Métro Montréal n°2021-08-31 mardi
Métro Montréal n°2021-08-31 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-08-31 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : demandes électorales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr q » journalmetro.com Mardi 31 août 2021 PERSPECTIVE Les médias ont de moins en moins les moyens de couvrir les campagnes électorales Élections. La couverture des campagnes électorales se planifie souvent des mois à l’avance en raison des coûts astronomiques qu’elles entraînent. Ce sont les Jeux olympiques de la politique. PATRICK WHITE UQAM Que ce soit au fédéral, ou au Québec, les territoires à couvrir sont immenses pour les médias et nécessitent des avions et des autobus nolisés par les partis politiques. Et les médias paient les frais. Et on parle de gros sous ici. Pour la campagne en cours, le tarif pour chaque membre d’un média avec Justin Trudeau est de 28 000 $ pour toute la campagne ou 5 500 $ par semaine. Ces tarifs sont exorbitants et nuisent à l’accès pour les médias. La couverture des campagnes coûte trop cher. Cette année, par exemple, La Presse canadienne et Radio-Canada sont les deux seuls médias francophones du pays à suivre à temps plein le premier ministre Trudeau dans l’avion et le bus. La Presse canadienne demande un paiement supplémentaire à ses abonnés pour la couverture de la campagne électorale. Au total, il y a à peine 12-13 journalistes, photographes et techniciens avec le premier ministre sortant. Par exemple, les quotidiens nationaux La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec n’y sont pas. Leurs journalistes se déplacent au besoin et par leurs propres moyens. Professeur de journalisme à l’UQAM depuis 2019, j’ai pour La couverture des campagnes coûte trop cher./123RF ma part couvert toutes les campagnes fédérales et provinciales de 1990 à 2006 pour CTV News, Reuters et La Presse canadienne, incluant le référendum de 1995 et celui sur l’accord de Charlottetown en 1992. Nous étions alors plusieurs dizaines de journalistes québécois et canadiens-anglais dans les avions et autobus. Une couverture plus informelle Pour réduire les coûts, les chaînes de télé ont mis sur pied un système depool, ou de partage d’images. TVA, Radio-Canada, Noovo Info, CTV, CBC, Global, CPAC et City TV partagent ainsi les coûts des caméramen à bord de chaque avion/autobus pour chacun des cinq chefs (PLC, PCC, NPD, Bloc et Parti Vert). Pour le Bloc québécois, par exemple, c’est TVA Nouvelles qui fournit le caméraman pour tous les autres réseaux du pays. Est-ce que les citoyens sont perdants au bout du compte ? Je crois que oui. Moins de journalistes sur le terrain équivaut à moins de questions posées et moins d’angles de couverture. Comme un certain nombre de citoyens votent souvent en fonction des sondages d’opinion, la grande majorité des médias canadiens les utilisent pour la couverture des campagnes. Cela devient malsain. Ne devrait-on pas interdire la publication de sondages dans les 2-3 jours avant le jour du vote ? Cela se fait déjà en France. Les absents ont toujours tort. Mais à quel prix ? Qui peut se payer un journaliste dans chaque avion/bus avec chaque chef, à part les gros joueurs comme Radio-Canada/CBC, La Presse canadienne/The Canadian Press, The Globe and Mail, et un ou deux autres ? Cependant, comme les campagnes électorales sont de plus en plus formatées, et présentées comme des photo-ops (opportunités photos où le parti fait une annonce ciblée par jour), et que LCN et RDI diffusent les points de presse en direct, il est aisé de comprendre que plusieurs médias délaissent la couverture officielle des campagnes et préfèrent focaliser sur la valeur ajoutée  : portraits de comtés et de chaudes luttes régionales, grandes entrevues, demandes d’accès à l’info, surveillance en temps réel des médias sociaux, vérification des faits, journalisme de données, analyse des sondages, etc. La Presse par exemple envoie des reporters un peu partout au pays pour prendre le pouls du Canada anglais, tout comme le Journal de Montréal et le Journal de Québec. Il ne faut pas oublier non plus le fait que la couverture des médias est désormais