Métro Montréal n°2021-06-08 mardi
Métro Montréal n°2021-06-08 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-06-08 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Christine Gosselin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr'Me eet iournalmetracom journa[rnetro.com métr 1171 Mardi 8 juin 2021 8 CULTURE CULTE'La très attendue deuxième saison de la série C'est comme ça que je t'aime sera coréalisée par Robin Aubert. Il fera équipe avec Lean-François Jean-François Rivard, fidèle collaborateur du scénariste François Létourneau. Le tournage commencera dimanche prochain. Les épisodes seront diffusés sur ICI Tou.tv Toulv Extra en en 2021 ou 2022. MÉTRO mem Des insectes pour Célébrer la culture latino-américaine envahir les non-dits Littérature. Pour son premier roman, Larves de vie, Christine Gosselin explore grâce à des insectes métaphoriques les maux qui l'habitent. Anxiété, troubles alimentaires, automutilation, estime de soi et infertilité sont ainsi évoqués de façon inédite, sans jamais les nommer. Entrevue. AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com a urna[nietru.cem o ca Des fourmis, des vers, des punaises et une mante religieuse:  : repoussantes pour les unes, inquiétantes pour les autres, ces bestioles Christine Gosselin les a soigneusement choisies pour parler de sujets encore tabous en 2021. Le temps des quelque 140 pages de Larves de vie, l'autrice raconte en effet son rapport à sa propre santé mentale et à sa condition qui ne lui permet pas d'enfanter. Là où les mots sont parfois difficiles à trouver, à transmettre, elle emmène le lecteur vers un univers inattendu, inexorable, mais dénué de noirceur, avec une écriture incisive et généreuse. Quelle a été votre démarche avec cet ouvrage très intime ? En mettant ma vie sur papier, je voulais rendre tangibles les maladies et les troubles dont je parle. Tout a commencé avec les fourmis. J'ai toujours l'impression que ça me gratte dans la tête, que quelque chose se passe. Les idées bougent tellement vite, parfois je me perds dans la poussière, donc je continue de gratter, je vais ailleurs. Quand je suis anxieuse, L'actrice rautrice Christine Cassetin Gosselinr, JOSIE DESMARAIS/METRO DESMARAIS/MÉTRO c'est comme si j'avais des bibittes dans la tête, en fait. Un peu comme l'image de fourmis qui creusent des trous, des tunnels. Je me suis demandé comment parler de mes autres troubles aux gens que j'aime sans les inquiéter ou leur faire peur. Et le concept des insectes a été une évidence. Le processus d'écriture a été très obsessif, ce qui va bien avec l'idée des bestioles. Puisque toute ma vie j'ai écrit, j'ai alors voulu raconter mon histoire et l'envoyer dans l'univers en espérant que ça puisse aider quelqu'un. Il est donc question des fourmis, mais pas seulement. Pouvez-vous nous en dire plus ? Je trouve que tout le monde réagit aux insectes. Certains veulent les tuer, éprouvent du dégoût, tandis que des personnes vont, au contraire, y faire très attention. Pour moi, il y a autant de positif que de négatif. La mante religieuse, par exemple, produit une image en nous même si on n'est pas spécialiste. Le lien avec l'amour, le sexe, la reproduction a donc été facile à faire. De plus, à cause de mon infertilité, j'ai toujours comparé ma trompe de Fallope à une branche cassée, à une mante religieuse. C'est un rappel constant que j'ai une bibitte croche à l'intérieur. En ce qui concerne les punaises de lit, on est d'accord que personne ne souhaite en avoir. L'obsession de penser qu'il y a en partout représentait bien mon désir de m'arracher la peau pour devenir quelqu'un d'autre. Pour les troubles alimentaires, il y avait ce réflexe de les associer aux vers intestinaux. Tous, en tout cas, prennent en otage le corps. Quel lien faites-vous entre les insectes et les tabous ? ? Robin Aubert coréalisera la saison 2 de Cestcommeçaquejet'aime « Je « le ne sais pas ce qui est le plus effrayant:  : les cauchemars de la nuit ou les pensées incessantes apportées par les fourmis, grain après grain. » Extrait de Larves de vie de Christine Gosselin publié aux Éditions Hamac. À moins d'en avoir vraiment besoin, en général, on évite de discuter des insectes. J'ai toujours eu du mal à m'afficher avec mon anxiété, mes troubles alimentaires et mon infertilité. L'inconfort de parler des insectes allait, selon moi, de pair avec l'inconfort de parler de ces troubles. En tant que femme, je trouve ça dur de parler de mon infertilité. Je n'ai rien dit à ma famille pendant longtemps pour ne faire de peine à personne. Mais finalement, comment est-ce que moi je me sentais par