Métro Montréal n°2020-07-17 vendredi
Métro Montréal n°2020-07-17 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-07-17 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : un masque lourd à porter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métré e 4 4 4 e* journalmetro.com Week-end 17-20 juillet 2020 OPINInNS TRIBUNE LIBRE La COVID-19, moi et nous Lorsque j'entends à la radio ou à la télévision, et sûrement sur les réseaux sociaux, des personnes dire ne pas avoir besoin de respecter les consignes de la Santé publique car ils/elles ne sont pas en contact avec des personnes âgées, ça me fait réagir. J'ai de la colère, de la tristesse, de la compassion. Je vous explique. Je comprends que tout le monde apprécierait de revenir aux habitudes d'avant la COVID-19, à l'insouciance que cela impliquait Moi aussi, comme j'apprécierais de revenir en arrière, j'aurais moins d'inquiétude quant à ma santé et mes plaisirs de toutes sortes. Mais la réalité est toute autre. Nous sommes de très nombreuses personnes qui sommes à risque de complications si nous étions infectés par la COVID-19. Les 4i0 TRIBUNE LIBRE Aînés abusés Nous sortons de la première phase du COVID-19 et nous avons vu le chef provincial aussi bien que le chef fédéral encenser les aînés en reconnaissant la grande contribution que ceux-ci ont apportée au Québec et au Canada. Quel malheur que de se rendre compte que près de 90% des décès étaient ceux de ces bâtisseurs du pays que nous connaissons aujourd'hui. personnes qui ont un cancer, les personnes qui souffrent d'hypertension, de maladies respiratoires, de diabète de type 2, de maladie cardio-vasculaire, d'obésité, de Parkinson, etc. En ce qui me concerne, j'ai un myélome multiple, un cancer qui ne se guérit pas et qui donne un système immunitaire bas. J'ai déjà huit fois plus de possibilités d'être infectée que la population en général, si j'ajoute les complications dues à la COVID-19, vous pouvez imaginer l'anxiété que je vis. Je mets toutes les chances de mon côté en respectant les consignes émises par la Santé publique. Cependant, ce n'est qu'une partie de l'équation. Si de nombreuses personnes ne respectent pas ces consignes, malgré mes efforts soutenus depuis quatre mois, les risques demeurent très présents. la transmission est un vecteur capital, voilà pourquoi j'ai besoin de votre essentielle contribution. J'ai très hâte, moi aussi, de vivre avec insouciance. C'est très difficile de continuer à respecter les consignes. Vous pouvez À l'apogée de la crise, le mot d'ordre des deux chefs était  : « Il faut que l'on s'occupe mieux de nos aînés, il est temps de leur venir en aide, il faut que les aînés puissent mieux vivre », etc. Quelles belles et confortâtes paroles ! Nous sommes maintenant au moment de la relance économique par les deux paliers de gouvernement et voilà que l'on remet les aînés à l'arrière du peloton et l'on n'en parle pratiquement plus sauf pour promettre de construire des maisons d'aînés pour ceux qui se retrouvent dans les CHSLD. Messieurs les chefs, EXTRA ! EXTRA ! Il y a plus d'aînés autonomes que de résidents de CHSLD et vous ne faites rien pour améliorer leur situation. Qu'arrive-t-il des frais dentaires gratuits, de l'augmentation de la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) pour ceux de 75 ans et plus (ce qui devrait s'appliquer à tous les aînés). Promesses électorales vides ? M. Trudeau se vante d'avoir doublé la ristourne de la TPS pour 2019-2020, mais cette mesure s'appliquait à tous les Canadiens qui recevaient la ristourne et non seulement aux aînés. Aussi, il ne faut pas oublier le montant de 300$, PSV, payé le 7 juillet et 200$ (Supplément de revenu garanti) pour ceux qui retirent les deux. Le résumé des actions du fédéral directement Faites-nous découvrir vos talents ! Miniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans Les pages Opinions de votre journal favori.. Faites-nous parvenir vos photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. MÉTRO sûrement vous imaginer ma colère lorsque j'entends des personnes à la radio ou à la télévision et sûrement sur les réseaux sociaux dire qu'elles ne sont pas en contact avec des personnes âgées, et qui donc en concluent que les consignes ne sont pas pour elles. Si vous étiez tout seul sur une île, ça pourrait aller. Mais nous vivons ensemble pour le meilleur et pour le pire. Vous pouvez sûrement vous imaginer ma tristesse de constater que malgré mes efforts soutenus, je n'y arriverai pas. C'est décourageant Quand il y a une catastrophe, les Québécois sont très généreux de leur temps et de leurs dons afin d'aider les personnes qui vivent des conséquences d'une catastrophe. Je sollicite aujourd'hui votre aide pour sauver ma vie et celle de très nombreuses personnes qui sont à risque de complications si elles étaient infectées par la COVID-19. S'il vous plaît, respectez les consignes de la Santé publique. Nous avons besoin de vous. Merci. BERNICE CHEVARIE liées à l'aide aux aînés seulement se limite donc à un maximum de 500$. Voilà la réalité ! Le fédéral révise la PSV en janvier, avril, juillet et octobre. Le montant est ajusté selon l'augmentation de l'indice des prix aux consommateurs au lieu du taux d'inflation. Imaginez-vous que, selon les génies de Statistiques Canada, cet indice n'a non seulement pas changé depuis septembre 2019, mais a effectivement subi une réduction de 0,4%. Le gros facteur influenceur de cette réduction est la baisse du prix du pétrole. Donc, pas d'augmentation de la PSV ! Il semble bizarre que pour les augmentations salariales chez les employés et députés du Gouvernement, l'on se base plutôt sur le taux d'inflation. EXTRA ! EXTRA ! Encore une fois  : le suicide, la dépression et le nombre d'aînés qui doivent déclarer faillite pour survivre n'ont jamais été aussi élevés dans l'histoire du pays. Ce sont des données qui ne sont probablement pas considérées par les parlementaires lorsqu'elles sont soumises par Statistiques Canada. Je dénonce donc l'abus et la maltraitance des aînés par nos deux paliers de gouvernements puisqu'ils connaissent les problèmes, mais ne prennent aucune action pour alléger la situation ! KENNETH P.AMYOTTE Lettre à Norah et Romy Quand j'ai appris la terrible nouvelle, celle de votre décès, j'ai pleuré et j'ai pleuré aussi en voyant votre mère parler de vous au mémorial qui fut inauguré en votre honneur dans un parc de Lévis. Elle nous a fait partager tout l'amour qu'elle ressentait pour vous et tout ce que vous représentiez pour elle. Et bien sûr, tout ce que vous lui inspirez encore, malgré le fait que vos deux âmes aient quitté la Terre. Elle sanglotait à chaudes larmes tout en vous évoquant Cela fut déchirant ! Et je crois bien que le Québec tout entier a pleuré aussi avec elle. Le deuil de votre départ est national. Chère Norah, chère Romy, je ne sais pas la cause de votre mort. Je ne chercherai probablement pas à le savoir, de peur d'en être encore plus chagriné, encore plus déchiré. Mais somme toute, pas autant que le sera votre mère face au destin qui vous a arraché de ses bras, qui vous a arraché à la vie. Quitter le monde si jeune à 6 et 11 ans, cela ne devrait jamais arriver, peu importent les circonstances. Pourquoi ne pas vous imaginer maintenant, telles deux colombes sillonnant désormais le ciel. Deux petites soeurs soudées ensemble pour l'éternité. Norah et Romy, que la paix guide à jamais votre envol. YVAN GIGUÈRE Les Français parlent un excellent français De Montréal, j'ai vu sur TVS l'émission de quatre heures consacrée aux commémorations du 14 Juillet en France et j'ai été soufflé par la qualité de la langue parlée par les Français ordinaires. Les infirmières, les aides-soignants, les soldats, les sapeurs-pompiers, les rugbymen, parmi d'autres, répondaient généralement avec éloquence et clarté aux questions des interviewers. De quoi faire rougir la moitié de nos journalistes de la radio et de la télé au Québec. La seule fausse note, je l'ai entendue au début du défilé lorsque des animateurs de France 2 ont parlé du command-car, un véhicule militaire dans lequel est monté le président Emmanuel Macron. Ce mot anglo-saxon, qu'on semblait prononcer avec beaucoup de plaisir, se trouve malheureusement dans les dictionnaires français. SYLVIO LE BLANC Volume  : 123 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. 101, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066 Téléc.  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HIJ 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Chloé Machillot Actualité  : Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinionsejournalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
LUI r 4011 ft -. r NOCHit Ade À étal d'Hochelag ; Dans son roman Les danseurs étoiles parasitent ton ciel, fautrice Jolène Ruest célèbre les parcours de vie en lignes croches, à l'image des tracés que forment les constellations dans le ciel. Du même souffle, elle rend hommage à son quartier d'adoption, Hochelaga. Prunelle Gagnon a 20 ans. Elle est fraîchement diplômée de l'École supérieure de ballet Son obsession pour son art est quasi maladive  : elle connaît sur le bout des doigts les noms et accomplissements des plus grandes ballerines de l'Histoire. Bref, c'est une vraie nerd de danse classique. En attendant d'être embauchée par une prestigieuse compagnie, elle doit payer son loyer. Le contraste entre son rêve de gloire et la dure réalité est on ne peut plus saisissant On fait d'ailleurs sa connaissance dans cette dure réalité, alors qu'elle termine un contrat à titre de pingouin-pompiste pour la Fête des neiges. Quelques mois plus tard, elle se résigne à postuler au Dairy Queen de son quartier, sur la rue Sainte-Catherine Est. Entre la confection de Blizzards et de cornets treinpés dans le chocolat, son espoir de suivre les pas de Carlotta Grisi, Ida Rubinstein et Vanesa Garcia-Ribala Montoya fond comme une crème molle au soleil. Pourquoi Jolène Ruest a-t-elle choisi de camper son deuxième roman dans le milieu de la danse, elle qui est mordue de musique punk et qui est formée en humour' ? dl y a une vraie raison, mais je vais t'en dire une autre avant ! » répond-elle en éclatant d'un de ses rires tonitruants. La « fausse » raison d'abord  : en danse, une discipline physiquement très exigeante, les finissants ont la pression d'entamer leur carrière rapidement « Il y a un momentum. 11 ne faut pas que tu niaises avec la puck ; tu ne peux pas prendre six mois de congé en Mie pour aller te remettre en question. » D'où le sentiment d'urgence qui habite Prunelle, qui a peur de manquer le bateau. La vraie raison maintenant  : « Je voulais parler de ma situation après avoir fait l'École nationale de l'humour », explique l'autrice. Le parcours de Jolène Ruest ressemble en plusieurs points à celui en dents-de-scie de Prunelle, avec quelques demi-pliés et arabesques en moins. Elle aussi a douté d'elle-même. Elle aussi a remis en question sa place dans son milieu. Elle aussi a travaillé au Dairy Queen d'Hochelaga. « Je suis vraiment partie de mes émotions, je pense que c'est ainsi que le roman peut toucher des gens », soutient l'autrice. Pour décrire le milieu de la danse classique avec autant d'exactitude, elle s'y est complètement immergée, allant jusqu'à s'inscrire à des cours de ballet « Ce n'est vraiment pas dans ma nature. Moi, je vais dans les moshpits ! J'ai le coup de pied trop rapide pour le ballet ! » lance-t-elle dans un autre éclat de rire. MARIE-LISE ROUSSEAU reousseau@iournemeromm « CE ROMAN PARLE D'ART ET DE BALLET, MAIS IL S'APPLIQUE À TOUS CEUX QUI SE CHERCHER. CEUX QUI, PAR EXEMPLE, ONT FAIT UN BAC EN MUSICOLOGIE ET SE DEMANDENT QUOI FAIRE AVEC. QUAND TU NE VOIS PAS LES DÉBOUCHÉS, MAIS QU'IL S'AGIT DE TON RÊVE  : TU FAIS QUOI ? » JOLÈNE RUEST, AUTRICE Un jour qu'elle travaillait au DQ, Jolène s'est fait reconnaître sous son polo et sa visière bleue par un auditeur de l'émission