Métro Montréal n°2021-05-07 vendredi
Métro Montréal n°2021-05-07 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-05-07 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,7 Mo

  • Dans ce numéro : retour aux sources.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com Week-end 7-9 mai 2021 OPINIONS métr Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO IMMIGRATION ≠ MARCHANDISE CHRONIQUE DALILA AWADA Lors de la campagne électorale de 2018, la CAQ avait tôt fait d’afficher ses couleurs au sujet de l’immigration. Les propos de François Legault adressés au Conseil du patronat du Québec n’étaient en ce sens guère surprenants  : « À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000$, j’empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus Lettre ouverte à François Legault Non, monsieur le premier ministre, le problème ce n’est pas mon père On se souviendra tous de la déclaration de feu Jacques Parizeau, le soir de la défaite référendaire d’octobre de 56 000$, j’améliore ma situation. » Le propos est réducteur, la tournure de phrase paternaliste. L’immigration considérée sous l’angle de l’utilité est une approche dominante en politique comme dans les affaires, et celle-ci contribue à la déshumanisation des personnes migrantes, perçues essentiellement comme de la main-d’œuvre. Ce mot 1995 qui s’en était pris au vote ethnique. Aujourd’hui, notre premier ministre en remet en affirmant que les immigrants qui gagneraient moins de 56 000 $ seraient un fardeau pour la société québécoise. Si Jean Lesage avait eu de tels propos, plusieurs immigrants européens n’auraient jamais immigré au Québec dans les années 1960, dont mon père. Un tailleur de profession, venu d’Italie, qui a travaillé toute sa vie à un salaire à peine au-dessus des salaires minima des cinq décennies qu’il a traversées. Bien que la plupart des manufactures aient été délocalisées dans les pays où les salaires sont encore moindres que les maigres salaires des immigrants qui travaillaient dans les manufactures en vient à évoquer une masse indistincte de gens qui ne sont là que pour se soumettre aux besoins du marché du travail. Au lieu de se borner à établir quelle catégorie et quel pourcentage d’immigration sont économiquement profitables, ou nuisibles, pour le Québec, ne devrait-on pas aussi rappeler qu’ici on bénéficie amplement des inégalités entre les populations du Nord et celles du Sud ? Les pays dits développés s’enrichissent depuis belle lurette au détriment des pays dits en développement. On est loin du compte en matière de réciprocité. En avril, la ministre Nadine Girault affirmait  : « Ce qu’on veut faire au Québec, c’est vraiment répondre aux besoins économiques du Québec. » Alors qu’il y a tant « On jurerait entendre le contremaître d’un entrepôt plutôt que le premier ministre d’une nation. » d’autres choses qui devraient inciter un pays à recevoir des immigrant.es. Des choses qui ne sont pas directement monnayables. La solidarité, la justice, la vivification culturelle et sociale. S’en tenir à de froids calculs et fixer à la baisse ou à la hausse le seuil d’immigration strictement selon les aléas du marché du travail, c’est réduire cet enjeu à des considérations techniques alors qu’il nécessiterait beaucoup, beaucoup, plus d’humanité et de souplesse. C’est comme si le gouvernement perdait de vue que, pour la québécoises, mon père a gagné sa vie à fabriquer de ses mains des habits pour hommes, pantalons et vestons, pour habiller les Québécois allant des moins aux plus fortunés. Il a « trimé » dur comme on dit. Et ma mère, une autre immigrante italienne qui a rencontré mon père dans les années 1960. De jobine en jobine, comme aide-pâtissière ou comme vendeuse dans des magasins à rayons, elle apportait un salaire d’appoint au taux minimum. Toute leur vie, mes parents ont travaillé d’arrache-pied et fait preuve d’abnégation pour ma sœur et moi. Grâce aux efforts de parents bien intégrés au Québec, j’ai pu fréquenter l’université et devenir détenteur d’un doctorat en chimie. plupart des gens, quitter un pays pour s’installer ailleurs n’est pas une banale option parmi d’autres dans un parcours de vie. Frayeurs et déchirements traversent souvent la démarche. Le reste du propos de François Legault fait aussi grincer des dents  : « […] Si, à chaque fois qu’on rentre un immigrant économique, le fédéral nous oblige à rentrer un réfugié ou une réunification familiale, là, on va avoir de la difficulté à aller chercher les bonnes personnes. » On jurerait entendre le contremaître d’un entrepôt plutôt que le premier ministre d’une nation. Puis on en comprend que les personnes qu’on doit accueillir sont celles dont veut le capital. On n’a pas besoin d’être pour l’abolition des frontières pour trouver cette vision particulièrement aride. D’ailleurs, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, sur les 80 millions de personnes déplacées dans le monde 85% se trouvent dans des pays considérés en développement et seuls 15% des personnes réfugiées sont reçues par les pays riches du Nord. Bien des politiciens dans notre coin du globe donnent pourtant l’impression qu’on fait notre part. Et avec la montée des courants anti-immigration (et malgré ce qu’on nous répète comme un slogan), les pays riches tendent à ressembler davantage à des « gated communities » qu’à des terres d’accueil salvatrices. L’approche déshumanisante de la CAQ en matière d’immigration nous tire vers le bas. Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com Volume  : 21 Numéro  : 26 À Montréal, Métro est publié par Métro Média, 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l’information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions @journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 LE MOT CACHÉ ANTIDOTE Réordonnez les lettres pour trouver le mot qui correspond à la définition. P E U R S O É, verbe Définitions — Se marier avec. ◆ Adopter avec enthousiasme. ◆ S’adapter parfaitement à la forme de. Que d’efforts aussi de mon côté pour ensuite percer le marché du travail en pleine crise économique des années 1990. Aujourd’hui, je gagne très bien ma vie (plus que 56 000 $) et je le dois surtout à mes parents immigrants. Alors M. le premier ministre, si mes parents avaient été un fardeau, ils n’auraient pu immigrer au Québec ni se rencontrer à Montréal, ni ma sœur et moi serions nés pas plus que je ne serai père de deux enfants, car vous auriez exclus mes parents de facto pour des raisons idéologiques et électoralistes qui vous sont propres. Le mépris de vos propos fait écran à la richesse qu’apporte l’immigration qui se mesure non seulement à la première génération d’immigrants, mais à l’apport des générations suivantes nées dans la terre d’accueil. Mes parents (et leurs semblables), tout comme vous et vos ancêtres M. le premier ministre, ont contribué à bâtir le Québec et à l’enrichir, non seulement économiquement, mais culturellement et socialement. Alors de grâce, mettez vos préjugés de côté et soyez le premier ministre de tous les Québécois.) -e ? AntiDoTe 213S110c15 7 GIUSEPPE D’APRANO, PHD, BOUCHERVILLE, QUÉBEC Présenté par Corrigez sur tous vos écrans Réponse - ÉPOUSER métr



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