Metro News Paris n°2313 23 nov 2012
Metro News Paris n°2313 23 nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2313 de 23 nov 2012

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SAS Publications Métro France

  • Format : (235 x 301) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : Femmes battues, brisez le silence !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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vendredi 23 novembre 2012 22 CULTURE www.metrofrance.com 3 People bertrand cantat refait couler de l’encre. Les parents de l’ex-compagne du chanteur, Kristina Rady, qui s’est suicidée en 2010, l’accusent dans Paris Match de violences envers leur fille. toP björk. La chanteuse islandaise vient d’être opérée des cordes vocales avec succès. Début 2012, l’interprète de « Violently Happy » avait dû annuler des concerts en Argentine, au Brésil, au Portugal et en Espagne, dans le cadre de la tournée Biophilia. FLoP rage against the machine. Le groupe fête les 20 ans de son premier opus avec la parution d’un coffret collector. En revanche, d’après le guitariste Tom Morello, certains de ses partenaires seraient opposés à l’idée d’enregistrer un nouvel opus. Cirque bartabas s’affirme comme un artiste résolument hors système. Metro/Zoé ducournau Bartabas, le maître étalon spectacle. Bartabas présente pour la seconde saison une création équestre époustouflante : Calacas. entretien. rencontre avec le fondateur de Zingaro, un artiste engagé mais peu amène. PROPOS RECUEILLIS PAR Judith Korber rencontrer Bartabas peut être une épreuve difficile. L’artiste est entier et refuse toute compromission avec le système médiatique. L’homme nous reçoit pourtant chez lui, ou plutôt chez Zingaro, le théâtre équestre qu’il a fondé. Toute la troupe, conjoints et enfants compris, vit ici, au fort d’Aubervilliers, à bord de caravanes rétro. Quelques pas les séparent du lieu des représentations et des écuries qui abritent une quarantaine de chevaux. Quelle est la genèse de Calacas [squelette en argot mexicain] ? Chaque projet de Zingaro murît pendant plusieurs années. Pour Calacas, je voulais partir sur une idée de danse macabre. Je me suis tourné vers le Mexique car ce pays véhicule une imagerie très riche. Mais les pays et les cultures ne sont qu’un prétexte pour parler de la relation entre l’homme et le cheval. C’est un projet très lourd à monter ? Il y a au moins un an de préparation avant même les répétitions. A chaque spectacle, on repense entièrement le théâtre en bois, les décors et les costumes. C’est un investissement d’environ deux millions d’euros. Il faut un an de représentations pour rembourser les dettes. C’est pour ça qu’il y a plusieurs saisons. Pourquoi cette thématique de la mort ? Pourquoi l’homme a-t-il inventé les religions et l’art ? Pour répondre à ces questions : qu’est-ce qu’il y a après ? et pourquoi je suis là ? Tous les spectacles de Zingaro parlent de la mort. Les Mexicains disent que la mort n’a jamais tué personne et que seul le hasard tue. Tu peux rencontrer la mort, comme tu peux rencontrer l’amour. Il y a aussi une référence au chamanisme... Le chamanisme est une prise de conscience de l’être humain au milieu de la nature et des animaux. Cette pensée d’organisation du monde ne place pas l’homme audessus de tout, contrairement aux religions judéo-chrétiennes. Quelle énergie vous insufflent les chevaux ? Quand je suis à cheval, c’est comme une méditation. C’est un entretien silencieux avec l’animal. Comme un chorégraphe a besoin de danser, j’ai besoin de monter. Je le fais tous les matins, c’est ma source d’inspiration. Ça me calme. J’en ai besoin car Zingaro est un combat de tous les jours. On est très peu subventionnés. Comment recrutez-vous les membres de votre troupe ? Je n’aime pas mettre les gens en état de jugement, il n’y a donc pas d’audition. Je privilégie l’envie de donner et je fais confiance au hasards de la vie. De toute façon, il n’y a pas d’école qui forme à Zingaro, puisque c’est un art qu’on a inventé. Vous avez également créé l’Académie des arts équestres de Versailles... C’est un lieu de partage et de création unique. On a fondé une école qui considère, pour la première fois, l’équitation comme un art et noncomme un sport. Les élèves travaillent aussi la danse, l’escrime et l’arc japonais pour développer leur sentiment de cavalier. Avec votre Manifeste pour la vie d’artiste, qui vient de sortir, vous vouliez montrer que le succès ne vous avait pas changé ? Oui. Il y a eu un moment, à Zingaro, où on aurait pu basculer dans le côté Cirque du soleil, avec des actionnaires, des équipes partout dans le monde. On m’a proposé de multiplier le système Zingaro, notamment à Las Vegas. C’est difficile de savoir rester petit, d’avoir l’humilité de se dire que la qualité de ton travail est là. C’est important pour vous d’échapper au capitalisme ? C’est fondamental. A Zingaro, nous n’avons à vendre que notre
vendredi 23 novembre 2012 www.metrofrance.com CULTURE 23 Ross McDaiRMant PhotogR/REX/siPa Cinéma Susan Boyle, bientôt le biopic. La chanteuse, révélée par l’émission « Britain’s Got Talent », vient de révéler au Sun qu’elle avait signé un contrat à Hollywood pour un film à venir sur sa vie. sur le web A quelques jours de la sortie de The Hobbit, les héritiers de l’écrivain J.R.R. Tolkien portent plainte contre la Warner pour une sombre affaire de produits dérivés. plus d’infos sur metrofrance.com/tolkien passion. C’est un métier qui ne sera jamais servile par rapport au monde de l’argent. Toute cette énergie pour quoi ? Pour le plaisir du spectateur. Tu n’existes plus que dans la mémoire des gens. Un artiste, ce n’est pas un créateur qui génère de l’argent. C’est un écorché vif qui a besoin de s’exprimer. Zingaro, c’est une sorte de société idéale ? Oui. Ce qui réunit les gens ici, c’est le fait de vivre une aventure collective. C’est encore plus important aujourd’hui parce que l’individualisme est poussé à l’extrême. Je pense que le public a une forme de respect pour notre manière de vivre. Vous êtes toujours aussi révolté ? Cela se voit peut-être moins parce que je vieillis, je deviens plus sympathique, hélas, mais le combat est le même. La seule différence, c’est que le mythe de Zingaro m’a rattrapé. Je suis au service de ce que j’ai construit. J’ai plus de responsabilités. Vous aimeriez que Zingaro vous survive ? Non, Zingaro ne me survivra pas. On est le summum de l’éphémère. Nous n’avons pas de répertoire. Le jour où je casse ma pipe, ce sera le dernier spectacle.§ a lire : Manifeste pour la vie d’artiste, de Bartabas, éditions autrement, 144 pages, 17 €. une danse macabre sublime agathE PouPEnEy Bienvenue dans un au-delà très vivant, où les morts montent à cheval, se battent, s’enivrent et se courtisent. Comme dans une sorte de rêve, Calacas entraîne le public dans une célébration mexicaine de la mort. Les squelettes s’y livrent à des numéros de danse sur le dos de l’animal ou dans les airs, les corbillards se lancent dans des courses poursuites effrénées. Les tableaux se succèdent, impressionnants, poétiques ou drôles. Le chinchinero – homme-orchestre chilien – et ses cymbales ponctuent les scènes d’une musique à réveiller les morts. Le décor, inspiré de l’univers des artistes mexicains Frida Khalo et Posada, est à la hauteur de l’ambiance. Le spectateur, lui, ne sait plus où donner de la tête, pris entre deux pistes, l’une en contrebas, l’autre en hauteur, symboles de la Terre et du ciel. Au bout d’une heure et demie, on se dit que si la mort ressemble à un spectacle de Bartabas, on n’est pas près de s’ennuyer.§J. K. Calacas, au théâtre équestre de Zingaro, à aubervilliers. tous publics à partir de 5 ans. tarifs : de 30 à 42 €. Plus d’infos : www.bartabas.fr



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