Métro Montréal n°2021-06-11 vendredi
Métro Montréal n°2021-06-11 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-06-11 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 16,6 Mo

  • Dans ce numéro : engagées jusqu'au bout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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11-13 JUIN 2021 Elles s’appellent Sœur Gisèle, Sœur Nicole, Sœur Marie-Paule, Sœur Suzanne, Sœur Andrée, Sœur Simone et Sœur Aline. Elles sont sur tous les fronts depuis des décennies, comme en témoigne leur collection de macarons qui, à elle seule, résume l’histoire du militantisme au Québec. Ayant troqué l’uniforme austère des religieuses pour une tenue civile afin de demeurer près du peuple, ces infatigables religieuses ont consacré leur vie à défendre la veuve et l’orphelin. En plus de dénoncer le patriarcat dans leurs prières, elles portent fièrement l’épinglette « féministe tant qu’il le faudra ! ». Au fil des ans, entre autres actions, elles ont hébergé des détenus en maisons de transition, manifesté pour les droits des assistés sociaux, pour la reconnaissance de la Palestine ainsi que participé à la mythique marche Du pain et des roses. Les auxis ne se gênent pas non plus pour critiquer avec virulence la religion catholique malgré leur foi. « Comment réagiriez-vous si le pape était une femme ? » demande Sœur Gisèle le regard défiant dans le documentaire. Et elles sont loin d’avoir dit leur dernier mot, même si elles ne sont plus que huit aujourd’hui et qu’elles sont conscientes de la disparition éventuelle de leur communauté. Avec sa caméra, le jeune documentariste Maxime Faure a immortalisé le quotidien de ces femmes « debout et engagées », comme elles se décrivent elles-mêmes. L’occasion tout indiquée pour revenir sur leur vie de luttes, partager leur legs et accomplir un devoir de mémoire. Des femmes libres Le cinéaste français, qui a vécu à Montréal, a eu le coup de foudre lorsqu’il a découvert cette communauté. « J’ai rencontré des personnalités fortes, des personnalités drôles, des femmes etirr ismilm sasn4llaH g)  : Des religieuses féministes, anticonformistes et anticapitalistes, vous en connaissez beaucoup ? Les Sœurs Auxiliatrices du Québec, auxis pour les intimes, étonnent et inspirent par leur esprit libre et punk. Le documentaire Ainsi soient-elles nous amène à leur rencontre. GRACIEUSETÉ/ADAM W. PUGLIESE qui parlent avec une liberté que je trouve profondément inspirante », témoigne-t-il. Ces religieuses sont en effet ricaneuses, tant dans le documentaire qu’en entrevue. Au bout du fil, Sœur Gisèle nous rappelle en riant que les Sœurs Auxiliatrices ne sont pas des « auxiliaires-tristes ». Dans une scène du film, Sœur Suzanne aborde avec esprit le décès, à l’âge de 101 ans, de sa collègue Sœur Christiane. « On commençait à penser qu’on était éternelle », blague-t-elle. Maxime Faure a apprécié le contraste entre la légèreté de leur quotidien et la force de leur engagement. « Cette double facette est ce qui m’a le plus surpris chez elles », raconte celui qui les a côtoyées pendant plus de cinq ans pour réaliser Ainsi soient-elles. C’est le temps qu’il a investi pour gagner la confiance des religieuses, qu’il filme en toute intimité. « Il a fallu du temps pour apprendre à se connaître, apprivoiser la caméra, apprivoiser ma présence, pour accéder à un quotidien et dépasser la captation d’une parole militante », explique-t-il. Selon le réalisateur, la façon dont les Auxiliatrices vivent leur sororité et vieillissent ensemble en dit long sur leur engagement social. « Prendre soin les unes des autres est aussi politique que d’aller à une manifestation », croit-il. Au départ, Sœur Nicole l’a trouvé « très indiscret », se souvient-elle en riant. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com « COMMENT PEUT-ON ÊTRE À LA FOIS RELIGIEUSE ET FÉMINISTE ? COMMENT PEUT-ON APPARTENIR À UNE ÉGLISE DOMINÉE PAR DES HOMMES ET EN MÊME TEMPS SE BATTRE SUR LE TERRAIN POUR LES DROITS DES FEMMES ? CE PARADOXE EST À L’ORIGINE DU FILM. » MAXIME FAURE « Dans le sens qu’il était très intéressé, alors il posait beaucoup de questions ! » Plus sérieusement, les deux religieuses interviewées par Métro saluent le respect et la sensibilité du documentariste. « Ce que j’ai compris, dans le fond, c’est qu’il s’est reconnu en nous, remarque Sœur Nicole. Ce documentaire, c’est un processus de reconnaissance réciproque. » Dialogue intergénérationnel Les religieuses ont d’abord été surprises par l’intérêt que leur a porté le cinéaste dans la jeune trentaine. « C’est impressionnant penser qu’un jeune de son âge pouvait s’intéresser à des vieilles femmes ! » lance Sœur Giselle en riant. Maxime Faure se dit touché par la confiance des auxis à l’égard de sa génération. « C’est ce qui m’a poussé à creuser ce film. Il y a quelque chose de très riche d’avoir cette parole qui encourage la jeunesse. » Si les Sœurs Auxiliatrices acceptent avec une sérénité épatante la fin imminente de leur congrégation, c’est qu’elles se réjouissent de voir les jeunes générations poursuivent leurs luttes sociales, à leur façon. Elles peuvent ainsi partir avec le sourire et le sentiment du devoir accompli. « J’ai été en contact avec des jeunes de moins de 40 ans une bonne partie de ma vie. Au niveau de l’intuition et des valeurs, on se rejoint », soutient Sœur Nicole, pour qui les manifestations étudiantes de 2012 ont été particulièrement marquantes. La religieuse se réjouit également que le documentaire promeuve un dialogue intergénérationnel. « En général, la société est organisée pour essayer de nous diviser. Ça évite de créer une humanité plus solidaire, dit-elle. Maxime nous a donné l’occasion de célébrer qui on est comme être humain, avec nos valeurs, peu importe notre âge. » Être témoin pendant 75 minutes du parcours impressionnant et inspirant de ces femmes libres, heureuses et radieuses est galvanisant. Lorsqu’on mentionne qu’elles sont des modèles très inspirants, Sœur Nicole relativise les choses. « Ce que je souhaite, c’est qu’on soit des références plutôt que des modèles. Moi, j’ai peur des modèles, c’est un pouvoir dont je ne veux pas. Je veux être en apprentissage avec d’autres, j’ai besoin des autres pour continuer de vivre. » Voilà qui résume toute l’humilité et l’esprit de communauté qui animent ces femmes. Ce même esprit qui nous fait vivre de grandes émotions en regardant Ainsi soient-elles. « On a beaucoup ri et pleuré pendant le tournage, confirme Maxime Faure. Je suis content si ça paraît dans le film. » UN PEU D’INFO  : Ainsi soient-elles En salles dès vendredi Sur les plateformes des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée ainsi que du Cinéma Public dès le 25 juin GRACIEUSETÉ/LES FILMS DU 3 MARS
Hippie Hourrah, les divagations cosmiques de notre été Musique. Le trio montréalais Hippie Hourrah offre une expérience musicale extrasensorielle pour accompagner un été que l'on devine plus léger. Retour sur une discussion avec ses membres, à l'occasion de la sortie de leur premier album éponyme. AMÉLIE REVERT arevedhournairnello.corn Avec des sonorités psychédéliques contemporaines, mais pas dépourvues d'accents pop, voire parfois folk, le groupe de Cédric Marinelli, Miles Dupire-Gagnon et Gabriel Lambert est certainement l'une des plus belles surprises marquant la fin d'une période distordue. Le disque de 13 titres agit ainsi comme une libération, une extraction de la linéarité. Et alors, qui sont-ils ? Quelques indices se trouvent dans l'intro, la bien-nommée Qui sommes-nous, qui nous prépare tout en introspection et en scintillements au voyage Hippie Hourrah. « On a essayé de ne pas être puriste à 100%. Miles a, par exemple, rajouté des synths et des drums machines qui ne sont pas nécessairement d'habitude dans la musique psych », confie Cédric Marinelli qui s'est auparavant illustré avec The Marinellis. Évasion « La raison pour laquelle j'aime le psychédélique, c'est qu'il y a bien sûr le style des années 1960, mais pour moi, le côté edgy est un risque à prendre. Je pense que plein de genres musicaux peuvent être définis comme psychédéliques », poursuit Miles Dupire-Gagnon. « On garde l'aspect trippy et planant d'il y a 60 ans, mais on n'est plus dans cette époque », souligne-t-il. Avec des titres commeParler aux étoiles, Icare Hippie Hourrah/GRACIEUSETÉ BRUNO DESTOMBES ou Apprendre à mourir, difficile de dire le contraire... Gabriel Lambert, avec qui ce dernier a partagé l'affiche dans les formations Anemone et Elephant Stone, évoque pour sa part l'ouverture du courant psychédélique, une vraie référence. « Quand Miles et moi sommes allés à Levitation au Texas [anciennement appelé Austin Psych Fest et organisé par les figures de proue Black Angels,ndlr], il y avait de la musique électronique, de la musique du monde, etc. C'est très mélangé comme genre. » De la merveilleuse et ondulatoire Fantôme à la contemplative Sun Family, cette pluralité est bien réelle sur le disque de Hippie Hourrah. « Ce qui est cool, c'est le contraste entre les pièces improvisées, méditatives, deep, avec les plus pop », ajoute Gabriel Lambert. Perspective Hippie Hourrah À l'image de la célébration de leur album, tout a commencé pour eux pendant d'une soirée lorsque Cédric Marinelli a fait écouter quelques-unes de ses démon à Miles Dupire-Gagnon. « On parlait de musique ensemble et comme on avait « On a pris beaucoup de plaisir, donné le meilleur de nous. On ne se mettait pas de barrières. L'album a du sens, avec vintage et du moderne. » Miles Dupire-Gagnon, des Hippie Hourrah du temps devant nous, on s'est dit qu'on allait essayer. Et c'est devenu ce que c'est », se rappelle celui-ci. « Ce n'était pas si pire à la fin, donc on a décidé de sortir Hippie Hourrah », s'amuse Cédric Marinelli. « Avec Miles et Gab, je suis tombé entre de bonnes mains pour faire cette musique, car on n'était pas fermés », dit-il. Toujours selon lui, il n'y a pas vraiment de thème assigné à Hippie Hourrah (sauf la récurrence de l'astre de lumière, peut-être). « Mes textes dataient de longtemps. En général, ils représentent mes idées, mes humeurs, mon tempérament. Justement, ce qui vient souder le disque, c'est le fait qu'on joue tous ensemble même s'il n'y a pas de structure ou de ligne directrice », explique Cédric Marinelli. « Avec ce que Cédric avait déjà composé et le matériel qu'on avait, on a construit Hippie Hourrah naturellement. C'est comme si on se donnait le droit d'explorer plus, d'improviser, d'essayer », précise Gabriel Lambert. Hommes-enfants du soleil Difficile de ne pas parler du clip de Poupée, récemment sorti. « C'est DIY, assez farfelu avec des marionnettes, des morceaux de cartons qui bougent et des costumes de cowboys », raconte Cédric Marinelli qui en assure aussi la coréalisation et la direction artistique. On y voit donc le groupe évoluer avec beaucoup d'ironie et d'autodérision juvénile, sous un soleil - encore lui - qui veille comme toujours à la scène. Une vidéo qui pourrait résumer à elle seule l'atmosphère éclectique d'Hippie Hourrah. Enfin, s'ils ont « hâte de faire des shows », on ne pourrait pas plus être d'accord avec eux pour les voir performer en direct, en chair et en os, sous nos yeux. TÉLÉVISION Entre deux draps adaptée en anglais Produite par KOTV et diffusée sur Noovo, Entre deux draps deviendra Pillow talk. Dix épisodes seront produits en anglais et apparaitront sur Crave, le service canadien de vidéo sur demande de Bell l'année prochaine. On ne connait pas encore la distribution de la version anglaise. Comme Entre deux draps, Pillow talk sera une comédie à sketchs de 30 minutes FESTIVAL DE CANNES Neuf films viennent compléter la Sélection officielle Un film d'animation sur Anne Frank, le biopic consacré au groupe de rap NTM et le dernier film de Gaspar Noé sont venus s'ajouter hier à la Sélection officielle du 74e Festival de Cannes, ont ILS FILMS SI 7 MIRS, ILS FILMS 1111171187111 (met Cd `, fcvPii) Al IEN ENSEI111J111N-Ell16NEll25JUIN IMAGINEZ ÉTA WEEK-END 9 présentant le quotidien de couples d'âges et de milieux différents dans leur chambre à coucher. « Voici un autre bel exemple de la capacité de Bell Média à faire rayonner le talent des artisans du Québec à travers tout le pays », s'est enthousiasmée la cheffe des communications de Bell Média, Dominique Gagnon, par courriel, qui a aussi annoncer que l'émission deviendra une série annuelle au Québec. Elle sera de retour cet automne. LILI BOISVERT annoncé les organisateurs dans un communiqué. Neuf nouveaux films ont été ajoutés, dont VVhere is Anne Frank ?, présenté hors compétition, de l'Israélien Ari Folman, qui avait électrisé la Croisette en 2008 avec un autre film d'animation, Valse avec Bachir, reparti bredouille. RÉDACTION AFP RELAXNEWS SI.E



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