Métro Montréal n°2021-11-05 vendredi
Métro Montréal n°2021-11-05 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-11-05 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 13,0 Mo

  • Dans ce numéro : spécial dating, l'amour dans tous ses ébats.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 Journal Métro Vendredi 5 novembre 2021 Dater sans sexe  : le défi d’être asexuel. le Eh oui, les personnes asexuelles aussi peuvent avoir envie de rencontrer l’âme sœur. Mais, entre des applications de dating mésadaptées et les préjugés multiples, elles peuvent swiper longtemps avant de tomber sur le ou la bon.ne. Quand vient le temps de flirter, l’un des premiers défis pour les personnes asexuelles est de bien faire comprendre leur orientation sexuelle. Parce que oui, même si le mot existe depuis quelques années, il demeure encore incompris. « On confond parfois asexualité et abstinence. Être abstinent, c’est choisir de ne plus avoir de relations sexuelles, de faire une pause, explique la sexologue Laurence Desjardins. Pour résumer simplement, les personnes asexuelles sont des personnes qui ressentent peu ou pas d’attirance sexuelle. » Rejet et incompréhension Vincent Grenier-Larin se définit comme étant aegosexuel. C’est-à-dire qu'il peut avoir des fantasmes mais il ne ressent pas d’attirance pour des personnes. Quelque temps après avoir enfin pu mettre des mots sur sa sexualité, Vincent a tenté de faire des rencontres par le biais d’applications. Chaque fois qu’une fille l’intéressait, il choisissait d’annoncer d’emblée son asexualité. « Dès que je le disais, soit la fille me ghostait, soit elle n’était plus intéressée », raconte-t-il. « Une fois, une fille avait l’air d’avoir vraiment compris. On est allés en date plusieurs fois, tout se passait bien. Mais après qu’on s’est embrassés, elle a tout de suite voulu aller plus loin… », se souvient-il, en se désolant d’avoir dû mettre un terme à la relation sur-le-champ. En expliquant son orientation sexuelle, il a aussi fait face à toutes sortes de remarques déplacées et parfois décourageantes  : « Mais voyons c’est impossible ! », « C’est juste une question de temps, tu finiras par trouver la bonne femme », « Tu dois avoir vécu un traumatisme, non ? » « C’est vrai qu’on peut facilement se retrouver face à quelqu’un qui n’a pas vraiment lu notre profil ou voit ça comme un défi de nous faire "aimer le sexe"... ou qui croit pouvoir nous faire changer », rapporte Isabelle Stephen, la fondatrice de la Zoé Magalhaès zmagalhaes@journalmetro.com Communauté asexuelle de Montréal. S’il y a encore du progrès à faire, elle constate tout de même une évolution dans les mentalités. L’application OkCupid permet par exemple de cocher une case « asexualité ». Trouver un safe space Pour offrir un espace de rencontre sans jugement pour les personnes asexuelles, Vincent Grenier-Larin a créé un groupe Facebook (Rencontre ace/aro) qui rassemble plus de 300 personnes à travers le Québec. Ce groupe, tout comme celui de la Communauté asexuelle de Montréal, organise des rencontres et permet aux personnes asexuelles d’échanger et d’apprendre à se connaître dans un contexte bienveillant. C’est comme ça qu’il a d’ailleurs rencontré sa blonde, elle aussi asexuelle. « On se sent en confiance quand on se voit parce qu’on sait qu’on ne va pas être rejeté ou jugé. On est avec des gens qui savent ce que c’est l’asexualité, explique-t-il. Mais là encore, il faut rester ouvert d’esprit et savoir que l’asexualité, c’est un spectre. Certaines personnes peuvent être mal à l’aise avec le sexe ou l’intimité, alors que d’autres pas du tout. » Autre alternative pour certains  : se tourner vers les groupes consacrés au polyamour. Voir le couple autrement Isabelle Stephen est en couple avec un partenaire qui n’est pas asexuel. Elle rappelle qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux et qu’en discutant des besoins de chacun, il est souvent possible de trouver un terrain d’entente. « On associe souvent à tort la fréquence des relations sexuelles à un amour passionné, fort. En réalité, il y a plein d’autres manières de manifester de l’affection », souligne aussi la sexologue Laurence Desjardins. « Et puis, bien sûr, on peut aussi questionner l’importance qu’a pour soi la fidélité sexuelle et affective, ajoute-t-elle. Le couple basé sur le modèle judéo-chrétien [deux personnes dans une relation exclusive] ne convient pas à tous les êtres humains. D’autres configurations existent, comme le couple ouvert ou le polyamour. Pourquoi ne pas les explorer ? » M Le dating en 2021 Des milléniaux célibataires se prononcent Thierry, 32 ans « Perso, les applis m’ont désillusionné. Et avec la COVID, c’est pas comme si on pouvait socialiser en personne avec n’importe qui. » Gabriel, 29 ans « Les apps de rencontre, ça se résume à l’art de décevoir... Ayez l’honnêteté de dire ce que vous recherchez vraiment. » Marie-Ève, 32 ans « Dater à Montréal, c’est surtout ne pas pouvoir montrer à la personne qu’elle te plaît vraiment pour ne pas la voir disparaître. » Vanessa, 31 ans « C’est tough parce que les gars qui se disent sapio [attirés par l’intelligence] sont les plus nonos. » Isabelle, 30 ans « Avec les apps, en un clic, tu peux "magasiner" ta personne et ce jeu-là est assez malsain pour la confiance en soi. » Photos  : Dater sans sexe  : iStock ; Le dating en 2021  : Gracieuseté
Photo : iStock 11 Journal Métro Vendredi 5 novembre 2021 Petit guide de la bio Tinder parfaite Frustrantes mais merveilleuses, chaotiques mais tout de même pratiques ; si on s’impose la douce torture des applications de rencontres, c’est bien parce qu’on connaît des gens pour qui ça a fonctionné. Alors, comment susciter à son tour des échanges riches, concrets et/ou coquins qui mèneront quelque part ? Très simple : c’est l’heure de mettre du cœur dans sa bio Tinder ! Donnant donnant La plupart du temps, un swipe left ou un swipe right est déterminé par l’angoisse d’avoir quelque chose à dire une fois le contact établi. Exit les pick-up lines génériques, les profils cryptiques ou carrément muets ; pour maximiser les matchs de qualité, il faut donc montrer ses couleurs. Les albums qui ont changé notre vie, une passion pour la lactofermentation (ou tout autre passe-temps insolite qui accroche l’œil), les émissions qui nous envoient dans une spirale de vidéos d’analyse à 2 heures du matin… Une bonne première impression suscite une saine curiosité et atténue le stress d’avoir à briser la glace, dans le but d’inspirer autre chose qu’un très plate « Salut ça va ». C’est ce qui fait qu’on pourrait recevoir un jour, par la force du destin, un premier message qui dirait : « Alors, comme ça t’es plus une Lorelai qu’une Rory ? » La coiffure vous passionne ? Inscrivez-vous dès aujourd’hui à la formation professionnelle ! Début des cours  : 10 janvier 2022 Centre Antoine-de-Saint-Exupéry (Saint-Léonard) INFORMATION ET INSCRIPTION  : depcoiffure.ca Centre de services scolaire de la Pointe-de-rhe Inspiration Le formulaire de la personne parfaite Le défi, c’est d’être spécifique sans être hyper-sélectif ! Le compte Instagram @un.gars.dynamique a fait l’inventaire exhaustif de ces profils qui finissent par ressembler à des listes d’épicerie misogynes, où l’on préfère les blondes aux yeux bleus portant des talons hauts de six pouces et qui sont capables de bûcher du bois. Faut-il rappeler qu’on a affaire à de vraies personnes, pas à un tagline de vidéo PornHub ? Pour éviter les énumérations agressives et les dérives discriminatoires, mieux vaut se concentrer sur ce qu’on cherche au sens plus large : une relation à long terme, une petite ou une grande cuillère, câlins uniquement, ou plaisir illimité pour une nuit seulement ? On établit ainsi des bases claires tout en ouvrant son cœur aux belles surprises humaines qui nous attendent assurément. Y fait chaud icitte ! À la recherche de rencontres coquines ? Les applications de rencontres sont des terrains de jeux fabuleux pour les personnes qui souhaitent vivre des expériences sex positive. Les mots d’ordre sont le respect, la sécurité et la transparence ! Encore une fois, il est préférable de clarifier ses intentions dans son profil afin d’attirer des personnes à la recherche d’aventures similaires. Les kinks et les phrases semi-croquantes comme « j’te laisserais jouer à Jean dit avec moi » suivies d’un émoji de pêche sont les bienvenus, à condition de laisser les détails plus épicés pour l’intimité, si l’autre y consent. Connais-toi toi-même Oui, créer la parfaite bio Tinder demande du temps et beaucoup de réflexion. Il faut rester soi-même tout en se vendant un peu, intègre en demeurant fun et drôle, cool et accessible en même temps. Mais c’est un investissement payant, puisqu’un bon profil fera naturellement le tri entre les connexions précieuses et les pétards mouillés. N’est-ce pas ce qu’on veut, au fond ? Foncer tête première dans l’arène du dating avec confiance et en sachant ce qu’on a réellement à offrir. —— Alex Viens, collaboration spéciale mi Québec mi



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :