Métro Montréal n°2020-09-23 mercredi
Métro Montréal n°2020-09-23 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-09-23 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,7 Mo

  • Dans ce numéro : politicien, métier risqué.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr jourriaimetro.com Mercredi 23 septembre 2020 6 PERSPECTIVE Les femmes en politique face aux préjugés et aux stéréotypes 19% Proportion de mairesses au Québec, soit 205 élues occupant cette fonction. Médias.Un écart persiste encore entre la couverture médiatique accordée aux hommes et aux femmes en politique, selon une nouvelle étude de l'UQAM. Celles-d subissent aussi davantage de préjugés, ce qui peut créer une pression indue à leur égard, et la moindre erreur peut amener son lot de critiques. nZACHARIE GOUDREAULT zgoudreault@journalmetro.com « Encore en 2020, le traitement médiatique des femmes passe encore par leur aspect vestimentaire et leurs traits émotionnels », lance à Métro Stéphanie Panneton. la doctorante en communication à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) fait partie des quatre chercheuses derrière une récente étude portant sur la couverture médiatique des femmes en politique municipale. Le document, de plus de 90 pages, est basé sur les témoignages de nombreuses candidates, élues ou non, qui ont pris part aux dernières élections municipales, en 2017. Nombre de ces femmes, provenant de 10 régions du Québec, ont déploré « la discrimination » et les « stéréotypes genrés » qu'elles auraient subis au cours de la dernière campagne électorale. Selon les chercheuses, ce « régime de genre » a l'effet de réduire la couverture médiatique accordée aux politiciennes. Une situation que vient exacerber le fait que les femmes ne représentaient, au lendemain des élections municipales, que 32% de l'ensemble des élus dans les villes et villages de la province. « On a peu de femmes en politique municipale, donc on en parle peu et on se retrouve dans un cercle vicieux », dit MMe Panneton. Traits émotionnels Les élues municipales interviewées estiment qu'elles ont beaucoup plus tendance à être décrites en fonction de leurs traits émotionnels, en comparaison avec leurs collègues masculins. Une situation qui La mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors de sa victoire électorale en 2017./10.511. DESMARAIS/ARCHIVES MÉTRO Pour tous vos besoins en annonces classées 44 tà détournerait les médias de la teneur des propos et des idées de ces politiciennes, estiment les chercheuses. « On ne leur reproche pas [aux hommes] d'agir sous le coup de l'émotion », souligne Mme Panneton. Les &ues et candidates sur la scène municipale ont aussi senti qu'elles subissent davantage de pression quand vient le moment de s'adresser en public, car le moindre faux pas V, Isabelle Moineau Conseillère spécialisée Peetei annonces 514 286-1066 poste  : 348 imoineau@journalmetro.com 1) >4025672.1 pourrait leur valoir les foudres du public — notamment sur les réseaux sociaux — et faire l'objet de mentions dans les médias traditionnels. Elles estiment qu'elles doivent avoir une fine maîtrise des sujets avant d'aller en conférence de presse. « Ça fait en sorte que les femmes doivent se sur-préparer avant de prendre la parole dans les médias », constate Véronique Pronovost, doctorante en sociologie à l'UQAM. Valérie Plante, une exception ? Valérie Plante, qui est devenue la première mairesse de Montréal en 2017, a bénéficié au cours de la dernière campagne électorale d'une couverture médiatique « exceptionnelle » par rapport aux autres candidates à l'échelle de la province, constate l'étude. Une situation qui n'est pas étrangère au plafond de verre qui a été brisé par son arrivée en poste dans la métropole. Le rapport mentionne aussi son slogan de campagne, « L'homme de la situation », qui a suscité beaucoup d'attention. « Oui, c'est une exception dans la mesure où elle est Plusieurs femmes interviewées dans le