Métro Montréal n°2021-05-14 vendredi
Métro Montréal n°2021-05-14 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-05-14 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : quand la fiction rejoint la réalité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14-16 MAI 2021 AS EN 101a ET Int D'UN jeune humoriste C'est l'histoire de Raph Massi, jeune humoriste simultanément en pleine ascension et en pleine dérape. Plus il s'approche du succès tant espéré, plus le bonheur lui glisse entre les doigts. Dans son roman Haute démolition, Jean-Philippe Baril Guérard explore un de ses thèmes de prédilection, le pouvoir qui corrompt, tout en soulevant des questions fichtrement d'actualité sur le milieu de l'humour. La réalité dépasse souvent la fiction. En trame de fond de Haute démolition, une dénonciation d'inconduite sexuelle vise un humoriste qui espère pouvoir revenir rapidement sous les projecteurs. Le parallèle avec le débat entourant le retour de Maripier Morin est inévitable. « La scène à Tout le monde en parle ! » s'exclame l'auteur en éclatant de rire, faisant référence au récent passage de la comédienne sur le plateau de Guy A. Lepage et au passage de son roman où son protagoniste est invité à la même émission pour commenter une affaire semblable. L'actualité a rattrapé JPBG en pleine rédaction, en juillet dernier, alors que plusieurs artistes, dont l'humoriste Julien Lacroix, ont été visés par des allégations d'agression sexuelle et de harcèlement. Sans modifier son récit déjà bien entamé, cet événement l'a obligé à prendre « un pas de recul ». C'est pourquoi son quatrième roman paraît ce printemps plutôt qu'à l'automne dernier, tel que prévu initialement « C'est sûr que ça donne un vernis de pertinence au livre », dit-t-il à propos de cette coïncidence. Avant d'être un roman sur les dénonciations Haute démolition est d'abord une immersion dans la vie d'un jeune humoriste en mal d'amour qui veut percer. « Ce qui m'intéressait, c'était plus le climat, la compétition et comment la célébrité peut corrompre », décrit l'écrivain. Mais en 2021, impossible d'écrire sur le milieu artistique sans aborder ces questions tellement elles sont devenues incontournables, estime-t-il. « De près ou de loin, c'est partout depuis 2017. Ce nuage plane sur toutes les formes de travail que je fais artistiquement depuis un petit bout - et tant mieux, c'est vraiment cool. » Une histoire de rupture Haute démolition, c'est aussi en grande partie une histoire de rupture amoureuse. Le parcours de Raph Massi nous est d'ailleurs raconté au « tu » par Laurie, personnage avec qui il développe une relation personnelle et professionnelle. « J'ai eu le déclic en regardant Marriage Story. J'avais envie d'explorer cette idée de la collaboration artistique qui se mêle à la relation amoureuse, et éventuellement, comment une rupture peut rebrasser les cartes et créer beaucoup d'animosité », détaille-t-il. Ce procédé narratif également employé dans son roman Royal (2016) permet de se détacher du personnage principal et de poser un regard critique sur ses actions. Ce qui est une des grandes forces de l'écriture mordante de JPBG. « C'est ce que j'aime du "tu", dit-il. Il y a aussi une ironie  : cette femme qui raconte l'histoire, on sait très peu comment elle se sent. Parce qu'au final, Raph se câlisse de ce qu'elle pense. Le focus, c'est lui et sa souffrance à lui. » Cette souffrance à lui est à l'origine de sa « haute démolition ». En même temps qu'il devient accro à la drogue qu'est l'amour du public, il devient accro à la drogue tout court (même celle de dépanneur) et à l'alcool (et pas qu'aux vodkas pickles). Peu à peu, il sombre dans la dépression. Une « ironie tellement cruelle » que l'auteur souhaitait creuser et dont il a fait lui-même l'expérience à plus petite échelle. « Il y a quelque chose de vraiment ironique de devoir être un entertainer, d'être payé pour divertir le monde, de leur apporter de la joie, quand soi-même, on ne va vraiment pas bien. » En 2014, JPBG a joué dans la pièce Cyrano de Bergerac au TNM. « On racontait une des plus grandes histoires d'amour du corpus français et moi, je venais de me faire crisser là, résume-t-il sans détours. En salle de répétition, tout le monde capotait sur les scènes MARIE-LISE ROUSSEAU ofrou ssea u@journa [me [ro.com « T'SAIS, LA SOIF DE SUCCÈS... JE N'ÉCRIS PAS POUR QUE PERSONNE NE ME LISE. C'EST SÛR QUE L'ACCÈS AU PUBLIC, JE LE VEUX. LE BESOIN DE VALIDATION, JE L'AI. COMME ARTISTE, ON L'A TOUS. » JEAN-PHILIPPE BARIL GUÉRARD jouées par Patrice Robitaille et Magalie Lépine-Blondeau. Moi, j'avais le goût de me frapper la tête