Micro Systèmes n°93 janvier 1989
Micro Systèmes n°93 janvier 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°93 de janvier 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 182

  • Taille du fichier PDF : 160 Mo

  • Dans ce numéro : systèmes experts et psychologie cognitive.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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distinction entre le langage de surface et les intentions du locuteur. Le système doit déceler ces dernières à travers la requête en langage naturel, qui est souvent exprimée de manière incomplète ou imprécise, et il doit réagir de manière à satisfaire ces intentions, et non ce qui est dit en surface. On parle alors de « coopération » entre la machine et l'homme. Quels usagers ? L'informatique et la télématique grand public, notamment les utilisations du minitel, requièrent, plus que toute autre application, une interface utilisateur puissante et conviviale. Car, explique Bernard Normier, « l'interlocuteur visé est par excellence l'utilisateur profane, c'est-à-dire qu'on ne peut compter ni sur les connaissances qu'il pourrait avoir par ailleurs du domaine, ni sur celles qu'un usage répété du système peut apporter ». C'est une question de vie ou de mort des banques de données grand public, et quelques dizaines de serveurs en ont déjà fait la triste expérience. Dans ces applications, « si l'on n'a pas d'interface en langage naturel, on ne sait pas faire de banques de données grand public, ou bien on les fait trop mal, et il y a retour de bâton au bout de deux ou trois ans », affirme le P.- D.G. de GSI-Erli. En effet, la consultation de bases de données est généralement assez occasionnelle, ce qui ne permet pas à l'usager de se familiariser avec un langage de commande sans l'aide d'un spécialiste. Une interface en langage naturel doit alors permettre d'exprimer son problème dans un langage familier au lieu d'avoir à utiliser des formules de recherche complexes, menus de sélection fastidieux et autres codes numériques aux termes peu explicites. Pour accéder à une base de données relationelle, on posera par exemple la question : « Donnez-moi la liste des employés ayant plus de dix ans d'ancienneté » et « Quel est leur salaire moyen ? » Pour une base documentaire : « Je veux la liste des publications concernant la biotechnologie depuis 1985 ». Pour une application vidéotex : « Quel est le premier avion pour Nice ? » ou bien : « Où peut-on manger après 23 heures à Paris » ? 88 — MICRO-SYSTEM ES L'autre versant, ce sont les serveurs interrogeables à distance, comme celui de Télésystèmes, par des personnes formées à leur utilisation. Ce procédé trouve ses applications dans les milieux professionnels, où le langage naturel permet d'éviter la contrainte d'un langage particulier d'interrogation, par mots clés, par exemple. Il améliore ainsi une application existante à laquelle il apporte plus de confort. Ainsi, pour l'accès aux infocentres, proches des bases de données dans leur fonctionnalité, mais encore plus complexes par leur structure et leur importance, comment interroger efficacement lorsqu'il y a des dizaines de milliers de documents et de mots clés de sélection ? ou encore, comment éviter d'obtenir plusieurs centaines de références, ou au- pas de s'afficher, lui coûtant du temps et surtout de l'argent (puisqu'il s'agit généralement de communication téléphonique)... Pourtant, dans les utilisations professionnelles, en bureautique, le succès du langage naturel est beaucoup moins attendu que pour les applications grand public. Philippe Kahn, de Borland, y voit « deux raisons : la plupart des gens qui veulent utiliser un ordinateur sont des managers qui ne savent pas taper à la machine. Et le langage naturel impose de taper de longues phrases au clavier ». Igor Aleksander est du même avis lorsqu'il pense que, si « l'interaction avec l'utilisateur se fait en langage naturel, ce sera de préférence par la parole et les images, en évitant autant que possible l'usage du clavier ». Dans deux ans, les recherches menées au CNET, à Lannion, conduiront à un guide des services minitel accessible en langage naturel/9 tune, à une interrogation trop vague ou trop spécifique ? Bref, comment éviter aussi bien le « bruit » que le « silence » ? L'utilisation du langage naturel, précise Paul Decitre (Cap Sogeti Innovation), permettra d'accéder à des superbases documentaires, intégrant de nombreuses bases de données réparties dans le monde entier. Ces interfaces « intelligentes » auront de multiples fonctions : comprendre la question exprimée en langue naturelle ; l'aiguiller vers les bases de données adéquates ; traduire la question dans le ou les langages de requête correspondants ; enfin, fournir la réponse en langage naturel. Dans tous les cas, le critère de l'efficacité face à la multiplicité des informations proposées, c'est-à-dire de la concision et la qualité de mise en page, devient prépondérant, le plaisir esthétique passant au second plan. L'usager se lasse vite de la succession d'écrans graphiques qui n'en finissent Vers des dialogueurs experts Quoi qu'il en soit, le traitement du langage naturel n'est pas une fin en soi : « Les systèmes à compréhension du langage relient simplement l'entrée à une base de données et à un ensemble de réponses soigneusement combinées. L'illusion de la compréhension peut être même poussée plus loin avec la création de systèmes experts », préconise I. Aleksander. C'est aussi l'avenir de produits comme « Hiérarchie » (Lidia) qui, en reconstituant la pensée de l'auteur et mettant en lumière les étapes de son raisonnement, préparent une transition vers l'élaboration assistée par ordinateur de systèmes experts. « Dans un système expert, la qualité du dialogue engagé avec l'usager est capitale », précise M. Varenne (Cap Sogeti Innovation). « Les données que fournit le consultant doivent être bien interprétées et les informations que lui fournit le système doivent être claires et adaptées. Il s'agit donc non seulement de traiter le langage naturel, mais également l'entretien avec l'usager ». A titre d'exemple, le