Métro Montréal n°2020-10-09 vendredi
Métro Montréal n°2020-10-09 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-10-09 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 18,2 Mo

  • Dans ce numéro : territorial album d'Antoine Corriveau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Antoine Corriveau présente Pissenlit, un quatrième album au titre aussi intrigant qu'il nous est familier. Entre road trip, enracinement et temps qui défile, le musicien partage harmonieusement ses questionnements existentiels, parfois enveloppés de piquant. Pissenlit. Le mot rappelle tant de choses, de la tendresse de l'enfance à un indésirable de la nature. Pour l'artiste québécois, la signification va au-delà. « Je réfléchissais à ma jeunesse et le pissenlit s'est imposé à moi comme la première fleur qu'on cueille, puis qu'on trouve un peu moche quand on vieillit », explique un Antoine Corriveau pensif. « j'aime l'instantané de ce mot-là, qui évoque quelque chose d'un peu cheap et touchant à la fois », dit-il. Mais même si le pissenlit ravive de doux souvenirs lointains, ce n'était certainement pas suffisant pour donner son nom à un disque. Au cours de réflexions et discussions, Antoine Corriveau a fait le rapprochement entre le pissenlit, présent partout, et la notion de territoire. Celui de l'espace au sens large d'abord, et comment il a été aménagé au fil de l'histoire, partagé avec les Autochtones, aussi. « Aujourd'hui, on traite les Premières nations un peu comme on considère le pissenlit, soit comme une mauvaise herbe. Et c'est d'une violence inouïe », regrette-t-il. Le musicien fait ensuite un pont avec les immigrants, qu'on « ghettoïse » sans nécessairement s'en rendre compte. Tous ces sujets brutaux, il les dénonce, entre autres, dans le très politique et électrisant morceau Ils Parlent. « Le policier qui passe, les yeux baissés qui cassent En route vers le parc pour y chasser le Black Et pendant que j'attends ils répètent aux enfants Que l'Indien est le méchant et la victime est le Blanc », peut-on entendre sans équivoque entre deux crissements de guitares, quelque part entre Jean Loup et The Voidz [NDLR, le sicle project de Julian Casablancas des Strokes]. Du mouvement Black Lives Matter à la dramatique affaire Joyce Echaquan, la chanson s'insère parfaitement dans l'espace-temps de 2020. Sur la route Un espace-temps, mis en musique et en mots par Antoine Corriveau, que l'on retrouve justement en mouvement dans Pissenlit. La composition, l'écriture et l'enregistrement de l'album ont été concentrés sur six ou sept mois, qui correspondent à la période où il venait de s'acheter une voiture — une Corolla, sûrement — et se promenait beaucoup. « Ça m'a permis de réfléchir autour du territoire. J'ai longtemps cherché à acheter un logement dans le bas du fleuve, donc j'y allais souvent. Dans le disque, il y a ainsi cette idée du mouvement, mais aussi son antithèse, celle la maison, qui revient », poursuit-il. « J'ai eu le temps de penser à la façon dont je me positionne dans ce territoire, autant géographiquement que socialement. » De façon plus intime, Antoine Corriveau, qui est âgé de 35 ans, a également pu appréhender l'approche de la quarantaine, « lorsqu'on commence à vieillir, à réaliser la vitesse à laquelle le temps passe ». Une belle remise en question, en soi. Celui qui ne « voyage pas tant que ça » — au Canada et en Europe, pour la musique essentiellement — apprécie pourtant l'état que procure le dépaysement. « C'est très riche pour moi de me retrouver dans un endroit que je ne connais pas et dans lequel je n'ai pas de repères. Je ne suis pas un voyageur de guide touristique, alors je vais me promener dans les rues et j'espère toujours m'y perdre », confie-t-il. Quel meilleur exemple que celui du clip de Quelqu'un pour illustrer AMÉLIE REVERT arevert@journalmetro.com J'AI BEAUCOUP ÉCOUTÉ THE VOIDZ PENDANT QUE JE FAISAIS PISSENLIT J'AIME LEUR LIBERTÉ, LEURS CHANGEMENTS DE DIRECTION. ANTOINE CORRIVEAU ses propos. La vidéo a été réalisée à partir des images tournées il y a quelques années à Santiago de Cuba. On s'y balade en voiture à travers les rues de la ville, croisant passants et vieilles bâtisses de style colonial qui font le charme de l'île caribéenne. « On était, à l'aller, dans l'avion