multiplateforme (radio, télé, web, alertes mobiles, vidéos, balados, infolettres, données, etc.), ce qui ajoute une pression additionnelle. On se dirige donc de plus en plus vers une couverture moins officielle des campagnes, ce qui est une bonne nouvelle, sachant que les annonces officielles des partis chaque jour font partie d’une campagne de marketing. Les médias n’ont pas à suivre la ligne officielle des partis. Dans les autobus et les avions des chefs, les journalistes sont en effet sujets à la présence de spin doctors des partis politiques, qui tentent subtilement d’influencer leur couverture. Les obsessions des médias Un des buts des médias en campagne électorale est de couvrir les fameux X Factors, soit les angles morts. Quel impact la crise en Afghanistan aura-t-elle sur la campagne ? La pandémie de Covid-19 ? La hausse de la violence à Montréal ? L’inflation ? Les faux pas d’un candidat sur TikTok ou Facebook ? Les commentaires déplacés d’un candidat ici et là ? La campagne est donc souvent tirée vers la couverture des shows de boucane et il y en a beaucoup durant les campagnes en raison de la forte influence des médias sociaux. Le gazouillis de la ministre Chrystia Freeland en est un exemple. La vidéo tronquée de Erin O’Toole a été notifiée par Twitter comme du contenu manipulé et cette désinformation d’une ministre du gouvernement a mis le Parti libéral du Canada dans l’embarras. Le geste a été dénoncé et les médias sont sur leur garde. Autres grands éléments des campagnes  : les débats des chefs et les sondages. Les médias y accordent une importance disproportionnée et les faiseurs d’images y règnent en maître. Lors des débats, on décrit la joute oratoire comme un combat de boxe. On cherche les K-O, et ça prend inévitablement un gagnant et un perdant. Les débats sont ultra formatés et laissent très peu de place à l’improvisation. Les thèmes sont décidés à l’avance par une commission fédérale sur le débat des chefs, en collaboration avec les grands médias du pays. Il y a déjà eu beaucoup de critiques sur le format trop rigide de ces débats, qui auront lieu les 8 et 9 septembre au Musée canadien de l’histoire à Gatineau. Dans le cas des sondages, il y en a désormais à tous les jours, réalisés avec de petits échantillons, et de grands sondages chaque semaine. Cela fait en sorte qu’on nage en tout temps dans des analyses et des projections de sièges faites par des analystes comme Éric Grenier (deCBC News) et PJ Fournier, ou encore par des sondeurs de renom comme Jean‐Marc Léger. Mieux couvrir les campagnes Il y a encore bien du travail pour améliorer la couverture des campagnes électorales et combattre le cynisme des citoyens envers la politique. On semble trop se fier aux sondages et aux débats des chefs pour créer des moments forts. On cherche souvent des formules chocs et le clip du jour. On se retrouve ainsi à tourner un peu en rond en effleurant à peine les grands débats du pays, comme la question du climat. Certains médias devraient prendre l’exemple du National Observer et du Narwhal, tous deux obsédés par la question climatique. Au Québec, le média de l’action climatique Un Point Cinq joue aussi bien ce rôle de vigie. Une plus grande collaboration entre les médias locaux, régionaux et les grands médias du pays pourrait aussi être un début de réflexion. Histoire de faire mieux. 4 Patrick White est professeur de journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ce texte est le fruit d’une collaboration avec La Conversation. LA CONVERSATION
Les lacs manquent d’oxygène Écosystèmes. La situation peut entraîner une réduction des habitats pour de nombreuses espèces, ainsi que limiter les utilisations récréatives des lacs. Métro s’est intéressé à ce problème. MIGUEL VELASQUEZ Metro World News Les lacs et les océans du monde regorgent d’oxygène dissous, dont dépendent les espèces aquatiques pour leur respiration. Cependant, une étude récente dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Nature a permis de découvrir que les niveaux d’oxygène dans les lacs tempérés déclinent rapidement, ce qui pourrait Trois questions à... Kevin Rose, professeur à l’Institut polytechnique Rensselaer, aux États-Unis, et auteur de l’étude À quel point est-ce 1 que le problème est sérieux ? Si un lac a déjà relativement peu d’oxygène, ce qui est souvent le cas des lacs pollués par des nutriments, cela peut causer beaucoup de problèmes. À grande échelle, les habitats de nombreuses espèces sont en train d’être Les lacs qui ont un afflux important de nutriments artificiels ont déjà moins d’oxygène. avoir des répercussions catastrophiques. « Toute vie complexe réduits, dans de nombreux lacs, la prolifération d’algues nuisibles peut polluer les eaux potables et limiter les utilisations récréatives et autres, et parce que les lacs jouent un rôle important dans le cycle du carbone, cela peut potentiellement augmenter la libération de certains gaz à effet de serre en provenance des lacs. Pris dans son ensemble, c’est un problème important. o 2 Comment est-ce que des avancements technologiques comme l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle peuvent-ils être utilisés pour résoudre ce problème ? Ces types de technologies sont utilisées pour tenter d’aider les gens à prédire et ainsi réagir de manière proactive aux proliférations d’algues nuisibles. Certains lacs sont équipés de vastes réseaux de capteurs qui transmettent des données à des ordinateurs en temps réel. De tels « lacs intelligents » permettent aux gens de surveiller des éléments dépend de l’oxygène. C’est le système de soutien pour les réseaux trophiques tels que les concentrations d’oxygène et d’autres variables afin qu’ils soient conscients des problèmes qui peuvent se développer. o 3 Qu’est-ce que les lecteurs de Métro peuvent faire pour aider à combattre cette situation ? Au niveau local, de prendre des mesures pour empêcher le ruissellement de nutriments dans les lacs et les cours d’eau est probablement le moyen le plus direct d’atténuer la situation. Cela signifie d’être très conscient de l’utilisation d’engrais comme pour les pelouses, l’agriculture et d’autres choses et prendre des mesures pour l’empêcher de pénétrer dans les systèmes aquatiques. À grande échelle, ces baisses sont associées à une augmentation des températures de l’eau de surface. S’attaquer à ce problème est un grand défi. Au niveau individuel, les gens peuvent prendre des décisions qui réduisent leur utilisation de combustibles fossiles. aquatiques. Et quand on commence à perdre de l’oxygène, on peut perdre des espèces, PERSPECTIVE 5 La perte d’oxygène n’a pas été égale partout dans le monde. Dans certains lacs tempérés, les niveaux d’oxygène ont augmenté même si les températures ont grimpé. Les auteurs affirment qu’il s’agit d’un autre indicateur de l’effet des changements climatiques sur les écosystèmes du monde. explique Kevin Rose, professeur à l’Institut polytechnique Rensselaer, aux États-Unis, et auteur de l’étude. Les lacs perdent leur oxygène de 2,75 à 9,3 fois plus rapidement que les océans, un déclin qui aura des répercussions sur tout l’écosystème. » La raison pour la désoxygénation est simple pour ce qui ÉVellEte-N-f SP ! pi Le jeudi 2 septembre 2021 Soirée cinéma au Champ-de-Mars 19 h 30 I Projection du film Monsieur Lazhar Parc du Champ-de-Mars (D Champ-de-Mars 0 bit.Iy/CineChampdeMars Réservation obligatoire. Ville-Marie Montréalup est des eaux de surface  : quand l’eau se réchauffe, elle ne peut retenir autant de CO2. La température des eaux de surface a augmenté de 0,38 0C par décennie. Toutefois, les températures des eaux profondes sont pour la plupart demeurées stables au cours des quatre dernières décennies. Les auteurs émettent l’hypothèse que la baisse de l’oxygène dans les eaux profondes est due à la « stratification »  : la hausse des températures de surface crée une grande différence de densité entre les eaux de surface et les eaux profondes, de sorte qu’elles ne se mélangent pas et que moins d’oxygène atteint les eaux profondes. « Une stratification accrue rend le mélange ou le transfert d’oxygène de l’atmosphère vers les eaux profondes plus difficile et moins fréquent, de sorte que l’oxygène dissous dans les eaux profondes diminue », indique M. Rose.



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