système expert « SAOR » (Système automatique d'orientation appliqué à la liquidation des retraites), réalisé par Cognitech pour l'IGIRS (Institution générale interprofessionnelle de retraites des salariés), met en oeuvre le traitement du langage naturel pour comprendre des libellés de textes libres en français (comportant beaucoup d'abréviations, présentant des formulations peu stéréotypées, étant donné la diversité des origines). Le système intègre également des techniques de filtrage flou et de correction orthographique pour les noms d'entreprises, les adresses, etc. « Aristote » L'interface de langage naturel « Aristote », conçue par le Commissariat à l'énergie atomique, avec le soutien du groupe Intelligence artificielle de la faculté des sciences de Luminy (Marseille), est appliquée au traitement des connaissances pour les applications du CEA. Cet outil, muni d'un module de raisonnement, permet l'acquisition, le contrôle, l'exploitation et donc l'évolution des connaissances d'une application donnée par des utilisateurs (experts, exploitants, cogniticiens...). Le projet Esteam-316 (14) comprend un module, « AGES » (Advice-Giving Expert Systems), dont le rôle est de fournir des solutions » expertes » par ordinateur à des non-initiés. La réalisation de cette fonction de conseil automatisé représente une tâche très complexe, nécessitant l'intégration de connaissances et données de diverses sources ; celles-ci doivent être exploitées, puis traduites en langage naturel, afin de pouvoir dialoguer et coopérer avec l'utilisateur. Ce système intègre donc un dialogueur interactif, un système expert résolveur de problèmes, capable de fournir une réponse « coopérative », donnant plus d'informations que l'utilisateur n'en demande expressément, des bases de données déductives, etc. Janvier 1989
DOSSIER Les perspectives Quand le traitement du langage naturel passe par la représentation des idées Si le langage naturel est extrêmement souple, subtil et nuancé, contrairement à tous les systèmes de codage artificiels (informatique, mathématique...), il présente également de nombreux défauts, dont l'ambiguïté, l'imprécision, la subjectivité, à tel point que deux personnes, même si elles ont une formation et une culture équivalentes, ont bien souvent du mal à comprendre exactement la même chose à la lecture d'un simple texte technique. D'où l'idée d'une petite équipe d'ingénieurs, le groupe I-Best, de créer un outil capable d'exprimer directement les idées grâce à un langage de représentation des connaissances que l'on pourrait qualifier de graphico-hyper-syntaxique. Le produit né de ces tra- vaux a pour nom « Memnis ». S'appuyant sur la notion d'idée pour représenter la connaissance, Memnis est une sorte de langage utilisant une forme structurée de symboles, qui a l'avantage d'être beaucoup plus rigoureux que la langue naturelle, tout en conservant une extrême souplesse, ce qui lui permet de créer un lien entre la pensée et une forme informatisable, tout en mimant les méthodes de gestion de la mémoire humaine. Ce système est notamment capable de créer des « associations d'idées » en fonction des connaissances qu'il possède déjà. Construit à partir de « Chrysalid » (du même I- Best), un générateur de systèmes experts utilisant les techniques centrées objets, ce langage permet aussi la transcription de langage naturel en représentation informatique. Pour cela, il faut d'abord donner à la machine la connaissance de base lui permettant de comprendre un texte. Lorsque le volume de connaissance sera suffisant, la machine s'appuiera sur cette connaissance pour aider un donneur de connaissance ou pour coder ellemême, automatiquement, un texte. Didier Lainard, responsable du département Recherche de I-Best, évoque la possibilité de développer, à partir de Memnis, des interfaces de reconnaissance vocale, en soulignant l'importance de la sémantique dans ce type d'application - laquelle sémantique est précisément au coeur de Memnis. Avec les grandes capacités de mémoire des disques optiques, et surtout des CD-ROM, des applications de langage naturel vont enfin pouvoir être envisagées au niveau de chaque poste de travail. Elles pourront concerner divers domaines, comme la correction orthographique ou de style, l'indexation automatique, la recherche documentaire associée à la reconnaissance vocale ou la traduction automatique de textes techniques. Ce sont les applications envisagées par Cap Sogeti Innovation, avec son « Atelier de génie linguistique ». Electronique Serge Dassault étudie, avec le concours de la DRET (Direction des recherches et études techniques, dépendant du ministère de la Défense) et l'université Paris 6, une représentation interne du sens des spécifications de logiciel écrites en français, sur laquelle on pourra formuler des requêtes, appliquer des contrôles, etc. Ces travaux ont mis en évidence l'intérêt (et la difficulté) d'une telle analyse automatique du langage natu- MICROPHAR CONFIRME SON AVANCE TECHNIQUE DANS LA PROTECTION DES LOGICIELS Produits brevetés CLE A MEMOIRE Utilisations : - Mémorisation de dates (fabrication, mise en service, etc...) - Protection simultanée de plusieurs logiciels complémentaires - Location de progiciels (contrôle de la durée ou du nombre d'utilisations) - Contrôle du niveau d'utilisation de l'application (démonstrations, options...) - Compteurs ; mots de passe Avantages techniques : - Distinction Hardware spécifique à chaque client - Interfaces logicielles disponibles dans la plupart des langages - 31 mots de 16 bits disponibles en lecture et écriture - 31 mots de 16 bits réservés au contrôle des opérations d'écriture - Pérennité et permanence de l'assistance technique CLE ELECTRONIQUE - Depuis 6 ans le standard en matière de protection contre le piratage des logiciels (900 clients/210.000 clés vendues à ce jour) MICROPHAR, leader mondial des protections matérielles sur micro-ordinateurs, est distribué dans 11 pays d'Europe et d'Amérique. 42, avenue Ste Foix - 92200 Neuilly-sur-Seine - Tél.. : (1) 47 38 21 21 SERVICE-LECTEURS No 21 1



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