Métro Montréal n°2021-03-05 vendredi
Métro Montréal n°2021-03-05 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-03-05 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 17,1 Mo

  • Dans ce numéro : la belle année.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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5-7 MARS 2021 lir frffilUe Dans My Salinger Year, Philippe Falardeau explore l’univers littéraire new-yorkais, inspiré par l’expérience de l’autrice et journaliste américaine Joanna Rakoff. Pour donner vie au récit, le cinéaste québécois a fait appel à une distribution ambitieuse, dont Margaret Qualley et Sigourney Weaver figurent en tête. « Je ne voulais pas être ordinaire. Je voulais être extraordinaire. » Voilà en quelques mots la voie empruntée par une aspirante poétesse qui deviendra assistante dans l’agence littéraire de J.D. Salinger, dans le New York des années 1990. Adapté des mémoires de Joanna Rakoff, My Salinger Year relate ainsi cette période de l’existence où le champ des possibles s’offre à nous, confie Philippe Falardeau. « J’ai été touché dans le livre par ce moment charnière de la vie. Allons-nous faire ce que nous voulons ? Ou ce que nous pouvons ? Avec du recul, je pense que ce que Joanna Rackoff décrit, ce sont de belles années. Mais pris dans l’instant, les choix ne sont pas toujours évidents faire. Nous sommes souvent en opposition avec ce que nous rêvons de faire et ce qui se présente à nous », explique le réalisateur. Un peu à la manière d’une fiction coming-of-age, Philippe Falardeau a tout de suite été attiré par « la dimension du passage de la post-adolescence à l’âge adulte », d’où une certaine désillusion émane. « Et surtout du point de vue d’une femme », ajoute celui qui avoue avoir plus souvent mis en scène des personnages masculins dans ses précédents films. Femmes déterminées Ce double standard justement, le personnage de Joanna - brillamment interprété par Margaret Qualley (Once Upon a Time… in Hollywood) - en est pleinement conscient. « Comme elle l’écrit dans une lettre à cette jeune fille qui cherche à avoir un A, il faut qu’elle travaille deux fois plus fort si elle veut être respectée », précise Philippe Falardeau. « Joanna se fait embaucher dans une agence littéraire, croyant que ça allait l’aider pour son inspiration. Mais elle se retrouve finalement à gérer les courriers d’admirateurs de J.D. Salinger. Être auteur, ce n’est pas ça. C’est au contraire l’autre côté d’une clôture qui est très définie. Elle doit se positionner par rapport à tout ça », poursuit-il. Dans My Salinger Year, il est aussi question de mentorat avec le point de vue de l’agente Margaret, joué par une formidable Sigourney Weaver (Alien, Ghostbusters). « C’est loin d’être son but au début, mais elle voit que cette fille a du potentiel. Tout d’un coup, Margaret s’attache à elle. Il y a une relation qui se crée sur le tard. Je m’imaginais bien que beaucoup puissent s’identifier dans cette relation-là. » Pour Philippe Falardeau, il aurait été facile de faire de la patronne - froide et distante au début - un personnage unidimensionnel qui campe sur ses positions  : « elle est très inflexible, à la limite du caricatural. C’est pour que dans le scénario, je voulais me diriger vers une vraie rencontre » avec Joanna. Le défi de l’adaptation Comme le souligne le réalisateur, ce passage en particulier fait partie des choses qui ont été fabriquées de toutes pièces pour le long métrage. « L’idée que Joanna se rende chez sa patronne pendant son deuil n’était pas dans le AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com « PAR LE PASSÉ, UNE JEUNE FEMME QUI VOULAIT DEVENIR ÉCRIVAINE SE RETROUVAIT SOUVENT SECRÉTAIRE OU ASSISTANTE. ALORS QUE CELA AURAIT SÛREMENT ÉTÉ DIFFÉRENT POUR UN GARS, QUI AURAIT MENÉ UNE VIE DE BOHÈME DANS DES CAFÉS. LES EMBÛCHES SONT NOMBREUSES POUR LES FEMMES. » PHILIPPE FALARDEAU livre. Je me disais cependant que pour le bien du film, il fallait aller là », dit-il. Lors des trois années et demie « longues et plaisantes » qu’aura duré l’écriture du scénario, Philippe Falardeau a d’ailleurs pu compter sur Joanna Rakoff, la vraie. « Nous nous sommes très bien entendus, et elle est même devenue ma première lectrice ! », s’enthousiasme-t-il. « C’était de sa vie qu’il était question, donc il était essentiel de ne pas trahir certaines choses de base. Elle comprenait la nécessité pour moi d’aller dans la fiction et de créer des liants qui n’étaient pas forcément dans son autobiographie. Elle était très ouverte et m’a encouragé à aller plus loin », détaille ensuite Philippe Falardeau. Puisque son objectif « était de faire le meilleur film possible », il a notamment fallu trouver le bon équilibre. « Ce qui est délicat, c’est que ce sont des mémoires de quelqu’un qui est vivant. Nous n’avons donc pas eu le choix d’extrapoler certains aspects. » Et parce que l’enjeu de l’adaptation n’a pas été ce qu’il allait se passer, mais plutôt comment les choses allaient-elles se passer, il était nécessaire de trouver la bonne façon de faire. « Le film est tranquille, doux, lent... et on passe du temps avec quelqu’un sans qu’il y ait de punch, donc c’était un beau défi », se rappelle-t-il. Et Salinger ? Lorsqu’on lui demande s’il est lui-même un fan de J.D. Salinger, Philippe Falardeau confesse qu’il ne l’avait jamais lu avant de commencer l’ouvrage de Joanna Rackoff. « Je pouvais nommer quelques un de ses livres et je connaissais un peu sa personnalité. J’avais également déjà écrit une première version du scénario avant de lire L’Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye). » Face à l’aura d’un artiste aussi imposant que Salinger, « tout était une question d’en parler sans trop en parler, car il ne fallait pas que ça vienne cannibaliser My Salinger Year ». Et le cinéaste veut être le plus honnête possible à propos de son film. « Il ne s’agit pas de Salinger, ni de L’Attrape-cœurs. » Bien sûr, Philippe Falardeau a « beaucoup aimé » cette œuvre culte, mais « certainement d’une manière différente que [s’il l’avait] lu dans [sa] jeunesse ». « Je ne crois pas que je l’aurais aimé au secondaire, car je n’en aurais pas compris la portée, au-delà de la révolte adolescente envers le monde des adultes et celui de façade. » Lui y voit plus un livre sur la santé mentale, la dépression. « [Holden Caulfield] est un personnage dépressif et c’était avant-gardiste dans ces années-là d’écrire un roman là-dessus », distingue-t-il. Bien loin de nous déprimer, le film, lui, est jonché d’espoir et de ténacité. UN PEU D’INFO  : En salle et en VSD dès aujourd’hui MY SALINGER YEAR. PHOTO  : MICRO_SCOPE/COURTOISIE DE MONGREL MEDIA
RIEN DU TOUT DLIVIA TAPIERO FRANÇOIS CHARRON LE PO DCAST # ELLES # ELLES # ELLES. nEmr-Erie corps reile rapi ka, P-L LARA -1 RITA BAGGA CLOUTIER FABIAN PATRICK D'ANNIE-SOLEIL LAGACÉ ff eml PROTEAU DENIS en,P) m ô en GUY T CODERRE gE) NE Lodi w Z GE z›,rcie MONGRAIN MARIE-CLAUDE SAVARD.9 g g dEMHPNOMPIPIE J"é` WEEK-END 9 Six façons de célébrer la Journée internationale des femmes Rap et musique classique En rap et en musique classique, les femmes sont encore en minorité. Deux initiatives souhaitent remédier à la situation. L’EP #Rapelles est l’occasion de découvrir six talentueuses rappeuses québécoises, qui y présentent chacune une pièce inédite  : MCM, Meryem Saci, Ruby, OneNessa, Sydanie et Kella. La chaîne télé Mezzo Live HD propose pour sa part une programmation spéciale dédiée à la place « nécessaire » Le 8 mars approche à grands pas. Bien qu’on doive célébrer le talent des femmes toute l’année, quelques œuvres et initiatives nous rappellent leur importance dans plusieurs domaines culturels. des femmes en musique pour le 8 mars. Ce sera l’occasion d’apprécier les talents des cheffes Mirga Gražinyte-Tyla et Susanna Mälkki, ainsi que ceux de diverses solistes, musiciennes, danseuses, chorégraphes et metteuses en scène. Récits de femmes Rien du tout d’Olivia Tapiero, publié chez Mémoire d’encrier, est difficilement classable et c’est bien pour cette raison qu’il retient notre attention. Aussi, parce qu’il est plus que jamais contemporain du fait des thèmes abordés. « À marée basse basse, on découvre les corps des noyés. Je veux écrire à marée basse », nous prévient l’autrice… Dans Marécages de l’utopie (Héliotrope), la vingtenaire Catherine Fatima décrit avec sincérité ses fantasmes et désillusions par rapport au sexe opposé. Prenant la forme d’un journal, ce roman fera très certainement écho à la génération désabusée des milléniaux. MARIE-LISE ROUSSEAU ET AMÉLIE REVERT photos  : Gracieuseté « Femmes manifestes » dans LQ Pour son édition de mars, la revue littéraire Lettres québécoises (LQ) donne la parole à une vingtaine d’autrices dans le cadre d’un grand dossier nommé « femmes manifestes ». Le tout est superbement illustré par les collages de Julie Doucet et piloté par Vanessa Bell et Annabelle Moreau. « Chaque texte, chaque poème, chaque illustration est une manifestation furieuse, une bombe, un appel et une réflexion complexe sur la création et l’expression au féminin », détaillent-elles en éditorial. Dans les textes signés notamment par Martine Delvaux, Gabrielle Giasson-Dulude, Nicole Brossard, Lula Carballo, Virginia Pesemapeo Bordeleau et Erika Soucy, sont abordés les abus, les violences, le féminisme, la création et l’engagement. En kiosque le 10 mars. Les poétesses d’aujourd’hui L’artiste canadienne d’origine indienne Rupi Kaur a publié en novembre dernier un troisième recueil bouleversant, Corps refuge (Guy Saint-Jean Éditeur). Ses mots si justes et si beaux sur sa condition de femme résonnent à l’infini. Nous ne pouvons que vous dire de courir chez votre libraire pour vous procurer cet incontournable bijou de poésie. On vous suggère aussi deux ouvrages parus aux Éditions du passage. D’abord, le très aérien Mythe précédé de Gloria signé Mykalle Bielinski, né de ses précédents spectacles portant les mêmes noms. Puis, Te dire où de Sara Dignard pour sa dimension plus incarnée, presque charnelle, des mots. Deux œuvres jeunesse Quoi de plus universel que les menstruations ? La moitié de la planète vit avec cette réalité chaque mois. Malgré cela, le sujet est encore tabou, surtout chez les adolescentes qui l’apprivoisent. Dans une approche ludique et instructive, le joli livre illustré C’est beau, le rouge de Lucia Zamolo démystifie avec beaucoup d’esprit et d’humour ce phénomène. Aux éditions La courte échelle. Dans Les effrontées, Christine Renaud dresse le portrait de femmes inspirantes. Parmi elles, Thérèse Casgrain, Céline Dion, Mélissa Mollen-Dupuis, Régine Chassagne, Louise Arbour et Dre Joanne Liu. Le tout est agrémenté d’illustrations colorées. Aux éditions les Malins. Féminisme à l’écran Impossible de ne pas évoquer le festival Filministes qui se tient gratuitement en ligne jusqu’au 12 mars sur Tënk. Cinq longs métrages, dont nos coups de cœur Traversées de Caroline Côté et Florence Pelletier et Niña Mamá d’Andrea Testa, ainsi qu’une cinquantaine de courts sont au programme. Les cinémas Beaubien et du Musée organiseront e'à deux projections spéciales le 8 mars. Le premier recevra la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette pour son film La Déesse des mouches à feu à 17 h pour une séance-discussion. Au même moment, la cinéaste Kim O’Bomsawin sera au cinéma du Musée pour parler de son documentaire consacré à Joséphine Bacon, Je m’appelle humain.francoischarron.com/lavieestbelle



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