Micro Systèmes n°93 janvier 1989
Micro Systèmes n°93 janvier 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°93 de janvier 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 182

  • Taille du fichier PDF : 160 Mo

  • Dans ce numéro : systèmes experts et psychologie cognitive.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 86 - 87  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
86 87
Quelques centres de recherche et réalisations concernant le langage naturel en France Universités : — GIA, université de Marseille-Luminy (Claude Sabatier). — LADL, université de Paris 7 (Maurice Gross). — LIANA, université de Nantes (Jean-François Hue). — LIMSI, université de Paris-Sud, Orsay (Gérard Sabah). Industries : — Cap Sogeti Innovation : « atelier de génie linguistique », comprenant des outils de traitement du langage naturel ; participation au programme Esprit « Esteam-316 — CEA : « Aristote » — CNET-Lannion : interface « Minitel guide des services ». — Cognitech : « SAOR). — GSI-Erli : « Saphir ». — Laboratoire de Marcoussis — CGE : « ACORD ». — Lidia : « Anagoge ». — Saia : « NAT ». saires pour atteindre un but, et surtout les « démons », comprenant des connaissances implicites et pourtant indispensables pour la bonne compréhension d'une histoire. Pour illustrer la notion de « démon », Yoshiaki Shirai et Jun-Ichi Tsujii (8) choisissent le scénario d'un goûter d'anniversaire. Pour cela, il faut définir le démon « anniversaire » par l'idée pratique suivante : « Si vous êtes invité à un goûter d'anniversaire, pensez à offrir un cadeau. » De même, le démon « offrir cadeau » implique d'aller dans un magasin et de dépenser une somme d'argent. Et ainsi de suite. Gérard Sabah (LIMSI, Orsay) a mis en évidence un petit nombre de notions élémentaires telles que l'action, le désir, la relation, etc., qui permettent de « comprendre » une histoire grâce à des règles portant sur ces notions. Bernard Victorri (laboratoire d'informatique, université de Caen) et Bruno Liscia (Trie !) suggèrent une modélisation par les réseaux neuronaux (cf. article : « Les mémoires associatives », dans Micro-Systèmes n°73, p.84, mars 1987). Un tel réseau connexionniste est conduit à se stabiliser lorsque l'ensemble des entrées (les requêtes en langage naturel), exprimées sous la forme de contraintes exercées sur le réseau, sont satisfaites. Les unités lexicales du langage sont 86 — MICRO-SYSTEMES représentées par des éléments du réseau. L'utilisation du réseau consiste alors à « exciter » les éléments correspondant aux unités lexicales données en entrée et à étudier les différents points de stabilisation possibles du réseau (9). Un tel modèle pourrait encore être amélioré en utilisant des mémoires associatives floues, dont la théorie a été conçue et détaillée par Bart Kosko (Verac Inc. et University of California, Irvine), afin de rendre compte du caractère souvent ambigu, subjectif et indéterminé du langage naturel (10). L'importance du contexte Avant tout, le langage courant se veut concis : il suppose que les interlocuteurs ont énormément de choses en commun. Lorsqu'un mot est cité pour la première fois, il n'a généralement pas besoin d'être décrit. Nous connaissons le type d'objet qu'il désigne, l'utilisation, les différentes formes de cet objet. Toute interface en langage naturel digne de ce nom devra donc être dotée de ces connaissances de base. Mais la grande difficulté réside dans le fait que celles-ci ne sont pas faciles à cerner et nécessiteront certainement beaucoup de temps à être introduites dans le système. Comment imaginer, en effet, doter en quelques mois un système de l'intelligence d'un adulte ou même d'égaler celle d'un enfant de quatre ans ? Cette grande masse de connaissances, il faut encore être capable de la capter et de la gérer. Pour cela, on utilise plusieurs sortes de représentations, telles que les arbres syntaxiques, les réseaux sémantiques, les cadres de rôle thématique et autres modèles contextuels. Cap Sogeti utilise des techniques de représentation des connaissances propres au micro-monde du domaine traité. En effet, une notice technique d'aspirateur relève d'un tout autre contexte que les plans de montage de l'Airbus ! Pour résoudre ce problème, le groupe a développé de véritables Pour rendre intelligent un système, il faut lui ajouter quelques notions que les humains mettent en oeuvre dans ce qui est appelé compréhension 9/ « systèmes experts de la langue » (fonctionnant sous MS- DOS ou Unix) dont les bases de connaissances sont composées des ensembles de règles propres aux domaines traités, des dictionnaires spécialisés, ainsi que des modules standards comme les règles de grammaire, d'accords, de liaison, de contraction, etc. H faudrait pouvoir traduire exactement, dans un langage artificiel, la logique du problème posé en langage naturel. C'est ce que fait « Memnis », un « générateur de systèmes de gestion de la connaissance centré idées », conçu par la firme grenobloise I-Best, en utilisant les concepts de Denis Servant (AIR — Artificial Intelligence Research). Les premiers produits Mais on part généralement de bases de données existant déjà, avec des structures fixes, et il faut adapter l'existant à l'interprétation du langage naturel. C'est pourquoi GSI-Erli a conçu un programme de conversion du langage SQL (Structured Query Language), qui est déjà un standard de l'interrogation des bases de données relationelles, en langage naturel : « Saphir ». Un tel système est, depuis peu, appliqué au quotidien Le Monde, qui l'utilise pour mettre automatiquement en relation les demandes et les offres d'emplois. Lors de cette comparaison, l'interprétation ne se fait pas par les mots, mais par le sens, et suivant des critères flous (cf. article : « La logique floue », dans Micro-Systèmes n°64, p.92, mai 1986). GSI-Erli a également réalisé l'interface qui sera prochainement appliquée par France Télécom pour la consultation sur minitel, en langage naturel, de l'annuaire des services Télétel, le Minitel Guide des Services (MGS, par le 36 15), en attendant l'ouverture d'un service d'interrogation des pages jaunes de l'annuaire sur ledit minitel (parle 11). Une autre application envisagée par cette société est le contrôle de cohérence dans une base de données textuelle. Le rôle du système de traitement du langage naturel consisterait à vérifier qu'il n'y a pas de contradiction d'un champ à un autre. « Nat », développé par SAIA (Société d'application de l'intelligence artificielle), est un système capable de lire des phrases en langue naturelle (français), de les comprendre dans un contexte donné grâce à des bases de connaissances. éditables et adaptables, et de les traduire en une représentation différente ayant le même sens, par exemple en requêtes à une base de données (SQL). Ce produit est appliqué à l'enseignement assisté par ordinateur, ainsi qu'à la recherche Janvier 1989
