Métro Montréal n°2021-03-03 mercredi
Métro Montréal n°2021-03-03 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-03-03 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : accélérer la cadence de la vaccination.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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t"'journalmetro.com'n, métr Mercredi 3 mars 2021 CULTURE Documentaire. Parler de santé mentale franchement Série. Dans Parfaitement Imparfait, jeunes et personnalités discutent librement d’un trouble de santé mentale qu’ils connaissent. Bienveillante et instructive, cette websérie documentaire est présentement disponible sur ICI TOU.TV. AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com Dépression, troubles alimentaires ou encore TDAH  : sans aucun complexe, les échanges sur la santé mentale se font autour d’une activité fédératrice en duo. Pendant une dizaine de minutes, les langues se délient. Métro a pu rencontrer Marie-Soleil Dion et Amanda qui évoquent leur rapport à l’anxiété dans un épisode de Parfaitement Imparfait. Pourquoi avez-vous décidé de participer à la série ? Amanda  : J’ai vu une annonce sur internet pour témoigner sur la santé mentale dans une série destinée aux jeunes. […] Je voulais voir comment j’apprivoiserais mon anxiété par rapport à l’émission. Mon objectif était de porter un message d’espoir positif de rétablissement. Marie-Soleil  : J’étais super contente qu’on me le propose, car c’est une belle série inclusive. C’est une approche intéressante de mixer une vedette avec un jeune qui vit ça. Même si je ne souffre plus aujourd’hui, j’ai fait de l’anxiété étant plus jeune. On peut donc se comprendre avec Amanda. Avoir à vivre des troubles c’est quelque chose... mais si en plus tu te sens mal parce que c’est stigmatisé, on retarde l’avancement. Un problème de santé mentale, ça devrait être comme un problème de santé physique. Marie-Soleil Dion et Amanda/GRACIEUSETÉ/MC2 COMMUNICATION MÉDIA 1/5 Un jeune Québécois sur cinq souffre d’un trouble de santé mentale. Comment s’est passée votre rencontre ? Amanda  : Marie-Soleil est rayonnante donc c’était facile de communiquer avec elle. Je ne me sentais pas timide et ça coulait bien entre nous. Marie-Soleil  : Oui, ça a bien cliqué ! C’est toujours un peu stressant quand on ne se connaît pas... mais c’était une belle journée. Amanda, on voit Charlie, ton chat, dans la série. Pourrais-tu nous parler de la zoothérapie ? Amanda  : Les animaux de compagnie sont une zoothérapie à la maison. Pour une personne anxieuse, dépressive ou peu importe le trouble, ça fait une grande différence ! Marie-Soleil  : Le fait qu’Amanda s’ouvre publiquement, ça va peut-être résonner chez d’autres. Se dire que son chien ou son chat peut aider, c’est tellement important. Et si les gens s’identifient à son témoignage, c’est génial ! Un mot pour la fin ? Marie-Soleil  : Je trouve que la série est tellement pertinente ! Parfaitement Imparfait couvre un très large spectre de santé mentale. Tout le monde pourra s’y reconnaître. Amanda  : L’émission est très bien pour les parents, en effet ! Ça aide à voir la réalité des jeunes aujourd’hui, ce qu’on vit. J’ai hâte que ma famille voie la série pour qu’elle comprenne mieux comment je suis en état d’anxiété, et mes progrès aussi ! Cinéma. Isabelle Huppert devient une baronne de la drogue dans La daronne, une comédie policière qui lui va comme un gant. 0 MARTIN GIGNAC « Je ne joue que des super héroïnes ! » lance en riant Isabelle Huppert, rencontrée l’an dernier dans le cadre des Rendez-vous du cinéma français à Paris. Difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans la peau de Patience, une interprète franco-arabe qui travaille pour la brigade des stupéfiants... tout en étant à la tête d’un important réseau de