloisonnée.Cela a des répercussions sur les rôles de chaque intervenant qui voit souvent ses attributions sinon remises en question, du moins largement modifié. « Les trois pôles d'évolution de CIM sont bien sûr la technologie. Mais avant cela, il y a peut-être un gros travail de management et un processus d'implication des hommes à mettre en oeuvre. L'idée de CIM n'est pas réellement nouvelle. Depuis un certain temps, on parle de productique et de réorganisation de l'entreprise. Malheureusement, dans l'esprit de nombreux dirigeants, la productique ou le CIM, s'est d'abord une affaire de technologie et donc d'investissement financier. Dans ces conditions, on comprend les réticences ou le manque de sensibilisation qu'ont certains dès qu'il s'agit de remettre en question le mode de production. » Cerner les problèmes L'approche de Pierre Marie Gallois est sensiblement différente en ce qu'elle pose à côté de Technologie deux autres pôles qui sont pour lui tout aussi importants : management et implication. En privilégiant une démarche où les ressources humaines sont considérées comme la première étape d'un plan d'organisation, Pierre Marie Gallois désire faire comprendre que l'organisation de l'entreprise tient d'abord plus aux hommes qu'aux moyens strictement techniques qui sont mis à leur disposition. Si les problèmes humains et la donne organisationnelle sont des composants essentiels du CIM, il ne faut pas pour autant ignorer la dimension strictement technique de CIM. L'interaction entre maîtrise de l'organisation technique, des bases de données par exemple, et maîtrise d'un mode de Mai 1989 communication entre services est indispensable. Ce dernier point est d'ailleurs celui qui semble devoir être pris en considération avant toute démarche CIM. « Impliquer les hommes autour de cercles de qualité par exemple est un bon moyen de commencer à envisager les possibilités de CIM. ». Et cela à deux égards. D'abord par le coût financier de cercles de qualité, qui ne sont pas nuls loin de là, mais sont sans commune mesure avec ceux d'investissements matériels. Leur mise en place peut se réaliser en plusieurs étapes et être entièrement gérée dans les meilleurs des cas par les hommes de l'entreprise. Cette première étape permettra de déboucher sur des résultats concrets en terme de productivité et de gain global pour l'ensemble de l'entreprise. On peut même envisager, précise Pierre Marie Gallois, que les gains qui sont réalisés dans un premier temps avec des actions de sensibilisation en direction des acteurs, permettent de financer les investissements matériels. Même si cela n'est pas complètement le cas et si les gains strictement financiers ne couvrent pas les investissements à venir, la sensibilisation aura eu comme effet de mettre à jour des problèmes qui sans cela seraient restés dans l'ombre... jusqu'au moment où ils seraient remontés à la surface d'eux-mêmes. Les problèmes rencontrés ? Ils sont de toute sorte et il n'est pas possible d'en dresser une liste exhaustive qui puisse être utilisée comme une check list. L'opération deviendrait dans ce cas relativement facile. Chaque société, en fonction de son secteur d'activité, de l'état d'avancement de son automatisation et de sa culture, sera confrontée à des problèmes spécifiques. On peut citer en revanche une question que soulève de façon courante la mise en place d'un plan de structuration CIM, celui des données techniques et de leur structuration. « La base de données techniques, c'est le capital de l'entreprise », précise Pierre Marie Gallois. C'est à partir d'elle qu'il est possible d'organiser tout un réseau de relations. « C'est un labeur de taille, il faut définir des concepts, des familles de produits, pour que la structuration des données techniques soit uniforme. » En quelque sorte, le problème sur lequel bute aujourd'hui la bureautique, mais multiplié par le nombre et la diversité des informations. Cette tâche repose, une fois de plus, le problème éternel de l'origine des standards : s'agira-t-il de la reconnaissance de fait d'une suprématie d'un produit existant ou d'une normalisation issue des organismes internationaux (et lesquels ?) Le flou le plus artistique règne actuellement sur le comment, si le pourquoi n'est remis en cause par personne. Une cohérence indispensable La conclusion de Gérard Devoivre, responsable du marketing d'Absis, société de service grenobloise, qui se définit lui-même comme un « intégrateur en milieu industriel » n'est pas des plus optimistes : « Les scientifiques savent bien que de la somme des optimums ne résultent pas forcément l'optimum maximal. » Autrement dit, la mise en place du CIM dans une entreprise industrielle demandera l'élaboration d'un schéma directeur, à l'instar de ce qui se fait dans l'informatique de gestion au niveau des grands comptes. Les années 1990 verront sans doute en ce domaine des changements importants, comme l'émergence d'une nouvelle race de directeurs informatique industrielle. Mais l'enjeu est majeur comme le fait remarquer Gérard Devoivre : « Dans quelques années, l'investissement industriel se mesurera non seulement en terme quantitatif, mais également en terme qualitatif, en tenant compte du niveau d'intégration de ces investissements entre eux et de la cohérence des équipements informatiques. » A l'aube du marché unique européen, une telle perspective n'est pas à négliger. Les entreprises qui, en 1970, n'ont pas compris l'importance de l'informatique centrale, ou celles qui, en 1980, n'ont pas tenu compte de l'informatique départementale, sont des exemples à méditer. Christophe Chiclet MICRO-SYSTEMES - 1 09



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