rapport à ça ? Ça n'a pas été facile. Entre 25 et 40 ans, on demande beaucoup aux femmes pour quand sont prévus les enfants, peu importe la vie qu'elle mène. Cette pression sociale est beaucoup trop présente en 2021. Moi ça me tue à l'intérieur et j'ai besoin de l'énoncer. Il faut démystifier tout ça. Avez-vous fait la paix avec ces envahisseurs ? C'est le laisser-aller de se dire « OK, ces bibittes sont là ». Parfois il y a du bien, parfois il y a du moins bien. On n'en demeure pas moins entier, aimé et aimant, avec la possibilité de grandir dans ce jardin. C'est accepter tout ça, apprendre à cohabiter avec les troubles. Malgré la laideur de l'image que je présente, il y a une beauté et une douceur à conserver. La terre ne serait pas aussi féconde s'il n'y avait pas d'insectes. Une scène de ln In the Heights GeAcieusertmonERMW:/GRACIEUSETÉ WAGNER BRUS Cinéma. Bien avant de devenir une star mondiale avec Hamilton, Lin-Manuel Miranda avait déjà séduit Broadway grâce à In the Heights, comédie musicale baignée de pop latino et de salsa rendant hommage au quartier de New York où il a grandi. L'adaptation de ce spectacle au grand écran, qui sort en salles ce jeudi, est l'une des rares oeuvres d'un grand studio hollywoodien (Warner Bros en l'occurrence) à mettre à l'affiche des histoires et des stars latino-américaines. « Dès qu'ils ont commencé le recrutement pour ce film, je me suis dit  : " Bon sang, il n'y a pas beaucoup de films qui nous offrent ce tremplin, alors tout le monde va vouloir auditionner" », se souvient l'actrice mexicaine Melissa Barrera Devenue célèbre grâce à ses rôles dans les telenavelas telenovelas mexicaines, Melissa Barrera a décroché le rôle de Vanessa, styliste en devenir qui aspire à quitter le barrio de Washington Heights, à la pointe nord de Manhattan, pour le monde chic de la mode new-yorkaise. L'homme qu'elle aime est Usnavi (Anthony Ramos), propriétaire d'une boutique de quartier qui rêve de reconstruire le bar de plage de son père en République dominicaine, tandis que leur amie portoricaine Nina (Leslie « le « Je pense que c'est le début d'une vague latino qui, je l'espère, ouvrira la voie à d'autres films de ce genre. » Métissa Melissa Barrera, actrice Grace) a réussi à entrer dans la prestigieuse université californienne de Stanford mais se languit de son quartier. Un vieux projet Lin-Manuel Miranda, qui est d'origine portoricaine et fait depuis longtemps la promotion de sa communauté dans le monde du divertissement, avait écrit la première version de In The Heights lorsqu'il était encore étudiant. Dans In the Heights, Lin-Manuel Miranda joue lui-même un petit rôle, celui d'un vendeur de glaces traditionnelles. Il a confié la réalisation du film à Jon M. Chu (Crazy Rich Asians). Melissa Barrera confie avoir été intimidée par cette collaboration avec le créateur d'un succès mondial comme Hamilton. « La pression était là. "Je veux faire ça bien, je veux faire du mieux possible pour Jon et Lin... et toute la communauté" » latino, a-t-elle expliqué. L'adaptation cinématographique de la comédie musicale est essentiellement filmée dans les rues colorées de Washington Heights, à quelques pâtés de maison seulement de l'endroit où Lin-Manuel Miranda a grandi. RÉDACTION AFP RELAXNEWS
métr W. ? journalmetro.com métr ‘171 Mardi 8 S juin 2021 9 HORTICULTURE TIORT" CUI TURC III[iRi tilts tg fll[nnIV[F. liard'lard settzer seltzer de saison La microdistitterie microdistillerie Cherry River—cofondée — par parle chanteur Marc Dupré—sort trois boissons rafraîchissantes pour l'été. Peu sucrés et légers (4% d'alcool) d'atcoonces ces hard seltzers sont faits à 1, base d'arômes riimes naturels  : yuzu-lime, cerise noire-canneberge ou pêche-basilic. Ment° fento Des vignes sur des toits pour lutter contre les îlots de chaleur Vignes en ville est un projet d'étude du comportement et des avantages que peuvent apporter les vignes sur les toits. Un partenariat établi en 2017 avec la Société des alcools du Québec (SAQ) pour une période de quatre ans a permis de mettre en avant tous les bienfaits des vignes urbaines. Véronique Lemieux, fondatrice de Vignes en ville et coordinatrice du Laboratoire d'agriculture urbaine (AU/LAB) en est convaincue:  : les vignes en ville ont un pouvoir indéniable face au réchauffement climatique. Elle insiste sur le fait qu'a elles ont besoin d'un sol pauvre et demandent très peu d'eau. » » L'une des premières parcelles plantées en 2017 et présente sur le toit du Palais des congrès a permis de produire environ une soixantaine de bouteilles, réservées à un usage exclusif ou à des ventes aux