Micro Systèmes n°103 décembre 1989
Micro Systèmes n°103 décembre 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°103 de décembre 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 222

  • Taille du fichier PDF : 182 Mo

  • Dans ce numéro : la recherche française en informatique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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(mariage de la télévision et de l'ordinateur), les films du futur (techniques digitales), les techniques graphiques, l'imagerie spatiale, l'ordinateur de loisir, l'animation sur ordinateur, la musique sur ordinateur, l'école du futur et l'interface homme-machine. Dans ces études, les points d'intersection entre les différents travaux sont particulièrement privilégiés et développés en priorité. L'unification des techniques passe par l'abandon des techniques analogi- LES PARADOXES DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE L e comportement des systèmes d'Intelligence Artificielle est sensé leur permettre de faire face à des situations relativement imprévisibles. Si on utilise ces techniques dans les systèmes de codage ou décodage, afin de faire face à des erreurs dans les signaux, l'aspect philosophique lié à 17A (Intelligence Artificielle) reste le plus souvent passé sous silence. Pourtant, le Media-lob utilise les services de chercheurs qui ont marqué le démarrage et la courte histoire de 17A. Marvin Minsky est un de ceux-là. Pour lui, « le problème principal avec les religions, c'est qu'elles empêchent de penser. Elles sécurisent, certes, mais en résolvant les problèmes, pas en les comprenant. Et c'est tout à fait logique parce que les religions s'occupent de problèmes qui n'ont pas de solutions. Ce sont en quelque sorte des boucles infinies. Qui a créé le monde ? Dieu. Personne n'est autorisé à demander : Qui a créé Dieu ? » Quels sont les rapports de 17A et de la religion ? Elles ont au moins un point commun. Si Dieu a créé le monde, l'Intelligence Artificielle permet à l'homme de créer ses propres mondes virtuels dans lesquels des créatures également virtuelles vivent une vie qui possèdent certaines caractéristiques de la vie réelle, c'est-à-dire essentiellement une forme d'autonomie. C'est le cas du projet Vivarium, subventionné par Apple et dirigé par Alan Kay. Mais pour rendre le projet crédible et lui attirer d'autres subventions conséquentes, Marvin Minsky a convaincu les 96 - MICRO-SYSTEMES ques au bénéfice des techniques digitales. Alors que l'analogique est continu, le digital est discontinu. Suite de 0 et de 1, il favorise l'échange des données dans un langage commun empruntant les mêmes voies de communication : le câble, la fibre optique ou le satellite. Le message devient relativement indépendant du support : il passe de l'un à l'autre, du disque dur à technologie Winchester vers le CD- ROM ou le DV-1 (disque vidéo interactif) et réciproquement. représentants de la DARPA (Defense Advanced Research Agency) que ces créatures autonomes ou semi-autonomes utilisaient exactement les mêmes principes que ceux dont ont besoin les robots d'exploration de la NASA pour le projet Mars Rayer ou encore les robots guerriers supposés représenter l'ultime forme de la dissuasion (si nous mourrons, nos robots continuerons la lutte jusqu'à votre destruction). On ne saurait être plus clair dans les implications de la psychologie démiurgique. Le créateur de mondes est à la fois maître de la vie et de la mort au sein de sa création. D'où l'engouement des enfants pour ces créatures dans la peau desquelles ils peuvent s'insuer depuis leur écran. Ils prennent des décisions, observent et deviennent, en temps réel virtuel, des habitants du Vivarium, cet hectare de faune et de flore sous-marines reconstituées au sein de l'ordinateur. Tandis que les enfants s'émerveillent de devenir un poulpe, les militaires se réjouissent de voir diminuer, sinon disparaître, les frais de prototypage. Désormais, ils expérimentent sans maquettes. Les modèles informatisés suffisent à recréer une réalité suffisamment convaincante pour servir le laboratoire de tests. C'est là un des paradoxes du Media-Lab. Tourné vers l'avenir et la communication, il mélange les techniques les plus ouvertes et les plus sophistiquées. Un pied dans le domaine de la sociologie et de la philosophie et l'autre dans le domaine des applications militaires, le point fort du Media-1 ab reste incontestablement celui des relations publiques. Sur le DV-1, le son, l'image et le texte peuvent co-exister. Les techniques de compression et décompression permettent déjà quelques applications en temps réel, tandis que les sociétés spécialisées telles Intel, Motorola, AMD préparent les futurs composants électroniques permettant de banaliser les transferts de données à grande vitesse, c'est-à-dire d'intégrer des notions de parallélisme et d'I.A. à l'intérieur de puces VLSI (Very Large Scale Integration). Intérêts privés ou intérêt public Alors que chaque compagnie s'efforce de préserver ses intérêts au détriment des autres, de préserver et de développer ses propres marchés, le fonctionnement du Media-Lab pourrait souffrir de ces rivalités. De même, la politique de protection par brevet et copyright aussi bien des techniques que de leurs applications peut parfois entrer en conflit avec l'ouverture plus grande des chercheurs sur leur environnement. A titre d'exemple, l'arrivée du DAT (Digital Audio Tape) a eu voici peu sur le marché quelques effets curieux. 94 compagnies s'étaient mises d'accord sur le standard et se préparaient à sortir le DAT sur une grande échelle dès l'été 1986. Or la possibilité de réaliser facilement et en quantité illimitée des copies de qualité parfaite heurtait les intérêts de l'industrie du disque, craignant une perte d'influence. Le DAT représentait la perte des monopoles et la piraterie sur une grande échelle. La pression a été telle que le DAT n'a pas bénéficié de la diffusion à laquelle on aurait pu s'attendre. Il a été sabordé. Ce coup d'arrêt brutal représente un phénomène unique dans l'histoire des médias. Mais pour les chercheurs du Media-Lab, même si la piraterie ne doit pas être encouragée, il est hors de question que des intérêts privés puissent bloquer longtemps l'émergence de techniques aussi puissantes et nécessaires que celles du DAT « jadis » ou maintenant du CD-I. Aujourd'hui, un compact-disc coûte environ cent francs. Pour les possesseurs d'ordinateur, au prix de quelques disquettes de 1,2 Mo chacune, on récupère plus de 600 Mo indexables. Pour Steward Brand, auteur de « The Media-Lab » (Penguin Book), un chapitre de livre ne répresente guère plus, en volume de stockage, « qu'une puce Décembre 1989
- DOSSIER dans la baignoire de CD-ROM ». Une encyclopédie complète n'en utilise qu'une fraction : les vingt volumes de l'Academie American Encyclopedia de Grolier, publiés en 1986, n'utilisaient qu'un cinquième du CD-ROM qui lui servait de support. Un des premiers recueils de logiciels du domaine public sur CD-ROM, PC-SIG n'offrait pas moins de 9 000 logiciels sur un seul disque. Avec l'arrivée des bibliothèques de CD-ROM, fortement encouragée par les éditeurs et les grandes compagnies, on assiste à une redéfinition du rôle du PC, d'autant plus que les chercheurs du Media-Lab sont tous profondément persuadés que l'écran de télévision haute définition et l'écran d'ordinateur ne formeront bientôt plus qu'une seule et même entité. Lucasle National Geographic et Apple Computer ont ainsi joint leurs forces HDTV : LE MEDIA-LAB A performante. Pour ses membres, si les Etats- automatiquement gonflée en super-haute Unis, conduits par CBS, ont eu tort d'accepter CONTRE-COURANT le HDTVjaponais, la France, et l'Europe p our Walter Bender, du Media-Iab, les derrière elle, a parfaitement raison de s'y définition. Pour Negroponte, « dans vingt ans, notre télévision aura probablement 50 Mo de RAM et une puissance de calcul de 50 Mips postes de télévision actuels opposer. Il faut en effet cinq chaînes normales (millions d'instructions par seconde). Si nous conviendraient parfaitement à la pour diffuser une seule chaîne de TDHV au réussissons en outre à réaliser des télévision de l'avenir, sans qu'il soit standard japonais. Or, avec les techniques de algorithmes de compression-décompression nécessaire de les remplacer par d'autres. le compression-décompression liées aux totalement nouveaux, alors la barrière du NTSC (Never The Same Color) date de 1953.composants VLSI ultrarapides, il suffit d'une contenu de 660 Mo des CD-ROM ne posera Si les Japonais ont, en 1981, mis au point la seule chaîne pour faire passer cinq fois plus plus de problèmes insurmontables. On pourra HDTV, il ne faut pas oublier qu'ils possèdent de données. stocker des films vidéo complets sur les en conséquence une énorme avance. L'écran En conséquence, Nicholas Negroponte et son supports standards. Et comme les a été redéfini dans un rapport hauteur/largeur équipe se sont particulièrement réjouis performances de ceux-ci sont destinés à de un demi contre trois quarts pour le lorsqu'en 1986 le CCIR (International Radio croître de toute façon, nous nous dirigeons NTSC 525 lignes. Le Media-lab s'oppose Consultative Committee) a décidé de vers des films vendus au prix des livres de publiquement, et contre l'avis même des repousser toute décision concernant la HDTV poche ». autorités américaines, au nouveau standard à un horizon bien au-delà de 1990. Sans cela, « Le principe en est excellent parce qu'il HDTV. Pour Negroponte, « le standard HDTV déclare Negroponte, « nous aurions été dans permet de lutter contre le piratage de la façon est déjà dépassé, parce qu'il a été conçu à la soupe ! Nous avons maintenant du temps la plus intelligente qui soit : en rendant la une époque où les techniques VLSI n'étaient pour explorer des solutions plus intelligentes copie plus chère que l'achat d'un original. Il pas au point. la puissance de calcul n'était que la HDTV ». Parmi les autres avantages des serait totalement idiot de photocopier un livre pas considérée comme un élément pertinent. télévisions intelligentes, le professeur William de poche. La qualité serait inférieure à Pour obtenir une résolution cinq fois meilleure, la HDTV utilise une bande passante cinq fois Schreiber cite la modification de la durée des films. Ceux-ci peuvent être très légèrement l'original et le coût beaucoup plus élevé. l'industrie du film et de la diffusion ont en plus large. Aujourd'hui, cette technique est accélérés ou ralentis pour permettre un conséquence tout intérêt à se diriger dans carrément idiote ». calibrage quasi parfait du rapport cette direction. Les coûts de fabrication d'un l'Advanced Television Research Program du film/publicité.compact-disc sont inférieurs à deux francs. Il Media-lob s'efforce de mélanger les l'informatique devient l'équivalent vidéo de nous manque encore les techniques pour faire techniques de l'informatique et de la ciseaux électroniques. De même sur des tenir deux heures de film sur un support télévision afin de rendre cette dernière plus moniteurs intelligents, la définition peut être standard ». Décembre 1989 MICRO-SYSTEMES - 97



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