Métro Montréal n°2020-08-07 vendredi
Métro Montréal n°2020-08-07 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-08-07 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : Montréal à risque ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
journalmetro.com métr OPINIONS CARLA BEAUVAIS Entrepreneure et agitatrice Week-end 7-10 août 2020 Petite collation d'après-midi Ce papillon a décidé de s'arrêter sur ce végétal, histoire de faire une petite pause et de reprendre des forces. Un peu comme les Montréalais qui profitent d'un accalmie des températures accablantes ces derniers jours./JEAN-FRANÇOIS FRANCHE/COLLABORATION SPÉCIALE 4%e(, CES ENFANTS JETABLES J'ai toujours ressenti un certain malaise face à l'industrie du mannequinat pour enfants. J'ai souvent, peut-être à tort, associé cette industrie à une quête narcissique, souvent inconsciente, des parents de vivre la célébrité par procuration. 11 y a également les gains financiers qui ne sont pas à négliger et qui peuvent être utiles pour l'éducation de l'enfant, par exemple. Il y a plusieurs risques documentés reliés au mannequinat chez les jeunes  : le narcissisme, l'instrumentalisation de leur corps, la barrière du respect de leur intimité, les conséquences sur le psychisme, l'image corporelle et l'estime de soi. Il faut donc être prudent et conscient des facteurs de risque lorsqu'on décide de choisir cette voie pour notre progéniture. Ayant déjà certaines appréhensions vis-à-vis ce milieu, j'ai été bouleversée par l'expérience d'une amie avec une agence artistique dont je tairai le nom. En tant que mère, je ne peux rester impassible face à son amertume. Sommairement, elle a inscrit son fils à cette agence en 2019. C'est un petit garçon qui adore la caméra, très photogénique. Il a obtenu son premier contrat assez rapidement Quelques mois après ses débuts dans le milieu, il reçoit un diagnostic de strabisme (ses deux yeux n'ont pas leur axe de vision aligné sur le même objet). la mère est dévastée par la nouvelle et débute un long processus pour trouver des solutions À quand de réels changements ? Faites-nous découvrir vos talents ! rdiniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir les photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. mémo « C'est crucial de montrer aux enfants que leur apparence physique n'est pas l'ultime passeport d'acceptation sociale. » médicales à la condition de son fils. L'enfant doit s'ajuster à cette nouvelle réalité. Ce n'est pas facile au quotidien. Quelques semaines après le constat médical, elle reçoit un appel de l'agence pour une séance de mise à jour du portfolio. Au cours de la session, la photographe et propriétaire remarque la difficulté de l'enfant à garder ses yeux alignés. La mère à un mauvais pressentiment L'instinct maternel ne ment jamais. Le lendemain, elle reçoit un appel de la responsable qui lui explique qu'elle ne peut En cette troisième vague de dévoilements, nous, le Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), souhaitons exprimer notre soutien aux survivantes qui ont trouvé la force de dévoiler les violences qu'ielles ont subies malgré les dissuasions sociales et les risques divers. Rappelons que cette vague de dévoilements s'inscrit au sein d'une société qui banalise les violences sexuelles et qui invalide trop souvent les avenues de guérison choisies par les survivantes. [...] L'arrivée de cette troisième vague n'est pas sans surprise. En période de pandémie, le confinement accentue la vulnérabilité des survivantes et diminue l'accès aux services dontielles ont besoin. Le contexte social dans lequel s'inscrit la présente vague de dévoilements nous a menées à observer ce qui la différencie des vagues de 2014 et de 2017. [...] La pluralité et la complexité des témoignages partagés confirment l'importance de considérer l'impact plus représenter son fils dans cet état. Quarante-huit heures plus tard, ses photos seront retirées du site de l'agence. Fini. Même si la mère insiste pour assurer que l'enfant peut faire un effort pour aligner ses yeux, elle n'arrivera pas à la convaincre. Cette façon de traiter des enfants comme des êtres dont on peut disposer sans évaluer les conséquences sur leur vie n'a rien de nouveau dans le milieu de la mode, mais il faut que ça cesse. Le culte de la perfection, c'est assez. Quel message envoie-ton à un enfant qui doit déjà conjuguer avec le fait de vivre avec un trouble ? Comment lui expliquer qu'il n'est pas assez parfait pour faire ce qu'il aime ? C'est crucial de montrer aux enfants que leur apparence physique de tous les types d'agressions à caractère sexuel et ce, peu importe leur degré de violence. [...] Il est inconcevable de parler de ces agressions en hiérarchisant leur gravité, car une agression vue comme mineure peut avoir des conséquences majeures sur la vie d'un* survivante. Cette troisième vague rappelle que combattre la culture du viol est l'affaire de toustes et expose la complicité du silence face à ces violences. 11 nous parait essentiel de noter que les témoignages les plus médiatisés sont l'apanage de réseaux majoritairement blancs et francophones, renforçant ainsi une banalisation de certains vécus traumatiques et une homogénéisation des expériences. Parallèlement, d'autres mouvements existent en privé dans certaines de nos communautés marginalisées voire criminalisées ou encore géographiquement isolées, [...] en plus des survivantes d'inceste. Dénoncer de façon publique une agresseureuse et plus spécifiquement une membre de nos communautés peut être perçu comme une trahison et peut comporter des risques accrus. [...] Toute survivante doit être accueillie, crue, écoutée et accompagnée selon ses besoins. [...] n'est pas l'ultime passeport d'acceptation sociale. Il faut apprendre à célébrer la beauté dans la différence. Le problème n'est pas cette agence ni cette décision. Elle est tributaire de l'environnement social dans lequel on évolue et qui manque cruellement d'humanité et de compassion. Cette agence, comme toutes les autres, est assujettie à des standards de beauté inatteignables qui idéalisent la perfection au lieu de célébrer l'unicité et la beauté de l'humain tel qu'il est Les effets pervers de cette obsession pour une beauté souveraine peuvent avoir des impacts majeurs sur nos enfants. Nous devons en prendre conscience et agir. La perfection ne s'obtient que par la retouche, qu'on se le dise. Les CALACS de la province travaillent d'arrache-pied sur les trois axes que sont la prévention, l'intervention féministe auprès des survivantes et leurs proches ainsi que la mobilisation collective afin de lutter contre les agressions sexuelles. Toutefois, notre réseau de ressources spécialisées est à bout de souffle. Les CALACS ressentent le tsunami de demandes d'aide de plein fouet [...] Il est donc clair que les ressources en agressions sexuelles sont essentielles et ont besoin de soutien financier conséquent [...] De plus, il est important de rappeler que plusieurs territoires sont sous voire non desservis ce qui empêche les survivantes de ces régions de recevoir un soutien adéquat, pensons à Montréal-Nord et le nord du Québec, par exemple. Cette vague ne sera certainement pas la dernière. [...] Une chose est certaine, nous voulons dire aux survivantes  : ON VOUS CROIT. Nous continuerons de lutter pour vos droits et pour un monde sans violences sexuelles. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES CENTRES D'AIDE ET DE LUTES CONTRE LES AGRESSIONS À C RA TÈRE SEXUEL Écrivez-nous ! opinions @journalmetro.com Volume  : 135 Numéro  : 2 À Montréal, Métro estpublié par Métro Média. loi, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HU 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? infoejournalmetro.corn. ISSN 1716-9895
S'il n'avait pas connu le succès à un très jeune âge en tant qu'acteur, Jean-Cari Boucher aurait peut-être flâné avec les jeunes de banlieue dont il capte des fragments de vie dans son premier long métrage de fiction, Flashwood. Le réalisateur de 26 ans a un impressionnant CV pour son âge. Dès le début de l'adolescence, il était en vedette dans deux films à succès  : Un été sans point ni coup sûr de Francis Leclerc et 1981 de Ricardo Trogi, cinéaste qu'il a retrouvé dans 1987 et 1991. Neuf ans après le court métrage Medium Saignant, le revoilà derrière la caméra avec Flashwood, chronique estivale sur la vie de jeunes de banlieue. Chronique de ce qu'aurait pu être sa jeunesse et celle des acteurs qui tiennent les rôles principaux dans son film (notamment Pier-Luc Funk et Simon Pigeon, ses potes depuis Un été...) s'ils n'avaient pas entrepris leurs carrières si jeunes. En plus, « la plupart des comédiens et comédiennes dans le film, on a grandi en banlieue », souligne celui qui vient de Boisbriand, sur la rive-nord de Montréal, qui fait office de décor à Flashwood. Pour la petite histoire, le titre du film fait référence au surnom que les jeunes du coin donnent à leur ville. « C'est comme si les petits bums de la place n'assumaient pas qu'ils viennent de Boisbriand. Je trouve ça tellement absurde... réfléchit-IL En même temps, ça a du sens quand tu as 15,16 ans. C'est une façon de se réapproprier l'endroit » Flashwood dépeint le quotidien de ces petits bums, notamment celui des frères Luc et Hugo (Pier-Luc Funk et Antoine Desrochers) et de leurs amis Ti-Max (Maxime Desjardins-Tremblay) et Louis (Simon Pigeon). Leur vie est rythmée par les premières expériences amoureuses et sexuelles, la consommation de bière et autres substances dans des stationnements de dépanneurs et de discussions crues. « Du vrai monde » A priori, la bande est peu attachante. Les gars sont souvent vulgaires, parfois agressifs. « C'est vrai que je n'ai pas montré la vision la plus positive, dit le jeune réalisateur. C'est un peu trash dans un sens. Mais c'est un âge où on peut se permettre de montrer des personnages un peu plus...frois- sants, disons, parce qu'ils se cherchent » Leurs défauts font la force de ces personnages, selon Pier-Luc Funk. « C'est du vrai monde. Tous les moments où ils agissent en trous de cul, on les a vécus d'une façon ou d'une autre. » Son collègue Simon Pigeon cite en exemple son alter ego dans le film, qui semble au départ être « le bon gars de la gang ». « Mais dans la deuxième partie, ses affaires ne vont pas exactement où il veut qu'elles aillent donc il tourne les coins ronds dans ses valeurs et dans sa moralité pour arriver à ses fins. Il y a quelque chose de beau là-dedans, parce que beaucoup de gens agissent ainsi » Ces personnages évoluent au cours du film tourné sur une période de sept ans. « Ils vont tous apprendre quelque chose par rapport à eux-mêmes en cours de route », remarque Jean-CarlBoucher. « On sent que nos gars sont des petits bums avec une rage intérieure, ajoute Pier-Luc Funk Ce sont des misfits ; ils ne fittent pas avec l'univers dans lequel ils baignent C'est ce qui fait ressortir leurs défauts. » Film exploratoire Flashwood a pris plusieurs formes dans l'esprit de Jean-CarlBoucher. Ce qui devait être « un genre de court métrage exploratoire » et qui a même failli se transformer en exposition photos est finalement devenu un film de fiction. Rien n'est conventionnel dans ce projet réalisé sans subventions. On en a un exemple flagrant dès le début de notre rencontre avec les acteurs Pier-Luc Funk et Simon Pigeon. Lorsqu'on leur demande ce qui leur a plu dans le scénario, les deux répondent presque à l'unisson  : « À la base, MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com « ON N'A PAS VÉCU CE MOMENT QUI EST VÉCU DANS LE FILM, OÙ TU ERRES L'ÉTÉ EN ATTENDANT QUELQUE CHOSE. » JEAN-CARI BOUCHER il n'y avait pas de scénario, en fait. » Le réalisateur détaille qu'il avait d'abord un canevas de 25 pages. « Je voulais quasiment qu'il n'y ait pas d'histoire, décrit-il. Je voulais juste que ce soit des portraits, des vignettes avec des personnages super réalistes. » Avec cette idée en tête, l'équipe a tourné ce qui est devenu la première partie du film en à peine cinq jours. Mais, oh, surprise ! Les scènes que Jean-CarlBoucher avait imaginées sont devenues « beaucoup plus narratives » qu'il le prévoyait. Les acteurs ont surpassé ses attentes, explique-t-il. « Il est arrivé des moments de jeu inespérés par rapport au temps et à l'ambition qu'on avait » Résultat  : il a assemblé une heure de matériel Une durée trop longue pour un court métrage et trop courte pour un long métrage. « Une heure, c'est comme rien ! » Après avoir mis momentanément le projet de côté, Jean-CarlBoucher a réuni à nouveau son équipe afin de reprendre le tournage cinq ans plus tard, un peu à la façon de Boyhood. « Il y a eu beaucoup d'étapes ! » lancet-il en riant « Flashwood a été un work in progress », résume Pier-Luc Funk Si tout le monde a replongé dans l'aventure, c'est notamment grâce à l'amitié solide qui unit l'équipe du film. « Il s'est passé tellement de magie », s'enthousiasme le réalisateur. Cette confiance totale de part et d'autre leur a permis de tourner des scènes marquantes. Comme celle dans le bois où Luc, hache à la main, s'en prend à Ti-Max, son ami en fauteuil roulant « Cette scène est dans ma mémoire à tout jamais », commente Pier-Luc Funk Une scène choquante tant à regarder qu'à tourner, confirme Simon Pigeon, qui se souvient en détail de ce moment tendu. « Tu as fini la scène pratiquement en syndrome de stress post-traumatique, tu t'es rendu à un tel niveau... », dit-il en s'adressant à son collègue. Comme des nouvelles littéraires Bout à bout, les tranches de vie captées par la caméra de Jean-CarlBoucher forment un film sans trame narrative définie, dans lequel on découvre des fragments de vie de personnages éphémères en plus de suivre l'évolution des protagonistes. « C'est important ! s'emballe le cinéaste à ce sujet Je suis vraiment amateur de nouvelles littéraires. J'aime quand un auteur raconte des choses similaires, mais dans des contextes et avec des personnages différents. » Jean-CarlBoucher aimait aussi l'idée que sa caméra puisse passer d'un personnage à l'autre « comme dans un jeu vidéo ». Après tout « tout le monde a une vie et des histoires », dit-il. Dans une scène puissante, la caméra délaisse momentanément les personnages de Luc et Louis pour suivre leur patron, qui a une discussion aussi courte qu'éprouvante avec sa fille. « Si je montre leur boss, pourquoi ne pas prendre une petite pause pour aller voir ce qu'il vit avec sa fille ? On comprend alors que, oh mon dieu, il est malheureux, ça ne va pas bien ! Puis on revient dans la réalité des protagonistes. » Cette originalité dans la mise en scène est un des points forts de Flashwood. À ce propos, on vous laisse sur ce judicieux conseil de Pier-Luc Funk  : « Il faut regarder ce film avec un oeil poétique pour l'apprécier à sa juste valeur ». UN PEU D'INFO



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :