Metropolitan n°2011-10 octobre
Metropolitan n°2011-10 octobre
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2011-10 de octobre

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ink

  • Format : (195 x 260) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial art.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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he must be completely bored of the media obsession with the transvestite thing, meeting Grayson Perry as his female alter ego nevertheless throwsup all sorts of slack-jawed questions. « Do you do your own make-up ? » being one. « Who makes your outfits ? » being another, but chiefly, « What is a 51-year-old geezer from Essex doing dressed as a woman called Claire ? » Today, sitting in anupper room of the British Museum where he is curating a new exhibition, the 2003 Turner Prize winner is dressed in a cream-and-red silk jumpsuit made by a student on his course at St Martins, London’s famous art school. Teamedwith a graduated bob, pink eyebrows, a flower stuck on beneath his left eye, rouged cheeks and va-va-voom pink lips, Perry is certainly a vision to behold. On his feet are a pair of red Start-rite-ish Mary Jane sandals, and lying on the table in front of him is a felt bag embroidered with an image of his childhood teddy bear. A psychotherapist would have a field day. But Perry has been there, done that and even married a (lady) psychotherapist, thank you. He’s very comfortable with Claire, and even she’s come a long way since her early days when she looked like a rather formidable lady from the Women’s Institute « having lunch with a friend in Debenhams ». These days Claire rocks a look that is somewhere between Naughty Amelia Jane and a character from Serge Diaghilev’s Ballet Russes. No wonder people didn’t know what to make of Perry back in 2003 when he came on stage in a pink satin babydoll dress to collect the Turner for his weird, wonderful and frankly rather rude pottery. « Freaky » was alla lost-forwords Channel 4 arts pundit could muster. For those not familiar with this very British figure, Perry describes himself thus : « I am an artist who happens to be a transvestite and it’s worked quite well in the publicity department. » He’s not kidding. As Claire, Perry is a flamboyant figure on the London social scene, often to be seen hobnobbing with the A-list. « Well, it works for me socially, » says Perry. « You’re rarely alone at a party. Not that many people have a problem with it, just the media, who feel obliged to keep the old clichés going. They think art is shocking and controversial, they think sex is shocking and controversial, so really I was a gift. » Perry’s artistic gift has been to take a rather old-fashioned and benign art formand mischievously subvert it with humour – sometimes dark, sometimes laugh-out-loud silly – portraying the stark realities of modern life (war, unemployment, violence, poverty, consumerism) and graphic imagery pertaining to human sexuality and, in particular, the experience of being a transvestite. But often there is also a sinister quality to his work, a sense of menace at odds with the elegant shapes traditionally associated with pottery – the kind of vase that on a beau deviner l’agacement que doit finir par susciter l’obsession médiatique pour la chose, une rencontre avec la version féminine de Grayson Perry suscite toujours son lot de questions étonnées : « Vous vous maquillez vous-même ? Et vos tenues, qui les confectionne ? », mais surtout « Que fait un gars de 51 ans originaire de l’Essex habillé en « Claire » ? » Assis à l’étage du British Museum où il est commissaire d’une nouvelle exposition, le lauréat du prix Turner 2003 arbore aujourd’hui une combinaison-pantalon en soie rouge et crème, œuvre d’un de ses étudiants de St Martins, la célèbre école d’art londonienne. Ajoutez un carré dégradé, des sourcils roses, une fleur sous l’œil gauche, du rouge à joues et des lèvres rose shocking et vous obtenez un Perry qui vaut le détour. Aux pieds, une paire de babies rouges de petite fille modèle, et, brodé sur le sac de feutre posé devant lui, l’ours en peluche de son enfance. Un psy s’en donnerait à cœur joie. Les psys, justement, Perry connaît. Il en a épousé une. Sa Claire, il l’assume parfaitement. Que de chemin parcouru depuis la Claire des débuts, caricature d’organisatrice de kermesse prenant le thé avec une amie de la paroisse. Car aujourd’hui, c’est plutôt un look mi-Martine fait des bêtises, mi-Ballets Russes de Serge Diaghilev qu’affectionne Claire. Pas étonnant qu’en 2003, Perry ait pris tout le monde au dépourvu en recevant vêtu d’une robe babydoll en satin rose le Turner récompensant ses surprenantes céramiques, disons-le franchement, plutôt osées. « Trop bizarre » fut tout ce que l’expert artistique de Channel 4 parvint à balbutier. Si ce personnage résolument british ne vous dit rien, voici comment Perry se décrit : « Je suis un artiste qui se trouve être un travesti et cela a plutôt bien servi ma publicité. » Claire est une figure haute en couleur des soirées londoniennes, habituée à côtoyer les stars. « Socialement parlant, ça marche pour moi, dit-il. On est rarement seul lors d’une fête. Les gens sont pour la plupart très à l’aise avec ça. Il n’y a que les médias pour qui « De temps en temps, j’aime bien taquiner le monde de l’art » c’est un problème. Ils perpétuent les vieux clichés. Pour eux, l’art et le sexe sont choquants et matières à controverse. J’étais un don du ciel. » D’un point de vue artistique, son don a été d’injecter un humour malicieux à un art plutôt vieillot et conformiste. Humour tantôt noir, tantôt bête pour dépeindre les sombres réalités de la vie moderne (guerre, chômage, violence, pauvreté, consumérisme) et, par une imagerie crue, la sexualité humaine, notamment l’expérience de travesti. Mais il y a aussi quelque chose de sinistre dans ses œuvres, une menace à laquelle ne nous a pas habitué l’élégances des céramiques traditionnelles (comme le vase qui trônait sur le buffet de grand-maman). Perry pare ses céramiques de scènes de la vie de cités en perdition ou d’icônes modernes telles que portables, sweats à capuche, casquettes et baskets. L’observation de ses œuvres est une expérience en deux temps : on s’extasie sur cette pittoresque réinterprétation metropolitan 61



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