Métro Montréal n°2021-06-22 mardi
Métro Montréal n°2021-06-22 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-06-22 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : les transfuges vus de l'extérieur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mardi 22 juin 2021 CULTURE Année faste pour les librairies indépendantes Industrie. Pendant plusieurs mois, les librairies indépendantes sont devenues l’un des rares refuges culturels auxquels le public avait accès. Plus que des commerces de détail, ces lieux ont gagné en popularité et se sont révélés des rouages importants de l’écosystème communautaire. CHARLOTTE MERCILLE cmercille@metromedia.ca Le Renard Perché a ouvert ses portes le 18 mars dernier. Malgré le confinement, la nouvelle adresse de la rue Ontario a reçu un accueil très chaleureux. « On a reçu une grande vague d’amour du public », se rappelle Mélissa Boudreault, l’une des trois copropriétaires de l’entreprise. Et pour cause  : la demande était bien présente. Dans les sondages distribués par la SDC de Hochelaga-Maisonneuve auprès des citoyens, l’idée d’une librairie figurait toujours en tête de liste des besoins. « Notre but, c’est d’être à l’écoute des besoins du quartier. La librairie, c’est avant tout un lieu de rencontre, de discussion de proximité entre les artistes et les lecteurs », observe Mélissa Boudreault. La force de l’établissement réside dans la littérature jeunesse et cette orientation n’est pas le fruit du hasard. Depuis la flambée du marché immobilier, de nombreuses familles avec de jeunes enfants à la recherche de logements plus abordables sont venues s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve. « Nous formons un lien entre le travail, l’école et la maison, affirme Mélissa Boudreault. Malgré l’explosion de l’achat en ligne, les libraires ont continué à se démarquer par la chaleur humaine de leur service./123RF « Les gens viennent pour socialiser et découvrir. Les gens viennent papoter de littérature, de tout et de rien, et tu ne trouves rien de tout cela en magasinant sur Amazon. » Philippe Sarrasin, propriétaire de libraires On sait que les gens ont des besoins et des problématiques familiales bien particulières. On développe des liens d’amitié avec notre clientèle et la connaissance du livre peut devenir très importante dans l’équation. » Si Philippe Sarrasin est propriétaire de trois librairies dans l’arrondissement du Sud-Ouest, il se considère toujours comme un indépendant. En effet, chacun de ses établissements conserve une identité propre aux couleurs du quartier. Avec le temps, commis et clients deviennent des amis de longue date. Ceux-ci considèrent leur rituel de bouquinage comme une habitude aussi naturelle que d’aller chercher le pain à la boulangerie du coin. « Quand on achète dans une librairie locale, on investit dans le capital social de la communauté. Les librairies paient des taxes, s’impliquent dans la vie communautaire. Ce n’est pas que de la vente, c’est un lieu d’animation culturelle fort », considère Jean-Benoît Dumais, directeur général de la coopérative Les Libraires aminffle Samian sort un clip en hommage aux 215 victimes de Kamloops En cette Journée nationale des peuples autochtones, Samian partage une nouvelle chanson rap, Ishkodè. Réalisé avec le soutien de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec, Ishkodèest dédié aux 215 enfants qui ont péri au pensionnant de Kamloops. MÉTRO L’explosion de l’achat en ligne En pleine crise sanitaire, les librairies indépendantes font partie des commerces qui ont su tirer leur épingle du jeu. La lecture s’est avérée un refuge pendant la pandémie. « On pense vraiment que c’est l’autre piqûre que les gens ont reçue, et cela va demeurer au-delà de la reprise des activités », estime Jean-Benoît Dumais. « Les gens ont retrouvé le goût de la lecture, observe Mélissa Boudreault, les besoins en livres ont gonflé, car c’était une belle manière de sortir la tête des écrans tout en demeurant dans le confort de chez soi ». Le besoin collectif de douceur et d’évasion s’est d’ailleurs