Métro Montréal n°2020-10-28 mercredi
Métro Montréal n°2020-10-28 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-10-28 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : débat de vocabulaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
journaimetro.com métr Mercredi 28 octobre 2020 4 PERSPECTIVE Société. Démêler les mots des maux NAOMIE GELPERngeiper@metromedia.ca Racisme d'État, racisme institutionnel, racisme systémique ou discrimination systémique  : quelles sont les différentes définitions et limites de ces termes ? Bien qu'il n'y ait pas de consensus autour de la réponse, certains principes des experts consultés par Métro se rejoignent. Racisme d'État Pour la sociologue Micheline Labelle, le racisme d'État est le plus haut niveau de gravité du racisme. « On en parle quand il s'agit de politiques adoptées par un État colonialiste, explique-telle. C'était la forme de racisme de l'État canadien avant que les mesures de ségrégation officielles soient abolies. » Or, elle ajoute qu'on ressent encore aujourd'hui ce racisme d'État avec la Loi sur les Indiens. « On le voit très bien dans la législation. Le fait de passer la Loi sur les Indiens, le fait d'exclure les Autochtones de la citoyenneté, de créer des réserves, etc. » Racisme institutionnel « Le racisme institutionnel, c'est lorsque les grandes institutions publiques, les organismes publics, l'État lui-même soutiennent une orientation raciste dans leur mission, dans leur fonctionnement, dans leurs mécanismes, dans leurs règles », avance le politologue André Lamoureux. Selon lui, seuls les Autochtones seraient victimes de racisme systémique au Canada avec La loi sur les Indiens. M. Lamoureux pense de son côté que le racisme d'État, le racisme institutionnel et le racisme systémique sont des termes similaires. Racisme systémique Micheline Labelle contredit André Lamoureux sur ce point. Elle estime que le racisme systémique se diffère du racisme d'État. « Le racisme systémique n'est pas l'existence de lois ouvertement racistes, mais plutôt la présence de pra- Le vocabulaire entourant le racisme systémique fait débat. GETIT « Au Québec, il n'y a aucun organisme public qui est construit sur la base d'une orientation raciste consciente. » André Lamoureux, politologue tiques dans les institutions qui sont des facteurs de blocage pour l'amélioration des conditions de vie des minorités », explique-t-elle. Il se traduirait par la présence de racisme dans les différents systèmes de l'éducation, de la justice, de la santé, etc. « Ce n'est pas parce qu'il y a les individus racistes, mais parce qu'il y a une absence de mesure qui faciliterait d'abolir l'exclusion de certains groupes », indique-t-elle. Discrimination systémique Le racisme systémique et la discrimination systémique sont deux choses différentes, pensent les deux experts. La discrimination systémique peut être à caractère raciste, mais aussi sexiste ou homophobe, indique Micheline Labelle. « Tandis que quand on parle de racisme systémique, on qualifie bien au départ qu'il s'agit de racisme dans ses différentes manifestations », ajoute-t-elle. y a eu des cas de discrimination systémique et ça existe encore. Les jeunes peuvent être victimes de discrimination systémique, par exemple. Dès qu'on vise un groupe en particulier, c'est une forme de discrimination systémique », souligne André Lamoureux. Bannir le « mot en N » ? Débat. Au cours de la dernière semaine, l'utilisation du « mot en N » a créé beaucoup de controverse au Canada. Est-il acceptable d'en faire l'emploi dans un contexte académique ou dans les médias ? Les avis restent tranchés. Cro) DOMINIC GILDENER dgiidener@metromedia.ca La semaine dernière, la première femme noire à la tête du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, est venue à la défense de la professeure de l'Université d'Ottawa qui a été suspendue pour avoir prononcé le « mot commençant par la lettre N » deux fois lors de l'un de ses cours. Selon Mme Anglade, il est important d'empêcher qu'un climat de censure s'installe dans le milieu universitaire. La politicienne a donc donné son appui à la professeure en question. Pendant l'un de ses cours, Verushka Lieutenant-Du- val avait décidé d'utiliser l'exemple de l'insulte raciale pour expliquer le concept de « resignification subversive » à ses étudiants. Il s'agit de la réappropriation par un groupe d'un mot d'abord utiliser pour l'insulter. Des étudiants condamnant l'utilisation du mot, peu importe le contexte, ont dénoncé Mme Lieutenant-Duval. La professeure a été suspendue, puis réintégrée. L'institution a offert aux étudiants de changer de professeur pour le reste de la session. Oui, dans certains contextes Lors d'une entrevue à Radio- Canada, Mme Anglade a expliqué dans quels contextes, selon elle, l'utilisation du « mot en N » était acceptable. Elle-même issue de la com- à. NAACP LtRYINO THE Déjà en 2007, des manifestants proposaient d'enterrer le « mot NeVIO en N » lors d'une manifestation à Detroit, au Michigan. Déjà en 2007, des manifestants proposaient d'enterrer le « mot en N » lors d'une manifestation à Detroit, au