Métro Montréal n°2020-11-18 mercredi
Métro Montréal n°2020-11-18 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-11-18 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : le défi de Valérie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journaimetro.com Mercredi 18 novembre 2020 10 CUT.TURF Michel Jean reçoit le Prix littéraire France-Québec 2020 L'auteur et journaliste québécois Michel Jean est le lauréat du Prix littéraire France-Québec cette année pour son livre Kukum, paru aux éditions Libre Expression.rdrrno Raviver la flamme envers les médias Livres. Les médias manquent d'amour. Les auteurs Marie- France Bazzo et Mickaël Bergeron leur en insufflent une grande dose dans leurs essais respectifs, Nous méritons mieux et Tombée médiatique. Discussions. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com « Voici un livre qui n'enrichira pas ma banque d'amis dans le "milieu" », écrit d'emblée ranimatrice, productrice et sociologue de formation qui livre un vibrant plaidoyer pour élever le niveau des contenus, principalement en radio et en télé. Son collègue journaliste s'intéresse davantage aux médias écrits en analysant le comment du pourquoi de la « chute libre » des médias traditionnels. Il explore des pistes de solution pour que l'intérêt public, et non la rentabilité, redevienne le moteur des salles de nouvelles. Vous avancez tous les deux qu'au-delà de la crise final> dère, les médias sont en partie responsables de la perte de confiance du public à leur égard. Trouvez-vous qu'ils manquent d'autocritique ? Marie-France Bazzo (M.-F.B.)  : Je ne pense pas qu'on manque d'autocritique. Tout ce que je dis, je l'ai entendu derrière des portes doses. Mais c'est un milieu tellement interrelié — les chroniqueurs et les animateurs se promènent d'un média à l'autre, tout le monde est toujours redevable envers quelqu'un — qu'il s'y pratique plutôt une forme d'autocensure. L'autocritique ne franchit pas la porte des bureaux ou des 5 à 7. Pourtant, on a tous cette volonté de rendre les choses meilleures. Les journalistes, les chroniqueurs, les recherchistes, les animateurs, les réalisateurs et les producteurs le font en proposant des sujets variés et « Non seulement je les aime [les médias] malgré tous leurs défauts, mais je suis sûre qu'il y a moyen de les réparer. Mon livre est un plaidoyer pour ça, au fond. » Marie-France Bazzo des angles différents. Et arrive un moment donné le haut de la pyramide, où ça ne veut pas bouger. Appelons ça du manque d'audace, de la paresse, de la peur, celle de perdre des parts de marché, des ventes... Mickaël Bergeron (M.B.)  : Peu de gens sont de mauvaise foi, mais il y a toujours un sentiment d'urgence dans les médias  : urgence de produire, d'être présent sur Internet d'alimenter les chaînes en continu... Et il y a le sentiment d'urgence de survivre ! Si ça bloque dans les hautes directions, c'est parce qu'eux, leur travail, c'est que leur média ne ferme pas dans la prochaine année. Je peux comprendre que certains enjeux de fond ne soient pas leur priorité. M.-F.B.  : C'est un serpent qui se mord la queue. 11 y a cette crise structurelle, mais en même temps, il y a aussi des gens qui se désabonnent qui n'écoutent plus la radio ou la télévision parce qu'ils se font proposer des choses plus intéressantes ailleurs, parce qu'ils ne se sentent pas représentés, parce qu'ils considèrent les médias comme une élite. Et c'est vrai que c'est ça ! Tout le monde vit dans le même 8lcm2, entre le Plateau et Rosemont, avec une petite annexe à Saint-Lambert. Cela exclut beaucoup de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs. Après, on s'étonne de perdre du public. Marie-France, vous écrivez d'ailleurs qu'il faut arrêter de sous-estimer et de mépriser le public, notamment avec le mot-clic illesgens. Michaël, vous déplorez que les journalistes ne s'adressent qu'à la classe moyenne aisée. Est-ce que les médias sont déconnectés du vrai monde ? M.-F.B.  : Tout à fait ! 11 faut entendre ces gens, qui sont le public, qui sont des citoyens, qui Marie-France Bazzo et Mickaël Bergeron/PHILIPPE-OLIVIER CONTANT ET LIAMARYON sont des électeurs, et autrement que dans des vox pop. Pendant la crise des Gilets jaunes en France, certains d'entre eux ont participé à des émissions, après avoir protesté contre le fait que des journalistes bien-pensants parlent en leur nom. Tout d'un coup, on a vu en ondes des gens qui ne ressemblaient pas au monde formaté de la télévision. 11 faut provoquer des rencontres comme ça régulièrement. Autre exemple, pendant le confinement du printemps, Radio-Canada a diffusé plusieurs topos à l'échelle nationale en parlant aux commis de rIntermarché Boyer de la rue Mont-Royal. Ça me dérange. M.B.  : Tai travaillé six ans sur la Côte-Nord, on trouvait en effet l'info très montréalaise. [NDLR  : Miche écrit dans son essai  : « Les gens de Sept-îles ou de Rouyn-Noranda sont parfois plus renseignés sur le trafic de l'autoroute Décarie à Montréal que sur l'actualité de leur région »]. Et effectivement, il y a un problème de déconnexion du public. Je viens d'une famille qui n'est pas éduquée. J'ai souvent des reality check quand je la visite. Des fois, j'essaie de rappeler à des collègues journalistes que leur entourage n'est pas le même que celui de tout le monde. Presque un million de personnes vivent dans la pauvreté au Québec. On ne parle pas d'eux. M.-F.B.  : Pourtant il y a 47% d'analphabètes fonctionnels...  : Voilà ! Il y a un problème de diversité de dasse sociale et économique, mais aussi de diversité culturelle et corporelle. Comment s'assurer que les médias soient plus représentatifs de la population ? M.-F.B.  : Si on représentait toutes les diversités, on aurait du fun à entendre toutes sortes d'opinions, à voir tous ces gens se côtoyer. Si j'étais directrice de programmation, j'aurais du plaisir à composer ça ! 11 faut monter le niveau, et je ne parle pas de faire des émissions sur la philosophie tout de suite après District 31. Plus on va voir de diversité, plus on va s'y faire, plus ce sera riche. Est-ce que ça prend des quotas ? Je ne suis pas contre, mais il y en aurait tellement à imposer — opinion, âge, etc. —, un moment donné on n'en sort pas. Je pense qu'on est rendu à une prise de conscience globale. Je sens que ça commence à percoler, que dans cinq ans on va se reparler et que le paysage aura probablement changé. M.B.  : En effet ça prend une prise de conscience beaucoup plus profonde et généralisée. Le public est plus ouvert qu'on le pense. On le voit quand de nouvelles vedettes sortent de nulle part parce que quelqu'un a osé leur donner une chance ; on les adopte super rapidement il faut enlever cette peur de déplaire. C'est un devoir que les médias soient représentatifs de leur population. On est quand même là dans un intérêt public. Ce qui m'amène à la notion de privilège des personnalités médiatiques (journalistes, chroniqueurs, animateurs) que vous abordez tous deux dans des passages forts intéressants de vos livres. Avec une tribune vient une responsabilité. Est-ce qu'on a tendance à l'oublier ? M.-F.B.  : Le test de réalité qu'on vit en ce moment, où beaucoup de groupes se méfient et même défient les médias en disant elce news », ce n'est pas infondé. Le discours anti-média va au-delà du refus du port du masque et de la crainte de la 5G, il y a des gens qui sont juste déçus par rapport au contenu, qui sentent qu'on ne s'adresse pas à leur intelligence. M.B.  : Ça revient à la question de base de mon livre  : à « Je pense qu'on peut faire mieux et je sais qu'on peut faire mieux. Mon livre, je le vois comme 240 pages d'amour envers le milieu de l'information. » Mickaël Bergeron qui appartient l'information ? Pour moi, c'est un bien public, donc elle appartient à la communauté, aux populations, à tout le monde. Pour être un bon journaliste ou animateur, ça prend de l'humilité. Dans un milieu qui pousse vers l'opinion et l'infospectade, où les chroniqueurs sont des vedettes et parfois même les journalistes, on ne tend pas vers l'humilité, et je trouve ça dommage. Aussi, il y a un biais dans le modèle d'affaires. A partir du moment où on s'intéresse plus à la rentabilité qu'à l'information, c'est un terrain glissant On s'éloigne alors de la notion de bien public. D'où le besoin de revoir le modèle d'entreprise des médias. Michaël, vous consacrez un segment de votre ouvrage aux solutions qui pourraient assurer leur indépendance financière. Qu'est-ce qui vous semble le plus prometteur ? M.B.  : Je crois en un financement public accru. Il faut se retirer de l'influence des milliardaires et de la dépendance aux annonceurs, et je ne vois pas comment faire autrement que de transformer les entreprises d'information privées en entreprises publiques. Je pense que c'est la voie d'avenir. On le voit avec les anciens journaux de Capitales Média qui ont choisi le modèle coopératif, c'est une façon de s'ancrer dans leur communauté. Une partie de la réponse est là. Tombée médiatique Par Mickaël Bergeron, aux Éditions Somme toute Nous méritons mieux Par Marie-France Bazzo, aux Éditions Boréal