reflété dans les propositions du Renard Perché. Sur la plateforme en ligne Les Libraires, l’inquiétude a rapidement fait place à l’excitation lorsque les ventes en ligne ont explosé. La pandémie a suscité une vague d’adhésion et une visibilité soudaine. « On parle d’une augmentation de 700% de commandes postales durant l’année dernière ». Au total, les ventes au détail ont augmenté de 18,3% en 2020, une statistique « réjouissante ». Dans la foulée d’initiatives d’achat local comme le panier bleu, la littérature québécoise a aussi connu une augmentation de transactions allant de 4 à 5%. À défaut d’avoir un entrepôt, les commerces du livre ont dû apprivoiser en un temps record le grand volume de commandes. Ils ont pu bénéficier d’une aide fédérale de 32,1 millions $ afin d’accroître leurs ventes en ligne. Ces années d’abondance succèdent à une époque sombre. « Depuis 2014, on assiste à des reprises familiales et une valorisation du métier de libraire », explique Jean-Benoît Dumais. Si l’avènement du livre numérique était sur toutes les lèvres il y a quelques années, la fin du papier ne semble plus être une éventualité aussi proche pour les commerçants. « On entre dans un nouveau cycle. Les librairies vont bien. Malgré Amazon, malgré la COVID-19, on s’en sort bien. Le papier est là pour rester », résume Philippe Sarrasin. Et cet engouement risque de se poursuivre. « Cette nouvelle habitude ne va pas nécessairement se perdre. Maintenant, la lecture fait partie intégrante de l’éducation des enfants au même titre qu’une bonne alimentation », compare Mélissa Boudreault. Selon Philippe Sarrasin, l’appui des bibliothèques, des hôpitaux et d’autres organismes qui font partie de la sphère communautaire feront la différence pour assurer l’avenir des librairies indépendantes. Les librairies indépendantes jouent aussi le rôle de mémoire collective. Elles conservent plusieurs livres aux tirages autrement épuisés et diffusent des genres moins prisés par le grand public. Tendance. Grâce aux podcasts, les artistes prennent enfin le micro Artists Among Us fait partie de ce nouveau genre de podcasts animés par des artistes./WILL FRANCIS RÉDACTION AFP RELAXNEWS Qui de mieux pour parler d’art que ceux qui en font au quotidien ? Alors que les podcasts présentés par des commissaires d’exposition ou des historiens de l’art font légion, les artistes visuels s’emparent de plus en plus du format pour se raconter. Décryptage. « Au fil des années, j’ai beaucoup réfléchi à l’Histoire et à la façon dont l’art peut rendre visible l’invisible ». C’est en ces mots que Carrie Mae Weems démarre le premier épisode du podcast Artists Among Us. Dans ce podcast lancé par le Whitney Museum of American Art, l’artiste afro-américaine y « examine les complexités et les contradictions qui ont façonné les États-Unis d’aujourd’hui ». Pour Anne Byrd, directrice du département Recherche et Interprétation pour le musée américain, le podcast avait besoin d’une artiste aussi reconnue que Carrie Mae Weems à sa tête. « Weems s’est avérée être l’hôte idéale pour le podcast, car elle a été capable d’encadrer le dialogue entre l’œuvre d’art et l’histoire du site d’une manière à la fois engageante et instructive », a-t-elle expliqué à The Art Newspaper. Faire entendre différentes voix De son côté, le Rubin Museum of Art a confié l’animation de son dernier podcast à la performeuse et musicienne Laurie Anderson. AWAKEN invite différents invités à parler de la transformation personnelle qu’ils ont entreprise au cours de leur vie. « L’éveil spirituel est au cœur de la collection du Rubin Museum. Il est même au centre d’une exposition, actuellement présentée dans nos galeries », explique Dawn Eshelman, responsable des programmes chez le musée new-yorkais. « Avec le podcast, nous avons voulu donner une dimension humaine au concept parfois intimidant de l’éveil spirituel, en faisant entendre des voix de différents points de vue (religieux et laïques) qui offrent des exemples très différents et personnels de ce que peut être l’illumination ». De plus en plus d’artistes suivent l’exemple de Carrie Mae Weems et Laurie Anderson et prennent la parole à travers des podcasts. Si le phénomène n’est pas nouveau, la pandémie a contribué à l’apparition de programmes audio où les artistes se livrent librement. 8