cadre de cette étude ont d'ailleurs fait état des répercussions de la couverture médiatique à leur égard « sur leur vie personnelle et professionnelle ». « Quelques candidates expliquent que les membres de leur famille subissent les contrecoups de leur couverture parce que les médias les contactent directement ou que les critiques à l'égard des candidates véhiculées dans l'espace médiatique les affectent », peut-on lire. Certaines candidates évoquent des impacts « sur la poursuite de leur carrière politique ». Prévenir les stéréotypes par la formation Les auteures de l'étude appellent les médias et la société à contrer les stéréotypes dont sont victimes les femmes en politique municipale en mettant davantage de l'avant « leur parcours » et leurs « engagements et positions sur plusieurs tribunes et que c'est la mairesse de la métropole. [...] On a l'impression qu'on parle beaucoup des femmes en politique, mais au fond, on ne parle que d'elle », laisse tomber Stéphanie Panneton, doctorante en communication à l'UQAM. Mme Plante n'a pas pour autant été épargnée par ce « double standard » en politique municipale, dont elle n'a accepté de parler que deux ans après son arrivée en poste, dans le cadre d'une entrevue à La Presse. Elle n'avait pas osé aborder ce sujet auparavant, par crainte d' « être accusée de jouer la victime », a-t-elle confié en novembre 2019 au quotidien montréalais. « Lorsque des politiciennes prennent la parole pour souli- politiques » lorsqu'ils couvrent celles-ci. Les journalistes devraient ainsi « se questionner sur l'usage des stéréotypes physiques ou sociaux, notamment en résistant à l'envie de passer des commentaires sur l'apparence, la gestuelle et les expressions faciales », écrivent-elles. « Par rapport aux médias, il faudrait rapporter des sujets qui portent sur la politique et non pas sur les femmes qui se présentent. On pourrait aussi diversifier les intervenants », indique Mme Pronovost, qui constate que les hommes sont plus souvent appelés à commenter la politique municipale que les femmes. Le rapport propose d'autre part au gouvernement Legault de mettre en place des fonnations destinées aux élus municipaux et aux journalistes afin de les sensibiliser sur l'importance d'entretenir des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes. « Ce sont des biais de genres qui sont véhiculés dans l'ensemble de la société. Donc, ce que le gouvernement pourrait faire, c'est de lutter contre ces stéréotypes-là », mentionne Mme Pronovost. gner qu'il y a des biais genrés, ces femmes-là vont se faire dire qu'elles jouent la carte des femmes en politique et recevoir un accueil très froid », déplore Véronique Pronovost, doctorante en sociologie à l'UQAM. Depuis son arrivée en poste, le sourire de la mairesse a par ailleurs maintes fois servi à décrire la politicienne, pas toujours de façon positive. Mme Plante a notamment critiqué l'an dernier la décision du Journal de Montréal d'utiliser le titre « Pas de quoi rire » en première page son édition du 5 novembre 2019, en référence à un article portant sur le bilan de mi-mandat de son administration. Son style vestimentaire a aussi été scruté à la loupe. ZACHARIE GOUDREAULT
à% journalmetro.com métr, 171 Mercredi 23 septembre 2020 OPINIONS LES DEUXIEMES MERES CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue 11 s'agit, je crois bien, de mon plus vieux souvenir d'enfance, voire plus vieux souvenir tout court. Entre deux et trois ans, si mes calculs sont bons, dans le salon familial. Mes parents font en quelque sorte « passer des entrevues » à une nouvelle gardienne, laquelle prendra la relève de Sylvie, tout juste partie pour un job dans un entrepôt de jeans. Ils me laissent ainsi une heure ou deux avec chacune des candidates, voire si la chimie s'impose d'emblée. Le choc est alors important  : je réalise, en regardant un film poche avec la première en lice, que Sylvie C TRIBUNE LIBRE Croyantes et croyants, réveillons