Métro Montréal n°2021-03-12 vendredi
Métro Montréal n°2021-03-12 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-03-12 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 18,4 Mo

  • Dans ce numéro : narcissisme nuancé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr eat `178 12-14 MARS 2021 On assisterait présentement à l’âge d’or du narcissisme, selon plusieurs chercheurs cités dans ce fascinant essai. La prolifération des égoportraits sur les réseaux sociaux, la popularité grandissante des télé-réalités et le nombre croissant de chansons chantées au « je » en seraient quelques démonstrations. Stéphane Girard s’est d’abord intéressé à la question après avoir constaté que les gens autour de lui semblaient de moins en moins s’intéresser aux autres. « Est-ce parce qu’on est plus narcissiques ? » s’est-il demandé. Celui qui enseigne à l’Université Hearst en Ontario la littérature et la sémiologie – « je m’intéresse à la valeur et au sens qu’ont les œuvres », décrit-il – a scruté à la loupe des figures connues par une vaste majorité de la population  : des vedettes. Tout le monde a une opinion sur la fascination de soi de Kim Kardashian ou l’amour-propre de Kanye West, ex-couple fraîchement divorcé qui fait couler beaucoup d’encre, et rarement pour les bonnes raisons. Mais ces deux personnalités hyper médiatisées sont-elles vraiment narcissiques ? « L’idée est d’aller au-delà des apparences, surtout qu’il est question de stars au sujet desquelles tout le monde a une opinion, avance l’auteur. Mais ce n’est pas avec des "moi je pense que" qu’on réfléchit ; il faut faire des analyses, aller au-delà de l’image et de sa propre subjectivité. » Ainsi, en décortiquant la chanson I Love Kanye du célèbre rappeur, Stéphane Girard soulève que Kanye West y propose différents degrés d’interprétation de sa propre image médiatique. Et lorsque Kim K. publie Selfish, un recueil en deux volumes de ses meilleurs égoportraits, elle prend le contrôle de son image, un geste féministe. En entrevue, l’auteur mentionne un paradoxe au sujet de la vedette de Keeping Up With The Kardashians. « Les égoportaits qu’elle publie sont des photos de son enfant avec son plus récent dessin, une photo d’elle dans son nouveau bikini à la plage, une photo d’elle avec ses sœurs, une photo de son repas… Guess what ? On fait tous ça ! Elle le fait à une plus grande échelle, mais au final, ce n’est pas très différent de notre propre pratique du selfie. » Complexité Pour chaque cas de figure mis de l’avant dans son essai, Stéphane Girard déconstruit les généralisations et préjugés entretenus envers la culture populaire pour arriver à ce verdict  : les choses sont bien plus complexes qu’elles en ont l’air. Son analyse se décline en quatre grands domaines  : la télévision, la chanson populaire, les égoportraits et les mèmes. Selon la psychologue Jean Twenge, référence en matière de narcissisme aux États-Unis, ce sont les quatre grandes causes de « l’épidémie de narcissisme » chez les jeunes. Les exemples de la culture populaire qu’il a choisis pour étayer son propos sont variés. En plus des stars susmentionnées, il cite notamment les instagrammeurs Marc Fitt et Mr Left Hand, les chansons de Father John Misty et le personnage de Valerie Cherish dans la série The Comeback, incarné par Lisa Kudrow. Ces choix sont très subjectifs. « Ce n’est pas une approche scientifique », dit-il en riant. L’auteur s’est tout de même assuré qu’il y ait une parité dans le choix des personnalités qu’il a analysé. Cela n’est pas banal, puisque le narcissisme est souvent associé aux femmes, a-t-il constaté lors de ses recherches. Miroir, miroir, dis-moi, sommes-nous vraiment narcissiques ? En plus d’être riches et célèbres, les Taylor Swift, Lena Dunham, Kanye West et Kim Kardashian de ce monde auraient un autre point en commun  : leur ego démesuré. Leur narcissisme apparent serait-il le miroir de notre société de plus en plus axée sur le moi-moi-moi ? Dans son essai Moi et ma fascination de moi – Figures du narcissisme dans la culture pop, l’auteur Stéphane Girard déconstruit nos idées préconçues. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com « IL N’Y A PAS DE PLAISIR COUPABLE, IL N’Y A QUE DU PLAISIR. JE N’AI PAS À CULPABILISER SI UNE CHANSON DE TAYLOR SWIFT ME PROCURE DU PLAISIR. CELA NE M’EMPÊCHE PAS D’ÊTRE CAPABLE D’APPRÉCIER DU BECK, DU ATARI TEENAGE RIOT ET DU PJ HARVEY. » STÉPHANE GIRARD « Tous les livres de sociologie et de psychologie sur la question du narcissisme montrent des femmes en couverture. Tout le temps ! Je me suis demandé pourquoi cette manière de représenter le narcissisme s’incarnait toujours par des jeunes filles qui prennent des selfies. » Une des réponses à cette question se trouve dans une observation sans équivoque  : les narcissiques, ce sont toujours les autres. « Personne ne reconnait qu’il est narcissique ! Et qui a défini le narcissisme d’abord ? Ce sont des hommes hétérosexuels. Donc à leurs yeux, les narcissiques étaient les femmes. » Aujourd’hui, les jeunes générations, très présentes sur les réseaux sociaux, sont montrées du doigt par des chercheurs plus âgés, comme il le démontre dans son ouvrage. Dans un chapitre de son essai, Stéphane Girard établit un parallèle fort intéressant entre narcissisme et néolibéralisme. Une forte contradiction en ressort  : le néolibéralisme encourage les individus à se démarquer pour réussir, mais lorsqu’ils le font, on leur reproche d’être égocentriques. « C’est anxiogène », reconnait-il. La culture pop, c’est du sérieux La démarche de Stéphane Girard est très rigoureuse et hyper documentée. En fait foi la quarantaine de pages de références bibliographiques à la fin de son ouvrage. Oui, la culture pop, c’est du sérieux. C’est pourquoi tout au long de son livre, il ne pose jamais de jugement sur les œuvres et le travail des personnalités sélectionnées ni ne tente de dicter aux lecteurs quoi penser. « Avant de poser des jugements esthétiques du genre "Proust est de la grande littérature et Danielle Steel n’en est pas", il y a un fait  : dans les deux cas, ce sont des œuvres littéraires qui relèvent de la culture. » À la lumière de ses recherches, Stéphane Girard avait-il visé juste en ayant l’impression que les gens sont de plus en plus narcissiques ? Encore une fois, les choses sont plus nuancées qu’il n’y parait. « Le numérique est en train de changer notre façon d’être des individus, de communiquer et d’interagir. Ça change comment on rencontre des gens, comment on tombe en amour... On ne saisit pas encore tous les impacts que ça a sur notre façon de concevoir notre rapport à l’autre », dit-il. Bref, le temps dira si ces outils font de nous des êtres plus narcissiques. Stéphane Girard se montre néanmoins rassurant. « Quand on prend un selfie, ce n’est pas pour le garder pour soi. C’est une façon de dire  : "j’étais dans un endroit à un moment précis". » Ainsi, contrairement au Narcisse du mythe grec complètement absorbé par sa propre image, les pratiques culturelles taxées de narcissisme relèvent d’une interaction avec autrui. « Cette communication fait que ce n’est peut-être pas aussi catastrophique qu’on serait porté à le croire. » UN PEU D’INFO  : Moi et ma fascination de moi – Figures du narcissisme dans la culture pop Aux éditions de Ta mère occe e PHOTO  : JOSIE DESMARAIS
En reflet de Leonard Cohen Entrevue. Inspiré par le répertoire de Leonard Cohen, le dernier film du Montréalais Matthew Bissonnette arrive sur les écrans. Retour sur une discussion avec Gabriel Byrne, qui tient le rôle central de Death of a Ladies’Man. AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com Gabriel Byrne – que l’on a pu admirer dans Usual Suspect (Bryan Singer, 1995) et Hereditary (Ari Aster, 2018) – interprète Samuel, séducteur invétéré. Deux fois séparé, deux fois père aussi, celui-ci apprend qu’un cancer du cerveau l’emportera bientôt… De Montréal à l’Irlande, nous suivons alors ses déambulations teintées d’ivresse et d’hallucinations. Ce long-métrage doux-amer met également en vedette Suzanne Clément, Antoine Olivier Pilon, Karelle Tremblay, Jessica Paré, Pascale Bussières ainsi que Brian Gleeson. Pouvez-vous nous parler de votre personnage, Samuel ? Au début de Death of a Ladies’Man, c’est un homme très égoïste. Un mauvais mari, un mauvais père… On ne peut pas lui faire confiance. Mais au fil des épreuves, il retrouve sa part d’humanité et sa dignité. Il s’ouvre en quelque sorte à son existence et à la vie qu’il avait niées jusqu’à présent. L’acteur Gabriel Byrne/GRACIEUSETÉ « L’immense compassion de Leonard Cohen pour la condition humaine est extraordinaire. C’est pour cela que tant de gens s’identifient à lui, je pense. » Gabriel Byrne Sa rédemption viendra finalement de l’amour. J’ai été très intéressé par cet aspect du film qui met l’accent sur la différence entre ce que nous percevons de la réel et ce qui est de l’ordre du fantasme. C’est un vrai parcours du combattant pour Samuel. Pour tous vos besoins publicitaires, contactez-nous ! 438 989-6325 ydaigneault@metromedia.ca Yvon Daigneault Chef d’équipe Au début, on ne peut de détester cette personne, mais plus les minutes passent et plus nous comprenons pourquoi il est comme ça. Et bien sûr, on retrouve un peu de Leonard Cohen, ou enfin de ce que disent ses chansons, en Samuel. Annie Venne Directrice de compte Justement, quel est votre rapport à la musique de Leonard Cohen ? Je l’ai découvert lorsque j’étais adolescent. Tout comme Bob Dylan, c’est un artiste unique. Ils ont su mettre des mélodies sur des poèmes. Je pense que ce ne sont pas tant ses chansons que nous écoutons, mais plutôt sa poésie. Il n’y a rien de superficiel dans son écriture, tout a une signification. Leonard Cohen évoque beaucoup la perte, le désir Des musiciens célèbrent la sortie de Death of a Ladies’Man Du 12 au 20 mars, plusieurs artistes reprendront sur les médias sociaux leur chanson de favorite de Leonard Cohen pour soutenir la sortie canadienne du film. Ron Sexsmith le 12 mars Whitehorse le 13 mars Karelle Tremblay le 14 mars Dan Mangan le 15 mars JennGrant le 16 mars Chad VanGaalen le 17 mars Mo Kenney le 18 mars Hayden Desser le 19 mars Leif Vollebekk le 20 mars et l’impossibilité de revenir dans le passé. Vivre l’instant présent avec ses ambiguïtés est une facette de son œuvre dans laquelle je me suis toujours reconnu. Comment s’est passé le tournage, qui a eu lieu en grande partie à Montréal ? J’adore les acteurs québécois ! (rires) Tout le monde a été fantastique. J’aimerais ne pas être si dithyrambique, mais… ce fut une très belle expérience ! J’étais très à l’aise avec le projet, tant l’histoire, mon personnage, que le réalisateur et son équipe. En VSD le 12 mars, puis en salles le 19 mars Valérie Gilbert Directrice de compte WEEK-END 9 INDUSTRIE MUSICALE Les femmes toujours boudées dans les classements Les femmes peinent encore à se faire une place dans les grands classements musicaux, selon une étude de l’Annenberg Inclusion Initiative. Selon l’étude, seuls 21,6% des artistes apparaissant dans le classement Billboard Hot 100 entre 2012 et 2020 étaient des femmes. Elles n’étaient que 20,2% à avoir eu cette occasion l’an dernier, un chiffre en baisse par rapport à 2019. Les inégalités sont encore plus marquées lorsque l’on s’intéresse aux coulisses de l’industrie musicale. RÉDACTION AFP RELAXNEWS MUSÉE DES OSCARS Le racisme et le sexisme abordés Le très attendu musée des Oscars de Los Angeles abordera « l’histoire problématique » de l’industrie du cinéma, ont assuré des responsables. Il aura fallu près d’un siècle pour que l’idée d’un musée consacré au 7 e art voie le jour et le bâtiment conçu par l’Italien Renzo Piano, censé ouvrir ses portes en 2017, a accusé retard sur retard. Le musée devrait ouvrir en septembre 2021. RÉDACTION AFP RELAXNEWS Isabelle Moineau Petites annonces classées 514 286-1066 poste  : 348 imoineau@journalmetro.com



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