Métro Montréal n°2021-05-04 mardi
Métro Montréal n°2021-05-04 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-05-04 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : évacuation ordonnée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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journalmetro.com Mardi 4 mai 2021 PERSPECTIVE Vaccin  : doit-on s’inquiéter de ne pas avoir d’effets secondaires ? Science. La plupart des vaccins ont des effets secondaires et ceux contre la Covid-19 ne font pas exception. Bien des gens se sentent rassurés s’ils ont mal au bras à l’endroit où ils ont reçu l’injection, s’ils sont fatigués, ont mal à la tête, de la fièvre ou des nausées. Ce ne sont là que des signes que leur système immunitaire fonctionne comme il le devrait. À l’inverse, l’absence d’effets secondaires peut inquiéter  : mon système immunitaire ne semble pas faire ce qu’il est censé faire… cela signifie-t-il qu’il n’est pas apte à me protéger ? Rassurez-vous, cela ne signifie rien de tel. Les essais cliniques du vaccin menés par Pfizer montrent que la moitié des participants n’ont pas ressenti d’effets secondaires importants pendant l’essai, alors que 90% d’entre eux ont développé une immunité contre le virus. Et les recommandations qui suivent l’injection du vaccin Moderna indiquent que des effets secondaires courants peuvent être ressentis par une personne sur dix, alors que le vaccin protège 95% des personnes qui le prennent. Ces différences dans les réactions peuvent s’expliquer en considérant la manière dont le système immunitaire développe une immunité protectrice contre les virus lorsqu’il est déclenché par un vaccin. La plupart des vaccins contre la Covid-19 utilisent une protéine virale présente sur l’enveloppe extérieure Hommes et femmes ne réagissent pas de la même manière aux vaccins./JOSIE DESMARAIS/ARCHIVES MÉTRO La plupart des vaccins contre la Covid-19 utilisent une protéine virale présente sur l’enveloppe extérieure du coronavirus, appelée protéine spike, pour imiter une infection virale naturelle et déclencher une réponse immunitaire. du coronavirus, appelée protéine spike, pour imiter une infection virale naturelle et déclencher une réponse immunitaire. La branche de la réponse immunitaire connue sous le nom d’immunité innée réagit presque immédiatement à la protéine spike virale. Elle lance une attaque contre elle en initiant une inflammation, dont les signes caractéristiques sont la fièvre et la douleur. C’est donc la réponse immunitaire innée qui provoque les effets secondaires courants que les gens ressentent un jour ou deux après avoir été vaccinés. L’immunité innée et adaptative expliquée. Une immunité spécifique durable, qui est le but ultime de toute vaccination, n’est obtenue qu’en activant la deuxième branche de la réponse immunitaire  : l’immunité adaptative. L’immunité adaptative est déclenchée à l’aide des composants de l’immunité innée et se traduit par la production de lymphocytes T et d’anticorps, qui protègent contre l’infection lors d’une exposition ultérieure au virus. Contrairement à l’immunité innée, l’immunité adaptative ne peut pas déclencher d’inflammation, bien que des études récentes suggèrent qu’elle peut y contribuer de manière significative. Chez certaines personnes, la réponse inflammatoire des systèmes immunitaires inné et adaptatif est exagérée et se manifeste comme un effet secondaire. Chez d’autres, bien qu’elle fonctionne normalement, elle n’atteint pas des niveaux qui pourraient provoquer des effets secondaires notables. Dans tous les cas, l’immunité contre le virus est établie. Qu’est-ce qui cause une réponse immunitaire différente ? Les scientifiques ont remarqué que les personnes âgées de plus de 65 ans présentent moins d’effets secondaires au vaccin. Cela peut être attribué au déclin progressif de l’activité immunitaire lié à l’âge. Bien que ce phénomène puisse être en lien avec une baisse du taux d’anticorps, les personnes concernées conservent une immunité contre le virus. Hommes et femmes ne réagissent pas de la même 4 manière. Dans une étude américaine, 79% des rapports sur les effets secondaires provenaient de femmes. Ce déséquilibre entre les sexes pourrait avoir un rapport avec la testostérone. Elle a tendance à atténuer l’inflammation et donc les effets secondaires qui y sont associés. Les hommes ont davantage de testostérone que les femmes, ce qui pourrait contribuer à ce que moins d’effets secondaires soient signalés chez eux. Les personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques, telles que la polyarthrite rhumatoïde, les maladies inflammatoires de l’intestin et la sclérose en plaques, qui prennent des médicaments immunosuppresseurs pour contrôler leurs symptômes, peuvent ressentir moins d’effets secondaires en raison d’une réponse inflammatoire atténuée. Cela ne signifie pas qu’elle est inexistante. Une étude réalisée en 2020 a comparé les taux d’anticorps chez les personnes sous immunosuppresseurs et chez celles qui n’en prenaient pas. Les premières produisaient moins d’anticorps, mais aucune d’entre elles n’était dépourvue d’anticorps antiviraux. Les effets secondaires des vaccins ne doivent pas être considérés comme une mesure de l’efficacité du vaccin. Malgré la diversité des réponses immunitaires après l’injection, la plupart des personnes obtiennent une immunité contre le coronavirus lors de la vaccination, indépendamment de la présence, de l’absence ou de la gravité des effets secondaires. VEENU MANOHARAN, SPÉCIALISTE DE L’IMMUNOLOGIE À L’UNIVERSITÉ CARDIFF METROPOLITAN LA CONVERSATION La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation.
PERSPECTIVE 5 Les investissements dans le logement suffisent-ils ? Habitation. Depuis des années, des organismes ne cessent de marteler qu’il faut mettre en place des mesures pour faire face à la crise actuelle, notamment en investissant davantage dans le logement social et abordable. Mais à deux mois du 1er juillet, les sommes nécessaires se font encore attendre. Et le gouvernement refuse de parler de « crise ». La semaine dernière, le comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté une résolution pressant Québec d’investir massivement dans les logements sociaux et abordables dans les municipalités. « Le dernier budget du gouvernement du Québec prévoit des sommes qui permettront de terminer la construction des projets AccèsLogis qui sont déjà en cours. Il s’agit d’un rattrapage essentiel, qui ne règlera toutefois pas à lui seul la situation actuelle », a déclaré la présidente de la CMM et mairesse de Montréal, Valérie Plante. Mesures d’urgence à Montréal Selon le comité exécutif de la CMM, le programme AccèsLogis Québec suit difficilement le rythme d’augmentation des coûts de construction, ce qui a pour effet de retarder ou de bloquer la construction des projets. Parmi les mesures d’urgence proposées par le comité exécutif de la CMM, on demande notamment à Québec de réviser les paramètres et de refinancer le programme AccèsLogis pour construire 2 700 logements par année dans le Grand Montréal pendant cinq ans. On propose aussi de renouveler le moratoire sur les reprises de logement et les évictions des locataires qui Une récente manifestation demandant des logements abordables./MÉTRO Pour les partis de l’opposition, François Legault nie de nouveau un phénomène réel et vit dans un « monde imaginaire ». était en vigueur entre mars 2020 et juillet 2020, de débloquer des sommes suffisantes pour venir en aide aux locataires dans la recherche de logement et de lancer rapidement un vaste chantier québécois pluriannuel pour réhabiliter et construire des logements sociaux, communautaires et privés abordables. Une autre demande est de réhabiliter les 700 habitations à loyer modique (HLM) du Grand Montréal qui sont barricadés et d’accélérer la rénovation de tous ceux qui ont besoin de travaux dans le cadre d’une programmation budgétaire minimale de cinq ans. Mais du financement conséquent de la part de Québec est nécessaire pour les rénover. Pas de « crise » du logement Pour le premier ministre du Québec, François Legault, il n’est toutefois pas question de parler de « crise du logement ». « Je trouve que le mot « crise » est fort », a-t-il répondu la semaine dernière à la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé, qui lui demandait si le Québec vit une crise du logement. D’ailleurs, l’élu caquiste en a fait réagir plus d’un en affirmant que, selon lui, les loyers à Montréal « peuvent commencer à 500 ou 600 $ par mois ». Il a ensuite précisé le lendemain qu’il parlait du coût individuel pour un étudiant. Toutefois, le premier ministre reste ferme sur sa position  : il est exagéré de parler de « crise du logement ». « Il manque de logements abordables, mais la crise qu’on vit actuellement, c’est la pandémie », a-t-il fait valoir. Partout au pays La crise du logement s’étend au-delà du Grand Montréal et du Québec. En effet, le professeur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Nick Revington, indique qu’elle se ressent ailleurs au pays. « Partout au Canada, y compris le Québec, même dans des petites villes, le logement abordable devient de plus en plus important comme problème », dit-il. Par ailleurs, il faut faire la différence entre les logements abordables et les logements sociaux. « Un logement social est un logement qui est subventionné, par exemple, par le gouvernement pour s’assurer qu’un locataire à faible revenu puisse payer le loyer », explique Nick Revington. Le professeur précise aussi que le logement dit « abordable » n’est pas tout à fait accessible à tous comme son nom l’indique. « Quand on parle de logement abordable, ça pourrait dire presque n’importe quoi », déclare-t-il. Avec la collaboration de Florent Maiorana École des médias FACULTÉ DE COMMUNICATION Université du Québec à Montréal LA CRÈME DES FROMAGES à découvrir Rendez-vous sur journalmetro.com/inspirations



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