Métro Montréal n°2021-03-12 vendredi
Métro Montréal n°2021-03-12 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-03-12 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 18,4 Mo

  • Dans ce numéro : narcissisme nuancé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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journalmetro.com métr 6 Week-end 12-14 mars 2021 OPINIONS QUI A PEUR DE LA RACE ? CHRONIQUE DALILA AWADA Parlons-en de ce mot honni. Est-ce qu’utiliser le mot race pour mettre en lumière les injustices que vivent des groupes sociaux, consiste à faire preuve soi-même de racisme ou de racialisme ? C’est ce qu’on entend souvent au sujet de celles et ceux qui le mobilisent puisqu’il existe un Entre les branches Prise au parc Laurier, cette photo a su capturer, entre les branches, les derniers rayons d’une après-midi ensoleillée./LAURE BAPAUME métr consensus scientifique clair  : les races n’existent pas. Employer ce mot reproduirait ce qui est dénoncé, en alimentant un lexique condamnable. Cette idée selon laquelle il faut évacuer la « race » de notre langage n’est pas nouvelle. C’est l’approche qui a dominé après la Seconde Guerre mondiale alors que les sociétés occidentales cherchaient à se distancier des atrocités du régime nazi. Les États, en adoptant les propositions de l’UNESCO, se sont alors mis à privilégier la notion de culture pour parler des différences entre les groupes. Le hic c’est qu’en dépit de sa condamnation politique et de son invalidation scientifique, la « race », au 21 e siècle, demeure réelle d’un point de vue social (et non pas biologique). Réelle parce qu’elle a des effets concrets, démontrables. Réelle parce qu’elle continue de structurer les rapports sociaux. Réelle parce qu’elle contribue à maintenir les inégalités, TRIBUNE LIBRE Se mobiliser pour les victimes de la COVID-19 Une journée de deuil national pour se remémorer l’hécatombe vécue en CHSLD et en RPA et pleurer ensemble — mais virtuellement — les 8 000 vies qui se sont terminées de façon abrupte, est-ce assez ? Serait-ce une façon de se déculpabiliser, comme société, d’avoir regardé ce film d’horreur se dérouler sous nos yeux en dénonçant haut et fort les lacunes de notre système de santé tout en se sentant impuissants ? Serait-ce une façon de tourner la page sur cet épisode très peu glorieux de notre Histoire ? Pas du tout. La commémoration est la première étape pour faire mieux la prochaine fois… car on ne peut exclure la possibilité que ce ne soit que la première frappe d’un long combat. Vivre notre deuil collectif En nous donnant le droit et les moyens de vivre notre deuil collectif au grand jour et de pleurer nos morts et nos familles brisées et déchirées, en soutenant les personnes ébranlées qui peinent à se Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO « La "race", au 21 e siècle, demeure réelle. » notamment économiques. Utiliser des expressions édulcorées (comme culture) ne s’est pas avéré très utile. Le sociologue Didier Fassin écrit que cet évitement sert surtout à protéger « l’hygiène morale » de nos sociétés. Ainsi, refuser totalement de parler de « race » ferait acte de vertu, alors qu’en réalité ça participe à masquer la prégnance du racisme et le fait que les catégories raciales sont encore actives même si on les croit choses du passé. Maintenant, est-ce que ça veut dire qu’il faut utiliser ce mot à qui mieux mieux en ignorant les difficultés qu’il soulève ? Pas du tout. Mais entre un usage excessif et une négation complète, il y a un monde de nuances qu’il est possible de naviguer. C’est ce que plusieurs spécialistes du sujet défendent  : un usage critique, nuancé, repensé, contextualisé. Tout en ne perdant pas de vue que c’est un usage que l’on souhaite temporaire. Que notre idéal de société vise effectivement à se passer de la mention de la « race ». Je sais que tout ça peut avoir l’air de considérations sémantiques agaçantes. C’est une critique qu’on entend aussi au sujet du racisme systémique. Est-ce que ça change vraiment quelque chose de parler de système ? Plutôt oui. Car ça remettre des vies perdues, nous pavons la voie vers la guérison. Il y aura des cicatrices et elles nous accompagneront dans la « nouvelle normalité » qui se dessine. C’est également le moment de reconnaître le don de soi des équipes de soins qui ont été quotidiennement au front […]. Ne pas accepter l’inacceptable Commémorer ne veut pas dire accepter. On se doit d’être lucides, d’admettre nos limites et nos erreurs — il ne faut pas avoir peur du mot, il est libérateur — et accepter qu’on aurait pu être meilleurs, sauver plus de vies et surtout mieux accompagner ces fins de vie. Il faut éviter de documenter la pandémie avec une certaine complaisance, pour se donner bonne conscience. Il faut à tout prix éviter d’ensevelir nos regrets sous une pile de rapports d’enquête, pour oublier l’hécatombe et les mauvaises décisions. Nous avons un devoir de mémoire, mais également un devoir d’agir, car ce n’est pas terminé. Agir maintenant Pour que nous ne soyons plus jamais aussi vulnérables face à un ennemi invisible, il faut agir maintenant. […] Oui, il faut comprendre les points faibles de nos processus décisionnels pour augmenter la vitesse de la prise de décisions, revoir le fonctionnement des cellules de crise pour augmenter la fluidité des échanges contribue à cadrer le problème d’une certaine manière plutôt qu’une autre, et conséquemment les actions qui sont proposées pour remédier au problème s’élaborent à partir de ce cadrage spécifique. De la même façon, en prétendant que la notion de race ne devrait jamais être utilisée parce que les races n’existent pas, on se prive d’un diagnostic précis et honnête qui permettrait d’expliquer des injustices persistantes. C’est l’étape préalable à la mise en place de solutions. C’est incommodant, complexe et imparfait, mais c’est un pari à faire pour que disparaissent, éventuellement, la « race » et le racisme. d’information entre le réseau de la santé et ses partenaires, aplanir les obstacles bureaucratiques, identifier les points d’entrée pour toucher les groupes de populations vulnérables, miser sur la prévention avant que les situations se dégradent. […] Mais il faut aussi agir sans tarder pour entreprendre les chantiers nécessaires à une société moins empreinte d’âgisme, à des services en institutions de meilleure qualité et surtout à un virage vers des services à domicile accessibles [...]. Le Collectif Action COVID et ses membres, qui représentent plus d’un million de personnes, reconnaissent l’ampleur du drame qui se joue depuis plus d’un an au Québec. En cette journée de commémoration, nous souhaitons offrir nos condoléances à toutes les familles endeuillées ou touchées de près par la COVID-19 qui doivent composer avec des contraintes exceptionnelles, peu compatibles avec le chagrin engendré par la mort d’une personne aimée [...]. PAULINE GERVAIS, PRÉSIDENTE ET DR RÉJEAN HÉBERT, PORTE-PAROLE DU COLLECTIF ACTION COVID L’actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com Volume  : 21 Numéro  : 4 À Montréal, Métro est publié par Métro Média, 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l’information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions @journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
De tout cœur avec vous 11 3 2021 Solidaire de la Journée de commémoration nationale en mémoire des aux victimes de la COVID-19, la STM souhaite témoigner sa sympathie aux familles et aux proches des personnes emportées par cette maladie, à tout le personnel du réseau de la santé ainsi qu’à tous ceux et celles qui sont au front sans relâche pour assurer des services essentiels. estm



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