nous ! Quel bonheur d'entendre, dimanche dernier, en première mondiale, la pièce Prayer de la compositrice canadienne Vivian Fung ainsi que Das lied von der Erde de Gustav Mahler à l'occasion de la 40e saison de l'Orchestre métropolitain ! Ce moment de joie s'est pourtant vite évanoui au sortir de la Maison symphonique. En effet, quelle ne fut pas ma déception de lire, à la suite du point de presse du gouvernement du Québec, qu'encore une fois, les croyants de la province se verraient restreindre l'accès aux rassemblements dans les lieux de culte, ceux-ci passant de 250 à 50 personnes, voire à 25 dans certaines régions. Dans les zones orange, comme à Montréal et à Québec, on nous métr air r m'a, selon toute vraisemblance, abandonné. Qu'elle ne reviendra pas. Mon petit coeur de bambin connaît ainsi, pour la première fois de son histoire, le désarroi. La crise, magistrale. Mes excuses à Madame l'Interviewée qui, si ça se trouve, est potentiellement encore traumatisée de la réaction d'un ti-cul l'étant encore plus. Magistrale crise. Pas de votre faute, madame, même si le film en question — merci aux trois postes de télé disponibles à l'époque — a nécessairement nui à votre candidature  : un dude qui tombe dans une espèce de gros coulis vert dégueulasse, et qui passe le reste du film demande donc de limiter l'accès de nos églises à 25 personnes. C'est à se demander si nos dirigeants politiques connaissent la réalité de nos lieux de culte ! Dans ces régions, nos bâtiments et lieux de rassemblements peuvent souvent recevoir des centaines, voire des milliers de personnes. Dorénavant, chaque lieu ne pourra accueillir que 25 personnes, sans prise en compte de l'espace réellement disponible. Est-ce logique de limiter à 25 personnes l'entrée pour une messe dominicale à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, alors que celle-ci peut très bien accommoder plus de 1 800 personnes en temps normal ? « Mettre de l'eau dans leur vin, genre en demandant moins que ce qu'oblige la Loi ? » à tenter de s'en sortir (je sais, j'ai une mémoire magnifique pour les trucs d'importance capitale — quelqu'un a vu mes clefs de char, au fait ?). Parce que Sylvie, voyezvous, n'était pas qu'une gardienne. Ado venant d'abandonner l'école, celle-ci a joué, dès que ma mère a repris son boulot d'adjointe, le rôle d'éducatrice, infirmière, cuisinière, comédienne, metteure en scène, dessinatrice, responsable de chantier de cabanes en coussins de divan, etc. Je perdais, ainsi donc, beaucoup plus qu'une simple « gardienne ». Plutôt l'un des principaux socles sur lesquels ma vie de ti-cul s'était construite. La dislocation conséquente, sans vouloir charrier, de mes références de morveux. Bref, la catastrophe. Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. beim Par chance, l'expérience de Sylvie à l'entrepôt de jeans devait s'avérer négative et, mise au fait de ma crise d'angoisse stratosphérique, elle revint peu après s'occuper de son petit Fred (faut dire que j'étais, même s'il est loisible d'en douter, particulièrement adorable). Les années suivantes ont été consacrées aux tâches et fonctions mentionnées d-haut, auxquelles se sont ajoutées celles de tutrice, d'aide au devoir, prof de lecture, confidente, critiques en tout genre, et j'en passe (des tonnes). Un port, ancre et phare, en prime, aussi. Vers la fin du primaire, étant depuis en mesure de demeurer seul à la maison, le mandat de Sylvie devait se terminer, non sans beaucoup d'émotions, de part et d'autre. Reste que même si une trentaine d'années sépare cette époque à celle d'aujourd'hui, ses enseignements m'accom- Pourquoi ne pas faire confiance aux diocèses et aux évêques qui, dès le début de la pandémie, ont pris des mesures proactives pour limiter la propagation du virus et qui respectent scrupuleusement les mesures sanitaires dictées par la Santé publique afin de protéger les fidèles ? Pourquoi restreindre les rassemblements de manière unilatérale