Métro Montréal n°2022-01-19 mercredi
Métro Montréal n°2022-01-19 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2022-01-19 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : Québec se prépare au pire, choisir qui traiter et revoir la qualité des soins.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Journal Métro Mercredi 19 janvier 2022 À gauche, Denis, candidat de la saison 10, à droite, Louise et Nicolas, participants de la saison 8 de L'amour est dans le pré. « Ils y vont avec une quête différente des plus jeunes », avance Martin Métivier, producteur de L’amour est dans le pré, qui présente cette saison un troisième agriculteur quinquagénaire, Denis (à ne pas confondre avec Denis sans moustache de la saison précédente). « C’est complètement une autre manière de voir la vie, quand t’es plus vieux, confirme ce dernier. Nous autres, il n’est pas question de fonder une famille ! » Jennifer, qui avait 50 ans lorsqu’elle a participé à la première saison de Si on s’aimait, va dans le même sens  : « Dans la cinquantaine, t’as passé l’étape d’avoir une famille et tu as des bagages un peu plus lourds, des fois. » Des téléréalités amoureuses qui mettent en vedette des mamans et des papas ont donc l’avantage de présenter des personnes avec des préoccupations et des désirs différents de ce qu’on observe à L’île de l’amour. Amour authentique L’enthousiasme envers les célibataires de plus de cinquante ans s’explique également L’amour à la télé passé 50 ans, ça marche ! Si les jeunes aux tatouages et muscles imposants pullulent dans les téléréalités de rencontres amoureuses, une nouvelle catégorie de célibataires vient leur voler la vedette  : les gens d’âge mûr. Mais pourquoi pognent-ils autant auprès du public ? par l’authenticité et l’assurance dont ils et elles font preuve, notamment en matière d’amour en raison de leurs expériences antérieures. « [À cet âge], on dirait que ça va tellement vite. T’as plus le temps de niaiser, résume Jennifer. Tu reconnais les choses dont tu n’as pas besoin dans ta vie, t’es plus apte à t’en débarrasser et à passer à autre chose. Tu te connais plus, aussi. » Denis renchérit à ce propos  : « Je ne veux rien enlever aux jeunots qui sont dans l’aventure, mais je pense que quand t’es plus vieux, t’as plus d’expériences de vie, alors je pense que les décisions sont plus faciles à prendre. » On a d’ailleurs craqué pour l’amour instantané de Louise et Nicolas de la huitième saison de L’amour est dans le pré. Le public aurait également plus à cœur la diversité. Autrement dit, il veut voir dans son écran plus de différences culturelles, sexuelles, corporelles, mais également diverses tranches d’âges. « C’est difficile pour les femmes dans la cinquantaine [de trouver l’amour, notamment], parce qu’on devient un peu invisible dans la société », Constance Cazzaniga Collaboration spéciale affirme Jennifer, qui se réjouit d’une plus grande représentativité des femmes plus âgées à la télévision. Ça permet surtout aux célibataires de tout âge de s’identifier à elles et d’espérer à leur tour. « [À cet âge], on dirait que ça va tellement vite. T’as plus le temps de niaiser. » JENNIFER candidate de l'émission Si on s'aimait Pourquoi pas moi ? Le producteur Martin Métivier explique que le haut taux de réussite amoureuse des couples plus âgés en incite plusieurs à embarquer dans l’aventure. C’est par exemple le passage de Jennifer à Si on s’aimait qui a convaincu Brigitte de s’inscrire à l’émission à son tour. « On dirait qu’au-dessus de 50 ans, il reste moins de temps, on s’occupe à faire nos affaires, note Denis. Il y a tellement de gens de mon âge qui écoutent ces émissions-là. Si je peux leur donner espoir… ! » Même son de cloche pour Jennifer, qui pense que son parcours à l’écran « a changé la vie de gens qui ont écouté l’émission » en leur faisant réaliser qu’ils pouvaient modifier des comportements même si la trentaine est derrière eux. Participer à une téléréalité amoureuse demande une bonne dose de courage, quel que soit l’âge. Mais il y a quelque chose de spécial quand on s’inscrit à ce genre d’émissions dans la deuxième moitié de sa vie. « Ma plus belle audition, c’est une dame de plus de cinquante ans, raconte Martin Métivier, ému. La vie avait été dure avec elle, mais ce matin-là, elle s’est dit qu’elle avait droit à l’amour, et c’était peut-être une téléréalité qui allait lui offrir cette occasion-là. » En fait, ces simples mots du producteur résument à eux seuls pourquoi on se rallie autant autour des participant.e.s plus âgé.e.s  : « Tout le monde a droit à l’amour. » M Photos  : Denis : Noovo ; Louise et Nicolas  : Hugo B. Lefort
