Métro Montréal n°2021-05-18 mardi
Métro Montréal n°2021-05-18 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-05-18 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 13,7 Mo

  • Dans ce numéro : rien vu ni entendu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr 1171 OPINIONS TRIBUNE LIBRE Le cri du coeur d'une maman et directrice de CPE Je suis une personne bien ordinaire qui accomplit l'extraordinaire un jour à la fois, et je sais que je suis entourée de toutes ces collègues tout aussi ordinaires, que je ne changerais pour rien au monde. Nous travaillons ensemble. Plusieurs, tout comme moi, ont dû combattre la COVID dans la dernière année. Pour certaines, il y a la fatigue, pour d'autres des maux de tête ou l'attente pleine d'espoir de retrouver l'odorat et le goût après plusieurs mois. Nous traversons cette tempête ensemble. Tous les jours depuis plus d'un an, je vis avec des craintes. La crainte d'aller au travail et de transmettre le virus, la crainte de revenir à la maison et de le transmettre à ma famille. Au début, on se dit que c'est comme une guerre. On y met toute notre énergie et plus encore... Ensuite, cette guerre devient la routine du quotidien et on continue de s'investir, jour après jour. Malgré tout, je suis chanceuse de pouvoir continuer à avoir des interactions sociales. Nous n'avons aucun plaisir à annoncer de mauvaises nouvelles aux parents. Plusieurs doivent se réorganiser au quotidien, et je préfèrerais vraiment pouvoir accueillir toutes les familles au CPE plutôt que d'envoyer des lettres de la Direction de santé publique. Je suis également la maman d'Alicia, 11 ans, et d'Antoine, 9 ans, qui vont à l'école primaire et, comme parent, je fais face aux mêmes défis. Sans mon conjoint Alexandre, je serais incapable d'assumer toutes les responsabilités de gestionnaire. métr ytà r° t journalmetro.com Mardi 18 mai 2021 6 J'aimerais vous partager mon quotidien en tant que directrice générale d'un CPE. Mes journées commencent très tôt le matin et se terminent très tard le soir. Je dois m'assurer de la santé et la sécurité du personnel et des familles, ce qui est toujours le plus important. Dès 5h, je jongle avec les absences imprévues du personnel, je réorganise l'horaire de la journée pour assurer le service, j'appelle les remplaçantes disponibles, je fais une demande à un service de remplacement externe, j'appelle les éducatrices en congé. Si toutes ces options sont impossibles, notre éducatrice spécialisée ou notre adjointe à la pédagogie s'occupe d'un groupe pour une journée. Finalement, je deviens, à mon tour, éducatrice pour quelques heures pour pallier au manque de personnel. Quand tout va bien jusqu'à 7h, je passe à l'évaluation de qui peut entrer au CPE et qui ne le peut pas. Les parents s'inquiètent et je m'inquiète avec eux. Je prends le Présenté par métr tip HACCN E, nom féminin AntiDoTe Définitions — Hasard heureux, bonne fortune. Éventualité heureuse ou malheureuse. Probabilité, possibilité. Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO « Tous les jours depuis plus d'un an, je vis avec des craintes. La crainte d'aller au travail et de transmettre le virus, la crainte de revenir à la maison et de le transmettre à ma famille. » téléphone pour clarifier de vive voix la bonne décision à prendre, dans les circonstances. L'outil d'auto-évaluation du gouvernement devient le seul repère qui diminue la pression que j'aie sur les épaules. Je dois m'assurer de la santé, de la sécurité et du bien-être des tout-petits. Une fois les enfants arrivés au CPE, la magie prend place. Les enfants ont ce pouvoir de nous faire vivre le moment présent. C'est étonnant ! Les métiers en lien avec la petite enfance sont toujours les plus beaux et les plus exigeants à la fois. On se concentre sur les enfants, les activités, les jeux extérieurs, le boisé, les livres, etc. jusqu'à ce qu'un appel vienne tout bousculer. Parfois, c'est l'appel d'une école qui demande à une personne de notre équipe d'aller chercher ses enfants qui ont été en contact avec un cas positif ; c'est l'appel d'un parent qui vient d'apprendre que son enfant ou que lui-même est atteint de la COVID ; c'est la Santé publique qui appelle directement. A chaque fois, je prends une grande respiration. Il faut savoir s'adapter à toutes situations imprévues même mettre un tablier de cuisine pour faire le service du repas. C'est à ce moment que mes tâches administratives sont mises de côté et que je sais que je devrai poursuivre en dehors de mes heures habituelles de travail. Avant la pandémie, l'organisation était ma meilleure amie, maintenant il m'arrive de ne plus trop savoir par où commencer. Heureusement, notre merveilleux CA me redonne des ailes. Tous ces parents bénévoles qui me soutiennent et qui se présentent en réunion d'urgence veulent ce qu'il y a de mieux pour le CPE. Vous devriez voir leur implication et le dynamisme dans leurs yeux, tout aussi fatigués que les miens. Je me dois de rester attentive à différentes informations et toujours être capable de retracer les contacts pour chaque jour de contagiosité