avec un ami, et nos voisins de sièges, qui partaient dans un tout-indus, ne comprenaient pas pourquoi nous on ne savait pas où on allait dormir la première nuit. » Pour Antoine Corriveau, être dépaysé est une manière de « se mettre la tête en mouvement » pour activer l'écriture, « inévitablement ». Écrire la musique Après avoir pratiqué la bande dessinée dans une autre vie, peut-être, Antoine Corriveau est tombé dans la musique. Et ce fut comme une révélation pour lui. « Je ne me suis jamais considéré comme un grand dessinateur, mais ultimement, j'ai compris que l'affaire qui me passionnait dans la création était l'écriture. Peu importe l'art, j'ai compris que j'allais toujours écrire. » Et pendant l'écriture de Pissenlit, l'auteur-compositeur-interprète savait très bien où il s'en allait, quelle(s) musique(s) il voulait. « On fait un album. Pourquoi on ne ferait pas n'importe quoi ? » a-t-il lancé à ses collaborateurs. Son unique souhait à l'époque  : trouver une manière de partir tous azimuts, tout en demeurant cohérent, avec une ligne directrice. « OK ! T'avais une vision tout le long. C'est fou d'entendre le résultat », lui a soufflé le bassiste qui l'accompagne Marc-André Lan- dry, une fois le disque terminé. S'il s'agit d'un projet solo, Pissenlit n'en est pas moins un album collaboratif. La douzaine de musiciens allaient et venaient dans son lumineux studio de l'avenue Van Home dans le Mile End. « J'avais envie de leurs idées et de leur sensibilité, mais aussi de spontanéité. Je ne leur laissais pas de temps pour se préparer car je voulais enregistrer de la matière, et ensuite m'amuser avec », avoue Antoine Corriveau, s'estimant chanceux que ces gens-là lui fassent confiance. En avril 2019, au moment du début de l'enregistrement, cet espace personnel était tout nouveau, et très stimulant pour la bande. « On ne faisait pas attention à l'heure, à combien ça nous coûtait par jour. J'avais le luxe de pouvoir prendre mon temps et d'essayer des affaires. Je n'étais pas freiné par la technique », se réjouit-il alors qu'il pointe du doigt le piano, les guitares, les enceintes... c'est vrai que le lieu a de quoi faire rêver n'importe quel mélomane. Quoi qu'il en soit, le résultat est une belle réussite, où la voix rauque d'Antoine Corriveau nous berce et nous transperce de ses paroles tantôt graves, tantôt corrosives, qu'on sent toujours très honnêtes. Côté mélodies, les notes de pianos s'entremêlent à merveille avec des re ultras saturés et une batterie énergique. « Peut-être je prends la fuite Et peut-être que j'évite De laisser tes yeux voir Tous ces pans de moi. » Voilà des Maladresses qui n'ont pas besoin d'en dire plus pour nous convaincre. UN PEU D'INFO Mardi 13 octobre à 20h Billets en vente sur lepointdevente.com JOSIE DESMARAMMETRO
Une comédie qui nous ressemble Humeur La vie de Michel et Rich, deux étudiants montréalais, est soudainement bousculée par l'arrivée chez eux d'une troisième colocataire qui tombe solidement dans l'oeil de Rich. Cliché comme prémisse ? La websérie Étudiants libres déconstruit pourtant plusieurs stéréotypes. MARIE-LISE ROUSSEAU mlrousseau@journalmetro.com Les trois protagonistes de cette sitcom conçue et réalisée par Richardson Zéphir sont d'origine haïtienne. La nouvelle venue dans l'appartement, Sydney (Tracy Marcelin), est la cousine de Michel (Éridi Preach). Ce dernier, très protecteur, voit d'un mauvais oeil l'intérêt que lui porte son ami et coloc Rich (Lyndz Dantiste). En entrevue avec Métro, le comédien et humoriste Preach se réjouit de la façon dont ce projet comique, produit dans le cadre du festival Juste pour rire, montre à l'écran des situations auxquelles il peut s'identifier. « On me demande souvent pourquoi je ne regarde pas la télévision québécoise. C'est rich Preach sur le plateau de tournage d'tudiants libres. La série est offerte aujourd'hui et demain sur le site de JPR./PIERRE-LUC JOBIN/COLIABORATION SPÉCIALE parce que ça ne représente pas les réalités auxquelles je fais face », dit-il franchement. Il cite en exemple le populaire téléroman des années 1990 Urgence, dont l'action se déroulait dans un hôpital montréalais. « Tout le staff était blanc ! Vraiment ? Dans un hôpital de Montréal ? Wow ! » s'exclame-t-il. Au-delà de l'enjeu de la diversité