Métro Montréal n°2021-12-01 mercredi
Métro Montréal n°2021-12-01 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-12-01 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 17,0 Mo

  • Dans ce numéro : variant omicron, est-il temps de penser aux autres ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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S'évader avec la culture Offrir les artisans d'ici EXPLOREZ Métro Guide cadeaux La détente spa en cadeau Destinations pourvoirie Idées québécoises Cadeaux 100% QC pour le bas de Noël sous le sapin 8 Journal Métro Mercredi y, décembre 2021 L'industrie du cinéma est-elle (toujours) un boys club ? Réalisatrices Équitables a dévoilé hier les résultats d'une étude sur la parité dans le milieu du cinéma de fiction. Qui filme qui ? Vers une représentation équilibrée devant et derrière la caméra a été menée en collaboration avec Anna Lupien ainsi qu'Anouk Bélanger et Francine Descarries, de l'Université du Québec à Montréal. Rencontre. En résumé, quelle est la place des réalisatrices dans l'industrie du cinéma au Québec aujourd'hui ? Anna Lupien : Depuis 2013, des mesures de parité ont été instaurées par les institutions. La place des réalisatrices dans le paysage en général a donc beaucoup évolué. En 2011, les femmes avaient fait 11 films de fictions sortis en salle, contre 24 pour les hommes. Anouk Bélanger  : En 2019, on passe de 20% à 38% de longs métrages de fiction réalisés par des femmes au Québec. Ces chiffres ont presque doublé, mais la parité n'est toujours pas atteinte. Peut-on qualifier le milieu du cinéma de boys club ? A.L. : Dans une certaine mesure, oui ! La parité n'a en effet pas encore été atteinte et historiquement le cinéma, surtout hollywoodien, a été construit entre hommes. Il y a évidemment eu des femmes importantes au début du cinéma, mais il s'est masculinisé à partir de son industrialisation. On peut quand même se réjouir des avancées ! Des choses se passent et l'ouverture s'installe. A.B. : Il y a eu des changements positifs depuis, c'est indéniable, mais les conséquences de la manière dont l'industrie s'est construite se font encore sentir. Convaincre pour des améliorations prend du temps. Cette étude a pour objectif de donner des chiffres et d'être constructive, car la situation est en réalité très complexe. Quel lien existe-t-il entre les personnes qui sont derrière la caméra et celles qui sont devant ? A.B. : Ce qui est clair dans le rapport, c'est que lorsqu'on diversifie le regard on Amélie Revert arevert@journalmetro.com « La parité n'est pas encore là, et il faut continuer de travailler pour l'atteindre. Non seulement pour que les réalisatrices soient justement représentées, mais aussi pour que l'on ait accès à leur imaginaire et leurs histoires. Il a des acquis à défendre », dit Anna Lupien, diversifie l'image, le portrait. Quand il y a plus de femmes derrière la caméra, il y a plus de diversité. L'idée de notre recherche n'est pas de dire que les hommes seraient fermés « à », mais que quelque chose d'historique et de systémique s'est installé. Avant, c'étaient surtout des hommes qui réalisaient des films d'une certaine manière parce qu'on n'avait pas encore commencé à les questionner. Maintenant, on se rend compte que les femmes cinéastes ajoutent une diversité. Ce n'est pas la femme par rapport à l'homme, mais bien un effet de système où il faut différencier l'industrie du cinéma et les institutions qui la financent. A.L. : On regarde vraiment la situation dans son ensemble, après avoir étudié précisément 1017 personnages de films. On ne dit pas que dans chaque long métrage la parité doit être parfaite, mais on se rend compte qu'il y a un déséquilibre en général. La diversité n'émerge que lorsqu'il y a une réelle représentation des femmes derrière la caméra. M