‘év E journalmetro.com Mardi 22 juin 2021 EVASION Le parkour, ou art du déplacement, est une discipline acrobatique consistant à franchir des obstacles urbains ou naturels sans l’aide de matériel et popularisée au départ en Europe par un groupe nommé les Yamakasi. Danseuse contemporaine dans une autre vie, Catherine Castonguay faisait des maquillages dans les fêtes d’enfants depuis quelques années, mais la pandémie a mis un frein à cette activité professionnelle. Elle en profite pour se remettre en forme, son mari et elle se lançant des défis comme celui de faire 100 pompes par jour pendant 30 jours. « Si moi, je voulais me remettre en forme, je me suis dit que c’était aussi le cas des autres mamans comme moi. » Elle propose alors aux mères de son quartier, le Mile-End, de faire des exercices le matin en utilisant le mobilier urbain. « Je ne savais pas que je faisais du parkour. Je m’étais donné un nom, je faisais du fitness urbain ». Rapidement, la demande explose. Elle donne des cours le matin, le soir, les fins de semaine, pour les enfants, les adultes et parfois les deux à la fois. Lorsqu’elle découvre ce qu’est le parkour, elle décide de suivre des cours professionnels avec Pascal Curieux, « l’un des meilleurs coachs de Montréal, sinon le meilleur. Il s’est entraîné avec les Yamakasi ». Après une pause pendant l’hiver, elle reprend les inscriptions en mars et engage huit entraîneurs pour répondre à la demande. Peine perdue, les places se comblent rapidement. Actuellement, des cours sont offerts dans les quartiers de Hochelaga, Villeray, Ahuntsic, Mile-End, Plateau, Rosemont, St-Henri ainsi qu’à Longueuil. Devant l’engouement, elle prévoit en ajouter dans Griffintown, Outremont et même à Laval. Selon l’entrepreneure, 500 personnes seraient inscrites à ses cours. Une pratique casse-cou ? Catherine Castonguay ne considère pas que le parkour soit une discipline plus dangereuse que les autres sports. « Le parkour, c’est pour tout le monde. Je veux même enseigner aux personnes âgées. Les gens doivent connaître leurs limites et les cours sont adaptés aux participants. » Elle rappelle que le corps est fait pour bouger, pour grimper aux arbres et aux modules dans les parcs. « Le problème, c’est qu’on est fort des jambes, mais on n’est pas capable de soulever son propre poids. Ce qui fait que les gens ne sont pas en forme. » Elle ajoute que le parkour n’est pas seulement une discipline physique, mais également mentale, qui demande beaucoup de concentration et de créativité. Un circuit cyclable ludique Le Rallye des Rivières, qui propose de faire le tour de l’île de Laval sur ses 125km de piste cyclable, est de retour cet été et dispose désormais de sa propre appli mobile. Ce support ludique transforme la course en chasse au trésor géante, idéal pour initier les plus jeunes aux joies du plein air. MÉTRO Parkour, faire du sport autrement Parkour ton quartier propose depuis l’automne dernier des cours de parkour pour toute la famille dans sept arrondissements de la métropole. Après à peine quelques mois d’existence, la demande a explosé, selon sa fondatrice, Catherine Castonguay. JASON PARÉ jpare@metromedia.ca En plus des cours réguliers, des camps de jour seront offerts aux enfants et aux adolescents pendant l’été. Pascal Curieux donne également un bootcamp de deux jours tous les mois pour les 10 ans et plus, où il enseigne l’histoire du parkour, la philosophie et les mouvements de base. Pas à court de projets, Catherine Castonguay aimerait également ouvrir un gym de parkour dans un an ou deux. Des cours de parkour se donnent pour les adultes et les enfants sur le site du Stade olympique dans Hochelaga-Maisonneuve. Infos et inscriptions à www.parkourton quartier.com. 9 PHOTOS/GRACIEUSETÉ JEAN-SÉBASTIEN GRAVEL



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