Métro Montréal n°2020-10-07 mercredi
Métro Montréal n°2020-10-07 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-10-07 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 15,7 Mo

  • Dans ce numéro : marée solidaire réclamant justice pour Joyce.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journaimetro.com Mercredi 7 octobre 2020 PERSPECTIVE 6 L'Atikamekw Joyce Echaquan sera-t-elle la George Floyd du Québec ? Racisme. Après Black Lives Matter, les mouvements antiracistes reviennent à la charge cet automne. Pour plusieurs militants, atterrés par la mort de l'Atikamekw Joyce Echaquan, cet épisode est celui de trop. FRANÇOIS CARABIN fcarabin@journalmetro.com Mère de sept enfants, Joyce Echaquan, s'est éteinte lundi dernier à l'hôpital de Joliette. Son dernier cri du coeur, enregistré et diffusé en direct sur les réseaux sociaux, a eu l'effet d'un tremblement de terre à cause des commentaires racistes, violents et dégradants tenus à son égard par certains membres du personnel soignant. Cet automne, les rues continueront de trembler au rythme des pas des protestataires, lancent des militants interrogés par Métro. Des marches distinctes ont d'ailleurs eu lieu en soutien à Joyce Echaquan cette fin de semaine. George Floyd et Joyce Echaquan, même combat ? Selon Jessica Quijano, organisatrice d'un rassemblement à Montréal, la situation n'est pas sans rappeler la mobilisation antiraciste du mois de juin. La mort de l'homme afro-américain George Floyd avait alors généré au Québec plusieurs mouvements de protestation. Et cette fois, la mort touche d'encore plus près, soulignet-elle. Ce n'est pas que les États-Unis qui vivent avec des problématiques de racisme, le Canada aussi, pense Mme Quijano, coordonnatrice du projet Iskweu, qui vise à « accompagner les familles lorsqu'il y a disparition d'une femme ou d'une fille autochtone ». Organisatrice d'une marche tenue à Québec samedi, Alezane Picard est membre de la Première Nation huronne-wendat. Si elle marche dans les rues pour Joyce Echaquan, elle le fait aussi pour combattre la plus large question du racisme. « C'est la même lutte pour les droits fondamentaux », constate-t-elle lorsqu'interrogée sur les similitudes entre les manifestations du printemps et de l'automne. Militant de longue date, Will Prosper, a mené un com- TICEPOUR Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echaguan lors d'une veillée organisée à l'hôpital Joliette en réaction au décès de cette mère de sept enfants./cApriliE D'ÉCRAN/MÉTRO « Ici, au Canada, il y a les mêmes problèmes avec les communautés autochtones [qu'aux États-Unis avec les populations noires]. » Jessica Quijano, militante bat sur tous les fronts pour dénoncer le « racisme systémique » envers les Noirs au Québec. Il joint maintenant sa voix à celles de ses collègues autochtones. « Comme jamais maintenant, avec la mort de George Floyd, puis celle de Joyce Echaquan, il y a un mouvement de solidarité entre les peuples autochtones et les peuples noirs », dit-il. Même son de cloche chez Anastasia Marcelin, organisatrice de plusieurs marches pour les droits des Noirs, ce printemps. « Pour combattre le racisme, il n'y a pas de couleur », lance-t-elle. Reconnaître le racisme systémique La semaine dernière, les secousses de la mort de Joyce Echaquan se sont rendues jusqu'à l'Assemblée nationale. Choqué par les propos racistes de deux employées de Les réserves se protègent de la COVID-19 Ce texte a été produit par l'École des médias de UQÀM Plusieurs semaines se sont écoulées depuis l'ouverture des barrages routiers imposés par les Mohawks pour bloquer l'arrivée des touristes. Nombreux sont les articles qui relatent l'actualité des grandes métropoles du Québec mais peu abordent le sujet des territoires autochtones. Les communautés des Premières Nations ne possèdent pas, ou presque peu, de ressources provinciales, elles doivent eux mêmes s'organiser pour contrer l'épidémie planétaire. Selon un récent sondage du gouvernement fédéral, les Premières Nations du Québec ont le plus bas taux de nombre de cas par région, soit 47 personnes infectées et de 5 décès. « Notre succès, on le doit grâce à nos efforts pour protéger notre région ! Mais depuis que l'économie a été relancée en juin, des milliers de personnes entrent sur notre territoire et on n'a pas le choix de laisser aller la situation », lance le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon. Les maladies plus létales que la guerre Dans la partie ouest des États-Unis, le taux de mortalité chez les Premières Nations est plus important comparativement aux populations canadiennes. La Nation navajo compte 548 morts, les Apaches d'Arizona, 58 morts, ainsi que la nation Choctaw du Mississippi a maintenant 78 morts. Au Canada, 11 décès ont été déclarés. « La plus grande cause de décès chez les Premières Nations n'est pas la guerre, mais l'arrivée des maladies », lance le grand chef du Conseil mohawk. À ce jour, le territoire mohawk a recensé neuf cas. Aucun décès en lien avec la COVID-19 n'a été enregistré. Mais, selon Serge Otsi Simon, 50% de la population a des problèmes de santé, dont plusieurs souffrant de diabète, et seraient donc plus vulnérables au virus. Contrer la contamination Plusieurs mesures ont été mises en place pour préserver le territoire mohawk. Parmi celles-ci, on retrouve des mesures d'hygiène strictes et des barrages routiers. La communauté a été équipée de vestes d'identification, de masques et à la création d'une banque alimentaire. « Depuis que nous avons rouvert les accès à notre territoire, nous avons 12 personnes dans le secteur d'Oka qui ont été testées positives, l'hôpital, le premier ministre François Legault n'a pas tardé à répondre. « Des propos inacceptables », a-t-il répété. Il a rapidement annoncé que l'infirmière mise en cause avait été congédiée. Plus tard, l'hôpital a aussi confirmé le congédiement d'une préposée aux bénéficiaires. Mais sous la pression de certains, l'élu caquiste a de nouveau refusé de prononcer deux mots qui avaient fait débat ce printemps dans la foulée des manifestations de Black Lives Matter  : racisme systémique. Pour Alexane Picard, la montée de la mobilisation aura un objectif prioritaire  : obtenir du premier ministre qu'il prononce enfin ces mots. « Ça serait un pas dans la bonne direction », constate-t-elle. Jessica Quijono a longtemps travaillé dans le réseau de la santé. Selon elle, il n'y a pas de doute  : le racisme existe dans le réseau de la santé, au-delà de ce qui est arrivée à Mme Echaquan. « C'est rien de nouveau, mais cette fois, on l'a sur vidéo », indique la militante. En regardant la flambée des mouvements de protestation, Will Prosper voit naître un tsunami. Il presse le gouvernement d'aller plus loin qu'il l'a 530 000 Serge Otsi Simon, grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake, aurait bénéficié de 530 000$ provenant d'un fonds gouvernemental fédéral pour faire face à la pandémie. dont 9 provenant de notre communauté », explique Serge Otsi Simon. Selon Olivier Godin-Héeu, résident du village d'Oka, ces barrages ont également servi à protéger les habitants d'Oka. « J'ai aimé que les Indiens puissent mettre leurs barrages plus loin qu'à la frontière de leur territoire, cela nous permettait aussi de nous sentir en sécurité. » fait au mois de juin, quand il a créé un groupe gouvernemental de lutte au racisme. « On a trouvé que c'était juste un bonbon pour calmer le jeu, affirme-t-il. J'espère que, cette fois-ci, on ne va pas se faire berner. » Enquête criminelle et poursuite civile Vendredi, la famille de Mme Echaquan a précisé les recours qu'ils comptent entreprendre pour obtenir justice. La liste est longue. En plus d'une poursuite civile contre l'hôpital de Joliette, les proches comptent déposer des plaintes devant la Commission des droits de la personne ainsi que l'Ordre des infirmières du Québec. Ils réclament aussi la tenue d'une enquête criminelle et le lancement d'une enquête publique. Déjà, le CISSS de Lanaudière a lancé une enquête interne. Le Bureau du coroner se penche également sur le dossier. La famille de Joyce Echaquan a notamment interpellé François Legault, réclamant de connaître les mesures concrètes qu'il compte entreprendre. Et elle souhaite aussi l'entendre prononcer ces deux mots  : « racisme systémique ». Serge Otsi Simon, grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake JOSE DESMARAISMRCHIVES MÉTRO
n Facebook Q Twltter Llnkedln 0 Instagram stminfo TOUJOURS LÀ POUR VOUS TRANSPORTER Saluons les travailleurs du transport collectif CETTE JOURNÉE DU 7 OCTOBRE EST DÉDIÉE À LA RECONNAISSAN- CE DU TRAVAIL DE CEUX QUI SONT LÀ POUR VOUS TRANSPORTER. Lancée par l'Association canadienne de transport urbain (ACTU), cette initiative braque les projecteurs sur nos employés. Depuis le début de la crise sanitaire, ils montent au front pour continuer de faire bouger Montréal. C'est grâce à eux que notre réseau est demeuré en service en L Iriére hurée déployant une foule de mesures adaptées à la nouvelle réalité. Voilà pourquoi, en unisson avec les sociétés de transport canadiennes, nous tenons à saluer NOTRE PANEL MA VOIX MA STM MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS, NOUS VOULONS VOUS ENTENDRE SUR VOTRE EXPÉRIENCE DANS LE RÉSEAU DE LA STM. Joignez-vous à plus de 20000 clients qui participent chaque mois à de courts sondages et influencent aujourd'hui les réalisations et l'assiduité de nos travailleurs. Face à la deuxième vague, notre première ligne est forte ! S'inscrire, participer, influencer ainsi le transport collectif dans la grande région métropolitaine. Initiatives à l'essai, projets en cours, qualité des services, mesures liées à la COVID  : c'est l'occasion de vous prononcer sur une foule de sujetset courir la chance de gagner des prix ! di à AIL à Inscrivez-vous en remplissant votre profil pour être automatiquement éligible au tirage des deux prix trimestriels de 300$. Chaque sondage auquel vous répondrez par la suite vous donnera aussi une chance de gagner l'un des deux prix mensuels de 200$. Avec nos 300 distributeurs de désinfectant... on n'est jamais trop prudent. PROCHAIN CONSEIL D'ADMINISTRATION PAR WEBDIFFUSION SEULEMENT En raison des circonstances actuelles, la séance sera seulement par web diffusion. Aucun public ne sera admis. Les questions du public pourront être acheminées par voie électronique selon la procédure indiquée sur le site stm.info/ca-participer. OPUS ÉTUDIANT C'EST ENCORE LE TEMPS En cette période exceptionnelle, nous encourageons l'obtention sans déplacement pour obtenir votre carte OPUS pour étudiant : en ligne, dans les établissements scolaires participants, par la poste. Lorsque l'obtention de votre carte sans déplacement n'est pas possible, vous pouvez vous rendre à notre studio photo, sur rendez-vous seulement, au 1755 rue Berri (édifice de la gare d'autocars). Mais il vous faut obligatoirement prendre rendez-vous avant de vous y rendre à www.inscriptweb.com/stm. O Prenons soin de nous stm.info/coronavlrus



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