Métro Montréal n°2020-09-30 mercredi
Métro Montréal n°2020-09-30 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-09-30 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : 28 jours pour sauver la mise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
journalmetro.com métr Mercredi 30 septembre 2020 OPINIONS JUSTICE POUR jœiCE CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Été 2011, en vacances avec ma fille, alors âgée de neuf ans. Environ 80 kilomètres de gamones sauvages nous séparent de Manawan, village atikamekw. — Ève, ça te dirait d'aller visiter un endroit où vivent des Autochtones ? — Oui, ok, mais pourquoi ? — Bah, pour voir autre chose. — Parce qu'ils vivent différemment de nous ? — Un peu, oui, c'est sûr. Je voyais dans son visage, d'ordinaire porté a TRIBUNE LIBRE Plaidoyerpourun peu de bienveillance Je suis directrice générale de la'Fable de concertation jeunesse Bordeaux- Cartierville. Pour la plupart des gens, ça ne veut pas dire grand chose. Disons que je soutiens les organismes qui travaillent auprès des 0-25 ans vulnérables et leurs familles, que je développe et aide à développer des réponses à leurs besoins. C'est la version simple. Au quotidien, vous n'imagineriez même pas tout ce que ça peut vouloir dire. Dans le milieu communautaire et du développement social, nous sommes habitués à être professionnellement incompris. Néanmoins, depuis peu, j'éprouve un besoin viscéral d'expliquer ce que l'on fait. Besoin, surtout, de remercier ceux qui s'y investissent. Parce que si c'était déjà difficile avant, depuis COVID, on est ailleurs. J'ai besoin de faire état de l'ampleur de tout ça, de saluer ceux qui surnagent métr à l'aventure, un doute poli. Du genre  : Euh... quel intérêt de débarquer chez le monde, comme ça, sans avertissement ? Et quelle différence profonde entre EUX et NOUS, au fond ?, et blablabla. Je n'y avais moi-même jamais mis les pieds. Mais je me souvenais avoir accompagné mon père, alors enquêteur d'assurances (je suis effectivement le fils d'un genre de police, voilà pour l'effet backlash), dans ses visites dans l'une ou l'autre des réserves de mon coin de pays initial. à travers, parce que nous manquons trop souvent de mots pour témoigner. Nous sommes d'accord  : tous les gens qui oeuvrent de près ou de loin à la gestion de cette pandémie méritent d'être remerciés et reconnus 1000 fois. Mais moi, c'est ceux-là que je côtoie et devant qui j'ai envie de m'incliner. Je parle des travailleurs du milieu communautaire et leurs partenaires. Je parle autant des organismes qui adressent les besoins physiques de base des populations (sécurité alimentaire, hébergement, sécurité, « Joyce Echaquan est morte dans ces circonstances surréalistes assassinée par l'une des tueurs en série les plus cruelles en lice  : la haine commandée par l'ignorance. » Parce qu'à chacune de celle-ci, j'étais émerveillé, parlons euphémisme, par l'univers autochtone, peu importe la nation. L'accord humain-nature, le calme, la spiritualité et la gentillesse de ses gens et, peut-être surtout, leur artisanat. Caricatural peut-être, mais j'ai conservé de longues années ce petit totem noir, vert et rouge (quand je vous dis que je me souviens) sculpté à la main et m'ayant été offert, du haut de mes Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. berRo sept ans, par une dame au sourire encore inscrit en ma mémoire. — Je dis ça de même, Ève, mais je suis convaincu qu'ils ont des boutiques d'artisanat assez magiques merci... — Ah oui ? Ok go ! Notre (trop) bref séjour, comme j'en avais la certitude par mon expérience perso, eu son petit, sinon grand effet. Du fait des conditions matérielles d'existence, bien entendu, mais aussi de la posture adoptée face au capitalisme, nature et environnement social. Un rapport à l'existence souvent distinct, le tout à moins d'une heure de char. 