Micro Systèmes n°33 jui/aoû 1983
Micro Systèmes n°33 jui/aoû 1983
  • Prix facial : 21 F

  • Parution : n°33 de jui/aoû 1983

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 198

  • Taille du fichier PDF : 154 Mo

  • Dans ce numéro : spécial NCC'83... les nouveaux produits présentés à Los Angeles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dans son essence même, l'informatique est un acte social. Entretien Une séance de travail• decuntraetee Micro-Systèmes  : Comment est né Atari ? Alan Kay  : J'ai connu Norman Bushnell à l'université de l'Utah ; nous étions tous les deux passionnés de jeux et le véritable coup de génie de Norman fut d'inventer un jeu vidéo très simple appelé Pong inspiré du pingpong. 500 dollars sont alors investis pour créer la société Atari. Le succès est immédiat. Je me souviens qu'un jour le propriétaire d'un bar nous a téléphoné pour se plaindre de Pong ; d'après lui il ne fonctionnait plus ; en réalité les caisses étaient remplies de pièces à ras bord... En 1976, la Warner Communication rachète Atari. Les ventes se montent alors à 35 millions de dollars ; actuellement, notre chiffre d'affaires atteint 2 milliards de dollars. C'est une croissance très rapide. Après les jeux d'Arcade, Atari a créé une bibliothèque de logiciels, des ordinateurs familiaux et vient de lancer une nouvelle division pour les systèmes de communication utilisant ce réseau téléphonique. M.S.  : Combien vendez-vous d'ordinateurs dans le monde ? A.K. : Presque un million en 1982, si l'on cumule Atari 400 et Atari 800. La plus grande partie de ces ventes s'effectue aux Etats-Unis. Nous pensons toute- fois que le pourcentage des ventes réalisé hors des U.S.A. va croître de façon très significative en 1983 (pas moins de 10%) , en Angleterre d'abord et ensuite en Allemagne et en France. M.S.  : Le marché français vous paraît donc intéressant ? A.K. : Tout à fait. Nous avons implanté une filiale dont les membres du personnel sont entièrement français. Des logiciels destinés au marché national ou à l'exportation dans les autres pays européens ont été mis au point ici. Certains sont d'ailleurs écrits dans votre langue. M.S.  : Pourquoi avoir axé si fortement les logiciels vers les jeux ? A.K. : Le jeu est un des moyens les plus simples d'amener le public à se familiariser avec nos machines. Nous allons au spectacle, nous faisons du sport, le divertissement fait partie intégrante de notre environnement. Cette approche ne nous gêne pas, même si nous développons aussi d'autres types de programmes. Je pense notamment au traitement de textes, aux logiciels d'éducation ou encore à ceux qui permettent d'accéder à des systèmes de communication par modem. M.S. : Comment les chercheurs élaborent-ils ces logiciels ? Sontils testés auprès des utilisateurs potentiels ? A.K. : Il y a deux manières de développer des produits. Par extrapolation à partir des études de marché afin de prendre en compte un besoin précis, ou en essayant de deviner ce qui peut séduire le public. Dans ce cas-là, il faut partir de la psychologie des gens, de leur imaginaire... En général, les projets à court terme viennent du marché, ceux à long terme se fondent sur des thèmes plus profonds. Pour nos logiciels de jeux, nous consultons régulièrement un groupe d'enfants d'âges très différents que nous appelons les conseillers-utilisateurs d'Atari. Nous sommes aussi en relation avec le système éducatif. Nous testons en ce moment le langage Atari logo dans une école. Atari organise aux Etats-Unis des « camps » d'informatique  : sept sont prévus cet été. Voilà encore une autre manière de se faire une idée sur les besoins futurs des gens. En Asie, 80% des écoles de Hong Kong disposent de systèmes Atari et nous souhaitons développer ce principe dans d'autres pays. Guy Millant  : Nous équipons maintenant huit villages du Club Méditerranée ; La première université Atari s'ouvrira le 11 juin au village de Punto Kana dans les Caraïbes. Elle est destinée à tous ceux qui veulent vivre et jouer avec un ordinateur comme si on était déjà en l'an 2000. M.S.  : Travaillez-vous en collaboration avec des centres de recherche ? A.K. : Nous avons un laboratoire à Cambridge sur le campus du MIT. Nos recherches communes portent sur l'intelligence artificielle. L'année dernière, Atari a donné presque un million de dollars à ce centre pour l'aider à développer des projets de logiciels ou de matériels. Il faut dire qu'aux Etats-Unis le monde des affaires a l'habitude de soutenir les universités. C'est un des meilleurs moyens de travailler avec du personnel compétent. Le système de reconnaissance de gestes par ordinateur a été ainsi mis au point au MIT. M.S. : Quel public voulez-vous toucher ? A.K. : Nous visons le public le plus large, aussi bien familial que professionnel. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les systèmes d'informatique domestique sont plus difficiles à concevoir que les professionnels  : leurs usages potentiels sont plus nombreux et les personnes qui les utilisent n'ont pas de formation. Si l'on prend l'exemple de la robotique, faire la vaisselle ou trier le linge est terriblement compliqué et pose des problèmes bien plus difficiles 68 - MICRO-SYSTEMES Juillet-Août 1983
Atari, ou l'aventure sur l'écran Entretien que la fabrication industrielle d'une voiture ! La plupart de, applications grand public peuvent être reprises directement par le monde des affaires. Le « domestique » nous paraît donc d'un grand intérêt. M.S. : Parlez-nous de vos axes de recherche et des produits nouveaux que vous allez lancer sur le marché prochainement. A.K.  : Pour nous, tout est d'abord fondé sur le logiciel et nous construisons le matériel adéquat pour nous aider. L'axe principal de notre recherche porte sur les problèmes d'interface entre l'homme et la machine afin que l'utilisateur soit vraiment à même de communiquer avec le contenu de l'ordinateur. Les systèmes de reconnaissance de la parole et des gestes nous intéressent aussi. L'essentiel est d'être cohérent et d'avoir une ligne directrice dans les projets. Nous ne voulons pas parler des produits en développement dans les laboratoires avant leur phase industrielle, car il est impossible de fixer des dates. Parmi ceux qui vont sortir incessamment sur le marché français, je pense à la carte électronique qui permettra de relier les microordinateurs au service Télétel et à l'annuaire électronique. G.M.  : Nous avons mis au point un circuit intégré pour adopter le système français Secam. Il sera en vente cet été en même temps que deux nouveaux ordinateurs Atari 600 et 800 XL. M.S.  : Pouvez-vous nous parler des difficultés financières qui vous ont amené à licencier I 700 personnes aux USA ? Avez-vous l'intention de poursuivre l'implantation d'usines en Asie et particulièrement à Taïwan ? A.K. : Vous savez bien que la seule façon d'être compétitifs — au niveau du matériel — c'est d'avoir les coûts de fabrication les plus faibles. D'autre part, le marché grand public est très saisonnier et il est plus facile d'ajuster les effectifs en Asie qu'aux USA ; c'est pourquoi nous avons décidé de déplacer le meilleurrm), en d d border I 1111,, 1111‘1 I hi tic les productions standards. En revanche, les plus récentes continueront à être fabriquées en Californie. Compensée par nos activités à l'étranger, la baisse de nos effectifs n'est donc pas un signe de faiblesse. Nous avons aussi des unités à Porto Rico et en Irlande et nous n'excluons pas d'en ouvrir ailiers, notamment dans les pays du Marché commun, puisqu'une part importante de nos ventes s'y réalise. M.S. : Comme beaucoup d'autres, le matériel et les logiciels Atari font l'objet de copies ; que pensez-vous de ce problème ? A.K. : Le copyright sur les logiciels est basé sur des lois datant des années 1915 qui s'appliquaient au papier à musique des pianos mécaniques... Pour l'instant, les jugements n'ont plus de principes fondamentaux sur lesquels se fonder. Nous pensons pourtant que ça vaut la peine de protéger les logiciels et que nous allons obtenir gain de cause. Quand on investit beaucoup pour créer un jeu comme Pac- Man, on ne veut pas le voir recopié trop facilement ! Nous avons un procès en cours contre Philips à ce sujet. Nous avons gagné celui contre Colecovision qui avait copié la manette du jeu. Le matériel est protégé par les brevets. Nous construisons d'ailleurs nous-mêmes nos circuits intégrés pour conserver une certaine avance technologique. M.S. : Quelles seront à votre avis les conséquences de la micro-informatique sur le mode de vie ? A.K. : Elles ne seront pas plus importantes que celles de nit- primerie, mais pas moins non plus ! Anton Bruehl  : D'ici cinq ans, tous les foyers américains disposeront d'un ordinateur comme ils ont maintenant une calculatrice. Les jeunes assimilent très vite l'informatique, et notre rôle est d'aider les adultes qui ont plus de difficultés. Nous ne pouvons pas savoir combien de temps cette adaptation prendra, ni deviner toutes les conséquences du phénomène. A.K. : Je crois que la société comme les schémas de pensée vont se modifier profondément. M.S. : Ne craignez-vous pas un risque d'isolement des individus, chacun devant son ordinateur ? A.K.  : Au contraire, dans son essence même, l'informatique est un acte social que chaque personne veut partager instinctivement avec les autres, et dont on aime parler ; c'est comme un sport ou un jeu  : on peut le pratiquer seul, mais c'est bien plus drôle à plusieurs ! M.S.  : Croyez-vous que les formes de culture liées au livre vont disparaître ? A.K. : Le livre est toujours la source principale d'information pour le moment. Il y a d'ailleurs de nombreuses raisons pour lire un livre, mais pour obtenir une réponse rapide à une question, l'ordinateur est plus adapté ; grâce à l'informatique, on peut manipuler les informations, les classer, les trier ; quand on lit c'est impossible. Propos recueillis par B. NEUMEISTER et A. KERHERVE Juillet-Août 1983 MICRO-SYSTEMES — 69



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