Micro Systèmes n°101 octobre 1989
Micro Systèmes n°101 octobre 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°101 de octobre 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Société Parisienne d'Edition

  • Format : (203 x 271) mm

  • Nombre de pages : 198

  • Taille du fichier PDF : 160 Mo

  • Dans ce numéro : première mondiale... tous les secrets du bios.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mangue à gagner : 70% Homme particulièrement médiatique, il s'est fait l'ambassadeur de sa profession. Chez les grands comptes d'une part : n'a t-il pas tenu au courant tous ses clients — la quasi-totalité des grands comptes — de ses démêlés avec le ministère de l'Equipement ? La recette était bonne, les sueurs froides furent nombreuses et ont engendré bon nombre de notes de services tant dans les administrations que dans les entreprises privées ; chacun souhaitant régulariser sa situation plus ou moins licite. Auprès de la presse, d'autre part, avec laquelle il entretient des relations très étroites. Il avoue sans ambages « avoir pris le piratage au sérieux (on le comprend quand il annonce 70% de manque à gagner) et avoir obligé les utilisateurs au même sérieux en leur faisant peur ». Pas de problème, ça marche ! Cependant, et peut-être un peu paradoxalement, Hughes Leblanc envisage de déprotéger ses produits d'ici à la fin de l'année. La lourdeur de certains systèmes de protection (voir « Les systèmes de protection » en première partie de ce dossier) est, en effet, particulièrement contraignante pour l'utilisateur honnête (il en existe quand même). LCE entend ainsi ne plus pénaliser ces derniers et conforte son argumentation de manière plus commerciale en se référant à l'exemple américain. Les grands comptes US ont joué un rôle non négligeable en matière de déprotection en annonçant leur intention de ne plus acheter de produits protégés. L'effet fut immédiat et, à l'échelle de ce grand continent, tous déprotégèrent. Il vaut mieux, en France, prendre les devants. Les autres éditeurs s'annoncent d'ailleurs prêts à suivre le mouvement. Manque à gagner : 50% Michel Lacombe, nouveau P.-D.G. de Microsoft France, envisage lui aussi de déprotéger la totalité de sa gamme... à un terme indéfini à ce jour. Il avoue toutefois sa « réelle volonté d'étendre la non protection à l'ensemble des produits » mais attend de pouvoir tirer des conclusions sur le comportement des consommateurs vis-àvis de la nouvelle gamme à venir, et 92 - MICRO-SYSTEMES dont aucun des produits ne seront protégés. La politique de Microsoft à propos du piratage est tout aussi claire que celle de LCE mais assurément moins véhémente, négociant le plus fréquemment des arrangements amiables. Deux positions distinctes ont caractérisé cette société qui annonce 50% de manque à gagner par rapport à son chiffre d'affaires. La première fut « de ne pas faire souffrir les utilisateurs en leur imposant des systèmes inviolables mais franchement aliénants ». Ce fut le cas des langages de la famille Quick, non protégés dès la commercialisation. La seconde vit l'assouplissement des moyens de protection et leurs installations sur d'autres logiciels comme Ex cel, Word ou Multiplan (de fait pirater Word est un jeu d'enfant pour qui en sait un peu plus que MS-DOS). Microsoft, avec son désir de déprotéger, amorce donc une troisième phase et suit parfaitement le sens de l'Histoire. On peut, à ce stade, se demander quel coût supplémentaire entraîne la protection des logiciels. « Dix à vingt francs par produit », annonce-t-on chez LCE, « négligeable », répond-on chez Microsoft qui effectue ces opérations en Irlande. Négligeable en effet et donc sans incidence sur le prix de vente des produits. « De toute façon, assure Michel Lacombe, nous calculons nos prix en fonction du marché et de la pérennité du produit. » Soit ! Mais le marché ne se fait-il pas, traditionnellement, en fonction de l'offre et de la demande ? Ce qui implique que plus il y a de copies piratées, moins il est vendu de logiciels, donc plus le prix est élevé. Heureusement, saint Utilisateur Honnête est toujours là pour payer les pots cassés. Vient ensuite la cohorte des éditeurs qui ont résolument choisi de ne pas protéger, pour des raisons marketing, commerciales ou encore promotionnelles, voire les trois réunies. Manque à gagner : 30% Khé Ton That, P.-D.G. de Word Perfect, s'avoue « optimiste, puisque nous devons apporter une qualité de service irréprochable et qu'elle ne peut l'être que si les utilisateurs acceptent de jouer le jeu, donc de payer leurs logiciels ». Espérons que ceux qui ne respectent pas les règles de ce jeu se rendront rapidement compte que les économies réalisées sont celles traditionnellement appelées « de bouts de Octobre 1989