ethnique, l'artiste déplore que la télévision québécoise ne soit pas même représentative de la diversité régionale de la province. « Les Québécois ont de la misère à représenter la diversité entre eux autres, observe-t-il. Dans un sitcom ou dans une dramatique québécoise, le médecin, l'infirmière, le préposé, la fille de huit ans et le robineux ont tous le même niveau de français. » L'équipe d'Etudiants libres a porté une attention particulière à ces détails, souligne-til. Par exemple, les trois personnages principaux ont des accents différents. « Juste ça, ça fait une différence ! » assure Preach. Des échos à The Fresh Prince of Bel-Air Le communiqué de presse faisant la promotion du projet compare Étudiants libres à la comédie américaine culte The Fresh Prince of Bel-Air qui a « Ça aborde des sujets comme le profilage racial, mais le but n'est pas de donner une leçon. On fait juste montrer la réalité, sans passer de message ni apporter de solution. » Érich Preach, comédien et humoriste fait connaître Will Smith il y a une trentaine d'années. En restant toujours dans le registre comique, la série québécoise aborde elle aussi certains enjeux sociaux, comme le manque de diversité dans les médias. Elle fait également état de plusieurs injustices que vivent les Afro- Québécois, le tout en seulement deux courts épisodes totalisant 25 minutes. La culture haïtienne est aussi représentée à l'écran. Lorsque Sydney reçoit des amies, Rich leur offre des tipunchs et des planteurs, des cocktails populaires de la cuisine antillaise. Seulement deux épisodes d'Étudiants libres ont été tournés pour l'instant. Le projet, monté en à peine trois semaines, est la réponse créative de Richardson Zéphir à la carte blanche que lui a offerte Juste pour rire dans le cadre de sa nouvelle « Série des concepts éclatés ». Ces deux épisodes sont présentés comme le pilote d'un projet qui pourrait être amené à se développer. LITTÉRATURE Louise Glück sacrée prix Nobel La poétesse américaine Louise Glück a remporté hier le très convoité prix Nobel de littérature, un choix pointu et inattendu couronnant son oeuvre entamée à la fin des années 60. À 77 ans, elle est récompensée « pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l'existence individuelle universelle », a annoncé WEEK-END 9 MBAN Mise à jour de la structure de gouvernance Comme l'a recommandé dans son rapport l'expert mandaté par Québec pour étudier la crise au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), le conseil d'administration (CA) de l'institution annonce qu'il entame un « examen en profondeur de l'ensemble de sa structure de gouvernance ». Pour se faire, le CA a mandaté Lise Bissonnette et Pierre A. Raymond à titre de consultants indépendants. Leur travail sera effectué sur une base pro bono, assure le MBAM. Dans son rapport, Daniel Beaupré soulève le besoin de réformer la gouvernance du MBAM. Cela passe selon lui par la modernisation de la Loi sur le Musée des beaux-arts de Mon- rue Sherbrooke. Le MBAM PABLO A. ORTIZ/MÉTRO « Le contexte culturel, social, économique et financier a beaucoup évolué et l'encadrement du Musée doit refléter cette transformation. » Le conseil d'administration du MBAM tréal et le Règlement sur l'admi- L'objectif de l'exercice est de nistration générale du Musée rendre le MBAM « plus efficace des beaux-arts de Montréal. Ces et mieux adapté notamment deux énoncés législatifs datent aux besoins de ses différentes d'il y a près de 50 ans. parties prenantes, dont ses em- La mise à jour de ces règle- ployés, ses bailleurs de fonds ments vise ainsi à « actualiser » publics, ses donateurs, ainsi et à « optimiser » ce qui guide la que ses membres et amis », sougouvernance du musée de la ligne le CA. MARIE-LISE ROUSSEAU l'Académie suédoise en décernant le prix, toujours accompagné d'une motivation laconique. Louise Glück est « une poétesse du changement radical et de la renaissance », a salué le président du comité, Anders Olsson. L'enfance et la vie de famille de cette native de New Yorlç la relation étroite entre les parents et les frères et soeurs, constituent une thématique centrale de son oeuvre. AFP RELAX NEWS Guidefacances.ca GuideVacances.ca'vivre des souvenirs, partout.



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