Photo  : iStock 9 Journal Métro Mercredi 19 janvier 2022 Inspiration On vous a déjà fait culpabiliser d’utiliser votre voiture tous les jours ou de prendre l’avion pour partir en vacances ? On vous a expliqué avec condescendance que manger des avocats du Mexique, c’est honteux, alors que vous n’aviez rien demandé ? Vous avez peut-être été victime de greensplaining... Si le mot n’est pas encore très connu, la pratique, elle, est assez répandue. Le greensplaining, c’est quoi ? Formé de green (vert) et explaining (expliquer), « le terme greensplaining s’est développé en analogie avec celui de mansplaining [cette habitude qu’ont certains hommes de couper la parole aux femmes pour expliquer les choses à leur place] », explique Maya Jegen, professeure à l’Université du Québec à Montréal, spécialisée en politique de l’énergie. « Il semble désigner l’attitude des personnes qui font trop de zèle pour expliquer les causes d’un problème environnemental et qui jugent le comportement des autres en leur servant un discours moralisateur et de culpabilisation », précise-t-elle. Un tel discours n’est jamais sollicité et il pourrait aussi bien se résumer par  : « Je sais mieux que toi, alors voici, je t’explique. » Un discours de domination « C’est un terme chargé d’une relation de pouvoir et de domination », surenchérit Josée Provençal, docteure en science politique à l’Université d’Ottawa et chercheuse au sein de la Chaire de recherche du Canada sur l’action climatique urbaine. Selon elle, le greensplainer typique est un environnementaliste convaincu (souvent un homme blanc éduqué), qui n’a pas conscience de sa posture privilégiée et du déséquilibre de pouvoir qui peut exister avec son interlocuteur.trice. Il efface l’ethnicité, le genre et la classe sociale pour offrir une vision de l’écologie qui ne tient pas compte des inégalités et du discours des autres. Contreproductif La docteure estime que lorsque l’on utilise un discours moralisateur, on perd notre interlocuteur.trice plutôt que l’amener à adhérer à notre point de vue. Le greensplaining ne semble donc pas être la meilleure stratégie pour sensibiliser les autres à la cause environnementale. Le greensplaining, c’est non ! S’engager pour l’environnement, c’est bien. Harceler et moraliser tout le monde avec vos convictions, un peu moins. C’est-ce qu’on appelle le greensplaining, une pratique à éviter pour ne pas vous mettre les gens à dos et desservir la cause. Jules Couturier jcouturier@journalmetro.com « Même si une personne devrait ajuster ses comportements pour être plus écoresponsable, se faire greensplainer ne va pas l’encourager. Au contraire, elle risque de lever ses boucliers. » JOSÉE PROVENÇAL chercheuse au sein de la Chaire de recherche du Canada sur l’action climatique urbaine Cette pratique serait même carrément contreproductive. « Personne n’aime se faire donner la leçon, surtout quand ce n’est pas à un moment opportun. Même si une personne devrait ajuster ses comportements pour être plus écoresponsable, se faire greensplainer ne va pas l’encourager. Au contraire, elle risque de lever ses boucliers », résume Josée Provençal. Favoriser le dialogue Alors, comment faire de la sensibilisation environnementale sans sombrer dans le greensplaining ? « Le discours doit s’inscrire dans une conversation qui touche les réalités de tous les interlocuteurs plutôt que dans un monologue lourd et méprisant », indique Josée Provençal. La chercheuse suggère donc d’avoir des conversations sur des sujets communs où les enjeux environnementaux peuvent être abordés subtilement, sans qu’ils viennent « polluer » la discussion. « Ce n’est pas en imposant des idées qu’on arrive à nos fins, mais il est possible d’infiltrer des positions dans des conversations qui peuvent amener des réflexions à plus long terme », conclut-elle. M



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