Métro Montréal n°2020-07-15 mercredi
Métro Montréal n°2020-07-15 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-07-15 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : des heures d'attente pour le dépistage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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an LES ANGLES MORTS CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue Je vous ai parfois parlé de mon ami Laurent, porte-parole du RAPLIQ Un genre de tannant de la pire espèce, celui dont les politiciens font l'éloge en public, mais conspuent souvent en privé. Parce qu'il est tannant, justement Du genre à les interpeller poliment, mais systématiquement, opiniâtre qu'il est, afin de régler tel ou tel truc concernant divers enjeux propres aux handicapé-es. Et croyez-moi, le traitement qu'il réserve aux dirigeants, il le sert également à ses amis bénéficiant de tribunes  : - Hey, dans ta chronique de ce matin à radio, pourquoi t'as pas parlé de nous autres ? TRIBUNE LIBRE La bonne victime Safia Nolin a déjà son lot de détracteurs et connaît l'insulte gratuite misogyne et raciste comme une routine désespérante. Tout est bon pour l'haïr. Même pas besoin de la suivre sur les réseaux sociaux pour lire des trucs sur son homosexualité, son apparence, ses projets, etc. Elle génère une haine chez l'autre qui demande que l'on y réfléchisse. Ce sont des hommes et des femmes adultes écrivant de manière plutôt détachée que c'est une « grosse @$#% de lesbienne laide » et toutes ces dérivations possibles. Il y a là, non seulement une tristesse infinie, mais aussi un grand manque d'introspection pour ce besoin d'homogénéité. Sa grande marginalité me semble venir du courage de s'exposer de manière la plus authentique et la journalmetro.com Mercredi 15 juillet zozo 6 - T'as raison. Une prochaine fois. - Je l'entends souvent, cette tonne-là... Voyez le style. Qui fonctionne. La preuve ? Ce que vous lisez en ce moment. Et à chacune de nos convos sur ces sujets, je tombe sur le cul. Parce que Laurent a ce talent afin de débusquer, et faire connaître, les angles morts de notre vie sociétale. Celle qui, dans un silence assourdissant, accepte par méconnaissance ou indolence, des injustices pourtant simples à corriger. - Bon, je t'avais promis. Tu voulais parler de quoi, déjà ? - Des conditions des employées à mon établissement. plus saine possible dans un monde beaucoup trop abstrait pour tout contrôler et beaucoup trop éphémère pour être quelqu'un d'autre. En d'autres mots, elle a l'audace d'être vulnérable. C'est un problème pour beaucoup. Ce que l'on voit chez nos vedettes, c'est souvent du contrôle et peu de vulnérabilité. On apprécie la belle image et on la récompense par une pluie de compliments et de votes. Le contraire est dérangeant. Ça peut être choquant, être soi. On la punit pour ça. Comme on se punit chaque jour parce qu'on a eu l'air faible dans une réunion, parce Laurent habite un appart sympa dans un truc appelé, dixit le jargon infini de la technocratie, Ressource intermédiaire autonome. - Ça veut dire quoi, concrètement ? - Que nous sommes une OBNL, qui est financée par le PSOC. - Tes acronymes donnent le tournis. - Tu ne savais pas déjà que c'était les 12 travaux d'Astérix, mon affaire ? Programme de soutien aux organismes communautaires. - Donc ton établissement et ses services ne sont pas, si je comprends bien, financés directement par le gouvernement québécois. - Voilà, seulement indirectement. - Les promesses d'augmentation des ressources dans les CHSLD, par définition, ne vous touchent conséquemment pas ? - T'as tout compris. Et il est là, le problème. Du moins partiellement Faites-nous découvrir vos talents ! Jardiniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com.mbao « Laurent a ce talent afin de débusquer, et faire connaître, les angles morts de notre vie sociétale. » Parce que l'on se souvient - est-ce encore le cas, en fait ? - des atrocités commises dans ces mêmes CHSLD. Jamais, cela dit, cette discussion pourtant névralgique ne se sera déplacée dans l'aréna des ressources fournies aux citoyens avec handicaps. - Allez, parle-moi de la situation vécue présentement dans ton acronymetruc-muche, mon snoro. - J'habite dans mon logement, comme 19 autres locataires depuis bientôt 13 ans. J'ai du service 24/24 par une équipe d'environ 20 personnes, répartie sur trois quarts de travail. S'ajoute à ceci une liste de rappel. - Et le ratio ? - En moyenne trois préposées pour 10 locataires. qu'on est malade, parce qu'on a pas eu la promotion, parce que notre blonde nous a quitté, parce qu'on vieilli, etc. Safia, par son existence dans nos écrans et surtout, parce qu'elle est sans filtre, nous renvoie à notre peur de se montrer réellement, à nos petites et grandes hontes, à la peur de déplaire en société. Elle nous défie. Elle vous met mal à l'aise. C'est que le reflet de notre façade collective perd ses moyens devant l'implacable force de la vulnérabilité. Chaque fois que Safia bouge, vous bougez aussi. Elle ne va pas dans notre sens et cela créé du courant. C'est exactement pourquoi elle est aimée et c'est exactement pourquoi elle est détestée. Maintenant, elle dénonce une autre personne. Une personne qui conforte et qui fait résonner notre besoin de normativité. On la punit encore pour ça. Pourquoi en serait-ce autrement si l'autre est celle qui flatte notre peur, et Safia nous la met en pleine face. - Toutes des femmes ? - Voilà. - Et elles font quoi, précisément ? - Les tâches, c'est tout ce à quoi tu peux penser de plus difficile... Changer des culottes d'incontinence, essuyer les fesses plusieurs fois par jour, laver la personne à la douche... Habiller, faire manger ceux qui en sont incapables seuls, épiceries, commissions, etc. Et si le locataire a un chien d'assistance, et bien l'employée doit sortir lui faire faire ses besoins. - Beaucoup d'amour et de dévotion. - D'après toi ? - C'est sûr que pour te voir tout nu, j'exigerais minimalement, et au préalable, l'Ordre du Canada ET celui du Québec. - Attends, t'as rien vu. Quand une employée doit s'absenter pour cause de maladie ou autre, elle seule doit s'arranger pour trouver une remplaçante ; si elle trouve pas, elle doit se pré- En ce sens, ce n'est pas une bonne victime comme un acteur n'est pas un bon casting. On lui reproche de régler ses comptes sur la place publique alors que c'est sur la place publique, qu'on lui lance des pierres. S'il faut être dans les normes sociales d'une construction aliénée pour dénoncer, ce n'est pas seulement le système de justice qu'il faut modifier. Notre fragilité ce n'est pas d'être vulnérable, c'est d'avoir peur de ne pas être assez. Assez hétéro, assez « belle », assez consensuelle, pour être une victime d'agression. GABRIELA OVALLÉ La danse subite On ne peut plus danser dans les bars ni dans les discothèques ? Tant pis. Dans la rue, cessons de marcher et DANSONS ! Je m'explique  : lorsque j'écoute de la musique dans mes écouteurs, je ne me gêne plus en temps de pandémie, cet été, pour inter- senter néanmoins. - Wow...et la paie ? - Tu débutes à 15$...et le top de l'échelle est à 17,41$ après 13 ans, genre. - Primes de nuit ? - Une à deux balles de l'heure. - Question épaisse, dont j'imagine bien la réponse  : ce doit être difficile, de trouver et/ou conserver le staff, non ? - D'après toi ? Et en plus de l'injustice et iniquité de la chose, ceci a évidemment un impact concret sur nous, les bénéficiaires de l'engagement de ces femmes d'exception. Et imagine en temps de COVID/PCU... - Elles n'ont pas obtenu la prime COVID comme les autres préposées ? - Non. - Syndiquées, au moins ? - Ninon. Laurent Morissette, défenseur du vulnérable et divulgateur d'angles morts. Autant admirable que gênant pour les autres. Snoro va... rompre mes pas et danser sur place, quand l'envie, le rythme et le soleil s'amalgament pour créer ce moment de magie libérateur. Quel bonheur ! Quelle joie de danser en plein air, revendiquer ce droit d'exister par le mouvement ! Je nomme cet élan revendicateur et pacifique la D.S. (Déesse) ou « Danse subite ». Si vous voyez un homme ou une femme interrompre ses pas sur le trottoir et danser librement sur place, réjouissez-vous ! Contournez l'obstacle mouvant (distanciation sociale oblige) et ayez foi en la vie. Cette danse subite existe pour faire fuir la mort subite qui rôde. Cette déesse est l'équivalent du selfie, un moment qui perdure dans la mémoire du temps. MARC-FRANÇOIS ROULEAU L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions @journalmetro.com Volume  : 121 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. loi, boul. Marcel-Laurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H1J 1T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Chloé Machinot Actualité  : EIena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? pubLidteejournaImetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
métr journalmetro.com Mercredi 1.5 juillet 2020 7 Les salles de spectacle indépendantes en péril Entre leurs déboires financiers actuels, le coût des mesures sanitaires et la crainte d'une deuxième vague, les propriétaires de salles de spectacle indépendantes croisent les doigts pour survivre jusqu'à la découverte d'un vaccin à la COVID-19. BENOITVALOIS-NADEAU bvabis-nadeau@journalmetro.com Selon une étude du regroupement des Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ), neuf établissements sur dix craignent de fermer leurs portes dans les six prochains mois. Déjà, La Vitrola, sur le boulevard Saint-Laurent a annoncé sa fermeture définitive, tout comme la Maison du jazz au centre-ville. « Si on n'a pas une aide significative de la part des gouvernements, la plupart de nos salles vont fermer, tranche Jon Weisz, directeur du SMAQ On essaie de rester optimiste, mais ça prendrait de l'aide plus significative pour que les salles survivent. » En attendant l'aide des gouvernements et une embellie de la situation sanitaire, plusieurs salles ont choisi de fermer leurs portes jusqu'en 2021. « Ça fait longtemps qu'on a fait une croix sur cette année, on essaie seulement de trouver des façons de survivre », résume Olivier Corbeil, copropriétaire du théâtre Fairmount, du Bar Ritz PDB et du Newspeak. Selon une évaluation optimiste, l'ancien membre du groupe The Stills entrevoit une réouverture en mars ou avril 2021. Le scénario pessi- Sara Castonguay, programmatrice du cabaret Lion d'or. JOSIE DESMARAISMIÉTRO miste reporte la réouverture de ses établissements à l'automne 2021. D'autres salles ont plutôt ouvert dans une formule minimaliste puisque les rassemblements intérieurs sont toujours limités à 50 personnes. « Ce n'est pas suffisant pour faire vivre une salle comme la nôtre, mais ça aide à payer les frais de base », explique Sara Castonguay, responsable de la programmation du Lion d'or, qui évalue à environ 20 000$ par mois les frais fixes de l'établissement en ce moment. La salle de la rue Ontario a annulé plus de 200 événements depuis le début de la pandémie. Elle reprend tranquillement vie avec les soirées d'humour Projets parallèles et des événements privés. Mais le retour à la vie normale (et à la stabilité financière) n'est pas pour demain. « Je suis chanceuse, j'ai joué mes pions et je recommence à avoir de l'activité. Et ma salle existe depuis 35 ans, il y a tout un réseau de gens qui nous suivent. Une salle plus jeune mais tout aussi importante n'a pas tout ce réseau derrière elle », note Sara Castonguay. « Je suis passée à travers « Les salles indépendantes représentent la grande majorité des spectacles au Canada. Sans elles, il n'y aurait pas de grands festivals ou de shows en aréna. Et les artistes ne seraient pas capables de gagner leur vie [...] » Jon Weisz, directeur des Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ) mon fonds de roulement, présentement je roule grâce au prêt du gouvernement. Si je suis obligée de refermer en raison d'une deuxième vague, ce n'est pas dit que je vais m'en sortir [...] », ajoute-t-elle. Aide demandée L'aide arrive tranquillement, mais pas suffisamment au goût des propriétaires de salles. Déjà, la Ville de Montréal a fourni une aide de 500 000$ pour les salles non subventionnées. Québec a aussi promis de s'impliquer par le biais de la SODEC. Du côté fédéral, de l'aide vient du programme Musicaction, mais ne s'adresse pour l'instant qu'aux salles à but non lucratif, une rareté dans l'écosystème musical montréalais. D'autres salles sont écartées de l'aide au loyer ou aux subventions salariales en raison de leur structure de fonctionnement. « On reste encore mal com- Les RIDM auront lieu en salles et sur le web À l'instar du Festival du nouveau cinéma (FNC), les 23én'eRencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) auront bien lieu cet automne dans une version hybride en salles et sur Le web, ont annoncé hier ses organisateurs. MÉTRO pris du gouvernement fédéral qui semble parfois penser que les salles indépendantes sont simplement des bars. Mais la diffusion culturelle fait partie intégrante de leur identité. La partie "bar" aide à subventionner leurs activités culturelles parce qu'ils n'ont pas d'aide des gouvernements », déplore Jon Weisz, qui est représentant au Québec de la campagne #SoutenezNosScènes lancée par la Coalition canadienne des salles indépendantes (CCSI). « Pour qu'un événement soit rentable, une salle doit être remplie entre 60% et 70% de sa capacité », illustre Olivier Corbeil. Et dans le contexte actuel, pour remplir une salle à ce niveau, il faut un vaccin ou que le virus disparaisse de lui-même. En attendant que ça arrive, si les programmes sont incapables de nous aider à éponger nos frais fixes, cet été ou cet automne, tout le monde va fermer. » MBAM. Nathalie Bondil conteste son renvoi MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com L'ex-directrice générale et conservatrice en chef du Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM), Nathalie Bondil, conteste les raisons de son « brusque renvoi » par leC.A. de l'institution. Au micro de Tout un matin hier, elle a attribué son congédiement au « processus irrégulier » d'embauche pour le poste de direction de la conservation et non au climat de travail « malsain » du musée dénoncé par certains employés et ex-employés. Lundi, le conseil d'administration du MBAM a justifié le renvoi de Mme Bondil par son « inflexibilité » à vouloir régler les problèmes d'harcèlement psychologique qui régnaient entre les murs de l'institution. La principale intéressée s'est dite étonnée de ces allégations. « On n'a pas eu de plainte officielle ni quoi que ce soit au comité de direction », s'est-elle défendue hier. Nathalie Bondil reconnait que l'expansion du MBAM dans les dernières années, notamment la mise en place de l'aile des Arts du Tout- Monde l'été dernier, a créé « beaucoup de pression » et de « fatigue » chez les employés. Elle assure cependant avoir « agi immédiatement pour mieux harmoniser cette croissance du musée » et estime que la vraie raison de son Formation à l'emploi GRATUITE GROUPE OR ENTATION EMPLOI RECHERCHE D'EMPLOI ADAPTÉE aux immigrant(e)s et aux nouveaux arrivait Structurer sa démarche d'intégration professionnelle. Connaître les stratégies et les mils utilisés pour trouver un emploi au Québec. Découvrir les particularités du marché du travail québécois. Avec la parlicipation financière de  : « Il m'a dit qu'il mettait fin à mon contrat. J'étais très étonnée. Je lui ai demandé les raisons, et il m'a dit [qu'il s'agissait d'un] bris de confiance. "Parce que tu me picosses". » Nathalie Bondit, directrice générale et conservatrice du MBAM congédiement est sa contestation du « processus irrégulier » qui a mené à la nomination de Mary-Dailey Desmarais — membre de la famille Desmarais, important donateur du musée — à ce poste. Elle reproche au président duC.A. du MBAM, Michel de la Chenelière — qui assurera l'intérim de la direction du musée jusqu'au remplacement de Nathalie Bondil — d'avoir voulu faire « passer en force » la nomination de Mme Desmarais, alors que « le comité de direction avait proposé d'autres possibilités. » Une pétition circule actuellement pour demander la tenue d'une assemblée extraordinaire des membres du MBAM. ; ; L INSCRIVEZ-VOUS DÈS AUJOURD'HUI AU WWW.GROUPEOFUENTATIONEMPLOLCOM Contactez Murielle 514 593-7809m.lesvalleesegroupeorientationemploi.com



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