Critique de crowd, qu'elle a animé pendant six ans à CISM. Les mots qu'il lui a adressés lui ont glacé le sang  : « Faque... tu n'en gagnes pas ta vie ». Ces mêmes mots, Prunelle les entend dans la bouche d'un client amateur de danse (et de crème glacée au chocolat). « J'étais tellement gênée ! se souvient la jeune autrice. Ça a été un point tournant dans ma vie. L'idée du roman part de là. » L'élan dans la chute « Même quand on pense être préparé, on ne sait pas comment sera la vie, souligne l'autrice. A l'école de ballet et à celle de l'humour, il y ami cours de gestion de carrière. Peu importe ta note, ça ne veut pas dire que tu la géreras bien ! » Deux adages accompagnent sa protagoniste. Il y a ce proverbe que sa grand-mère lui répète souvent  : « La vie n'est pas un long fleuve tranquille ». Et cette citation de la célèbre danseuse française Marie-Agnès Gillot  : « C'est dans la chute que je prends mon élan ». Cette phrase a d'ailleurs failli devenir le titre du bouquin. « C'est très représentatif du roman, affirme Jolène Ruest, dont le passage en humour lui a ouvert les portes du milieu littéraire. Mieux vaut trouver de quoi de bon dans nos cacas de vie, sinon on n'avance pas. » L'autrice est consciente des limites de cette façon simpliste de voir les choses  : « Rester optimiste, oui, mais il faut aussi bien placer ses pions... En même temps, certains ont de la chance, comme Justin Bieber qui s'est fait découvrir sur YouTube... Wow ! C'est le pire exemple au monde, voir que je viens de le mentionner ! » lance-t-elle dans un autre éclat de rire. Il reste que rien n'arrive pour rien et que la somme de nos expériences définit qui on est « Quand j'ai travaillé au Dairy Queen, mon père m'a dit  : "Prends des notes, ça va te servir". Pis ça a servi », souligne-t-elle. D'où l'importance de suivre les conseils de son entourage tout en s'écoutant soi-même, souligne l'autrice. À l'instar de l'allumette, qui illustre la couverture de son livre  : « II faut que ça allume de quoi ! » « Mais tout ça sonne comme de la psychopop, poursuit-elle. Parfois on a juste envie de dire  : "fuck you ! " Des fois, il faut juste vivre. » L'hostile et la chaleureuse Jolène Ruest réfléchit à voix haute et enchaîne les anecdotes depuis un banc du parc Morgan, au coeur du quartier où se déroule son roman, et où ellemême habite depuis 10 ans. Juste en face se trouve le Théâtre Denise-Pelletier, où les protagonistes des Danseurs étoiles... s'immiscent un soir de Gala Artis. Au loin, on aperçoit le fameux Dairy Queen et son enseigne en néon. « Si j'avais voulu écrire sur un autre quartier, il aurait fallu que je déménage ! » lance-t-elle en riant Dans son roman, Jolène Ruest parle d'fflochegala, l'hostile et la chaleureuse ». En deux qualificatifs, elle résume l'essence de ce coin de la ville. « Tu dis ça et j'ai un frisson ! s'exclame-t-elle. 11 y a plein d'aspects où Hochelaga n'est pas si accueillante, mais on y reste. » Les danseurs étoiles... donne dans l'hyperréalisme. La splendeur et la misère du quartier y sont dépeintes avec justesse, sans complaisance ni défaitisme. Prunelle évolue entre les constructions de condos de luxe et la marginalité. C'est d'ailleurs en se liant d'amitié avec deux punks du quartier nommés Paquebot et Javel qu'elle finit par envisager autrement sa carrière en danse. À la mention de leurs drôles de noms, l'autrice échappe un « ouiii ! » débordant d'enthousiasme. C'est qu'elle affectionne énormément ces personnages avec qui elle irait volontiers se défouler dans un moshpit. Ces deux gars avec qui l'aspirante ballerine n'a à priori rien en commun lui viennent en aide à un moment où elle en a cruellement besoin. « Au final, c'est quoi la pauvreté ? se questionne l'autrice. Prunelle est crissement moins pauvre depuis qu'elle a rencontré ces richesses humaines. » UN PEU D'INFO  : Les danseurs étoiles parasitent ton ciel Publié aux éditions XYZ



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