Métro Montréal n°2020-09-02 mercredi
Métro Montréal n°2020-09-02 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-09-02 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 15,6 Mo

  • Dans ce numéro : une croissance verte est-elle possible ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr jourriaimetro.com Mercredi 2 septembre 2020 6 PERSPECTIVE la croissance économique verte n'est pas si durable qu'on pourrait le croire Environnement. Une croissance économique verte est-elle possible ? La question refait surface alors qu'une étude met en doute la suffisance de miser sur des entreprises moins énergivores afin de réduire l'empreinte environnementale de notre société, relançant du même coup le débat sur le concept de la décroissance. ZACHARIE GOUDREAULT zgoudreault@journalmetro.com la crise sanitaire a fait chuter le PIB du Canada de 11,5% au deuxième trimestre. Dans ce cadre, Ottawa a fait part de son intérêt de profiter de ce contexte pour stimuler une (relance verte ». À priori, l'idée de transformer notre économie en remplaçant des industries polluantes dans des secteurs traditionnels par des entreprises novatrices dans le secteur des services ou de l'innovation technologique apparaît comme une approche efficace pour stimuler l'économie tout en protégeant l'environnement. Les entreprises dans ces secteurs, plus modernes, produisent généra- likari AUTOBUS DUFRESNE lement moins de polluants que les industries manufacturières traditionnelles, par exemple. Les secteurs de pointe occupent une place de plus en plus importante dans l'économie. Des chercheurs de l'Université Concordia ont toutefois voulu questionner les bienfaits de cette relance verte dans une récente étude parue dans la revue académique Environmental Research Letters. « Bien que nous reconnaissions la possibilité d'une croissance verte par la dématérialisation, il est tout aussi plausible que la croissance économique dépassera les réductions en intensité d'impact [sur l'environnement], menant à une augmentation des charges écologiques globales », soulignent les chercheurs. Intenable croissance Dans le cadre de ce projet, le doctorant Horen Greenford et ses collègues ont comparé l'empreinte écologique d'entreprises considérées comme ayant une empreinte écologique faible, comme celles du secteur du logiciel, avec des firmes jugées plus polluantes, notamment celles dans le milieu de la construction automobile. Au lieu de simplement analyser les impacts environnementaux des entreprises en soi, les chercheurs ont ajouté une nouvelle variable  : l'empreinte carbone reliée à la consommation des employés qui tra- Un champ d'éoliennes en Californie/KEVORK DJANSEZIAN/GEITY « Il faut réduire la taille de l'économie à des niveaux raisonnables. » Horen Greenford, doctorant à l'Université Concordia vaillent dans ces entreprises. C'est alors qu'ils ont constaté que les entreprises généralement associées à une croissance économique durable peuvent avoir un impact environnemental tout aussi nuisible que celles dans des secteurs plus traditionnels. Une situation associée notamment au fait que les employés dans les secteurs de pointe et en administration bénéficient généralement d'un revenu élevé, ce qui les amène à consommer davantage que les employés des secteurs traditionnels. Leur empreinte environnementale est donc plus élevée que la moyenne, selon les chercheurs. « Au final, la croissance verte n'est pas durable quand on analyse k preuve documentée », résume Horen Greenford, en entrevue à Métro. La décroissance Les auteurs de l'étude estiment que notre société ne pourra se contenter de procéder à une transition vers une économie « basée sur les services » pour assurer la protection de l'environnement à long terme. Ils soulèvent plutôt l'hypothèse que « la réduction des dommages environnementaux » reliés à l'activité économique nécessitera des « changements Pas de risque de COVID pour le transport ! ! Avec ta classe 5, tu as le véhicule chez toi pour aller travailler ! ! Tu recherches un métier valorisant, temps partiel de jour du lundi au vendredi ? L'été, le temps des fêtes et la semaine de relâche en congé ? Taxes vertes Tout en reconnaissant le rôle que peuvent jouer les nouvelles technologies dans la lutte contre les changements climatiques — notamment en facilitant le télétravail et l'utilisation d'énergies renouvelables — le responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace estime que ce ne sera pas suffisant « Il faut consommer moins et consommer mieux. Sinon, c'est certain qu'on n'y arrivera pas », affirme Patrick Bonin. Afin de changer les comportements des citoyens et des entreprises, les autorités gouvernementales devraient selon lui miser sur la création de « taxes vertes » afro d'imposer un prix pour « la pollution générée ». « Il suffit qu'on crée des fondamentaux » pour réduire k consommation et la production de polluants « dans tous les secteurs économiques ». « La consommation devrait diminuer de 40 à 50% afin que tout le monde ait k capacité de vivre bien sur la planète », estime M. Greenford, faisant ainsi écho à la décroissance, auquel s'opposent plusieurs économistes. « Si on réduit le PIB, on réduit les revenus des gens. Ce n'est pas une solution. La solution, c'est conditions propices à l'innovation, par exemple avec un prix sur le carbone, et il va y en avoir de l'innovation », appuie le professeur au Département d'économie appliquée à HEC Montréal, Germain Belzile. L'expert affirme que de mesures écofiscales peuvent inciter des entreprises à développer des moyens pour réduire leur empreinte carbone. La Ville de Montréal analyse d'ailleurs la possibilité de mettre en place certaines mesures écofiscales dans le cadre de la gestion de ses matières résiduelles. Il pourrait par exemple s'agir d'un système de tarification des déchets ou de l'eau. De telles « taxes vertes » ne verront toutefois pas le jour avant 2025 dans la métropole. de continuer à accroître notre prospérité, mais en misant sur des solutions technologiques », pense le professeur au Département d'économie appliquée à HEC Montréal, Germain Belzile. « Si vous croyez que tout le monde doit avoir le droit à un niveau de consommation, bien à ce moment-là, les gens qui consomment trop devraient commencer à consommer moins pour laisser des ressources pour les autres », ajoute M. Greenford. Être CONDUCTEUR D'ÉCOLIER, voilà la solution antistress ! ! Écrivez-nous à  : rh@autobusdufresne.ca
journalmetro.com métr'17° Mercredi 2 septembre 2020 OPINION'LA TRONCHNMIN A. CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Comme plusieurs, je lis depuis ce wee-kend analyses et commentaires sur le déboulonnement, parlons euphémismes, de la statue de John A. Macdonald, premier chef de gouvernement canadien. L'affairé en appelle à maintes nuances, certes. Prendre le temps de bien se faire une tete collective, aussi. Malgré ce, les réactions subséquentes aux événements de la fin de semaine laissent, en un sens, pantois. TRIBUNE LIBRE #DixPetitsNègres Le roman policier d'Agatha Christie, Dix petits nègres, un best-seller mondial qui s'est vendu à plus de 100 millions d'exemplaires, change de nom, amputé du mot « nègres » dans sa version française, pour « ne pas blesser ». Le nouveau titre français devient Ils étaient dix. Mais il ne s'agit pas seulement d'un changement de titre. Selon François Legault, le monument sera restauré, tête comprise. Le populaire premier ministre est ici appuyé, plus fort que moins d'ailleurs, par la mairesse Plante. Fascinant, faut-il avouer, de constater une alliance aussi improbable dans la défense de l'indéfendable, soit l'héritage de l'orangisme. Parce que s'il est convenable, en matière de recon- 1 - teetkje,-. Le mot « nègre », cité 74 fois dans la version originale du récit, n'apparaît plus du tout dans la nouvelle édition. Et, comble de paradoxe, c'est l'arrière-petit-fils de la romancière britannique, James Prichard, dirigeant de la société propriétaire des droits littéraires et médiatiques des oeuvres d'Agatha Christie qui a révélé l'information à la radio RTL. Parmi les nombreuses réactions provoquées sur les réseaux sociaux à la suite de l'annonce du changement de titre du roman d'Agatha Christie, je retiens celle du philo- naissance des contributions politiques, reste ici que le présent cas en est un d'espèce. Dixit les désaccords idéologiques, méprises en ce qui concerne