Métro Montréal n°2021-02-10 mercredi
Métro Montréal n°2021-02-10 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2021-02-10 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : encore plus fragiles durant la pandémie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Mercredi 10 février 2021 EDUCATION L’enseignement en ligne est-il efficace ? Focus. Durant la pandémie, de nombreux enfants ont été forcés de faire le saut vers l’enseignement en ligne. Métro a cherché à savoir à quel point cette façon d’apprendre est vraiment efficace. MIGUEL VELÁZQUEZ Métro World News La crise sanitaire a eu un grand impact sur l’éducation de millions d’enfants. En avril 2020, mois où des mesures strictes de confinement ont été mises en place dans plusieurs pays, près de 90% des élèves ont vu leurs apprentissages interrompus. Selon l’UNICEF, en date du 1er décembre, une école sur cinq demeurait fermée pour les enfants d’âge scolaire, ce qui a touché 320 millions d’enfants dans le monde. Dans certains cas, les cours en présentiel ont été remplacés par des classes virtuelles. Toutefois, cela s’est avéré très difficile. Mondialement, les deux tiers des enfants d’âge scolaire, soit 1,3 milliard d’élèves âgés de 3 à 17 ans, ne disposent pas d’une connexion Internet à la maison selon un nouveau rapport conjoint de l’UNICEF et l’Union internationale des télécommunications (UIT). « Alors qu’on entre dans la seconde année de la pandémie de COVID-19 et que les cas actifs continuent de monter en flèche dans le monde, aucun effort ne devrait être épargné pour garder les écoles ouvertes ou prioriser leur réouverture dans les plans de déconfinement », a indiqué la directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué. Elle ajoute par ailleurs que « le coût inhérent à fermer les écoles a été Selon les experts, des statistiques inquiétantes démontrent que la pandémie a eu des impacts négatifs sur l’apprentissage des jeunes./MWN- « Fermer les écoles doit demeurer une mesure de dernier recours, à mettre en place uniquement après que toutes les autres options ont été considérées. » Henrietta Fore, directrice exécutive de l’UNICEF dévastateur. Le nombre d’enfants non-scolarisés va augmenter de 24 millions, jusqu’à un niveau que nous n’avons pas vu depuis des années, une situation que nous avons combattu avec tant d’ardeur. » Selon la dirigeante de l’UNI- CEF, la capacité des enfants à lire, écrire et effectuer des calculs mathématiques de base a souffert et « les compétences dont ils ont besoin pour prospérer dans une économie du 21 e siècle ont diminué ». 58% Proportion d’enfants d’âge scolaire provenant des ménages les plus riches qui ont une connexion internet à la maison, comparativement à 16% pour ceux des ménages les plus pauvres. Moins d’un enfant d’âge scolaire sur 20 qui réside dans un pays à faibles revenus a une connexion internet à la maison. Dans les pays riches, la proportion s’élève à près de 9 sur 10. Une nouvelle plateforme pour guider les parents La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) et l’Association des comités de parents anglophones (ACPA), avec l’appui du ministère de l’Éducation, viennent de lancer le site www.parents.quebec. Cet outil vise à orienter tous les parents du Québec vers les ressources adaptées aux besoins pédagogiques de leur enfant, selon son âge et leur région. MÉTRO « Près d’un quart de milliard d’élèves dans le monde est toujours affecté par les fermetures d’écoles liées à la COVID-19, ce qui force des millions d’entre eux à avoir recours à l’enseignement virtuel », explique M me Fore, ajoutant que « pour ceux qui n’ont pas accès à internet, l’éducation peut être hors de portée. » En effet, la fracture numérique perpétue les inégalités qui divisent déjà les pays et les communautés. Les enfants et les jeunes gens qui proviennent des ménages les plus pauvres, des états ruraux et à faibles revenus prennent encore plus en retard sur leurs pairs et se retrouvent avec très peu d’occasions de combler l’écart. Pour en apprendre plus sur cette situation, Métro s’est entretenu avec GlennC. Savage, qui est professeur associé en politique d’éducation et sociologie à l’Université d’Australie-Occidentale. Trois questions à… GlennC. Savage, professeur associé en politique d’éducation et sociologie à l’Université d’Australie-Occidentale o Est-ce que 2020 a été 1 une année perdue en éducation ? Dans le cadre d’une perspective mondiale, la réponse serait à la fois oui et non, selon où les jeunes vont à l’école. Pour de nombreux élèves, 2020 a été une année terrible pour la progression des apprentissages. Il y a des statistiques profondément inquiétantes par rapport aux impacts académiques négatifs que la pandémie a eu sur les accomplissements des jeunes. Ces impacts sont fortement influencés par des facteurs socioéconomiques et les jeunes en provenance de milieux défavorisés sont plus susceptibles d’avoir été affectés négativement. Les impacts sont aussi très différents quand on effectue des comparaisons entre les pays. En Australie, les jeunes ont seulement été privés d’enseignement en présentiel pour une période relativement courte et le passage à l’apprentissage en ligne a été dans de nombreux cas un succès. Dans d’autres pays, les élèves ont passé des périodes de temps prolongées à l’écart des écoles et les systèmes d’éducation ont connu des difficultés pour offrir l’enseignement en ligne. o o Est-il possible de 2 mesurer l’impact que la COVID-19 a eu sur l’éducation dans le monde ? Mesurer l’impact de la pandémie sur les accomplissements académiques est compliqué, mais c’est tout de même plus facile que de mesurer l’impact dans d’autres aspects du développement des élèves. Par exemple, un élément crucial de la pandémie qui n’a pas reçu l’attention qu’il méritait jusqu’ici est de considérer ce qui est perdu lorsque les écoles, ces sites primaires de socialisation pour les jeunes, arrêtent de fonctionner en présentiel. Ces dimensions sociales de l’enseignement incluent les relations des jeunes entre eux et leur développement en tant que futurs citoyens et beaucoup plus encore. Comment peut-on mesurer ces dimensions ? C’est beaucoup plus dur. Pour moi, la pandémie a renforcé l’idée que les écoles ne sont pas uniquement des 12 manufactures de transmission de savoirs académiques ou encore tout simplement des serres pour former de futurs participants à l’économie nationale ou mondiale. Les écoles sont plutôt l’endroit où se trouvent les futurs citoyens. Ces derniers ont besoin d’écoles pour les aider à naviguer dans les univers sociaux. Quand nous déplorons ce qui est perdu en éducation en raison de la pandémie, on devrait déplorer l’aspect social des écoles. À quel point l’enseignement en ligne est 3 efficace ? Quand on compare l’enseignement en ligne dans l’ensemble des systèmes d’éducation dans le monde, il existe des différences profondément inquiétantes quant à l’efficacité réelle de ce virage. De nombreux systèmes n’ont tout simplement pas l’infrastructure pour soudainement offrir l’enseignement en ligne à un grand nombre d’élèves. Plusieurs enseignants n’ont pas la formation adéquate pour le faire. Et plusieurs jeunes vivent dans des ménages qui n’ont pas accès à une connexion internet à haute vitesse ainsi que les appareils nécessaires pour recevoir une éducation virtuelle. À l’autre bout du spectre, certains systèmes d’éducation se retrouvent en très bonne position pour faire le saut vers l’éducation en ligne. Depuis le début de la pandémie, des millions d’enfants à travers le monde expérimentent l’école à distance./MWN-
métr journalmetro.com Mercredi 10 février 2021 111111mil CARRIERES Portrait. À l’âge de 24 ans, Beverly Salomon était la première femme noire à devenir propriétaire d’une franchise de la chaîne de pharmacies Jean Coutu. Dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs, elle revient sur son parcours plutôt exceptionnel. Souriante et humble, Mme Salomon tient, avant toute chose, à souligner l’apport des personnes qui l’ont précédée. « Oui, je suis la première chez Jean Coutu, mais il y en a eu d’autres avant moi. D’une façon ou d’une autre, ils m’ont ouvert la porte », dit-elle. Elle souhaite à son tour encourager la relève. C’est en 2004 que Mme Salomon a eu l’occasion d’acheter une franchise de la chaîne Jean Coutu. « Je travaillais pour [celui qui est devenu] mon associé. Je lui avais mentionné que j’étais intéressée à devenir propriétaire et j’avais pris des cours à HEC. Quelques mois après, il a eu l’opportunité d’acheter d’autres succursales, mais il devait s’associer, et il me l’a proposé », se rappelle-t-elle. Au fil du temps, le duo a acquis d’autres succursales jusqu’à en posséder quatre. En 2010, Mme Salomon s’est séparée de son associé afin de mieux concilier son travail et sa vie de famille. Elle est devenue à ce moment l’unique propriétaire de la succursale sur la rue Bélanger. « Je vole de mes propres ailes », dit-elle dans un éclat de rire. L’une de ses fiertés est notamment d’offrir, dans sa pharmacie, des produits convenants aux cheveux crépus et des maquillages pour les peaux noires. En 2015, alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, elle a remporté le trophée Excell-Pro de Jean Coutu, récompensant l’équipe de laboratoire s’étant le plus démarquée à travers les pharmacies de la chaîne. « Par la suite, on s’est toujours maintenu dans le top 5. C’est ma mission d’entreprise, qui est vraiment comprise par tous mes employés. Maintenant, ce n’est même plus moi qui veux qu’on excelle, c’est mon équipe », s’exclame-t-elle fièrement. Elle-même se voit davantage Toutes capables ! Demain, à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles en science, une équipe de l’Université de Montréal dévoilera sa plateforme www.paritesciences.ca  : une panoplie d’outils pédagogiques pour les professeurs afin d’encourager leurs étudiantes qui souhaitent s’engager dans des domaines d’études scientifiques. Une pharmacienne au parcours inspirant FÉLIX LACERTE-GAUTHIER flacerte-gauthier@metromedia.ca Depuis 2004, Beverly Salomon est propriétaire de la succursale de Jean Coutu sur la rue Bélanger. Depuis mars dernier, elle est également membre du conseil d’administration de l’Ordre des pharmaciens du Québec./FÉLIX LACERTE-SGAUTHIER/MÉTRO MÉDIA « Notre génération n’a pas toujours vu des modèles de réussites. C’est important aussi que ça soit connu pour permettre à la génération qui grandit de savoir qu’ils ont une place dans la société et qu’ils peuvent tout réaliser. » Beverly Salomon, pharmacienne-propriétaire comme la cheffe d’orchestre, qui permet de faire ressortir les forces de ses employés. « Je trouve ce qu’il y a du bon en chacun, et après, on fait de la magie ensemble. Ce que j’ai appris, au fil du temps, c’est que j’adore la gestion et j’adore le contact humain », remarque Mme Salomon. Apprendre L’éducation a toujours été importante dans la famille de Beverly Salomon. Née au Québec, elle a passé les premières années de sa vie en Haïti auprès de sa grand-mère, le temps que sa mère s’intègre à la vie québécoise. Sa famille a également vécu quelques années en Gaspésie, alors que son père y avait trouvé un emploi. « L’éducation chez nous était très, très importante, réitère Mme Salomon. C’était non négociable à la maison. C’était un must et une façon de s’assurer que les sacrifices de ma mère valaient le coût. » Sur ce plan également, le parcours de Mme Salomon est une réussite, alors qu’elle a complété un certificat en biologie, puis un baccalauréat en pharmacie à l’Université de Montréal, en 2003. Elle révèle qu’elle songe par ailleurs à retourner sur les bancs de l’école pour entreprendre un MBA à HEC Montréal. « Notre génération n’a pas toujours vu des modèles de réussite. Je pense que je fais ma part pour la société. C’est important aussi que [des parcours comme le mien] soient connus pour permettre à la génération qui grandit de savoir qu’elle a une place dans la société et qu’elle peut tout réaliser. » 2.0 13 Le numérique à la portée de tous Les réseaux sociaux, c’est quoi ? Comment acheter en ligne en toute sécurité ? Comment savoir si on est accro aux écrans ? Internet, c’est où ? Pour répondre à ces questions, et bien d’autres, deux professeurs de l’UQAM ont créé le site Le numérique en questions, une plateforme bourrée d’outils pour mieux comprendre comment fonctionnent les technologies 2.0. « L’idée est de vulgariser ces notions dans un langage simple et court. On part des questions que les gens se posent le plus souvent pour développer des réponses claires et les outiller dans leur utilisation du numérique », explique Florence Millerand, professeur au Département de communication sociale et publique de l’UQAM et cofondatrice du projet. Elle précise que nombre d’étudiants et d’experts universitaires contribuent à enrichir ces pages, articles et infographies à l’appui. Sur le site, une boîte à questions permet à tous les visiteurs de soumettre les mots et notions qu’ils aimeraient voir expliqués prochainement. numeriqueenquestions.ca CHLOÉ MACHILLOT



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