sur les murs. » La face (de moins en moins) cachée du milieu de l'humour Jean-Philippe Baril Guérard a développé de l'affection pour Raph Massi malgré son comportement souvent détestable. « J'ai beaucoup de sympathie pour les gens qui peuvent devenir des trous de cul à cause du pouvoir », dit-il. L'humour étant l'industrie culturelle la plus lucrative du Québec, l'auteur qui met souvent en scène des personnages qui doivent renoncer à leurs principes pour réaliser leurs rêves y a trouvé un univers riche. « Quand tu deviens big, et donc payant pour ton entourage professionnel, ce n'est pas dans leur intérêt de te perdre. J'ai l'impression que ça se peut que, pour ça, des gens arrêtent de confronter ou de remettre en question certains artistes. » Dans le roman, le discours d'un grand producteur au jeune protagoniste alors en pleine détresse illustre une critique souvent formulée à l'endroit du milieu, comme quoi les humoristes seraient d'abord traités comme des entreprises et non comme des humains. « Quand tu es une épave qui a de la misère à se sortir de sa loge parce que tu es en dépression, comment tu deales avec ça ? se demande JPBG, qui n'a pas trouvé de réponse précise aux nombreuses questions qu'il soulève. Ça peut être difficile de rester une personne de qualité dans ces circonstances. » Jean-Philippe Baril Guérard a lui-même travaillé dans le milieu de l'humour, notamment en assurant la mise en scène de trois spectacles lors du festival Juste pour rire en 2018. Une expérience qui a permis à cet homme de théâtre de développer du respect pour cette forme d'expression, qu'il snobait autrefois. En 2019, l'auteur a même fait un saut sur scène, à l'invitation du magazine Nouveau projet, pour lequel il a dressé un fascinant compte rendu de son expérience de stand-up au Terminal, lieu récurrent de son roman. « Ça, c'était vraiment malade ! J'ai ADORE faire ça », s'enthousiasme-t-il. C'est d'ailleurs en se préparant pour cette aventure qu'il a su que le milieu de l'humour serait au coeur de ce nouveau roman. Après cette expérience d'écriture, l'auteur, scénariste, metteur en scène, comédien et chroniqueur compte-t-il porter le chapeau d'humoriste dans un proche avenir ? « Oh que j'aimerais te dire non ! lance-t-il en éclatant de rire. Mais malheureusement, le problème est que j'ai eu tellement eu de fun à faire ça. » « Je fais du parachute dans la vie - je trouve ça fucking excitant faire du parachute ! -, mais il n'y a rien de plus excitant que de monter sur scène et de mettre du monde dans sa poche », ajoute-t-il en riant de plus belle. Le créateur a la « manie de tomber amoureux » de ses sujets, ajoute-t-il, au point où il s'est même demandé s'il ne devrait pas étudier en droit (Royal) ou encore travailler dans le milieu de la tech (Manuel de la vie sauvage). En attendant une hypothétique performance d'humour sur scène - on l'imaginerait bien au Zoofest -, il n'y a rien comme se plonger dans son écriture grinçante et hyperréaliste. I UN PEU D'INFO  : Haute démolition Aux éditions de Ta mère En librairie le 18 mai PHOTO JOSIE DESMARAIS/METRO
Retour aux sources pour Zack Snyder Cinéma. Après une décennie passée à faire des films de super héros, Zack Snyder est revenu à ses premiers amours qui lui ont permis de se faire un nom à Hollywood  : les zombies, qui cette fois ont pris d’assaut la capitale du vice, Las Vegas. RÉDACTION AFP RELAXNEWS Dans Army of the Dead, qui sort le 21 mai sur Netflix, Las Vegas est devenue zone interdite depuis qu’elle est occupée par des hordes de morts-vivants avides de sang et de chair humaine. Un groupe de mercenaires adeptes des gros calibres tente d’infiltrer la ville pour mettre la main sur des millions de dollars qui dorment dans un coffre-fort de la célèbre Strip, avec seulement quelques heures devant eux avant qu’une bombe nucléaire ne soit lancée pour débarrasser les lieux de ses sinistres habitants. Un véritable retour aux sources pour Zack Snyder. Le réalisateur s’était fait connaître en 2004 avec L’Armée des morts, remake du célèbre Zombie de George Romero, maître du genre qui prenait un malin plaisir à se moquer de la société de consommation avec ses zombies lâchés dans un centre commercial. « C’est un film de zombies qui parle d’une équipe de tueurs de zombies qui vont dans un Las Vegas infesté de zombies pour récupérer l’argent », se souvient avoir dit Zack Snyder aux patrons de Netflix lorsqu’il s’agissait de décrocher le financement de son film. Hommage à des œuvres comme New York 1997 et Aliens le retour mais aussi Ocean’s Eleven, Army of the Dead est Army Of The Dead sort vendredi dans les cinémas américains et le 21 mai sur Netflix./GRACIEUSETÉ CLAY ENOS/NETFLIX « Le personnage de Dave essaye de se rapprocher de sa fille… oui, c’est un film de zombies mais en fait, au bout du compte c’est aussi un film sur les personnages. » Zack Snyder un film d’action trépidant et brutal, mais il n’en revêt pas moins une réelle dimension sentimentale pour son réalisateur. Il s’agit en effet de son premier long métrage depuis qu’il a dû quitter la réalisation de Justice League en 2017, après le suicide de sa fille. L’idée du « braquage des zombies » lui était venue bien avant mais Zack Snyder a réécrit le scénario pour mettre au cœur du récit les relations compliquées entre un père dur à cuire (joué par Dave Bautista) et sa fille (Ella Purnell). « En tant qu’être humain, j’ai évolué depuis que j’ai fait L’Armée des morts », a expliqué le réalisateur lors d’une conférence de presse virtuelle. « Avec la relation que j’ai avec mes enfants, le fait d’être père… cet aspect du film est devenu vraiment plus important pour moi qu’il n’était voici 15 ans », a-t-il dit. « Pire que des zombies » De profonds changements ont aussi affecté le monde réel depuis le début du tournage d’Army of the Dead en 2019, dont certaines scènes sont rétrospectivement troublantes. La pandémie de COVID-19 a pendant de longues semaines mis un coup d’arrêt aux casinos et aux paillettes de Las Vegas tandis que les électeurs américains ont décidé de se séparer du président Donald Trump. Dans le film, on peut voir des réfugiés sanitaires – qui ont fui Las Vegas et l’infection propagée par les zombies – enfermés dans des cages, soumis sans ménagement à des prises de température par leurs gardiens, tandis que des chaînes de télévision très politisées s’interrogent à haute voix  : « La quarantaine, réalité ou panique ? » Quant à la décision de larguer une bombe nucléaire sur Las Vegas à l’occasion de la fête nationale américaine, elle vient d’un président anonyme qui trouve cette idée de feux d’artifice atomiques du 4 juillet « vraiment cool » et « patriotique ». « Nous avons voulu nous concentrer sur la façon dont une épidémie zombie affecterait les plus défavorisés et comment le gouvernement pourrait se servir d’un tel prétexte pour ébranler certaines libertés », explique Zack Snyder. « Les interprétations sont complètement différentes maintenant par rapport au moment où l’on a commencé. Mais la formule des films de zombies reste la même  : au final, les humains sont pires que des zombies ». SORTIES CINÉMA m oncrdenon mardenartgallery.com GALERIE D'ART OFFRANT DES CRÉATIONS CONTEMPORAINES ET DU MARCHÉ SECONDAIRE e(b..t - WEEK-END 9 (1) Chef-dœuvre (2) Remarquable (3) Très bon (4) Bon (5) Moyen (6) Médiocre (7) Minable MÉDIAFILM.CA EN SALLES Escape From Auschwitz V.f. de  : The Auschwitz Report (4) Slovaquie Genre  : Drame historique Réalisé par Peter Bebjak Mettant en vedette Noel Czuczor, Peter Ondrejicka, John Hannah C’est quoi ? En 1944, deux juifs tchécoslovaques, détenus depuis deux ans à Auschwitz, s’évadent dans le but de révéler au monde la vérité sur ce qui se passe dans les camps de concentration nazis. C’est comment ? Ce film raconte avec respect une histoire vraie méconnue et importante. La mise en scène, soignée mais distante, est d’une rigueur glaçante qui frôle parfois l’académisme. EN SALLES La furie d’un homme V.f. de  : Wrath of Man (5) États-Unis Genre  : Thriller Réalisé par Guy Ritchie Mettant en vedette Jason Statham, Josh Hartnett, Scott Eastwood C’est quoi ? Un homme solitaire obtient un poste de convoyeur de fonds à Los Angeles. Il se trouve que le nouveau venu n’est pas là pour l’emploi, mais pour assouvir une vengeance personnelle. C’est comment ? L’ensemble sonne creux, mais le divertissement est au rendez-vous pour les amateurs du genre, et du toujours solide Jason Statham. VSD Street Gang - How we got to Sesame Street (3) États-Unis Genre  : Documentaire Réalisé par Marilyn Agrelo C’est quoi ? Évocation de la gestation et des deux premières décennies en ondes de la célèbre émission pour enfants lancée le 10 novembre 1969 sur la chaîne publique PBS. C’est comment ? Avec ce regard nuancé sur une expérience visionnaire, Marilyn Agrelo (Mad Hot Ballroom) signe un film à la bonne humeur contagieuse, ponctué d’instants émouvants. Malgré une chronologie un peu floue, l’agencement adroit des nombreuses images d’archives captive de bout en bout. 290 CHEMIN BORD DU LAC, SUITE 107-108 POINTE CLAIRE, QC., H9S 4L3 514.505.0565 8 MARDENART@OUTLOOK.COM Eri @mardenort.gallery F @mardenortgallery @mordenortG @mordenort gollery



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