Metropolitan n°2011-10 octobre
Metropolitan n°2011-10 octobre
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2011-10 de octobre

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ink

  • Format : (195 x 260) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial art.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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once sat on your grandma’s sideboard reflecting idealised scenes of pastoral life. Perry brings to his pottery grim scenes of life on sink estates or modern icons such as mobile phones, hoodies, baseball hats and trainers. The Walthamstow Tapestry, 2009 It’s a kind of double-take experience : you think you’re looking at a quaint version of a Japanese Edo jar rendered in rose pink and gold stencilling, only to realise it’s a scene depicting Perry dressed as Claire brandishing a doll, chasing a skinhead. The kind of piece which art historian Jacky Klein describes as « an uncomfortable clash of formand content ». He actually nameda piece of work I Saw This Vase And Thought It Beautiful, Then I Looked At It, a comment made by an aunt. Perry was born in 1960 in Chelmsford, Essex, growingup unhappily with his mother and stepfather after his own father left the family home following his mother’s affair. Feeling this loss keenly, the young Grayson began to create a vivid imaginary world around his teddy bear character, Alan Measles. « He became my transition object onto which I projected all my feelings and he figured in all my childhood games. It wasn’t till I went into therapy that I realised how powerful he was as an object and that he was a carrier for a lot of my personality, » he says. These days Alan Measles has his own blog. Perry first put on a dress around the age of 12 or 13, and found it helped him process feelings he couldn’t fully make sense of. « Transvestism wouldn’t exist if children were broughtup exactly the same. It wouldn’t be a reaction against the stereotyping that goes on. Perhaps it’s a crude way of accessing the emotions of the opposite gender, but you don’t become a transvestite as an adult, you decide when you’re a child, very early on. » It’s not hard to see how his past – splintered relationships, parental absences, a histrionic mother and a violent, disapproving stepfather – has fed a preoccupation in his work with what he has termed « fairytales of dysfunction ». But at the same time Perry believes the dysfunctional British family is a fairly normal state for many of us. In the 1980s he hung out on the periphery of a cool group of musicians and artists that included Boy George, Leigh Bowery and Derek Jarman, but demonstrated his resistance to the whole idea of cool by embracing a hippy set of friends. This included a couple of Scottish sisters who enjoyed naturism and performance art, and dragged young Perry along « to makeup the numbers ». « They made me see that you had to consciously step outside of things to make it more interesting. Cool is when creativity becomes rules and people become like sheep. Irony has gone so downmarket now. » College took him to Portsmouth in the early 1980s and later an artists’squat in Camden, north London, where he made films, experimented with drugs (« the opposite of creative »), and attended free pottery classes that appealed on account of their unfashionable image. « I realised there was a lot of negativity around pottery that I could exploit, » he explains. « That it possessed the kind of values the art world really worries about : twee, decorative, suburban, sentimental. It considers them insults, so I’m drawn to them for that reason. » Talking to Grayson Perry is like watching a one-man show – he holds court, riffing, ranting and rat-a-tat-tatting ideas, opinions and theories. A rich, dirty, infectious laugh frequently explodes in loud guffaws. He’s entertaining, contrary, dry and he doesn’t care if people like him or get him. « I’ve dined out on the fact that people didn’t take pottery seriously. And now lots of potters say to me, ‘Does this mean the art world is more accepting of ceramics ?’and I say, ‘No, it means the art world is more accepting of me !’ » He likes motorbikes (he rides a Harley) and has created a special blue-and-pink one for the exhibition, « I do quite like to poke a stick at the art world, see what its weak points are » is very fond of headscarves (« Most trannies are drawn to dress like their mothers, so the headscarf is a very loaded object »), and is happy to be considered a national treasure. His forthcoming exhibition, The Tombof the Unknown Craftsman which opens this month at the British Museum, has been two-and-a-half years in the making and was his idea. « I wanted to put on a show where people come primedto see history and culture as a kind of anthropological thing rather than this contemporary thing that is somehow difficult and morally superior. The people who made these objects would not have regarded themselves in an narcissistic, ego-driven way like a lot of artists do, » he explains. « The idea of calling them artists in the modern way seemeda bit wrong, » he says. « The name of the exhibition has more resonance and is slightly more mischievous as an idea for an artist like me. I never wanted to be the poster boy for Photography : Linda Nylind/Guardian News & Media ; Getty 62 metropolitan