L'ETAT PIRATE Coupable : le verdict est tombé. l'Etat français vient d'être condamné, à l'issue du procès retentissant qui a opposé la DDE (Direction Départementale de l'Equipement) de de la Réunion aux sociétés Ashton Tate et son distributeur français, la Commande Electronique, Micropo France, Microsoft France, Microsoft Corp et l'APP. Comme quoi nul n'est à l'abri des foudres de la loi, pas même l'Etat français. Ce dernier se voit condamné à payer, à chaque société concernée, le montant des licences qu 7/aurait dû légalement détenir, les sommes dues à titre de dommages et intérêts et les indemnités de compensation liées à ces pratiques répréhensibles. Saisie spectaculaire... de logiciels C'est - encore une fois ! - à l'initiative du PDG de la Commande Electronique, Hughes Leblanc, avec la participation active de l'APP et des forces de police insulaires que, le 28 septembre de l'année dernière, la « descente » au sein de la DDE de La Réunion fut organisée. Autant joindre l'exotisme à la lutte contre les pirates ! Constatation fut faite chandelle ». Gagnant peut-être le prix du logiciel, ils perdent en revanche documentation, assistance technique, mises à jour, quand ce ne sont pas de longues heures - voire journées ou semaines - de travail pour avoir utilisé une version piratée, de fait très fréquemment fragilisée. Cela se paie souvent plus cher que le seul prix d'un achat officiel. Evidemment, si Khé Ton That déplore, à juste titre, le manque de 30% minimum sur son chiffre d'affaires, qui ne sont pas réalisés annuellement à cause des duplications illégales, il n'en reste pas moins persuadé qu'une action commune de la part des éditeurs demeure prématurée. Un embryon d'association a failli voir le jour, Khé Ton That s'est retrouvé seul lors de la première réunion. De quoi être découragé, avouons-le ! Alors, il préfère les arrangements amiables aux procès retentissants, décidé à faire front seul et avec ses moyens, effectuant des contrôles aléatoires au sein des entreprises, dans l'espoir de débusquer les pirates. Borland également a choisi de ne pas protéger toujours selon le même leitmotiv : « ne pas pénaliser les utilisateurs honnêtes », assure Pierre Métivier. Misant sur la bonne foi des infor- Octobre 1989 que ladite DDE possédait, toutes origines confondues, plus d'une vingtaine de logiciels illicites, implantés soit sur disques durs, soit sur disquettes, alors qu'elle ne pouvait justifier de plus de trois licences d'utilisation. Cela va de soi, toute la « marchandise » illicite fut saisie sur-le-champ. Et, afin de prouver que l'on ne plaisante pas avec la législation française, le montant des diverses amendes s'élève à près de 300 000 F ! Pourtant, les responsables au sein de la DDE prônent de longue date la responsabilisation de chacun en matière de lutte contre le piratage. La loi de 1985 fut l'occasion de décorer tous les murs d'affichettes sur lesquelles apparaît en grands caractères « Piratage = Vol ». Il faut bien se rendre à l'évidence, l'information seule ne paie pas... si la contrefaçon coûte effectivement cher. le ministre de l'Equipement et du Logement, Maurice Faure, l'a bien compris, qui a envoyé une lettre circulaire à tous ses services, préfets, centres d'études techniques, un peu partout en France... Il y est clairement fait état de la présence de copies pirates lors d'une perquisition de police, d'un bref rappel de la loi de 1985, d'une mise au point sur le préjudice subi par les sociétés éditrices mais aussi sur « l'atteinte à l'image de rigueur et de maticiens, la naïveté de cette société est sans doute séduisante et met du baume au coeur dans ce monde impitoyable. Mais on ne peut que s'avouer surpris de l'entendre donner sa préférence à l'éducation plutôt qu'à la traque, aussi infime soit-elle. Elle a certainement raison dans l'absolu, mais les résultats d'un aussi grand projet ne peuvent certainement pas être immédiats. D'ailleurs, les vertus de ce genre d'éducation sans la crainte de représailles peuvent en laisser sceptique plus d'un. Le réveil de l'esprit civique des Français, pour ce qui concerne l'informatique, risque d'être particulièrement long. Perte d'aujourd'hui, gain de demain ? La position d'AB Soft vient pimenter un peu le débat, qui avoue via son P.- D.G., Bertrand Michels, « adorer être piraté » ! La prise de position est argumentée (mais oui, c'est possible !) : « Protéger ne va pas dans le sens de l'Histoire. Nous voulons donner une image de produits conviviaux en restant cohérents. Notre gamme est composée à 80% de produits utilitaires, censés aider la vie des utilisateurs. Piratage de Logiciels i Une affiche placardée sur les murs de nos administrations. probité de notre administration ». Enfin, la conclusion stipule que quiconque se fera pincer devra assumer toutes les conséquences de son acte. Avis aux amateurs : qui osera se frotter à la législation française et à un ministre en colère ? D.S. Nous avons donc, logiquement, opté pour la facilité d'utilisation plutôt que pour la performance. De surcroît, poursuit Bertrand Michels, les sécurités les plus courantes ne sont, pour les bidouilleurs, qu'incitations à les anéantir. Plus grande est la difficulté, plus glorieuse est la victoire ! Et plus importante est la valeur matérielle et commerciale du déplombage, élevé alors au rang de sport. Il faut bien rentabiliser le temps passé à faire sauter les sécurités ! » Selon les dires de Bertrand Michels : « Le piratage peut être un moyen d'évaluation, à long terme, d'un produit. » Il poursuit en affirmant que si les copies illicites occasionnent une perte des ventes sur un produit actuel, elles seront certainement génératrices d'achats supplémentaires pour les produits futurs, à condition toutefois que le produit ne reste pas figé mais évolue. Cela ressemble un peu plus à une vision extra-terrestre d'un marché qu'à de l'optimisme ! D'autant qu'avec ce genre de raisonnement, on se demande qu'elle manne céleste couvre aujourd'hui les frais de recherche des produits de demain. Cependant, il est vrai que l'expérience a parfois donné raison à Bertrand Michels. Pour exemple : un MICRO-SYSTEMES - 93



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