Futur Drei, de Faraz Shariat, a été sélectionné au festival image+nation. COLLABORATION SPÉCIALE IMAGE.NATION CULTURE 11 Un festival humain et inclusif Films. Le festival de cinéma LGBTQ+ image+nation amorce jeudi une 33e édition virtuelle hors norme. Programmation foisonnante, francophonie... Charlie Boudreau, qui en assure la direction, a raconté à Métro quels sont les défis de cette année. AMÉLIE REVERT arevert@journa[metro.com Jusqu'au 6 décembre, ce sont ainsi plus d'une soixantaine de documentaires, courts et longs métrages qui seront présentés aux internautes-festivaliers québécois, mais pas seulement. Malgré la pandémie, image+nation n'a jamais perdu de vue son objectif  : encourager et de promouvoir une culture queer authentique dans un contexte de diversité et d'inclusion. Charlie Boudreau a mis toute son énergie à imaginer « un bon côté » en ces temps difficiles. Quels enjeux la pandémie a-t-elle soulevés pour image+nation cette année ? Depuis un bout de temps, on réfléchit à comment apporter l'expérience d'un festival à.E travers le web. On voulait rester axé sur l'humain et le personnel autant que possible. Lorsqu'on était en salles, on était restreint dans la capacité d'accueil et le nombre de films proposés. Mais comme on n'a plus cette contrainte physique, on a pu rajouter beaucoup plus de films. Avec le passage en virtuel, on a eu l'opportunité d'élargir notre sélection de 30% par rapport à l'édition passée. [...] Je suis très fière de cet évènement inclusif et divers. La représentation est très importante dans la vie. La solidarité aussi. Beaucoup de personnes souffrent de la crise liée à la COVID, et surtout l'industrie de la restauration qu'on a voulu encourager avec un système de parrainage. Si ça vous tente de manger pendant votre film, on a des suggestions d'établissements, dont les proprié- taires sont LGBTQ+, pour vous ! Avant on allait au cinéma et on sortait souper. Maintenant, on reste chez nous et on fait les deux en même temps. Grâce à votre présence en ligne, vous allez mettre un coup de projecteur sur les oeuvres francophones qui seront accessibles à travers le pays. Pouvez-vous nous en dire plus ? Hors Québec, il y a beaucoup de francophones mais personne ne présente de films LGBTQ+ en français. C'est pourquoi on a choisi que notre programmation francophone soit pancanadienne. La francophonie va demeurer une section permanente chez nous. On veut vraiment accueillir des pays, des régions qui ont des cultures particulières, comme la Martinique, l'Acadie. Plus de 2 millions de personnes le consultent chaque mois ! 111111el Pour rester branché à l'actualité ou pour vous divertir, journalmetro.com est accessible partout. Toujours disponible en version imprimée, retrouvez-le tous les mercredis et vendredis ilowlisimm dans plus de i 000 points de dépôt. métr CONTENU COMMANDÉ PAR TV5 Tenir salon  : au-delà de la coiffure Cet automne, TV5 nous propose un rendez-vous télévisuel des plus enrichissants avec des coiffeurs montréalais qui font une différence en s'impliquant au sein de leur communauté. Dans la nouvelle série Tenir salon, Sophie Fouron visite différents salons de coiffure de la métropole et nous emmène à la rencontre d'artistes capillaires aux histoires fascinantes qui sont devenus, souvent malgré eux, des confidents pour leurs clients ; dès qu'ils s'assoient sur leur chaise, ils se dévoilent sans tabou. On y parle de l'importance de l'amitié, des traditions et des liens familiaux ; des petits et grands deuils qui viennent avec l'âge ; des conflits générationnels ; des relations hommes-femmes... Trois coiffeurs de la série nous parlent de la place qu'occupe leur salon dans leur vie ainsi que des liens privilégiés qu'ils ont su développer avec leurs clients au fil du temps. BOREY COIFFEUR A L'ECOUTE Alors qu'il coiffait ses clients dans son appartement de Villeray jusqu'à tout récemment, Borey nous a annoncé qu'il venait d'acheter, avec son associé et ami Dave Dumay, le Figaro, rebaptisé Les marchands de fraîcheur. « C'est un mélange de fierté personnelle, d'aboutissement, de passion... C'est quelque chose que j'avais en tête depuis mes 21 ans, l'âge où j'ai décidé de mettre de côté mon parcours académique pour poursuivre ce rêve que j'avais d'être barbier ». CLERMATHE, THÉRAPEUTE SOCIALE À la barre du salon Clermathe International depuis trois décennies, Clermathe est une véritable référence dans le domaine et voit la pratique de la coiffure haïtienne dans la métropole comme un accomplissement en soi. Très engagée dans sa communauté, elle agit autant à titre de coiffeuse que de thérapeute, ses fidèles clientes passant des journées entières dans son établissement à discuter ! « Elles m'apportent la joie, la confiance, la vie », affirme Clermathe, visiblement reconnaissante. « La majorité d'entre elles sont devenues mes amies, nous formons une familles, continue-t-elle. RAFAEL ACOSTA, BARBIER AU GRAND COEUR Rafael Acosta, propriétaire du salon Barberito, se considère privilégié de pratiquer ce métier qui le passionne. Tandis que certains clients viennent pour se faire coiffer, les habitués se rendent chez Barberito simplement pour jaser et rire un bon coup. « Mon salon... c'est mon "changeur de vie". C'est quelque chose de très important pour moi, mon travail », confie l'amateur de sport et de musique reggaeton originaire de la République dominicaine, émotif. Tenir salon est diffusée les mardis à 21h30 sur TV5. Tous les épisodes de la série sont disponibles en ligne dès maintenant.



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