d’une jarre japonaise de l’époque Edo aux motifs roses et dorés, quand on y repère Perry-Claire pourchassant un skinhead avec une poupée. Jacky Klein, historien d’art, voit dans ces œuvres « un contraste dérangeant entre forme et fond ». Perry a d’ailleurs titré une de ses créations du commentaire d’une tante à son sujet, I Saw this Vase and Thought it Beautiful, Then I Looked at it (« J’ai vu ce vase, je l’ai trouvé beau… et puis je l’ai regardé »). Perry est né en 1960 à Chelmsford, Essex. Il passa une enfance malheureuse avec sa mère et son beau-père, son père ayant quitté la famille après l’infidélité de sa femme. Le jeune Grayson ne tarda pas à se créer un monde imaginaire autour du personnage central de son ours en peluche Alan Measles. « C’est devenu mon objet transitionnel, sur lequel je projetais tous mes sentiments. Il était de tous mes jeux d’enfant. Ce n’est que plus tard lors de ma thérapie que j’ai compris le pouvoir qu’il avait en tant qu’objet et qu’il portait une grande part de ma personnalité », explique-t-il. Perry avait 12 ou 13 ans la première fois qu’il a enfilé une robe, expérience qui l’a aidé à appréhender des choses qu’il ressentait sans totalement les comprendre. « Il n’y aurait pas de travestis si on élevait tous les enfants pareil. On n’aurait plus à réagir aux stéréotypes en cours. Peut-être est-ce un moyen, rudimentaire, d’accéder aux émotions du sexe opposé, mais on ne devient pas travesti à l’âge adulte. Cela se décide très tôt, pendant l’enfance. » Le lien entre son passé (relations éclatées, absences parentales, mère portée sur le mélodrame et beau-père violent et désapprobateur) et son intérêt artistique pour ce qu’il nomme les « contes de fée dysfonctionnels » saute aux yeux. Mais à ses yeux, la famille britannique dysfonctionnelle représente la normalité pour beaucoup. Ses contacts avec les Boy George, Leigh Bowery, Derek Jarman et autres musiciens et artistes cool qu’il fréquentait dans les années 80 ne l’empêcha pas de marquer sa résistance au « cool » en se liant d’amitié avec des hippies. Parmi eux, deux sœurs écossaises adeptes du naturisme et de performances artistiques qui, heureuses d’avoir un nouveau membre, entraînèrent le jeune Perry dans leurs festivités. « Grâce à elles, j’ai compris que pour rendre les choses plus intéressantes il fallait consciemment sortir du cadre. Qu’est-ce que le cool, sinon une standardisation de la créativité où les gens sont des moutons ? L’ironie est devenue tellement cheap. » De Portsmouth, où il étudia au début des années 80, il passa à un squat d’artistes de Camden, au nord de Londres. Il réalisa des vidéos, s’essaya à la drogue (« le contraire de la créativité ») et, attiré par le côté ringard, suivit des cours de poterie gratuits. « J’ai compris que je pouvais exploiter la mauvaise image de la céramique, explique-t-il. C’est un art décoratif, sentimental, qui sent la zone résidentielle mignonnette. Tout ce que le monde de l’art exècre et considère comme une insulte. C’est précisément ce qui m’attire. » Une rencontre avec Grayson Perry s’apparente à un one man show. Idées, opinions, théories fusent, vives, percutantes, contestataires. Entre deux tirades, son rire contagieux explose. Il est contrariant, assez sec. Peu lui chaut qu’on l’aime ou le comprenne. « On ne prend pas la céramique au sérieux ? J’en ai fait mon beurre. Aujourd’hui beaucoup de céramistes me demandent « La céramique est-elle mieux acceptée dans le monde de l’art ? » Je leur réponds « Non, c’est moi qui suis mieux accepté ! » ». Il aime les motos (il possède une Harley), chérit les foulards (« Comme la plupart des travestis sont attirés par les tenues de leur mère, c’est un objet très fort. »), et aime qu’on le considère comme un trésor national. Tombof the Unknown Craftsman, son exposition qui ouvre ce mois-ci au British Museum, a nécessité deux ans et demi de préparation. L’idée en revient à Perry : « Je voulais une exposition où l’histoire et la culture perdraient leur aura contemporaine, difficile et moralement supérieure, pour être vues de manière quasi anthropologique. La plupart de ces objets ont été faits par des gens dénuésés du narcissisme nombriliste de beaucoup d’artistes. » « Les appeler « artistes » au sens moderne du terme semblait déplacé, dit-il. Le titre de l’exposition (Tombe de l’artisan inconnu) résonne davantage et, pour un artiste comme moi, l’idée est plus malicieuse. Loin de moi l’idée de faire l’apologie d’une fabrication artisanale, mais de temps en temps j’aime bien taquiner le monde de l’art et trouver ses points faibles. » Éclectique, l’exposition révèle les choix de Grayson Perry parmi les myriades de départements et les huit millions d’objets que compte le British Museum. La méthode, ou plutôt son absence, a dû, il en convient, en irriter plus d’un : « J’ai simplement pris les choses que j’aimais dans cette énorme collection, sans respecter de méthodologie rigoureuse. » Batiks indonésiens, monnaies metropolitan 63

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