Métro Montréal n°2021-02-12 vendredi
Métro Montréal n°2021-02-12 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-02-12 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : trois mots pour des maux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
12-14 FÉVRIER 2021 N3313 L’incandescence Dominique Fils-Aimé clôt son triptyque musical avec Three Little Words, un disque d’une imposante sérénité. Dans un contexte de racisme systémique latent, l’artiste souhaite ainsi porter un message de bienveillance paré de jazz et de soul d’ici. Enveloppant et réconfortant, Three Little Words nous emmène vers ce dont notre monde a besoin... Ces trois petits mots dont il est question sont I Love You. D’une simplicité évidente, et pourtant... « Bien que nous les ayons tous déjà prononcés, pensés ou ressentis, nous les avons un peu oubliés ou banalisés, parfois sous-estimés, dans toute leur puissance et leur valeur », confie Dominique Fils-Aimé. L’amour – qu’elle considère par ailleurs comme le cinquième élément – en ce qu’il a d’unificateur est donc le sujet de ce grand album. « J’avais envie de créer quelque chose de lumineux, même s’il y a des moments moins joyeux », nous dit avec aplombl’autrice-compositrice-interprète montréalaise. Alors qu’une vague de division s’abat sur le Québec, mais pas seulement, « et que tout le monde veut avoir raison », celle-ci souhaite « encourager les gens à être plus empathiques dans leurs manières de communiquer et à avoir des conversations plutôt que des monologues où les uns et les autres se crient dessus ». Espérer malgré tout Rappelons que Three Little Words succède à Nameless et à Stay Tuned ! , dans sa trilogie entamée en 2018 sur les racines de la musique afro-américaine. Et à la suite du regain du mouvement Black Lives Matter l’an passé, puis plus récemment l’affaire Camara, cet aboutissement créatif apparaît dans une atmosphère sociale visiblement tendue. Se laisser rattraper par l’amertume pour autant ? Il en est hors de question pour Dominique Fils-Aimé, un brin optimiste. « Bien que tout cela soit douloureux à vivre et à regarder, ces blessures ont toujours existé. Que les gens aient maintenant accès à cette violence, voient ces images, plus personne ne peut les nier. Une fois que l’on sait, on ne peut pas « désavoir ». Ça donne de l’espoir de constater que notre société s›informe, et que les témoins de ces injustices soient choqués parce que c’est une réaction humaine et normale. » Ce choc, il faut en faire un point de départ constructif et positif d›après la musicienne, qui pense que grands pas en avant ont été faits. Lorsqu’on lui demande si sa musique est militante, Dominique Fils-Aimé affirme que ce n’est pas son intention. « Mais j’ai une amie qui me rappelle souvent que tout est politique, qu’on le veuille ou non. Je n’ai pas l’impression de faire un art politisé, mais c’est sûr qu’il le sera par défaut », tempère-t-elle. « Si on parle de la société, on parle de politique aussi n’est-ce pas ? » soulève celle qui évoque son œuvre sous un prisme humain, encourageant les gens à laisser place à leurs émotions. Three Little Words pour guérir « On ne laisse pas beaucoup de place socialement à la colère, la dépression, par exemple », affirme l’artiste. « Il faut adresser ces tabous afin de préserver notre santé mentale et accorder de l’importance à notre guérison psychologique. » Et c›est à cet instant que la magie de la musique opère. « Toutes les émotions sont les bienvenues et il y a des chansons pour tout. Nous devons nous donner le droit de les vivre et les accepter pour ce qu’elles sont », dit-elle. De Being The Same à Home To Me, mais aussi du magistral Love Take Over au prometteur We Are Light, Three Little Words représente parfaitement la façon dont elle se sent libre dans son art pour parler de ce qui l’habite, AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com IL Y A UNE PRISE DE CONSCIENCE, UN ÉVEIL QUI S’EST FAIT AU NIVEAU SOCIAL. NOUS AVONS DE PLUS EN PLUS D’ALLIÉS, ET NOUS DEVONS RESTER UNIS DANS CETTE QUÊTE D’UN MONDE PLUS ÉGALITAIRE. DOMINIQUE FILS-AIMÉ des choses qu’elle trouve essentielles. « C’est une belle échappatoire. La musique m’a toujours fait énormément de bien, lors des périodes difficiles, ou plus gaies également. » C’est donc avec l’envie d’apporter à son public la chaleur que la musique lui procure que Dominique Fils-Aimé a envisagé son album. « Avec toutes ces séquences qui nous traversent, j’ai la chance de pouvoir partager mon propre hommage et ma gratitude à la force des mélodies », explique-t-elle. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette tentative est réussie tant Three Little Words sonne juste, en tous points. Montréal enivrante Avec son dernier-né, Dominique Fils- Aimé continue d’être la porte-voix locale du jazz et de la soul, pour lesquels elle estime que l’intérêt pourrait être plus grand à Montréal. « Je me sens très chanceuse que ma musique soit publique, mais je sais que ce n’est que le début car la ville regorge de créativité. Partout où je regarde, il y a une quantité industrielle de talents aux mètres carrés », s›enthousiasme-t-elle. « C’est très inspirant de voir tous ces gens même s’ils ne sont pas vraiment reconnus dans les médias. Ça ne change en rien le fait qu’ils nourrissent toute la communauté artistique montréalaise. » Comme source d’inspiration, en raison de leur manière d’être, leur passion et leur authenticité, elle songe notamment à Fredy V and the Foundation « qui a un cœur énorme et une musique merveilleuse ». Il y a aussi Elisapie, dont elle salue tant la transparence et la délicatesse de l’art que la personne. « On a une envie commune de voir un changement qui unit les gens. Ça me fait du bien de rencontrer des artistes, comme elle, qui ont le même rêve que moi. Plus on est à rêver de la même chose, plus on avance dans cette direction. » Un nouveau chapitre Enfin, comment ne pas parler de la très intimiste reprise de Ben E. King, Stand By Me, dans Three Little Words ? Il faut la lire à deux niveaux, indique, confiante, Dominique Fils-Aimé  : « ce n’est pas parce que la trilogie est terminée que, moi, j’ai fini de chanter ! Je voulais aussi faire un clin d’œil pour encourager les gens à rester à nos côtés [dans la lutte]. » Écrit et enregistré en 2020, cet album lui a permis de se déconnecter de ce qui se passait et de vivre ses émotions dans un safe space. Alors qu’avant l’apparition de la COVID, faire des concerts était un défi pour l’artiste, elle a désormais hâte de retrouver les spectateurs. « Je ne pense qu’à ça ! » s’exclame-t-elle. En attendant, elle doit d’abord se remettre de cette trilogie, se concentrer sur la personne qu’elle est aujourd’hui. « Ces quatre ans ont si vite passé. Ça a été assez fatigant physiquement et mentalement. Je vais prendre le temps de rêver. » Quant à son avenir créatif, Dominique Fils- Aimé s’en délecte. « C’est la feuille blanche, et c’est beau ! » UN PEU D’INFO  : Three Little Words est disponible sur les plateformes d’écoute dès aujourd’hui PHOTO  : JOSIE DESMARAIS/MÉTRO
Les films et l’art LGBTQ+ afro Festival. Vitrine de la culture LGBTQ+ afro, Massimadi revient jusqu’au 12 mars pour une édition entièrement virtuelle et gratuite pour atteindre le plus grand nombre. Laurent Maurice Lafontant, coordonnateur du festival, nous a ainsi expliqué l’importance de mettre de l’avant ces créations. Le thème de cette 13 e édition du festival Massimadi est la résistance. Pourquoi ? C’est une thématique qui incite les gens à aller de l’avant. L’année 2020 avait une certaine lourdeur avec tout ce qu’il s’est passé, entre la COVID et les questions raciales, et ça continue en 2021... Nous avions donc la volonté d’une programmation qui ne déprime pas et qui annonce un futur plus positif. Au-delà des films, notre exposition Data Thieves s’inscrit bien dans cet état d’esprit, notamment avec l’œuvre de Syrus Marcus Ware. La résistance, c’est vraiment pour dire qu’il y a des jours meilleurs qui nous attendent. Ça vaut la peine de tenir bon. Comment cela se traduit-il dans votre sélection de films ? Nous voulions qu’ils soient Le film « Your mother’s comfort » est présenté au festival Massimadi./GRACIEUSETÉ/MASSIMADI AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com encourageants et positifs, en ce qui concerne les relations Un peu d’info amoureuses notamment. Le long métrage de Philippe Talavera « Kapana » en est un bel exemple. Il s’agit du premier film namibien gai. Venant du continent africain, c’est rare de voir deux hommes homosexuels amoureux à l’écran. Le sujet est généralement traité sous forme de documentaire mais là, c’est une fiction. En plus, Kapana est léger. Mais attention, léger ne signifie pas ignorer la problématique de l’homophobie. Ça n’a simplement pas une tournure tragique ou trop dramatique. On voit ce côté aussi dans « Limelight » de Claire Gostin, une production américaine qui se passe au Congo. En dépit de l’adversité, un couple formé par deux jeunes femmes noires éblouit les spectateurs et donne de l’espoir. Nous n’oublions pas non plus l’activisme et le militantisme avec des titres Data Thieves  : ce que nous transmettent nos archives « Yannis Davy Guibinga et Syrus Marcus Ware ont deux approches artistiques distinctes, mais qui se rejoignent dans la façon d›imaginer le futur et d›entrevoir les diverses communautés noires. En tant que commissaire, je trouvais cela très intéressant comme « You mother’s comfort » d’Adam Golub, qui nous vient du Brésil. De manière générale, quel message voulez-vous faire passer avec Massimadi ? Le festival est né en 2009 dans une optique de lutte contre l’homophobie et le racisme. Il a toujours eu lieu dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs parce que nous voulions y donner une place une place aux communautés queer. de mélanger leur vision », nous dit la curatrice et chargée de projet à Nigra Iuventa Michaëlle Sergile. « Après tout ce que nous avons vécu dans les derniers mois, l›exposition est une façon d›alléger nos esprits et de se projeter dans un avenir palpable où les disparités n›existeraient plus », ajoute-t-elle. Présentée à Never Apart les samedis jusqu’au 27 mars. Que veut dire Massimadi ? « Ça vient de deux termes péjoratifs en créole. D›abord, Massissi qui est utilisé en Haïti pour désigner les hommes gays, un peu comme on dirait tapette ou pédé. Madivin est pour les lesbiennes, les gouines. Nous en avons fait une contraction dans une optique de réappropriation et de fierté. » Dénonciation. À son tour, Pomme alarme sur le sexisme et les violences sexuelles qui ont cours dans l’industrie musicale. Rappelons que l’artiste française partage son temps entre le Québec et la France. « De là où je suis, j’ai décidé de dire les choses. De ne plus laisser régner la peur, la peur de quoi, je sais même pas. » C›est par ces mots que Claire Pommet, alias Pomme, dénonce « ce monde parallèle, finalement pas si éloigné de l’organisation globale d’une société dangereuse » pour les femmes. « De mes 15 à mes 17 ans, j’ai été manipulée, harcelée moralement et sexuellement », confie-t-elle ainsi dans sa lettre ouverte publiée jeudi dans le journal d›information en ligne français Médiapart. Être « l’objet de quelqu’un, façonné selon ses fantasmes et déviances psychologiques », WEEK-END 9 Musique. Pomme dénonce le sexisme et les violences CINÉMA Un premier festi val de films LGBTQ+ en ligne pour le Netflix Queer Les internautes peuvent compter sur les plateformes de streaming pour assouvir leur soif de films. QueerScreen, le Netflix Queer spécialisé dans le. Claire Pommet, alias Pomme/JOSIE DESMARAIS/ARCHIVES MÉTRO « Il est temps que nous parlions. Il est temps que la honte et la peur change de camp. Nous sommes capables d’identifier ces comportements et agressions. Donc nous sommes capables de les renverser et de changer les choses. » Extrait de la lettre ouverte de Pomme voilà d’après Pomme « la stratégie d’un nombre effrayant d’hommes artistes, producteurs, musiciens, chanteurs, directeurs de labels, directeurs artistiques, et j’en passe ». AMÉLIE REVERT cinéma LGBTQ+ propose son premier festival de films en ligne. Les cinéphiles pourront découvrir, du 12 au 21 mars, chaque jour un nouveau film engagé. En tout, 17 films seront diffusés. Dédié aux contenus gai, trans, bi ou lesbien, le site de vidéos à la demande lance son premier festival en partenariat avec Jock.life. RÉDACTION AFP RELAXNEWS Pour tous vos besoins publicitaires, contactez-nous ! 438 989-6325 ydaigneault@metromedia.ca Yvon Daigneault Chef d’équipe Annie Venne Directrice de compte Valérie Gilbert Directrice de compte Isabelle Moineau Petites annonces classées 514 286-1066 poste  : 348 imoineau@journalmetro.com



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :