Métro Montréal n°2020-12-18 vendredi
Métro Montréal n°2020-12-18 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-12-18 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Noël.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Backxwash entrait dans l'Histoire le 19 octobre en devenant la première artiste transgenre à recevoir le prix Polaris. Mais pas seulement. Métro a parlé à la rappeuse il y a quelques jours pour lui décerner le titre, si mérité, de Personnalité culturelle de l'année. Rencontre. God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of IL Iconoclaste, le titre de l'album pour lequel la rappeuse et productrice montréalaise a reçu le prix Polaris invective. Et son hiphop ténébreux et puissant l'est d'autant plus. Avec sa musique, son éloquence, Backxwash nous percute, nous foudroie, nous électrise... bref, elle ne peut nous laisser indifférents. « Je cherche à être le plus cathartique et honnête possible sur ce que je ressens et ce que j'essaie de communiquer », nous dit Ashanti Mutinta, de son vrai nom, jointe par téléphone. Son authenticité, aussi, nous attire comme un aimant. Après avoir présenté un rap militant, en 2019 avec Deviancy notamment, ce que rugit Backxwash est désormais plus personnel. « D'autres arrivent très bien à faire un hip-hop politique. Je raconte maintenant des histoires qui pourraient être à propos de moi, comme de n'importe qui. rai créé un univers et c'est ce que j'aime faire. J'étais donc très excitée de mettre plus d'influences dans God Has Nothing To Do With This Leave Him Out OfTt. « rai toujours été fan des styles heavy, metal et hip-hop industriel. C'est pourquoi j'ai choisi de sampler ces musiques », poursuit-elle. Les connaisseurs reconnaîtront ainsi le Black Sabbath de 1970 dans le morceau qui ouvre et donne son nom au meilleur disque canadien de l'année. « Les lamentations d'Ozzy Osbourne sont très tourmentées. C'est exactement ce dont j'avais besoin pour faire cet album », confie Ashanti Mutinta. Paranoïa, sorcellerie, religion, anxiété, dépression, dépendances et autres démons habitent les textes de Backxwash, mais agissent étrangement comme antidote à l'obscurantisme. « J'ai grandi dans une famille croyante avec beaucoup de tabous. Il y a des choses dont on ne devait pas parler ou même plaisanter. La religion m'a été néfaste. Aujourd'hui, c'est comme si j'assumais pleinement ces parties de moi qu'on m'avait défendues lorsqu'on m'a élevée. C'est une résistance aux constructions qu'on m'a inculquée », livre l'artiste originaire de Zambie. Backxwash, chapitre Polaris Habituée des concerts confidentiels de la scène underground de Montréal, les projecteurs du pays se sont soudainement braqués sur Backxwash il y a tout juste deux mois, lors du dévoilement du Prix de musique Polaris. « Je n'y croyais pas. Quand je l'ai sorti, je ne savais pas où mon projet très DIY s'en irait. Je ne m'attendais d'abord pas du tout à figurer sur la longue liste. Puis, ça a été la courte, et là je me suis dit que l'histoire s'arrêterait ici », explique-t-elle. Et d'ajouter  : « je savais que le lauréat serait averti 10 minutes avant l'annonce. Donc je regarde la soirée depuis chez moi, et je reçois un lien Zoom. Je fais les tests micro, je me dis "non, ce n'est pas ça", je n'y crois pas vraiment. Même quand ils ont prononcé mon nom, j'ai cru à une erreur. J'étais surprise et choquée, non seulement de gagner, mais aussi de me tenir aux côtés d'autres artistes incroyables. » « Je ne corresponds pas aux standards des gagnants du Polaris. Et je AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com GOD HAS NOTHING TO DO WITH THIS LEAVE HIM OUT OFVIENT DU FILM D'HORREUR VERONICA SUR NETFLIX. UNE NONNE PRONONCE CES MOTS EN ESPAGNOL ET C'EST LE TRUC LE PLUS COOL QUE JE N'AI JAMAIS ENTENDU. BACKXWASH n'avais pas toutes les compétences pour gérer ça, mais ça va. Je l'ai accepté. » Alors qu'elle s'occupait seule ses relations avec les médias à l'époque, Ashanti Mutinta a trouvé grâce à cette reconnaissance de l'industrie une aide certaine. Logistique, certes, et bien plus. « Parfois, je me dis "yo, je suis vraiment une rappeuse ! " J'ai des problèmes d'estime donc à l'inverse d'autres qui se considèrent comme tels dès la sortie d'un EP, ça n'est pas évident pour mot Bien sûr, je m'identifie comme rappeuse et productrice, mais ça prend du temps de croire en moi et j'ai encore du mal », lâche celle dont la douceur et la bienveillance à l'autre bout du fil n'ont d'égales que la fureur de son oeuvre. Les paradoxes 2020 « Peut-être que le hip-hop montréalais va enfin reconnaître mon existence », écrivait sur Instagram Backxwash peu de temps après son sacre. Cette tribune interroge, et la musicienne y répond simplement « Je ne pense pas faire partie de la machine hip-hop d'ici. Je considère qu'en général, ça n'a pas tant à voir avec les gens mais plutôt avec le système, la façon dont on promeut les artistes, de qui est programmé où, etc. Plusieurs fois, j'ai rappé à Montréal dans des salles peu connues, et évidemment je trouve qu'il y a une déconnexion entre les perspectives anglophones et francophones. » Dans ses dires, Ashanti Mutinta tient également à signifier qu'elle n'est pas uniquement la première personne transgenre à remporter le prix Polaris. « Je suis aussi la première rappeuse montréalaise à le recevoir ». Mea culpa. Forte d'un album et d'un EP (Stigmata, paru en août, NDLR), 2020 s'est avérée plutôt inattendue pour Backxwash d'un point de vue créatif. « Je n'avais pas de plans particuliers, et je ne me suis jamais dit "cette année est mon année". J'ai beaucoup travaillé en studio sur ma musique, à sa production, sa diffusion et ça s'est passé comme ça. Même si c'était un peu bizarre avec la pandémie et tout le reste, je suis reconnaissante. » De la COVID au Black Lives Matter, Backxwash réussit à « défier les structures. C'est salvateur. Je pense que ce que je fais sert aussi à se sortir de là ». Quant aux quelques performances qu'elle a données cette année, à POP Montréal et au FME par exemple, elle confesse toutefois avoir une once de regrets. « Le principal, c'est tout le monde soit sain et sauf. En tant qu'artiste, on se doit de respecter toutes les mesures de protection pour le public. C'était très bien d'aller à la rencontre des gens, mais avec du recul je ne sais pas si je l'aurais fait » Aussi riche en émotions fût-elle, cette année touche à sa fin, avec une bonne nouvelle soufflée par Backxwash néanmoins  : son prochain album est attendu pour le 28 mai 2021. UN PEU D'INFO oute sur backxwash.band camp.com
Une aide de 4,6 M$ aux cinémas 7e art. Québec a débloqué 4,6 M$ pour venir en aide aux salles de cinéma, qui ont perdu d'importants revenus depuis le début de la pandémie. MARIE-LISE ROUSSEAU mErousseau@journatmetro.com Ce soutien administré par la Société de développement des entreprises culturelles (S0- DEC) prendra la forme d'un appel de projets. Il s'adresse seulement aux salles de propriété québécoise. L'aide financière sera accordée sous forme de subventions afin « d'accompagner les salles de cinéma faisant face à une crise de liquidités engendrée par l'arrêt ou le ralentissement de leurs activités en raison de la COVID-19 » et de « contribuer au maintien des capacités de dif-\t) 111111 E/4 fIllitS. Une salle du cinéma Beaubien i JOSIE DESMARAISMÉTRO fusion des exploitants de salles de cinéma diffusant du cinéma québécois ». Le ministère de la Culture dénombre que 76 cinémas, totalisant 469 écrans, au Québec pourraient profiter de ces subventions. Il ajoute qu'une bonification pouvant atteindre 20% de l'aide annoncée pourrait être attribuée aux salles qui auront diffusé davantage de films québécois en 2020 (comparativement à l'an dernier). Cette mesure s'ajoute au Plan de relance économique du milieu culturel dévoilé par Pour la période des Fêtes, nos journalistes passionnés couvriront votre actualité au quotidien sur journalmetro.com Votre journal imprimé sera de retour le 6 janvier. t la ministre de la Culture Nathalie Roy en juin dernier. Ce programme s'élève à 450 M$. « Notre gouvernement a voulu aider nos grands écrans à travers le Québec, afin que les citoyens puissent y découvrir les oeuvres [...] des cinéastes québécois lorsque leurs portes rouvriront à nouveau », a déclaré la ministre jeudi. Rappelons que les cinémas ont dû fermer à deux reprises cette année. la première fois lors du Grand Confinement au printemps dernier, puis à l'automne lors du passage en zone JOYEUSES FÊTES À TOUS NOS FIDÈLES LECTEURS, CLIENTS & AMIS ! P « Ça aurait peut-être été mieux 9 M$, mais pour l'instant, le 4,5 M$, on va le prendre. » Vincent Gozzo, propriétaire des cinémas Gozzo rouge. Sans avancer de date de réouverture, Nathalie Roy dit avoir « bon espoir de voir la lumière rejaillir sur nos écrans en 2021 plus tôt que tard. » Accueil favorable Ces mesures, très attendues, ont été bien accueillies par les exploitants de salles. L'Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ) et la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ) estiment que cette aide contribuera à compenser « en partie les lourds dommages » subis depuis le début de la pandémie. « Cet engagement du gouvernement permettra à la plupart des cinémas québécois de traverser cette tempête », a déclaré le président de la CSCQ, Éric Bouchard. « Le ministère [...] a bien saisi les nombreux défis auxquels font face les propriétaires de salles de cinéma et l'importance d'agir pour soutenir les cinémas », a réagi le président de l'APCQ Denis Hurtubise. Cette aide est également accueillie favorablement par le propriétaire des cinémas Guzzo, Vmcent Guzzo, bien qu'il la juge insuffisante. Son entreprise obtiendrait 400 000$ de cette enveloppe, dit-il. « C'est apprécié, mais soyons sérieux, ça coûte beaucoup plus que 400 000$ entretenir neuf cinémas. » « C'est sûr que ça ne viendra jamais compenser les pertes de chiffre d'affaires énormes auxquelles on a fait face cette année, mais ça va au moins nous aider à rester à flots », a pour sa part commenté le président et directeur général des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée, Mario Fortin, qui espère un retour à la normale dès que possible. Avec Olivier Boivin et Zoé Magalhaès WEEK-END 11 TÉLÉVISION Baby Yoda chez vous en réalité augmentée Google a annoncé que Grogu, aussi Connu sous le nom de The Child ou de Baby Yoda, est désormais disponible en 3D. La vedette de la série The Mandalorian peut être visualisée en réalité augmentée dans n'importe quel environnement depuis son téléphone intelligent. 11 rejoint la liste des nombreux objets et d'animaux, y compris des dinosaures, également proposés en 3D. The Mandalorian est la toute première série en prise de vues réelles traitant de l'univers Star Wars. Son histoire se déroule entre Le Retour du Jedi Le Réveil de la Force. Elle est offerte sur la plateforme Disney+. AFP RELAX mirs



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