Métro Montréal n°2021-11-02 mardi
Métro Montréal n°2021-11-02 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-11-02 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : Trudeau à Glasgow.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Journal Métro Mardi 2 novembre 2021 Le compositeur de Passe-Partout, Michel Robidoux, est mort La musique québécoise vient de perdre un artiste qui a marqué l’imaginaire de plus d’une génération. L’auteur-compositeur Michel Robidoux est décédé en fin de semaine passée à l’âge de 78 ans. Avec le compositeur Pierre F. Brault, décédé en 2014, il avait composé les chansons de l’émission Passe-Partout. Également compositeur de L’Osstidcho, il a laissé sa trace musicale sur des centaines de chansons, dont certaines sont passées à la postérité. Il a travaillé avec plusieurs artistes, dont Leonard Cohen et Jean-Pierre Ferland, pour qui il a composé la musique de l’album Jaune. Michel Robidoux a remporté des prix Félix ainsi que des Prix SOCAN, dont le Grands classiques pour Le Petit Roi, interprété par Jean-Pierre Ferland. Le musicien avait sorti son Robidoux Premier en 2017, un opus où des artistes reprenaient ses plus grands succès. Quelques heures après l’annonce de son décès, les hommages se multipliaient de la part d’anonymes ou de personnalités de la culture qui ont tenu à lui rendre hommage, saluant son talent et sa contribution à la musique québécoise. — Martin Nolibé 4 L’initiative, nommée Le salon dans la ville, se déroulera dans plusieurs librairies, bibliothèques et cafés de quartier du 13 au 28 novembre. Au total, plus d’une centaine d’activités sont organisées pour célébrer le livre et la lecture avec les lecteurs. On retient parmi elles une rencontre littéraire avec Anaïs Barbeau-Lavalette à Ahuntsic et une causerie avec Patrick Sénécal dans Notre-Dame- de-Grâce. Plusieurs tables rondes auront également lieu lors de ces deux semaines qui précédent le Salon du livre. Dans Hochelaga-Maisonneuve, Olga Duhamel-Noyer animera la discussion « À quoi ça sert la littérature ? À exister ? » Le Salon du livre s’amène dans votre quartier Avant de s’installer au Palais des congrès, le Salon du livre de Montréal ira à la rencontre des lecteurs aux quatre coins de la ville, a appris en primeur Métro. Plusieurs tables rondes auront lieu durant les deux semaines qui précédent le Salon du livre. 13 au CO nov Inscrivez-vous dès aujourd’hui à la formation professionnelle ! Début des cours  : 10 janvier 2022 Centre Antoine-de-Saint-Exupéry (Saint-Léonard) Marie-Lise Rousseau mlrousseau@journalmetro.com L’affiche du Salon du livre. Dans le Plateau-Mont-Royal, Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban participeront à la table ronde « Les racistes n’ont jamais vu la mer ». Également au programme  : lecture de contes dans Rosemont– Petite-Patrie, atelier d’improvisation dans Ville-Marie et le cabaret Ayiti Cheri sur le Plateau. La coiffure vous passionne ? INFORMATION ET INSCRIPTION  : depcoiffure.ca N dans la Centre de services scolaire de la Pointe-de-l'lle CD Yn Québec u Culture El El La plupart de ces événements sont gratuits, mais il est recommandé de réserver sa place, car elles seront limitées. La programmation complète du Salon du livre de Montréal sera dévoilée aujourd’hui. L’événement aura lieu du 25 au 28 novembre prochain au Palais des congrès. M Photos  : Salon du livre  : Gracieuseté ; Michel Robidoux  : Gracieuseté  : Audiogram
Photo  : Marie Amiot, Gracieuseté 9 Journal Métro Mardi 2 novembre 2021 CATHERINE ETHIER Rester assis Depuis quelques semaines, je suis habitée par un fait divers sordide. J’y pense tous les jours. Plusieurs fois. Un fait divers qui, comme tous les faits divers, se brode au précédent avec le même fil rose pâle, un fil qui surprend d’abord, puis qu’on oublie aussi vite qu’on a fait le saut dans le grand spectacle des nouvelles du soir, le temps de déclarer  : « Eh ben ! Voir si ça a de l’allure ! », avant d’aller vérifier si la sauce à hot chicken est assez chaude et partir une brassée de serviettes, parce que la vie est faite de même. Il y a quelques semaines, une femme s’est fait violer à bord d’un train à Philadelphie. Je ne suis même pas désolée de vous l’écrire ainsi, sans préambule ni courbette, parce que, comme toutes les femmes, j’en ai marre. Une femme s’est fait violer dans un train à bord duquel voyageaient moult passagers. Son agression sexuelle aurait duré six minutes, relate-t-on. Cette simple compartimentation mathématique des événements me donne envie de plonger dans un volcan. Parce que bien que l’acte « potentiellement (et ce, dans la plus haute et farfelue des hypothèses) punissable par la loi » ait apparemment duré six minutes, six éternités, ladite femme s’était d’abord fait harceler par son bourreau, un homme qu’elle n’avait jamais vu de sa vie, pendant 45 longues minutes. 45 minutes au cours desquelles elle tenta sans succès de se défaire de son emprise. De ses mains sales sur sa poitrine. Confiante que quelqu’un finirait bien par intervenir. Personne n’est intervenu. Alors. Imaginez craindre pour votre vie pendant 45 minutes ininterrompues. Imaginez ensuite vivre cette frayeur devant public. Devant toutes sortes de personnes que vous ne connaissez pas mais qui, vous vous dites, vont bien finir par vous porter secours. S’interposer. Émettre un son, gigoter, QUELQUE CHOSE. Parce que normalement, ces gens-là sont dans votre équipe. Ce que vous êtes en train de vivre n’a aucun sens. Puis l’homme, ce tocard enivré par ses propres sparages, sans doute lui-même formellement ébahi de se voir donner le ticket d’or pour faire tout ce dont il a envie sans le moindre émoi externe, est allé au bout de son fantasme. Certains passagers auraient même filmé la scène avec leur petite main manucurée wrappée à un iPhone, délicatement complices. Formidablement transis. Plusieurs fois, comme l’essentiel des femmes que je connais, je me suis sentie en danger sur la rue. Un danger graphique. Évident. Entourée d’inconnus qui ne sont pas intervenus. De gens en groupe, lovés dans la fête de leur conversation. D’hommes hauts comme trois édifices qui avaient mieux à faire que de vérifier si cette femme seule et visiblement incommodée par la présence d’un inconnu craignait pour sa sécurité. Que de dire à ce ti-clin  : « Hé. Décâlisse ». Depuis quelques semaines, chaque jour, je pense à cette femme dans ce train. Cette femme qui devra se remettre, si c’est possible, de cette agression sordide, mais qui devra aussi se remettre du silence. De la complète indifférence de ses pairs, de ces tragiques idiots qui l’ont laissée tomber. De leurs petites caméras bandées sur le spectacle surprise dont ils géreraient plus tard la diffusion. Une diffusion entre amis ? Un TikTok amusant ? Vous ne devinerez jamais ce qui m’est arrivé l’autre jour dans le train. M’EST arrivé. MOI. Nous. C’est nous, ça. On est beaux en sapristi. Cette femme devra, si elle parvient à se relever du cauchemar, retisser confiance avec le genre humain. Avec ce monde-là. Le monde normal. Le « bon monde ». Je conçois la peur glaciale qui me parcourrait l’échine si j’étais témoin du début du bourgeon de pareille agression. Je la conçois. On la conçoit tous. Je me demande simplement où nous en sommes, dans cette grande bouillasse désolidarisée, quand on fait le choix de rester assis. Marie Amiot Inspiration Dans le cadre de la série Métro X 30, on vous présente des personnalités exceptionnelles qui façonnent Montréal. Aujourd’hui, Marie Amiot, présidentedirectrice générale de la Factry, une véritable école de la créativité. Mission Mettre de la créativité dans tous les secteurs d’activités et forger des esprits créatifs capables de trouver des solutions inédites aux défis et aux enjeux contemporains. Le but de la Factry est de permettre à chacun d’utiliser des chemins différents dans un monde en constante transformation. Moteur de motivation La conviction que la créativité, ça change le monde. Pour moi, si on réussissait à en injecter magiquement dans les domaines de la politique, des affaires et des causes sociales, on aurait un médicament curatif et préventif pour une société vraiment meilleure. C’est cette croyance qui m’anime. À la Factry, on est assez fous pour se dire que ce dont on rêve, c’est de faire du Québec la société la plus créative en Amérique du Nord. Un projet qui vous tient à cœur Le programme Pause de la Factry. On veut préparer les jeunes au monde qu’ils vont porter plus tard et au monde du travail qui les attend. Leur permettre d’être outillés par la créativité. Si j’avais un seul projet sur lequel travailler jusqu’à la fin des temps, ce serait celui-là. On veut les encourager à faire les choses différemment. Endroit préféré à Montréal Le mont Royal. La montagne a fait partie de toute mon histoire. Mes entraînements préski lorsque j’étais jeune, des promenades à vélo avec mon premier chum, des tours à la patinoire avec mes enfants… C’est mon ancrage montréalais. Votre quartier  : Griffintown J’aime sa mixité, son histoire, sa proximité à l’eau. Même si ce qu’on en voit en ce moment, c’est de la poussière, des condos et des grues, pour moi, c’est un quartier qui a une histoire phénoménale. J’aime la richesse du mélange créé par d’anciennes usines, de la musique, de l’art… Un endroit à découvrir à Griffintown Le canal Lachine ! L’eau, ça hypnotise, ça ressource, ça calme. C’est merveilleux d’être en ville, de voir de l’eau tous les jours et de pouvoir faire du canot chaque soir si on en a envie. —— Propos recueillis par Catherine Perron



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