d'un cas positif. Le moindre geste devient important. Prendre un porte-clé sur un tableau semble peut-être anodin, mais pour moi, il est rendu essentiel. C'est à ce moment que les téléphones et l'envoi de lettres débutent, selon les dates de derniers contacts étroits. C'est souvent au moment où je dois me concentrer que le plafond coule ou que la toilette déborde. Il faut éteindre les urgences, une à la fois. Une commande de jouets arrive... Qui ale temps d'aller répondre à la porte ? Vient le moment d'informer le personnel et les parents des procédures à suivre. Isolements obligatoires, test de dépistage et bulle familiale, sans oublier de transmettre une bonne dose d'énergie positive et rassurante. C'est là qu'entre en jeu tout le travail de désinfection supplémentaire à nos mesures déjà en place. Pendant que j'anime une entrevue virtuelle, que je traite les paies ou que je réponds à un parent qui cherche désespérément une place en CPE pour son enfant, notre préposée prends la température à la porte d'entrée, en plus de réaliser un travail de désinfection quotidien colossal. Il est à peu près 14h, et le travail continuera comme ça jusqu'à ce que mes obligations familiales ou la fatigue se fassent sentir, ou après que je me serai assurée - par des appels faits le soir - qu'un groupe ou une éducatrice ne vient pas au CPE le lendemain. LILIA LEMIRE-BERTRAND Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com Volume  : 21 Numéro  : 30 À Montréal, Métro est publié par Métro Média, 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HU 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsa n Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publiciteejournalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 LE MOT CACHÉ ANTIDOTE Réordonnez les lettres pour trouver le mot qui correspond à la définition.D Corrigez sur tous vos écrans
métr Iltre rhIlt riii:1111"-%1 jourria[metro.com Mardi 18 mai 2021 7 Santa Teresa lance une saison de festivals très attendue Relance. Santa Teresa est sur les lignes de départ. Comment organisateurs et artistes se sentent-ils à l'aube du retour des festivals estivaux en public cette année ? Métro a posé la question à Patrick Kearney, directeur général de l'évènement, ainsi qu'à la musicienne Laurence-Anne. AMÉLIE REVERT areved@journatmetro.com « Je me sens chanceuse de faire partie de la programmation de Santa Teresa. La salle dans laquelle nous allons jouer, l'Eglise Sainte-Thérèse-d'Avila, est un lieu magnifique », s'enthousiasme Laurence-Anne. Celle qui a sorti son deuxième album, Musivision, il y a quelques semaines, ne cache pas son excitation ni son optimisme de pouvoir le présenter en primeur et en présentiel. « Pour boccasion, avec mon équipe, nous avons préparé une scénographie spéciale, avec un truc en plus pour cette grande première », promet l'artiste. Celle-ci partira ensuite pour un tour des festivals québécois cet été, dont Le Festif ! de Baie-Saint-Paul et le Festival en chanson de Petite-Vallée en Gaspésie. Côté organisation, l'impatience est aussi palpable. « Nous vendons des billets, nous gérons les bénévoles... Je dois dealer avec monsieur le curé et le président de la paroisse », racontait Patrick Kearney - par ailleurs président du REFRAIN (le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants, NDLR) - la semaine passée. Pour un festival qui se déroule d'habitude en plein Santa Teresa aura lieu à Sainte-Thérèse du 19 au 23 mai./123RF Les Trois Accords sur écran géant Les Trois Accords lance dans les cinémas du Québec un film musical intitulé Live dans le plaisir, dès le vendredim. mai. Le groupe y jouera ses plus grands succès dans l'univers de son plus récent album, Beaucoup de plaisir et cela devant un écran géant incurvé de 50 pieds. « Un film d'une profondeur de plusieurs mètres », ironise le batteur du groupe, Charles Dubreuil. MÉTRO shows en extérieur, qui n'a donc pas été possible. Cette programmation-là, nous l'avons transformée en un projet qui s'appelle Pelouse », se souvient Patrick Kearney. Pelouse, ce sont des vidéos très épurées, inspirées de Colors en Europe où des artistes sont invités à performer. « Nous, nous avons créé un décor de gazon pour assumer notre côté banlieue et mettre en valeurs nos talents, comme Sophia Bel et Robert Robert. » Et ce n'est pas tout. Le Festival Santa Teresa a aussi mis en place le Champion du clip, en partenariat avec SiriusXM, afin « d'aider les musiciens émergents grâce à un soutien pour tourner un clip ». Le gagnant de ce combat remportera ainsi une bourse. Le goût du risque « Je comprends tous les règlements, mais donnons- Patrick Kearny confie que le cure-feu a donné quelques nous des conditions et des consignes. Mes amis sueurs froides à Santa Teresa. des festivals d>autres régions ont hâte que les « La veille du lancement de la directives sortent. Je partage leur impatience. programmation, le couvre-feu a été repoussé à 21 h 30. On Il faut qu'on ait un signal pour nous laisser dirait que tout a fini par s'emle temps de nous préparer. » boiter », précise-t-il. « Il y a des Patrick