Metro News Paris n°2700 14 nov 2014
Metro News Paris n°2700 14 nov 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2700 de 14 nov 2014

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SAS Publications Métro France

  • Format : (235 x 300) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : UMP... le bal des hypocrites ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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vendredi 14 novembre 2014 10 bonus www.metronews.fr Common Threads par meg Saligman, l’un des Murals emblématiques du projet. PhOTOs A.R./METROnEws The Roots Mural Project (2012), à l’effigie du groupe de hip-hop formé à Philadelphie. une centaine de nouvelles fresques sont réalisées chaque année. Philadelphie, la ville qui fait le mur History of Immigration (1999 et 2006) sur Callowhill et 2nd street. REPORTAGE. En 1984, Philadelphie est gangrené par la criminalité et les murs de la cité sont couverts de graffitis. Le maire décide d’y remédier. INITIATIVE. C’est là qu’une artiste crée un programme qui vise à éradiquer les tags en sensibilisant les communautés à l’art mural. Trente ans plus tard, il a fait ses preuves. amandine rebourg, à PhiladelPhie Ce qui frappe dans le cœur de Philadelphie, ce ne sont pas seulement les gratte-ciel qui reflètent tant les rayons du soleil qu’ils vous éblouissent. Ni le fameux LOVE de Robert Indiana, dans le Love Park, niché en plein cœur de la ville, devenu au fil des années l’un des symboles de la métropole de Pennsylvanie. Ce qui frappe, ce sont les œuvres d’art à chaque coin de rue. Ici, une pince à linge géante, là, un immense jeu d’échecs, un peu plus loin, des dominos démesurés… A Philadelphie, l’art s’affiche sous toutes ses formes  : de Milord La Chamere, une sculpture de Dubuffet haute comme trois étages, aux fresques sur les murs de cette cité minée par les crises industrielles. Les Murals comme on les appelle, tapissent les murs de la ville pour la « Notre arme de dissuasion contre les graffitis est d’offrir un art public et d’encourager le processus créatif. » Jane golden, artiste à l’origine du programme. raconter, rendre hommage aux membres de ses communautés ou souligner un fait historique. L’art pour éradiquer le vandalisme Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter dans le temps. Il y a trente ans, Wilson Goode, le maire de la ville, exaspéré par les tags qui couvrent les murs de sa cité, décide de mettre en place un programme anti-graffitis. Entre alors en jeu Jane Golden, une artiste diplômée de l’université de Stanford. Cette dernière crée le Mural Arts program (MAP), un projet qui place l’art au centre de tout lien social. « La meilleure arme de dissuasion contre les graffitis est d’offrir de nombreuses possibilités aux jeunes pour un art public et d’encourager le processus créatif. Je comprends l’expression artistique, et même l’attrait de la transgression, mais vous dépassez la ligne lorsque cela devient illégal », poursuit la directrice exécutive. C’est ainsi que, depuis 1984, le MAP est un outil indispensable à la ville de Philadelphie pour éradiquer le phénomène des graffitis en éduquant, en canalisant et en sensibilisant les différentes communautés à l’art mural au Chaque fresque a son histoire et appartient au propriétaire du mur. contact de nombreux artistes sollicités pour réaliser les œuvres. En trente ans, 3 600 fresques ont été réalisées. Des Murals qui racontent l’immigration américaine ici, remercient The Roots, groupe de rap, fierté de la ville, ou encore évoquent le combat des associations LGBT, un peu plus loin. Chaque fresque a son histoire et appartient au propriétaire du mur. Une centaine de nouvelles peintures sont réalisées chaque année créant ainsi près de 250 emplois (de l’artiste au monteur d’échafaudage). En 2011, plus de 1 800 étudiants ont rejoint le programme et 100% des lycéens impliqués dans le programme sont diplômés à la fin de leur scolarité. Un petit miracle social pour cette cité que la crise industrielle n’a pas épargnée. Mais le travail social du MAP ne s’arrête pas là. Outil de réinsertion dans la société Ce programme unique en son genre a instauré le Restore Justice. Une division du MAP qui permet aux détenus ou personnes en liberté conditionnelle de participer à la réalisation de certaines fresques. Ceci, afin de créer le dialogue et aider à une compréhension de leurs actes et permettre, ensuite, le pardon des victimes. A Philadelphie, 82% des détenus participant au programme ne retournent pas en prison dans les trois ans suivant leur libération. Pour Jane Golden, « l’art peut sauver des vies », au sens propre comme au figuré.§



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