enchères. L'objectif n'est pas la vente, mais bel et bien le processus écologique. Ce projet majeur a vu son cinquième champ sur le toit de la Centrale agricole d'Ahuntsic prendre vie l'an dernier. Avec plus de 200 pieds de vigne, il est devenu le plus important vignoble urbain sur les toits dans le monde. Un terreau de verre L'argument qui a convaincu la SAQ de devenir partenaire de ce projet « extraordinaire » est le recyclage du verre. Broyées et mélangées au compost et à l'argile, ce ne sont pas moins de 40 bouteilles recyclées qui composent le terreau d'un pied de vigne. « Le verre se désintègre rapidement. Les bienfaits sont souvent méconnus, pourtant les pigments verts d'une bouteille apportent du fer. Le verre des bouteilles de Champagne contient quant à lui du magnésium, très demandé par les vignes », souligne Mme Lemieux. Ce verre recyclé dont il est question est aussi utilisé dans le secteur de la construction. Il est souvent mélangé dans le béton et possède les mêmes vertus YOHANN GOYAT yqoyat(ametromedia.ca WYN@rneNOme(Nd c » Véronique véronique lemieux Lemieux sur le toit du Palais des Congrès/GBACIEUSETENIGNES GRACIEUSETÉ/VIGNES EN VILLE 40 Nombre de bouteilles recyclées nécessaires pour un plant de vigne que le sable. Ayant vécu longtemps en Chine, Mme Lemieux a constaté la surutilisation du sable « angulaire » » dans ce pays. « C'est une ressource naturelle non renouvelable. C'est aussi un combat écologique que je mène », explique-t-elle. Le nombre de bouteilles recyclées sur cinq ans par Vignes en ville fait la fierté de sa fondatrice. Deux tonnes de verre, quelque 5 000 bouteilles, ont été commandées auprès de l'entreprise de recyclage de verre Tricentris. Gregory Pratt Maya, responsable des affaires publiques à Tricentris, est heureux de collaborer avec Vignes en ville. « C'est un projet d'économie circulaire locale que je soutiens à 100%. Véronique défriche le demain du Québec 2025 voire 2026. Il faut devenir indépendant avec nos ressources, dit-il. Le terreau de verre a un avenir énorme ! » Pouvoir écologique Le verdissement des toits fait aussi partie intégrante de ce projet à long terme. Si les jardins agricoles sont la première chose à laquelle on pense quand on parle d'agriculture urbaine, le pouvoir environnemental des plants de fruits et de légumes est assez limité. « Un tronc de vigne absorbe plus de carbone qu'un plant de tomate, car il n'est pas arraché chaque saison. Il concentre alors tout le carbone dans la terre sur une plus longue durée », précise-t-elle. Aussi les vignes poussent rapidement et sont très efficaces face aux îlots de chaleur, un phénomène très présent en ville. « La vigne apporte plus d'ombre que n'importe quel arbre. Son pouvoir est considérable », soutient Mme Lemieux. L'entretien de ces vignes ne requiert presque aucun système d'irrigation. Elles poussent très vite, couvrent une grande surface au sol, protégeant ainsi contre les fortes chaleurs. Depuis cinq ans le projet Vignes en ville a grandement évolué et sa fondatrice voit toujours plus loin. Les initiatives vont se multiplier et d'autres projets sont à venir. Le contrat avec la SAQ arrive à échéance l'année prochaine et Mme Lemieux a bien l'intention « de voler de ses propres ailes ». Des vignes qui font des petits dt 2017  : Le projet II « elre,i, pilote voit le jour sure..111> et" le toit du Palais des le congrès. 2018  : Deuxième vignoble au siège social de la SAQ. 2018  : Troisième vignoble sur le toit de l'ITHQ. 2019  : Quatrième vignoble au sommet d'Ubisoft. 2020  : Cinquième vignoble de 200 pieds de vigne sur le toit de la Centrale agricole d'Ahuntsic. Ir. PETITE ITALIE ulit Une Luvee cuvée spéciale en production Afin de souligner et d'honorer l'apport de la communauté italo-montréalaise à la culture alimentaire et agricole québécoise, 1000 pieds de vigne ont été distribués gratuitement aux résidents de la Petite-Italie les 22 et 23 mai derniers. De cette distribution naîtra le plus grand vignoble urbain de quartier créé par des citoyens au monde. Des conseils pratiques ont été offerts aux personnes prenant possession d'un ou de quelques vignes afin de pouvoir élaborer une première cuvée d'un vin communautaire à l'automne 2025. Chaque vigne devrait produire l'équivalent d'une bouteille de vin. La vinification se fera sur le toit de la Centrale agricole, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Cette initiative est soutenue par La ruelle des vignerons, un projet créé par un groupe citoyen cherchant à honorer le patrimoine végétal du quartier. DOMINIC GILDENER



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