DOSSIER documentaire dans le domaine de la santé. La société Sepri, fondée au début de 1988 pour installer des produits d'intelligence artificielle basés sur Nexpert Object, propose des interfaces en langage naturel. Il s'agit d'adaptations de produits développés à l'université de Yale et déjà mis en oeuvre par Cognitive Systems, une société créée par Roger Schank, l'un des « pères » du langage naturel aux Etats-Unis. Un tel système est déjà appliqué à des guichets bancaires automatiques où, en plus des menus, l'écran propose une fenêtre où l'utilisateur peut taper sa requête en langage naturel. La société YC a conçu un module d'interrogation interactif de fichiers générés par Yes You Can en langage naturel, destiné autant au développeur qu'à l'utilisateur d'applications. « Request » — c'est son nom — permet de créer automatiquement le programme Yes You Can correspondant à une requête élaborée en langage naturel. Cap Sogeti Innovation travaille sur un « atelier de génie linguistique », ensemble d'outils qui, au même titre qu'un atelier de génie logiciel, doit aider les informaticiens à développer des applications utilisant le langage naturel. Cet atelier comprend notamment : un module de reconnaissance de mots simples et composés ; un correcteur orthographique ; un module d'analyse des constituants de la phrase, mettant en oeuvre une grammaire syntaxique-sémantique pour reconnaître une structure grammaticale et construire la sémantique correspondante ; des outils de sélection de l'information contenue dans des textes qui permettent l'interrogation de banques de données en plusieurs langues et la recherche en texte libre. L'un de ces produits, « Tex- Nat » (11), est un système d'indexation automatique de documents en français ou anglais, comprenant les mots simples et composés, ainsi que toutes leurs formes déclinées et conjuguées. L'objectif de ce système est de retrouver un document à partir de ces mots clés, en réduisant tant le « bruit » (présence dans l'index de mots non pertinents) que le « silence » (absence de mots pertinents). Janvier 1989 Minitel au naturel Des études sur le langage naturel sont poursuivies au CNET, à Lannion. Le département SLC/AIA de ce centre travaille plus particulièrement sur l'interrogation en langage naturel du Minitel guide des services, c'est-à-dire l'annuaire télématique des services Télétel, ainsi que l'aide à l'inscription de ces services dans le MGS. Ces recherches, qui devraient aboutir à un prototype dans deux ans, peuvent avoir d'autres débouchés : la gestion de documentation technique, l'analyse succincte de télex, la correction orthographique et syntaxique de textes, les futurs services qui ne manqueront "ro 5`11-‘G,/4709) ; /J clie/°17ert LAu QtrgTdf -Fà55 114 e T'A em YYâ'fr : Quâ-soRrP5- -ra.c./f55E-I5creS SEN Motqqâec_E Que je -Fe- 1. iit455eu Ti ES-.15ÊTENoN ? He 71esiClEgr es-reeziKEIlcRemachime,vaTEX-PAIDC pas de se créer dans le cadre du RNIS (réseau numérique à intégration de service), etc. En ce qui concerne le MGS, il s'agit, d'une part, d'organiser ces services en rubriques, en partant des textes de quelques lignes, fournis par les serveurs, qui sont analysés et classifiés. D'autre part, les requêtes exprimées en langue naturelle par les utilisateurs doivent être mises en correspondance avec les services adéquats. Cela implique non seulement la reconnaissance des mots, mais également la correction des fautes d'orthographe (traitement phonétique, comme dans l'annuaire électronique actuel, et correction Illus tratior ; des fautes typographiques) ; cette dernière fonction implique la notion assez complexe de distance entre chaînes de caractères. Ensuite, intervient l'analyseur syntaxique et sémantique. Tout cela implique des algorithmes très efficaces afin que le traitement se fasse en temps quasi réel (l'utilisateur admet une durée d'attente de l'ordre de la seconde, guère plus). « Les services retenus pour une interrogation seront ceux dont l'indexation correspondra le mieux à celle de la question posée », explique Michel Gilloux (CNET) (12). Comprendre n'est qu'un aspect de l'interface en langage naturel. Il faut aussi répondre de manière naturelle. C'est sur cet aspect dialogue qu'insiste particulièrement Cap Sogeti Innovation. Souvent, ce dialogue commence par une question de la part de la machine, en vue de mettre à l'aise l'utilisateur et lui éviter le « syndrome de la feuille blanche », explique Paul Decitre, directeur du centre de recherche de Paris de Cap Sogeti Innovation. L'homme est ainsi aidé dans la formulation de sa requête. Mais il arrive que ses réponses ne correspondent pas à ce qu'attend le système. Celui-ci doit alors pouvoir s'adapter, réorienter le dialogue, et utiliser au mieux les indications données par l'utilisateur, même si elles ne sont pas explicitement formulées. C'est ce que fait le système SAGE (Système d'analyse et de génération de phrases) qui constitue le frontal langage naturel du projet Esprit Esteam- 16 (13). Dans ce projet, précise Jean-Marie Lancel (Cap Sogeti Innovation), « une interface conviviale et coopérative permet de reconnaître les requêtes de l'utilisateur, d'expliquer les concepts du domaine et les solutions proposées par le module de résolution de problèmes. » Ce frontal, mettant en oeuvre des lexiques-grammaires inspirés des travaux du LADL, prend en charge tout l'aspect linguistique du dialogue qui se déroule en anglais. Le traitement est ensuite repris par le composant « Dialogueur » qui transforme la requête en anglais en une structure sémantique basée sur les « descriptions fonctionnelles » (DF). Paul Decitre insiste sur la MICRO-SYSTEMES - 87



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 1Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 2-3Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 4-5Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 6-7Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 8-9Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 10-11Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 12-13Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 14-15Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 16-17Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 18-19Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 20-21Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 22-23Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 24-25Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 26-27Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 28-29Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 30-31Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 32-33Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 34-35Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 36-37Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 38-39Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 40-41Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 42-43Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 44-45Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 46-47Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 48-49Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 50-51Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 52-53Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 54-55Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 56-57Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 58-59Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 60-61Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 62-63Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 64-65Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 66-67Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 68-69Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 70-71Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 72-73Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 74-75Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 76-77Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 78-79Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 80-81Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 82-83Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 84-85Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 86-87Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 88-89Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 90-91Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 92-93Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 94-95Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 96-97Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 98-99Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 100-101Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 102-103Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 104-105Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 106-107Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 108-109Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 110-111Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 112-113Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 114-115Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 116-117Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 118-119Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 120-121Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 122-123Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 124-125Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 126-127Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 128-129Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 130-131Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 132-133Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 134-135Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 136-137Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 138-139Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 140-141Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 142-143Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 144-145Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 146-147Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 148-149Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 150-151Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 152-153Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 154-155Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 156-157Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 158-159Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 160-161Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 162-163Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 164-165Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 166-167Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 168-169Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 170-171Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 172-173Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 174-175Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 176-177Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 178-179Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 180-181Micro Systèmes numéro 93 janvier 1989 Page 182