drogue ! De Greta à Elle en passant par La pianiste et La cérémonie, la star est passée maître dans l’art d’incarner des femmes transgressives qui sèment la zizanie dans les sociétés patriarcales. « Elle est amorale sans le savoir, concède celle qui a tourné avec les plus grands. Elle ne se pose aucune question et c’est ça qui était assez intéressant à jouer. » Au départ, Patience ne cherchait qu’un moyen de trouver de l’argent afin de prendre soin de sa mère malade. Puis, elle s’est laissée prendre au jeu, prisonnière d’un engrenage rappelant ceux déployés dans les opus du regretté Claude Chabrol. « Il n’aurait pas désavoué le film, maintient les yeux brillants son ancienne actrice fétiche. Il avait cette insolence, cette absence de morale et cette forme d’humanisme. Il y a ça dans le personnage de Patience, une forme d’humanité. » Romance douce-amère Plus qu’un simple polar ironique, La daronne est également une romance douce-amère, Nouvelle œuvre interactive au Quartier des spectacles Dès demain, une œuvre interactive s’ajoutera au parcours Luminothérapie Cœur battant dans le Quartier des spectacles. « Splinter » est une installation interactive, lumineuse et sonore composée de cinq grands monolithes qui s’activent au passage du public. METRO Isabelle Huppert  : « Je ne joue que des super héroïnes » Isabelle Huppert dans « La daronne »/GRACIEUSETÉ/AXIA FILMS « Le cinéma n’est pas engagé dans le terme militant du mot et il ne doit pas l’être. Ça reste un moyen d’expression. » Isabelle Huppert une méditation mélancolique sur le passé et même une histoire d’amitié entre la protagoniste et son animal domestique, alors qu’Isabelle Huppert donne la réplique pour la première fois de sa carrière à... un chien. « Je ne suis pas très chien, je suis plus chat, avoue celle qui a joué deux fois de suite avec des chats  : dans Elle et L’avenir. Mais il était gentil. » Le ton du récit aurait pu être difficile à trouver, mais ce ne fut pas le cas, assure son interprète principale. « C’était déjà un peu dans le ton du livre [de l’écrivaine Hannelore Cayre]... Ce mélange des genres s’est trouvé accentué sur le film  : l’aspect portraits de femmes était moins sensible dans le livre. Le cinéma permet justement de mélanger les genres, peut-être encore plus que la littérature. » Cette sororité entre Patience, une aide-soignante qui craint pour l’avenir de son fils et une voisine qui aide la Daronne à blanchir de l’argent est ainsi exacerbée dans le long métrage de Jean-Paul Salomé. Serait-ce un reflet de l’époque – luttes féminines croissantes, effets du mouvement #MeToo, etc. – qui se fait ressentir dans l’art ? « Je ne pense pas que le cinéma s’engage d’une manière aussi factuelle, avance la comédienne. Quand je dis que le personnage est amoral sans le savoir, le cinéma est aussi un peu politique sans le savoir. Et il faut qu’il le reste d’ailleurs. » La Daronne À l’affiche le 5 mars 8
Guérir collectivement de 2020 Art contemporain. Dans l’exposition collaborative La machine qui enseignait des airs aux oiseaux, présentée au MAC, l’artiste montréalaise Eve Tagny poursuit son exploration du deuil en élargissant sa démarche aux deuils collectifs qui ont marqué la dernière année. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com Le Musée d’art contemporain de Montréal a offert à 34 jeunes artistes un espace dans le cadre de sa nouvelle exposition. Chaque œuvre présentée évoque l’inscription du langage dans les corps, les gestes et la matière. En arrivant à l’installation multidisciplinaire d’Eve Tagny nommée Gestures for a Mnemonic Garden (Gestes pour un jardin mnémonique), on se sent immédiatement comme dans un sanctuaire. Des escaliers en terreau et garnis de fleurs fraîches, des objets symboliques et une arche en rideau invitent les visiteurs au recueillement et à la commémoration. « Avec toute l’année qui s’est passée, je voulais me concentrer sur le deuil qui s’ancre dans le corps au centre d’une démarche de guérison, de renouveau », explique l’artiste. Avec le nombre limité de visiteurs, on peut apprécier son Jeux.ca 4 JOBS Vue de l’installation « Gesture for a Mnemonic Garden » d’Eve Tagny/SIMON BELLEAU GRACIEUSETÉ « Quand on traverse un deuil ou un trauma, on vit un arrêt abrupt de notre cycle normal de fonctionnement. On a besoin de se réaligner. Le cycle saisonnier est une force immuable qui démontre des façons de se réaligner. » Eve Tagny, à propos de l’essence de sa création installation en toute tranquillité, notamment ses trois vidéos nommées Spring, Summer et Fall. Suivant le cycle des saisons, on y voit Eve Tagny en compagnie d’artistes de performance poser des gestes corporels qui incarnent le rituel et la solidarité. Ces gestes filmés en extérieur symbolisent le cheminement du deuil et de la guérison, sous toutes leurs formes, en harmonie avec les cycles de la nature. « Oui, il y a la pandémie, mais aussi tout le contexte de Black Lives Matter, la vague de dénonciation… On a vécu un été tellement chargé et tellement drainant émotivement. Tout ça s’est vraiment ancré dans les gestes qu’on posait. » Si le rendu de ses performances inspire la résilience et le renouveau, le processus de création de ces vidéos a été tout aussi bénéfique pour l’artiste. « Nos pratiques étaient comme une heure de thérapie de groupe, dit-elle en riant. C’était tellement chargé. Sans que ce soit prévu, naturellement, on avait tellement de choses à déballer. Je pense que tout ça est venu habiter les vidéos. » Dans une des vidéos, on voit Eve Tagny et d’autres femmes déplacer et poser des pierres dans une carrière. Des gestes qui ont aussi une portée environnementale. « La carrière est un paysage dénaturé qui est très esthétique. Mais derrière cette beauté, il y a toute la complexité de notre rapport à la nature », avance-t-elle. Eve Tagny a longuement réfléchi au titre de son installation, Gestes pour un jardin mnémonique. « Ce titre réfère à l’idée du deuil et du trauma, à tous les legs et l’histoire dont on hérite et qu’on porte en nous, explique-t-elle. Le jardin est un lieu intéressant pour observer le deuil et pouvoir le réaligner dans un processus continu. » Mauvaises herbes En plus de son installation au MAC qui est sa première Trouve ton prochain emploi en jeu vidéo lit. A via% sur jeux.ca/jobs CULTURE 9 exposition en musée, Eve Tagny présente actuellement l’œuvre numérique What is a weed à la galerie Leonard & Bila Ellen, créée avec l’artiste sud-africaine Io Makandal. Ce projet numérique propose une réflexion fort intéressante sur le symbolisme des mauvaises herbes. Dans une approche multidisciplinaire alliant poésie, photographie, vidéo et performance, les deux artistes explorent la filiation entre les mauvaises herbes, la marginalité, le colonialisme, l’environnement et la survie. Encore une fois, le lieu du jardin sert de repère à l’artiste pour réfléchir différemment à des enjeux historiques, sociaux et politiques. « Pour moi, ces lieux sont des portes d’entrée auxquelles on ne pense pas nécessairement tous les jours, mais qu’on tient pour acquises », dit-elle. Les mauvaises herbes, considérées comme des nuisances, illustrent parfaitement son propos. « Ça faisait longtemps que je pensais aux mauvaises herbes, je sentais une affinité personnelle entre l’idée d’un indésirable et de quelqu’un qui ne se sent pas à sa place, ou qui se fait dire qu’il n’est pas à sa place. » La machine qui enseignait des airs aux oiseaux Au MAC jusqu’au 25 avril What is a weed En ligne à la galerie Leonard & Bila Ellen jusqu’au 16 mai



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