la lecture de l'histoire ou préférences sur le plan du style, le bilan de Macdonald en appelle à un autre cadre de référence  : souhaite-t-on, au Québec, continuer d'honorer la mémoire d'un homme d'État ayant fait adopter l'inique Loi sur les Indiens ? Qui a créé les ignobles pensionnats et les réserves autochtones ? Procédé à la mise à mort de Louis Riel malgré un procès au jury à la composition douteuse, et « même si tous les chiens du Québec devaient aboyer en sa faveur » ? Provoqué et profité de la plus grande magouille éco- dl> - Faites-nous découvrir vos talents ! diniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre, ournal favori... Faites-nous parvenir vos photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. rem « Souhaite-t-on [...] continuer d'honorer la mémoire d'un homme d'État ayant fait adopter l'inique Loi sur les Indiens ? » nomique de l'époque, soit le projet du Canadien pacifique ? Fait adopter une loi pour empêcher Noirs et Chinois de voter aux élections ? Défendu, ici même au Canada, la supériorité de la race aryenne ? Affirmé que la « démocratie constitue la tyrannie des masses » ? C'est cet héritage, donc, que certains souhaitent continuer d'honorer ? Parce que oui, une statue (n'en déplaisent aux pigeons), rend hommage. Probablement l'un des plus grandilo- sophe Raphaël Enthoven publiée sur son compte Twitter  : « Il y a quelques mois encore, on était des milliers à rire de bon coeur des incultes qui s'indignaient de ce titre. Désormais, l'inculture triomphe et règne. » Après Autant en emporte le vent, est-ce qu'on va retirer La Vie est belle et La Liste de Schindler des écrans pour éviter de choquer les juifs ? À partir de quand est-ce qu'un mot, parce qu'il est susceptible de vexer certains coeurs fragiles, doit disparaître complètement du vocabulaire ? Sur quelles bases doit-on taire quents, d'ailleurs, qu'il soit On s'inquiétera de cette néo-manie « d'effacer l'histoire ». Confusion sémantique ou conceptuelle, à mon sens. Parce que personne, au grand contraire, ne parle de jeter l'héritage Macdonald aux oubliettes. Plutôt de le descendre de son piédastal, propre comme au figuré, du fait de son... héritage. Divisif, délétère et nocif, celui-ci mérite certes d'être rappelé dans les livres d'histoire, particulièrement en ces temps de recul pour le vivre-ensemble. Mais d'être souligné à coups de statue ? Corne on... En fait, quand on y porte attention, quelle démocratie et quel Etat de droit accepteraient de rendre hommage un événement historique dont le souvenir heurte certains ? Gommer une oeuvre littéraire, ce n'est pas moins grave qu'effacer des portions d'un tableau de maître ou photoshoper des images d'événements historiques pour les rendre conformes à la version des vainqueurs. En 2020, est-ce vraiment le chemin dans lequel nous souhaitons nous aventurer ? Quelle tendance infantilisante que celle de toujours prendre tout le monde par la main de peur de blesser quelqu'un ! HENRI MARINEAU, QUÉBEC aux fossoyeurs de ses socles philosophiques et valeurs fondamentales ? Ainsi, n'est-il pas parfaitement incongru, sinon firfelu, de voir actuellement un premier ministre québécois et une mairesse respectivement auto-proclamés nationaliste et pro-autochtone souhaitant préserver l'hommage rendu à un enfoiré d'exception spécialisé en pratiques racistes institutionnalisées ? En fait, si nos politiciens s'intéressaient davantage à l'Histoire qu'au politically correctness, les tronches toxiques seraient dirigées d'emblée (et sans violence) là où elles appartiennent  : dans un musée par lequel on rappelle, sans glorification indue, les bilans honteux Écrivez-nous ! opinions @journalmetro.com Volume  : 136= Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? pu blicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895 Tu as une classe 2 ou 1 ? Tu souhaites travailler pour une entreprise respectueuse et au sein d'une équipe de travail agréable ? Tu recherches un métier valorisant, temps partiel de jour du lundi au vendredi ? L'été, le temps des fêtes et la semaine de relâche en congé ? Être CONDUCTEUR D'ÉCOLIER, voilà la solution antistress ! ! 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