alors qu'aucune éclosion du coronavirus n'a eu lieu dans un lieu de culte et que les nombreux bénévoles continuent à mettre en pratique les consignes sanitaires de façon exemplaire ? Y a-t-il un plus grand danger de contagion dans les églises que dans les salles de cinéma ou dans les salles de spectade ? Y a-t-il pagnent encore, directement ou subrepticement, à chaque jour de mon existence. Pourquoi raconter ces passages assez pesos ? Parce qu'une grève des intervenantes en petite enfance est actuellement en marche, sous l'impulsion d'un de leurs principaux syndicats. Et que je suis sur le cul, au figuré et presqu'au propre, depuis que j'ai appris que celles-d gagnent l'équivalent de 12,42$ l'heure, soit moins que le salaire... minimum, fixé à 13,10$. A leurs revendications (légitimes) d'obtenir 16,75$, le ministre Mathieu Lacombe réplique avec un généreux 12,83$, violant ainsi cette loi névralgique de l'équité québécoise. Mieux encore  : afin de calmer le jeu, Lacombe leur demande de mettre de l'eau dans leur vin, en précisant que peu importe le secteur, une augmentation souhaitée lieu de placer nos églises dans la même catégorie que les bars et les karaokés ? Cela est tout simplement inconcevable. Réagissant à cette nouvelle, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec déplore le manque de collaboration des autorités gouvernementales pour une meilleure communication avec les leaders religieux, et ce, depuis le début de la crise. Le fait que la réouverture des lieux de culte a été reléguée aux « phases ultérieures » du déconfinement au même titre que les bars et les croisières a déjà été accueilli avec beaucoup d'incompréhension chez les croyants en juin dernier. Nous sommes pourtant tous d'accord sur l'importance et l'urgence de protéger la population et ses membres les plus vulnérables, surtout en cette deuxième vague. Et que dire de l'activité économique, qui elle, doit bien sûr se poursuivre afin de permettre à notre société de fonctionner. Toutefois, au-delà des besoins économiques, pourrions-nous enfin reconnaître les besoins spirituels des gens ? On ne peut nier le fait que de 35% serait nécessairement jugée déraisonnable. Euh... Mettre de l'eau dans leur vin, genre en demandant moins que ce qu'oblige la Loi ? Et sérieux, doit-on réellement expliquer la différence entre des augmentations respectives de 35% sur un salaire de 100 000$ et sur un de... 12,42$ l'heure ? Gandhi disait que l'on reconnaît la valeur d'un peuple à la façon dont il traite ses animaux. L'axiome devrait s'appliquer, évidemment à plus forte raison, aux Sylvies de ce monde. Celles et ceux qui construisent, patiemment et avec dévotion, chacun des petits murets soutenant nos architectures sociétales. La moindre des choses, côté reconnaissance. Et en attendant que nos ministres réalisent l'évidence, merci. Un gros et un vrai, à part ça. l'augmentation du niveau de stress et l'isolement liés à la pandémie sont aussi des éléments à prendre en considération. Les croyants du Québec, qui sont des citoyens à part entière, ont besoin du service essentiel qu'est la pratique de leur foi au quotidien et en communauté, et ce tout particulièrement en cette période de crise qui avive plus que jamais la recherche du sens de la vie. Ces dernières heures, j'ai reçu plusieurs appels et messages de croyantes et de croyants de diverses religions qui sont découragés et à bout de souffle. Bien que nous ne manifestions pas sur la place publique pour faire entendre notre point de vue, nous attendons du gouvernement l'attention et la reconnaissance due aux citoyennes et citoyens qui pratiquent leur religion dans le respect le plus strict des règles sanitaires Croyantes et croyants, réveillonsnous ! SÉBASTIEN FROIDEVAUX, FONDATION DU GRAND stmŒuntz DE MONTRÉAL Écrivez-nous ! opinions@journalmetro.com Volume  : 142 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 7



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