Photo  : Forensic Architecture 2021 Extrait de l’exposition Contagion de la terreur présentée au MAC. Une expo sur les impacts réels de la violence virtuelle Le Musée d’art contemporain (MAC) inaugure son nouvel espace temporaire à Place Ville Marie avec Contagion de la terreur, une exposition à glacer le sang sur les dangers de la cybersurveillance. Le lanceur d’alerte Edward Snowden et le musicien Brian Eno contribuent à ce projet créé par Forensic Architecture avec Laura Poitras. Est-ce de l’art, du journalisme d’enquête ou de l’activisme ? L’exposition est en fait un croisement entre ces disciplines. Elle est le résultat du travail colossal du collectif Forensic Architecture, établi à Londres, qui produit des analyses et des documents audiovisuels mettant en lumière différentes injustices. Ici, le collectif s’est intéressé aux répercussions inquiétantes du logiciel de malveillance Pegasus, conçu par le géant israélien de la cybersécurité NSO. Une fois infiltré dans un téléphone intelligent, ce système d’espionnage numérique peut lire vos messages, écouter vos conversations, voir vos photos et activer votre caméra et votre enregistreur à votre insu, et ce, où que vous soyez. L’affaire a fait les manchettes en juillet dernier. On apprenait alors que des centaines de journalistes, politiciens, activistes pour les droits de la personne et avocats avaient été espionnées par ce logiciel. Marie-Lise Rousseau mlrousseau@journalmetro.com Un Montréalais parmi les victimes Contagion de la terreur expose ces histoires de censure, de menace, d’intimidation et de violence. Huit vidéos réparties dans une salle sombre donnent la parole à quelques victimes de cybersurveillance. Leurs troublants témoignages ainsi que d’impressionnantes visualisations de données illustrent comment la violence numérique bascule trop souvent en violence physique et psychologique. Le résultat expose un système insidieux aux lourdes conséquences. « Notre but est de créer des liens entre le monde virtuel et le monde réel, de visualiser les connexions entre toutes les données recueillies. D’où le titre de l’exposition », a expliqué hier le directeur de Forensic Architecture, Eyal Weizman, lors d’une présentation à la presse. Le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui vit toujours en exil en Russie, assure la narration de ces vidéos réalisées par la documentariste oscarisée Laura Poitras (Citizenfour, Risk), tandis que le pionnier de la musique électronique Brian Eno a conçu leur trame sonore. Une des victimes de Pegasus citées dans l’exposition est Omar Abdulaziz, activiste saoudien qui vit en exil à Montréal depuis 2014 et ami du journaliste Jamal Khashoggi, sauvagement abattu en 2018. Les conversations entre les deux hommes ont été interceptées peu avant l’assassinat de Khashoggi. Le Montréalais témoigne à ce sujet dans le documentaire The Dissident. Frontières poreuses entre l’art et l’activisme Selon le directeur général du MAC et commissaire John Zeppetelli, cette exposition hybride s’inscrit dans une nouvelle tendance observée dans le monde de l’art. « Il arrive que des vidéos de Forensic Architecture jugées comme des œuvres artistiques soient présentées comme éléments de preuve en justice. Cela illustre MA PASSION, MON MÉTIER Formation professionnelle Avec le p,elk ipelion (lundi, de : Québec Nos formations respectent les consignes sanitaires de santé publique. Technique d’opérations numériques (Industrie 4.0) Début des cours  : 14 mars 2022 PLACES LIMITÉES COMMUNIQUEZ AVEC NOUS  : 514 743-0448 saefc@csmb.qc.ca formationcontinue.servicescsmb.com Centre de formation professionnelle Léonard-De Vinci r r iJ Culture que l’art contemporain est de plus en plus connecté aux enjeux de société. » L’art est une façon d’exprimer une résistance, soutient pour sa part Eyal Weizman. « Il y a des artistes, des scientifiques et des avocats dans notre équipe. Les artistes ne sont pas là pour rendre notre travail beau, mais pour lui donner un sens. » Laura Poitras souligne que ce projet d’exposition est « très personnel » pour elle et ses collègues. Elle-même a fait l’objet de cybersurveillance après la sortie de son documentaire My Country, My Country, en 2006. Elle a alors été injustement placée sur une liste de terroristes potentiels par le gouvernement américain. « Je dis toujours fièrement dans ma bio que je fais partie de cette catégorie », dit-elle, ironique. M Un peu d’info Contagion de la terreur est présentée au site temporaire du Musée d’art contemporain du 1er décembre au 18 avril. Centre de formation professionnelle Léonard-De Vinci 2405, bd Thimens Saint-Laurent Côte-Vertu 171



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