Kearney nuits où je n'ai pas bien dormi, mais il y a une part de risque air, il a donc fallu s'adapter. un processus difficile pour à prendre. Il faut être un peu « Nous trouvons ça chouette Santa Teresa. « Ça a parfois été joueur. » que l'église ait accepté de le chaos. C'était compliqué Enfin, celui-ci ne manque jouer ce jeu-là, bien qu'elle d'avoir des artistes d'autres pas de saluer les subventions ne soit autorisée d'accueillir provinces, par exemple à cause reçues, ainsi que les pro- 25 fidèles à la fois seulement. » de la situation sanitaire en grammes et les bonifications Ontario. Les Torontois notam- mis en place depuis de début Le défi d'être le premier ment, ça ne marchait plus. de la crise. « Les gouverne- Alors que François Legault La programmation a beau- ments, tant au niveau fédéral doit annoncer son plan de coup bougé jusqu'à quelques que provincial et même la déconfinement en fin de jour- semaines avant l'annonce », municipalité, ont vraiment été née, Patrick Kearney avoue poursuit Patrick Kearney. présents pour nous appuyer volontiers qu'organiser un financièrement. » festival conforme aux normes Se réinventer en vigueur n'a pas été de tout Si le Festival Santa Teresa ne repos. « C'est quand même propose pas de webdiffusion paradoxal que je puisse pla- pour sa 5e édition, la décision nifier des shows à l'intérieur a été facile à prendre pour son avec 250 personnes, mais pas à comité  : « nous nous disions il l'extérieur. Depuis le début, le y a quelques mois que les gens gouvernement nous pourtant auraient envie de voir des dit que c'est plus sécuritaire concerts en personne ». Devant dehors », s'étonne-t-il. l'incertitude, la pandémie les a Outre les restrictions à également forcés à développer appliquer et faire respecter, d'autres projets. établir une programmation « En février, nous avions s'est également révélée être déjà un scénario pour des Qui voir à Santa Teresa ? 19 mai  : Dylan Phillips + The Franklin Electric 20 mai  : Jerusalem In My Heart + Flore Laurentienne 21 mai  : Magi Merlin + Kallitechnis 22 mai  : Ariane Roy + Laurence-Anne 23 mai  : Ouri + Hildegard + Helena Deland A 30 M$ pour soutenir les ateliers d'artistes de Montréal Investissement. La spéculation immobilière touche de plus en plus les artistes qui louent des ateliers à Montréal. Afin de leur venir en aide, le gouvernement du Québec accorde 25 M$ au programme de subvention d'ateliers d'artistes de la Ville de Montréal. La Ville y ajoute pour sa part une somme de 5 M$. Les espaces d'atelier du Festival Phénomena, au 5445 de Gaspé, à Montréal/10SIE DESMARAISMETRO « Ça envoie un beau message moral, ça dit qu'on tient à l'art. » Marc Séguin, artiste MARIE-LISE ROUSSEAU m[rousseau@journa[metro.com non seulement pour le foisonnement de la recherche et Cette aide permettra de « soli- la production artistique mondifier et de pérenniser » l'offre tréalaise, mais aussi pour la de lieux de création à Montréal richesse des écosystèmes et en facilitant l'accès à des lieux la qualité de vie de nos quardurables, sécuritaires et abor- tiers », a déclaré sa directrice dables aux artistes visuels et Catherine Bodmer. aux artisans de métiers d'art. L'artiste multidisciplinaire Ces créateurs sont parti- Marc Séguin se dit « heureux » culièrement touchés par la de cet investissement. « Ça ne spéculation immobilière. Les va pas régler tous les problèmes hausses de loyers les obligent d'ateliers d'artistes, loin de ça, souvent à devoir s'éloigner des mais c'est un pas dans la bonne quartiers centraux. direction », a-t-il dit à Métro. L'an dernier, les occupants Celui qui est notamment du 305, Bellechasse, dans peintre s'est récemment Rosemont-La Petite-Patrie, associé à la Société de déveont été évincés. Les nouveaux loppement Angus et au propropriétaires ont effectué des moteur immobilier Huotco rénovations à l'édifice puis pour acquérir et convertir en augmenté les loyers. ateliers un édifice industriel Par ailleurs, la pandémie du quartier Saint-Michel. Les de COVID-19 a eu de grands Ateliers 3333 s'engagent à offrir impacts sur le marché immo- un loyer stable aux futurs occubilier montréalais, fragilisant pants. À terme, Marc Séguin encore plus la stabilité des souhaite en redonner la proartistes locataires d'ateliers. priété aux artistes. Selon la ministre de la Si cette aide inédite le Culture, Nathalie Roy, cet réjouit, il demeure néanmoins investissement permettra aux prudent quant aux impacts artistes de « créer dans des qu'elle aura. « 30M$ en immoconditions optimales ». bilier, ça va assez vite », met-il en garde. Réactions favorables « Les sous devraient per- Le Regroupement des centres mettre de créer et d'entreted'artistes autogérés du Québec nir des modèles durables et salue la mise en place de ce pérennes », souhaite-t-il. Le programme « fort attendu ». tout, afin « que ça plante des « Le maintien et le dévelop- graines pour longtemps et que pement des lieux de création les artistes puissent continuer à sont en effet indispensables créer sans se soucier. »



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