Michigan./BILL PUGLIANO/STRINGER/GETTY munauté haïtienne, elle a prononcé le mot à plusieurs reprises. « Dans un contexte où on essaie d'expliquer le mot, particulièrement le mot "nègre" dans ce cas-là, il y a une histoire associée à ça. Il faut pouvoir en parler, il faut pouvoir en débattre et le faire de manière constructive en sachant que c'est un mot chargé émotivement », a déclaré Mme Anglade. « Quand il est utilisé pour blesser quelqu'un ou envoyer des commentaires racistes, il faut le décrier. Mais à l'université, dans certains contextes, je pense qu'on va devoir être capables de se dire les choses », a-t-elle ajouté. De nombreuses personnes, dont des centaines de professeurs et quelques politiciens ont aussi donné leur appui à la professeure Lieutenant-Duval. Cependant, plusieurs étudiants en faveur de la suspension estiment que cette dernière a failli à son devoir de responsabilité académique. Enquête dans une école secondaire Jeudi dernier, une école secondaire de Montréal-Nord a ouvert une enquête sur la validité de citer deux oeuvres québécoises, dont Nègres blancs d'Amérique. L'enquête a été ouverte après qu'une vidéo d'un enseignant utilisant le mot ait  : -I. « Est-ce que la volonté de le dire sans retenue, peu importe l'intention, pèse plus dans la balance que la possibilité de blesser ? » Philippe Néméh-Nombré, membre de la Ligue des droits et libertés été partagée sur les réseaux sociaux à maintes reprises. Dans la vidéo en question, l'homme dit à ses étudiants qu'il utilise le terme dans un contexte « purement historique ». De son côté, le militant des droits civiques Will Prosper doute des intentions de renseignant  : « Tu sais déjà que ça dérange un paquet de personnes et tu fais le choix de le répéter à d'autres personnes plus jeunes. Il ne veut pas défendre l'oeuvre, mais l'utilisation d'un mot négatif. » La liberté académique, mais à quel prix ? Selon Philippe Néméh-Nombré, candidat au doctorat en sociologie à l'Université de Montréal et membre de la Ligue des droits et libertés, d'autres problèmes entourant la liberté académique doivent être réglés en plus de celui de l'emploi de certains termes offensants. « Je pense qu'il y a énormément de travail à faire pour garantir quelque chose comme la liberté académique. A commencer par les conditions de travail, l'accès inégal à l'enseignement et la marchandisation de l'éduca- ; 6 j tion sous toutes ses formes. Alors quand on érige cette question précise en exemple de la gravité des attaques à la liberté académique, il faut avouer qu'on choisit très spécifiquement ce qui nous indigne et ce à quoi on choisit de s'accrocher », avance-t-il. Selon le doctorant, il faut, pour les personnes nonnoires, se demander l'impact que ce mot peut avoir lorsqu'il est prononcé sur une autre personne. M. Néméh-Nombré a tenu à préciser que la deuxième partie de sa réponse peut s'appliquer tant pour les professeurs que pour les membres des médias. Autrement dit, les personnes qui ne sont pas noires, qu'elles soient des professeures ou des journalistes, devraient réfléchir longuement avant de prononcer le « mot en N ». Bien sûr, ces dernières ne veulent peut-être pas perdre leur liberté d'expression, mais elles doivent aussi considérer les individus qui se sentiront attaqués ou blessés par certains mots. Tribune libre à lire en
DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR ASSOMPTION SUD LONGUE - POINTE CRÉATION D'UNE INSTANCE OÙ LES CITOYENS SONT AU CŒUR DE LA DÉMARCHE Afin de concrétiser la vision de l'Écoparc industriel de la Grande Prairie, l'arrondissement de Mercier—Hochelaga- Maisonneuve annonce la mise en place d'une instance de concertation avec le milieu et les parties prenantes interpellées par ce projet de développement du secteur Assomption Sud — Longue-Pointe. La population et les partenaires sont conviés à une soirée d'information  : — Soirée d'information virtuelle (Zoom) — 5 novembre — 19 h C'est à cette occasion que sera présentée la structure de gouvernance. Pour plus d'informations  : realisonsmtl.ca/concertationaslp MI-C1 La planification du territoire avance et plusieurs recommandations de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sont déjà mises en oeuvre par la Ville, l'Arrondissement et les partenaires  : Mise en place d'une instance de concertation réunissant les parties prenantes concernées, y compris les citoyens (recommandation 6) ; Création d'un lien piétonnier verdi entre les rues Beauclerk et Tellier avec la collaboration de l'entreprise UAP (recommandations 18 et 25) ; Déplacement des entrées et sorties des camions de l'entreprise UAP afin de faire dévier le camionnage de la rue Haig vers la rue Tellier (recommandation 19) ; Révision du scénario de raccordement du boulevard de l'Assomption et l'avenue Souligny, sans la boucle, qui limitera l'empiètement dans la friche, et qui mettra en valeur le résiduel du terrain entre Hydro-Québec et le Canadien National, tel que recommandé dans le rapport de l'OCPM (recommandation 16). Mercier Hochelaga-Maison neuve MontréalEg3



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :