Métro Montréal n°2020-07-31 vendredi
Métro Montréal n°2020-07-31 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-07-31 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : des voies qui ne font pas l'unanimité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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riât journalmetro.com métr Week-end 31 juillet-3 août 2020 OPINIONài journal\, I TRIBUNE LIBRE C Le poids de la pandémie On ressent le poids de la pandémie partout au sein de la population, même par notre propre tour de taille. En effet, environ 40% des Canadiens ont pris du poids depuis la mi-mars, si l'on en croit certains sondages. Le gain de poids peut s'expliquer de multiples façons, mais certains gouvernements choisissent d'agir maintenant, durant la pandémie, pour conscientiser leurs citoyens. C'est précisément ce que l'Angleterre a décidé de faire cette semaine. Les nouvelles initiatives gouvernementales dans le pays incluent l'interdiction des publicités télévisées et en ligne pour la malbouffe avant 21h. Les menus en restauration devront aussi indiquer les calories, tandis que les promotions exagérées de produits calorifiques devront cesser. Fini les barres de chocolat près des caisses enregistreuses qui incitent les gens à acheter sous l'impulsion du Concours au jardin Dans le jardin de cette lectrice, un vrai concours de beauté se joue cet été... Une nouvelle fois, Carole Sainte-Marie nous fait part de l'un de ses trésors floraux./CAROLE SAINTE-MARIE/COLLABORATION SPÉCIALE moment. la campagne prévoit même des consultations afin d'évaluer la possibilité d'afficher les calories sur les produits alcooliques. La campagne « Better Health » sera introduite avec des plans de gestion du poids élargis au service des citoyens du pays. la campagne durera neuf mois. [...] De nombreuses personnes au Canada, soit environ 25%, ont utilisé le confinement comme une occasion de changer leurs habitudes et d'adopter des comportements plus sains, mais certaines recherches ont aussi démontré qu'au-delà de la moitié de la population a eu plus de mal à rester en bonne santé pendant cette période. Le grand confinement, à part le stress, a bouleversé nos habitudes. Bien qu'il faille rester actif pour réussir à perdre et à maintenir son poids, il reste essentiel d'améliorer son alimentation, car la plupart des gens consomment plus de calories qu'ils en ont besoin. Les collations et les ventes de boissons alcooliques augmentent partout en Occident. Parallèlement à une promotion de masse à l'échelle nationale, la campagne ciblera spécifiquement les zones et les groupes les plus touchés par l'obésité et l'excès de poids. Les kt, 4 » de Off Faites-nous découvrir vos talents !'diniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans Les pages Opinions de votre favori.. Faites-nous parvenir les photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. rem preuves démontrent que les communautés ethniques noires, asiatiques et minoritaires sont touchées de manière disproportionnée par l'obésité ainsi que par la COVID-19. Il fitirt saluer l'effort du gouvernement britannique et reconnaître que le programme va beaucoup plus loin que n'importe quelle autre campagne du genre. D'abord, il arrive à point nommé, compte tenu de la pandémie et de son impact sur certains groupes démographiques affectés. Le programme s'attaque au tabou de L'intimidation des journalistes doit cesser L'agression d'au moins trois journalistes lors de manifestations contre le port du masque obligatoire, la fin de semaine dernière, et les menaces qui ont suivi sur les réseaux sociaux sont hautement préoccupantes et nécessitent une réaction ferme de la part des autorités. La FPJQ joint sa voix à d'autres qui ont décrié les évènements, notamment la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, qui les considère inacceptables. Les journalistes qui couvrent un évènement le font pour informer le public. Les injurier, les intimider, les agresser ou les empêcher de faire leur travail, de quelque façon que ce soit, prive non seulement le public de l'information à laquelle il a droit, mais brime également la liberté de la presse, un principe fondamental de toute société démocratique. [...] la FPJQ estime que les autorités policières doivent faire la lumière sur ces incidents et doivent porter l'obésité, un facteur important pour la prévention de la COVID. C'est aussi la première fois qu'un programme orienté sur la santé s'ingère dans la façon dont les produits se vendent dans les magasins de détail, sans utiliser une taxe régressive. Les revenus des détaillants se verront affectés, mais le programme ne durera que neuf mois. Même chose pour la publicité et les revenus versés aux médias. [...] Paradoxalement, l'annonce de l'approche britannique s'est faite à peine 10 jours après que ce même des accusations contre leurs auteurs. Les sanctions à appliquer contre l'homme arrêté pour menaces envers Kariane Bourassa ou toute autre personne qui se rendrait coupable des mêmes gestes, devront envoyer à la société un message clair  : l'intimidation envers les journalistes est intolérable et doit cesser. [...] En s'approchant de Kariane Bourassa sans masque et en la touchant, alors que la COVID-19 continue de circuler, ces individus lui ont fait craindre pour sa santé et celle de son cameraman. Les femmes journalistes d'ailleurs, sont plus souvent visées par des agressions physiques ou à caractère sexueL Comme le dénonçait elle-même Kariane Bourassa, « un câlin non désiré n'est pas moins pire qu'une insulte ou des menaces. Les femmes journalistes ne devraient pas avoir à faire leur travail en regardant constamment par-dessus leur épaule pour voir si quelqu'un va entrer dans leur bulle. » On se souvient, notamment, de l'agression visant Valérie-Micaela Bain, journaliste à Radio-Canada ; un individu s'était approché d'elle, alors qu'elle couvrait le festival Osheaga, à Montréal en 2017 et avait tenté de l'embrasser. On a vu l'émergence de phénomènes gouvernement dépensait 1 milliard de dollars pour offrir des rabais en restauration pour encourager ses citoyens à sortir davantage. Tous les lundis, mardis et mercredis du mois d'août, chaque citoyen aura droit à un rabais de 20$ par jour, chaque fois qu'il effectue une visite à un restaurant de son choix N'importe quel restaurant peut participer au programme, même la restauration rapide où les produits calorifiques et malsains se vendent en abondance. L'idée créative pour inciter les gens à sortir dissimule toutefois un manque de cohérence flagrant. Au Canada, certaines pratiques existent déjà, par exemple, les calories apparaissent à côté des mets sur les menus. L'aveu collectif que notre population est trop grasse, et encore plus grasse qu'avant s'avère nécessaire maintenant. D'encourager les Canadiens à faire de l'exercice et à mener une vie active apporterait un peu de changement aux annonces sur la COVID-19 qui ne finissent plus. Il ne faut pas négliger l'importance de se protéger, mais un message plus positif, hop la vie, ferait aussi du bien. 6 IP SYLVAIN CHARLEBOIS, UNIVERSITÉ DALHOUSIE ayant pour but d'inciter la gens à crier des insultes obscènes et sexistes (« Fuck her right in the pussy ») au micro de journalistes [...] en direct. Agressions, intimidation, insultes ; ces gestes se sont multipliés au cours des dernières années et la pandémie n'a rien arrangé. [...] Il convient de rappeler ce qui est pourtant une évidence  : les journalistes ne sont pas les courroies de transmission de qui que ce soit. Ils vérifient, questionnent, doutent, remettent en question. Autant le discours des autorités que celui de manifestants. Les empêcher de le faire, c'est s'empêcher, comme société, de voir les deux côtés d'une médaille. 11 existe une multitude de façons respectueuses de critiquer le travail des médias pour qui estime qu'il est mal fait, la violence n'en est pas une. Les gens qui justifient leurs actions violentes envers les médias en se disant victimes d'un grand complot visant à brimer leur liberté sont des agresseurs. La société doit les traiter comme tels. CATHERINE LAFRANCE, FPM Écrivez-nous ! opinions @journalmetro.com Volume  : 131 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
t. 31 1 U I LLET-3 AOÛT 2020.. IMIL ‘,>_, -.,e,. « C'est la colère qui m'a poussé à écrire », répond d'emblée Chrystine Brouillet lorsqu'on lui demande ce qui l'a motivée à s'intéresser aux crimes homophobes dans Les cibles, 1ge roman de sa série d'enquêtes mettant en vedette Maud Graham. Chrystine Brouillet est en colère qu'en 2020, les personnes homosexuelles soient encore prises pour cibles non seulement par des criminels, mais par des gens intolérants et haineux. « Voyons, en 2020 ! » s'indigne-telle installée dans sa charmante cour du Plateau-Mont-Royal. Ce mépris qu'elle dénonce s'incarne dans trois personnages de son roman  : un père et son fils, Gilbert et Frank Baril, et Jérôme Tardieu, un réputé chirurgien. Les deux premiers sont l'archétype de l'homme blanc en colère, communément surnommé angry white male en anglais. Ils sont homophobes, racistes, violents et flirtent avec des groupes d'extrême droite. Le deuxième, un modèle de masculinité toxique, est notamment associé au mouvement #MeToo. Maud Graham et ses collègues enquêteront sur les crimes haineux commis par ces trois hommes sur une période de sept ans. « On les voit comme des caricatures, mais il y a malheureusement des gens qui pensent que c'est comme ça que ça devrait être ici... C'est épeurant ! » se désole l'écrivaille. Comment Chrystine Brouillet s'estelle mise dans la peau de ces êtres ignobles ? « En imaginant que ce sont des gens très frustrés. En fait, ce sont des gens qui ont peur », dit-elle en se révoltant de plus belle sur leurs façons de penser. « Croire qu'on va être "envahi" par des étrangers... Voyons ! Ne virons pas fou ! » Cette indignation vive, la reine du polar l'exprime tout au long de notre rencontre. Le profond sentiment d'injustice qui l'anime lui a servi de moteur de création. « Ce n'est pas juste que, parce que tu es en amour avec quelqu'un du même sexe, tu sois condamné ou ostracisé par la société, ça n'a pas d'allure », reprend-telle. D'autant plus que les relations amoureuses sont déjà assez compliquées à la base. « Tout le monde de- MARIE-LISE ROUSSEAU mErousseauejournahetro.com « JE N'AI PAS ENVIE DE VIVRE DANS UNE SOCIÉTÉ UNIFORMÉMENT BLANCHE ET HÉTÉRO, ÇA NE M'INTÉRESSE PAS... OH MON DIEU, CE SERAIT PLATE ! » CHRYSTINE BROUILLET vrait avoir la chance d'être heureux en amour... Et puis, les problèmes viennent bien assez vites ! lance-telle en riant On n'a pas besoin d'en rajouter ! » Si la romancière souhaite de tout coeur faire évoluer les mentalités avec ses écrits, elle constate tristement que les problèmes sociaux qu'elle dépeint dans ses captivantes enquêtes policières n'ont pas disparu, au contraire. « Je pense que j'étais naïve quand j'ai commencé à écrire... Je pensais peutêtre que les choses allaient changer. Trente-huit ans plus tard, rien n'a bougé », se désole-t-elle. Ce qui ne la fera certainement pas baisser les bras pour autant. « Il faut que les choses changent et il ne faut pas que ce soit seulement les personnes directement concernées qui en parlent, soutient-elle. C'est pareil pour le racisme. C'est un problème de société, et c'est tout le monde au sein de la société qui doit participer à faire des changements. » En plein dans le mille Ceci dit, l'objectif premier de l'écrivaine reste de faire passer un bon moment à ses fidèles lecteurs. « Je n'écris pas en me disant  : "Je vais passer un message ! " Je veux que les gens embarquent dans le livre et oublient leur quotidien pendant ce temps. » C'est ce que recherche elle-même cette grande lectrice, qui partage régulièrement ses coups de coeur à l'émission Salut Bonjour, à TVA. « Quand je lis, je plonge et je veux oublier que je m'appelle Chrystine Brouillet ! » Elle atteint sa cible avec cette accrocheuse enquête, dont l'intrigue est complexe et bien ficelée. Si elle a pu développer avec autant de détails ce riche canevas, c'est parce qu'elle « connaît par coeur Maud Graham », dit-elle. Dans Les cibles, on retrouve également avec plaisir Michel Joubert, estimé collègue de Maud, ainsi que Grégoire, son conjoint cuisinier qui prépare d'alléchants tartares de thon. « Beaucoup de lecteurs m'avaient dit qu'ils s'ennuyaient de Grégoire, donc je l'ai ramené ! » raconte Chrystine Brouillet Au fil de la lecture, on ressent toutefois une certaine fatigue chez son héroïne. « Maud a quand même passé 50 ans, commente Chrystine Brouillet. Vieillir, ce n'est pas le fun pour personne. Elle fait un métier qui use, elle voit des choses difficiles... » La relève de Maud L'écrivain ne s'en cache pas, elle prépare le terrain pour la retraite de son enquêtrice vedette de Québec pour que son fils Maxime, devenu patrouilleur, prenne la relève à Montréal. On ne fera pas nos adieux à cette attachante policière foodie pour autant « Maud va toujours être dans mes romans, assure-telle. De toute façon, elle va vouloir se mêler des enquêtes de Maxime ! » On devrait d'ailleurs renouer avec ce dernier dans sa prochaine aventure. Mais l'écrivaine attend avant d'en entamer la rédaction, question d'avoir du recul sur la pandémie de COVID-19. « Je ne peux pas ne pas en tenir compte, ça c'est clair, parce que ça va avoir traversé la vie de tout le monde, dit celle qui a pris beaucoup de notes depuis le début du confinement en prévision de ce futur roman. J'aurais pu écrire, il se serait passé un truc énorme, et pfff, mon roman se serait dégonflé comme un soufflé ! » Comment une femme de rituels et d'habitudes comme Maud Graham s'adaptera-telle à cette nouvelle réalité rythmée par les lavages de mains frénétiques et le port de couvre-visages ? « C'est sûr qu'elle va pester contre les gens qui ne sont pas prudents ! répond sa créatrice. Maud Graham va être un peu impatiente ! » En attendant, Chrystine Brouillet planche sur un autre roman qui lui donne présentement du fil à retordre, comme chacun de ses livres. « Avec la pensée magique, je pensais que plus j'allais écrire, plus ce serait facile, mais non ! Pas du tout, pas-du-tout ! » s'exclame celle qui se décrit comme une « psychorigide angoissée ». Jamais en panne d'inspiration, l'écrivaine qui publie un roman par année compte s'intéresser de plus près à la réalité des personnes trans dans un proche avenir. « Je trouve épouvantable comment elles sont traitées. Mais il faut d'abord que je me documente avant d'écrire sur le sujet », dit-elle. Pour ce faire, Chrystine Brouillet a un faible pour les essais littéraires. « Je lis depuis longtemps les livres [du sociologue] Michel Dorais. Et à côté de ma pile d'essais, j'ai toujours mon livre sur les techniques d'interrogatoire ! » assure-telle. UN PEU D'INFO Les cibles Aux Éditions Druide JOSIE DESMARAIS/METRO



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