Métro Montréal n°2021-08-24 mardi
Métro Montréal n°2021-08-24 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-08-24 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : retour à la normale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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t"'journalmetro.com'n, métr Mardi 24 août 2021 CULTURE Bootlegger donnera le coup d’envoi du FNC C’est le film Bootlegger de l’artiste multidisciplinaire d’origine algonquine, Caroline Monnet, qui ouvrira la 50 e édition du Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC), le 6 octobre au Cinéma Impérial. Archipel, de Félix Dufour-Laperrière, clôturera les festivités, le 17 octobre. MÉTRO Et si le socle de la statue de John A. Macdonald devenait un site d’art public ? Histoire. Un an après avoir été déboulonnée et décapitée, la statue de John A. Macdonald demeure entreposée. Alors que la Ville de Montréal n’a toujours pas pris de décision quant à son avenir, des voix s’élèvent pour aménager un site d’art temporaire sur son piédestal. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com Le 29 août 2020, dans la foulée d’une manifestation contre le racisme, la statue de l’ancien premier ministre du Canada et père de la Loi sur les Indiens – qui a mené à l’instauration des pensionnats autochtones et des réserves – a été déboulonnée au square Dorchester. Elle avait été vandalisée à maintes reprises auparavant. Plutôt que de remettre en place une statue controversée qui, aux yeux de plusieurs, est un symbole de racisme et de colonialisme, l’historien et professeur émérite de l’Université Concordia, Ronald Rudin, propose une nouvelle vocation au site : celle d’y aménager un lieu de diffusion d’art temporaire. Cette idée s’inspire directement du Fourth Plinth, un piédestal laissé vacant à Londres, en Angleterre. Depuis une vingtaine d’années, les installations d’art public contemporain s’y succèdent, suscitant toujours un vif engouement. Un espace pour des œuvres engagées Étant donné la charge historique et sociale associée à John A. Macdonald, l’occasion serait toute indiquée pour inviter des artistes contemporains à La statue représentant le 1er premier ministre John A. Macdonald, située au centre-ville de Montréal, a été vandalisée à de nombreuses reprises ces dernières années. À gauche et en haut  : /ARCHIVES MÉTRO — à droite  : /JOSIE DESMARAIS/MÉTRO diffuser sur le socle où logeait sa statue des œuvres faisant échos à la carrière du 1er premier ministre du Canada. « Ce serait une belle occasion d’offrir cet espace à des artistes autochtones qui pourraient y exprimer leurs perspectives sur le passé », soutient Ronald Rudin. C’est également ce que souhaiterait voir l’artiste multidisciplinaire Montréalaise d’origine kanien’kehá:ka (mohawk), Hannah Claus. Elle serait emballée si on lui proposait de créer un projet artistique à cet endroit. « Il pourrait y avoir des performances, des projections ou des installations autour du socle », s’enthousiasme celle qui est aussi cofondatrice du Centre d’art daphne, lieu de diffusion consacré aux arts autochtones. Hannah Claus s’est déjà intéressée à la question des monuments historiques en 2017 lors du projet Hochelaga Rock, inspiré par la roche commémorative de l’arrivée de Jacques Cartier à Montréal, située sur le campus de l’Université McGill. « L’important dans ces projets est d’offrir un espace qui permette d’entendre d’autres voix et de faire place à une pluralité de points de vue », dit-elle. L’éphémère comme réponse à la permanence Selon M. Rudin, remplacer la statue de John A. Macdonald par des installations temporaires artistiques enverrait le message qu’on peut aborder l’Histoire autrement. « Le problème avec les structures permanentes, c’est qu’elles donnent l’impression qu’il y a une réponse définitive au passé, alors que le temporaire montre que notre compréhension du passé change et évolue », dit-il. Cette vision est en phase avec celle des communautés autochtones, soutient Hannah Claus. « L’idée d’œuvres éphémères reflète notre perspective, qui conçoit le temps comme étant fluide et non linéaire », exprime-t-elle. Par son caractère éphémère, ce type d’art public est souvent ancré dans l’actualité, ce qui donne lieu à des œuvres plus audacieuses, souligne la doyenne de la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia, Annie Gérin, qui se montre favorable à l’idée de transformer le socle du square Dorchester en lieu de diffusion artistique. « L’art public est souvent un peu sage, car quand on sait qu’une œuvre sera installée pour les 90 prochaines années, on évite la controverse, a-t-elle expliqué à Métro lors d’une entrevue accordée en janvier dernier dans le cadre d’un reportage sur l’art public. Les œuvres éphémères permettent une prise de risque intéressante. » Avenir incertain pour la statue de John A. Macdonald En juin dernier, dans la foulée de la découverte des dépouilles d’enfants autochtones sur les sites d’anciens pensionnats du pays, la statue d’Egerton Ryerson à Toronto a été déboulonnée. Les autorités ont 8 « Comme ce lieu est fondamentalement politique, ça demande une réponse ou un dialogue artistique qui soit lui aussi politique. » Hannah Claus, artiste multidisciplinaire confirmé qu’elle ne serait pas replacée. Toujours en Ontario, à Kingston, le conseil municipal a récemment déplacé une statue de Macdonald dans un cimetière, ce que réclamait un groupe de militants. À Montréal, aucune décision n’a été prise quant à l’avenir du monument où se trouvait la statue de John A. Macdonald. « La Ville de Montréal élabore présentement un cadre d’intervention en reconnaissance, en concertation avec des partenaires et des experts », a fait savoir par écrit la chargée de communications Fabienne Papin. Ce cadre devrait être adopté par le conseil municipal à l’automne, précise-t-elle. Par la suite, un processus d’évaluation du monument sera déclenché. D’ici là, la statue reste entreposée « dans des locaux fermés au public ». « Je crois que c’est un dossier trop chaud, soutient l’historien Ronald Rudin. Je ne crois pas que la Ville a intérêt à reprendre ce débat avant l’élection de novembre. » L’historien souhaite que l’avenir de cette statue soit un enjeu électoral. C’est pourquoi, en partenariat avec le Centre canadien d’architecture et d’autres partenaires du milieu universitaire, il lancera cet automne un appel de projets temporaires adressé aux jeunes artistes. « Le défi est de convaincre la Ville de faire quelque chose, parce que l’inertie ne pourra pas durer. Le temps est venu d’avoir cette conversation. »
métr journalmetro.com Mardi 24 août 2021 SOCIETE OMO OMO Aurélie Rivard, championne de paranatation La natation n’était pas le sport préféré d’Aurélie Rivard durant son enfance. « Je n’avais pas du tout le rêve olympique quand j’étais petite, et encore moins celui des paralympiques », assure-t-elle. C’est lorsqu’elle s’est mise à s’entraîner pour le simple plaisir d’être dans l’eau, vers 11 ans, qu’on a repéré son talent. « J’ai découvert un autre monde dont je suis tombée amoureuse. Quand je suis allée aux Jeux pour la première fois, j’ai su que c’était ce que je voulais faire le plus longtemps possible ». En parallèle de sa carrière athlétique, Aurélie Rivard étudie le droit à l’université pour éventuellement La triple médaillée d’or des Jeux paralympiques de Rio prend la tête d’Équipe Canada aux Jeux de Tokyo qui commencent aujourd’hui. La paranageuse de 25 ans s’est confiée à Métro sur son parcours et la résilience que son sport lui a inspirée. se spécialiser dans les dossiers civils. En 2019, Aurélie Rivard elle a remporté pas moins de cinq médailles aux championnats du monde de paranatation à Londres. Ces victoires ont marqué un moment charnière dans sa carrière. « Ça a été un tremplin pour tout le reste, se souvient-elle. J’ai retrouvé mon cœur d’enfant. Je ne pense pas que j’aurais le succès que j’ai en ce moment, si je n’avais pas traversé cette épreuve. » En contexte de pandémie, Aurélie Rivard a orienté son attention vers ce qu’elle pouvait contrôler  : son alimentation (un régime équilibré et riche en œufs), son sommeil et ses entraînements. « À défaut de pouvoir voir mes rivaux ou de voyager - toutes des choses auxquelles je m’accrochais avant - j’ai maximisé l’entraînement et la récupération », estime-t-elle. La nageuse passe environ 25 heures par semaine dans l’eau. Les nombreuses compétitions exigent aussi de vivre régulièrement dans les bagages et les hôtels. « Ton outil de travail, c’est ton corps. Tout ce que tu lui donnes affecte les performances, donc c’est d’autant plus important de s’offrir la meilleure nourriture et la plus grande qualité de sommeil possible. » Célébrer la différence Née avec une main gauche sous-développée, Aurélie Rivard a été victime d’harcèlement scolaire pendant son adolescence. « J’étais dans une période très sombre. J’avais changé d’école, je faisais des crises de panique à répétition et j’avais CHARLOTTE MERCILLE cmercille@journalmetro.com « Quand je suis allée aux Jeux pour la première fois, j’ai su que c’était ce que je voulais faire le plus longtemps possible. » Aurélie Rivard, championne olympique de paranatation développé un trouble alimentaire », raconte-t-elle. À la croisée des chemins, l’adolescente a choisi de se concentrer sur une ligne noire, celle qu’elle voyait tous les jours dans le fond de la piscine. « La natation m’a redonné confiance en mes capacités et une estime de moi que j’avais perdue », affirme-t-elle. Vivre et compétitionner avec un handicap lui a aussi enseigné de célébrer sa différence, plutôt que de la camoufler. « À l’adolescence, notre but se résume souvent à devenir comme tout le monde, puis j’ai réalisé que c’est en fait un cadeau d’être différent et qu’on peut en être fier. » Si elle n’a qu’un conseil à donner aux futurs aspirants olympiques, c’est celui de se concentrer sur soi. « Il faut être égoïste, dans le sens où il faut être à l’écoute de soi-même. Il faut se centrer sur nos aspirations et ne pas avoir peur de les affirmer. Cela m’a épargné beaucoup de stressinutile en compétition, mais aussi dans la vie en général. » Porte-étendard du Canada à la cérémonie de clôture de Rio 2016, la nageuse a été l’étoile du Canada aux Jeux de Rio, ayant récolté trois médailles d’or et une médaille d’argent. Aurélie Rivard mènera cette fois-ci l’équipe du Canada aux prochains Jeux paralympiques de Tokyo. Ces derniers seront les troisièmes Jeux auxquels l’athlète prendra part. Aurélie Rivard prendra part aux Jeux paralympiques pour la troisième fois./GRACIEUSETÉ/COMITÉ PARALYMPIQUE CANADIEN Tokyo 2020 Les Jeux paralympiques de Tokyo 2020, reportés en raison de la pandémie, se dérouleront du 24 août au 5 septembre 2021 au Japon. Plus de 130 athlètes canadiens y sont attendus. 9



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