111111111 Un direct sur Facebook, ce lundi. Une Atikamekw de Manawan, 37 ans, hospitalisée à Joliette pour des douleurs à l'estomac. Son nom ? Joyce Echaquan. De santé fragile, selon son précarité économique) que de ceux qui se consacrent aux enjeux sociaux incontournables (isolement, santé psychosociale, violence, développement des individus, itinérance, jeunesse, immigration). Je parle autant des directions que de leurs équipes et de leurs partenaires, de tous ceux qui constituent le filet social de nos quartiers. Parce que depuis mars dernier, leur monde a changé. Non seulement ils continuent à faire ce pour quoi ils se battent depuis des années, mais mari. Du genre où elle ne peut prendre de morphine en raison de son coeur. Dans la vidéo en question, à fendre justement celui-ci en deux, on la voit sur ce qui sera, manifestement, son dernier lit  : « Venez me chercher. Quelqu'un... Venez me chercher [traduction française]. » Toujours en atikamekw, on l'entend demander à l'aide, et crier avoir reçu de trop grosses doses de médicaments... « On essaie de me droguer. » En voyant la vidéo en question, sa mère se précipite sur la ligne afin de parler à l'infirmière. On lui raccroche la ligne au nez. Elle rappelle... En vain. Une panique dont la légitimité se galvanise en raison des propos tenus, toujours dans la vidéo, par des membres du personnel de l'hôpital  : ils doivent le réinventer chaque jour. En plus des besoins déjà intenses de leurs populations et les difficultés à y répondre, ils doivent maintenant gérer autre chose  : la pandémie. Nous sommes depuis toujours la ligne de front sociale. La pandémie n'y a rien changé. Maintenant, en plus d'adresser tout le reste, nous devons gérer cette pandémie, ses effets, ses dommages sociaux collatéraux, toutes les adaptations qu'elle induit et la sécurité de nos équipes. Nous devons travailler trois fois plus intensément, sur quatre fois plus de dossiers, aussi bien qu'avant mais cinq fois plus vite. [...] La pandémie nous amène sur des terrains inconnus, nous fait plonger les mains dans des problématiques exacerbées et parfois très loin de nos champs de connaissance. Nous mettons en commun nos expertises et nous y arrivons. Aujourd'hui, je m'arrête donc pour vous remercier. Tellement Et pour vous demander une chose  : prenez soin de vous. Dans ce milieu dont le quotidien atteint des sommets d'intensité, nous sommes beaucoup à vouloir tout donner. Mais là où plusieurs étaient déjà La première  : « Je pense que tu as de la misère à t'occuper de toi, on va le faire à ta place. » La deuxième  : « Esti d'épaisse de tabarnouche... C'est mieux mort, ça. As-tu fini de niaiser... câlisse ? T'es épaisse en câlisse. » Celle-ci de poursuivre  : « T'as fait des mauvais choix, ma belle. Qu'estce qu'ils penseraient, tes enfants, de te voir comme ça ? Pense à eux autres un peu... C'est meilleur pour fourrer qu'autre chose, pis on paie pour ça. Qui tu penses qui paie pour ça ? » Joyce Echaquan est morte dans ces circonstances surréalistes, assassinée par l'une des tueurs en série les plus cruelles en lice  : la haine commandée par l'ignorance, préjugé et refus de l'Autre. No Justice, no Peace. Idem pour l'humanisme. sur le point de frapper un gros mur, le contexte actuel accélère le véhicule et il y a un danger réel que le mur arrive plus tôt, plus fort Alors je vous en prie, faites attention. Car aller plus loin que le bout de vous-même n'aidera personne. Dans mon entourage professionnel, nous constatons depuis un moment que nous devons développer notre bienveillance. Volontairement et consciemment Prendre soin les uns des autres et accepter que d'autres veillent sur nous. Parce que les larmes arrivent plus vite, les mots sont plus chargés. Beaucoup de journées dévient de leur route très rapidement, et nous écorchent au passage. À tous les travailleurs du communautaire et du développement social, je nous demande d'être bienveillants envers nous-mêmes. Pour notre propre bien-être et aussi pour celui des populations qui donnent du sens à ce que nous sommes. 6 SARA MARIE-J0 BASTIEN, TABLE DE CONCERTATION JEUNESSE BORDEAUX-CARTIERVILLE Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com Volume  : 144 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
métr elj'e(MU,'journatmetro.com Mercredi 30 septembre 2020 7 Prendre l'année 2020 par les cornes Quoi qu'en dise le rappeur jovialiste KNLO, 2020 n'est pas « la plus belle année de nos vies ». On en a eu une énième preuve lundi avec l'annonce de nouvelles mesures de confinement. Dans ce contexte difficile, des humoristes ont la tâche de nous divertir dans le cadre du festival Juste pour rire. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com En plus de la pandémie de CO- VID-19, qui continue de faire des lavages partout dans le monde, 2020 est marquée jusqu'à présent au Québec par une nouvelle vague de dénonciation d'agressions sexuelles et le regain du mouvement Black Lives Matter. C'est sans parler de la crise environnementale qui est toujours loin d'être résolue et de l'élection présidentielle amée caine qui approche à grands pas. Dans leurs spectacles respectifs donnés dans le cadre de Juste pour rire, les humoristes Eddy King et Phil Roy ont choisi de traiter certains de ces enjeux. Le premier en fait carrément le sujet de son gala, le bien nommé Est-ce qu'on peut en parler ? dans lequel seront notamment abordés le confinement, le racisme et les théories du complot « Quand on parle d'un sujet difficile et qu'on arrive à en rigoler, on a déjà un bon pas de fait, même si on n'est pas d'accord, soutient Eddy King. C'est le pouvoir de l'humour. » Phil Roy et son coanimateur Pier-Luc Funk se sont eux aussi inspirés des événements 1:humoriste Eddy King/ARCHIVES MÉTRO de 2020 pour leur soirée carte blanche. « Je ne sais pas s'il faut en parler. Ça appartient à chaque personne de faire ce qu'elle veut avec sa tribune », répond Phil Roy lorsqu'on lui demande s'il est essentiel de traiter de ces sujets. Pour Preach, il s'agit au contraire d'un devoir. « En tant qu'humoriste, c'est notre travail de parler de ces choses-là ». Celui qui participe à la websérie Étudiants libres estime que l'humour permet de « démystifier certaines choses en riant). Plusieurs sujets qui ont marqué 2020 sont délicats ou polarisants. On peut néanmoins rire de tout, selon les trois humoristes. Tout est dans la manière. « Si tu décides de parler de tel sujet avec humour, c'est ta responsabilité de réfléchir à comment tu le traites », soutient Phil Roy. Même son de cloche chez Eddy King, pour qui l'essentiel demeure de ne jamais rire des victimes. « Des fois, pour des sujets très dramatiques, on rit un peu de ce qui tourne autour, sans se moquer des éléments plus sensibles pour autant » L'humour permet d'ailleurs de dédramatiser certaines situations graves, sans minimiser leur importance, selon Preach. « Ça aide parfois simplement à comprendre des enjeux. Et ça permet de rejoindre des gens qu'on ne pourrait pas rejoindre autrement, par exemple avec Une nouvelle philanthropie sauvera-t-elle la vie culturelle ? Alors que la deuxième vague de COVID-19 s'abat sur le Québec et met en danger la Culture à Montréal, un rapport publié ce mardi révèle les perspectives offertes par la philanthropie pour le secteur des arts. rab » un documentaire ou même une discussion. » Dans ce cas, le rire devient une porte d'entrée pour aborder des sujets sensibles. Maripier Morin et Julien Lacroix Des sujets sensibles, ce n'est pas ce qui manque en 2020. L'un d'entre eux a directement touché le milieu de l'humour  : la vague de dénonciation d'agressions et d'inconduites sexuelles, qui a notamment visé Julien Lacroix et Maripier Morin cet été. Réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche, l'humoriste Sugar Sammy a diffusé en ligne un numéro où il se moquait de l'ex-animatrice. Si Phil Roy préfère ne pas faire de blague sur ces sujets — « Je ne crois pas être la meilleure personne pour parler de ça », dit-il — il soutient en avoir entendu quelques-unes récemment dans des soirées d'humour. « Je ne serais pas surpris que même dans des numéros de gala de cette année, il y en ait », ajoute-t-il. Encore là, ce n'est pas déplacé ou trop tôt pour en parler à son avis, tant que c'est fait intelligemment Eddy King préfère néanmoins lui aussi ne pas aborder l'affaire Julien Lacroix sur scène, et ce pour des raisons de proximité. « C'est plus diffi- « Il y aura toujours des gens qui vont trouver ça trop malaisant, qui vont préférer ne pas en parler. Ces gens-là ne sont pas nos amis ! » Preach, humoriste cile, admet-il. Quand il y a eu l'affaire Gilbert Rozon, j'avais réussi à prendre du recul et à en parler parce que j'étais directement impacté par les conséquences de cet événement » La règle d'or de l'humoriste est de ne pas dire en public ce qu'il ne dirait pas en privé. « Ce serait tellement facile pour moi de taper sur Julien en public aujourd'hui. Mais c'est quelqu'un que je côtoyais, poursuit-il Tant que je n'aurai pas eu l'occasion d'avoir une discussion avec lui, de lui dire  : "Hé frérot, what happened ? Comment t'en es arrivé là ? ", pour moi ça ne sert à rien d'en parler en public. » Des référents forts L'actualité est une mine d'or pour les humoristes, étant donné qu'elle rejoint une vaste partie du public, ce qui est communément appelé un « référent » dans le milieu de l'humour. « L'actualité, c'est ce qu'on a en commun, soulève Preach. On a tous entendu parler de Black Lives Matter, du féminisme et des dénonciations. » « C'est pas pour rien que, dans les clichés d'humoristes, on entend souvent  : "Hey, on est tous pareils tout le monde ! " ou "C'est tu juste moi ou..." », ajoute Phil Roy. Ce dernier se pose beaucoup de questions par rapport à la façon de traiter ces enjeux délicats en humour. « Est-ce que j'ai envie de parler de la vague de dénonciations ? Est-ce que je suis la meilleure personne pour parler de Black Lives Matter ? Comment est-ce que j'ai envie d'en parler' ? » À quelques jours de sa soirée carte blanche, ces questionnements trottaient toujours dans son esprit Zone rouge. Le milieu culturel sous le choc Montréal passe en zone rouge jeudi, laissant la culture en état de choc. Le gouvernement Legal& a en effet annoncé lundi la fermeture de tous les lieux de diffusion culturelle — les cinémas, les théâtres, les salles de spectacles, les bibliothèques et les musées — pour une période de 28 jours, soit du ler au 28 octobre. La nouvelle a été accueillie avec surprise et consternation par les différents acteurs du milieu, bien qu'ils comprennent unanimement la gravité de la situation sanitaire. La plupart d'entre eux ne s'attendaient pas à une telle annonce, puisqu'ils réussissaient à faire appliquer à la lettre les mesures de sécurité de la Santé publique. « C'est un choc, une RUDSAK ï,k VENTE CHANTILLONS PTEMBRE - 4 OCTOBRE ODE DE VENTE EXCLUSIVEMENT PROLONGÉE TOBRE -11 OCTOBRE MER — VEN 110 H — 21 H SAM — DIM I 10 H — 17H 9400 BLVD ST-LAURENT I MONTREAL (QC) I H2N 1N3 DÉBIT, MASTERCARD, VISA & COMPTANT e STATIONNEMENT GRATUIT 99 CHABANEL La marquise du cinéma Beaubien/JOSIE DESMARAIS/ARCHIVES MÉTRO consternation, un vrai coup dur pour notre secteur », a réagi le président de l'Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU) David Laferrière mardi matin. Cette décision sonne comme un véritable coup de tonnerre pour le monde du spectacle, qui avait passé beaucoup de temps à « repenser et présenter une programmation alternative pour l'automne », précise-t-il. rem



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :