Métro Montréal n°2020-07-10 vendredi
Métro Montréal n°2020-07-10 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-07-10 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : de nouvelles restrictions pour les bars.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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eQs journalmetro.com métr Week-end 10-13 juillet 2020 OPINIONS TRIBUNE LIBRE Vague de dénonciations sur les médias sociaux Depuis plusieurs jours, les médias sociaux, particulièrement Instagram, sont submergés par une vague de dénonciations. Malgré la peur, plusieurs personnes prennent la parole pour dénoncer des agressions sexuelles et de la violence psychologique qu'elles ont vécu au cours de leur vie. Le mouvement révèle l'absurdité de notre système de justice ainsi que la problématique institutionnelle qu'il représente  : on demande aux victimes de s'en remettre à l'appareil de justice, alors que seulement 12% des cas d'agressions sexuelles dénoncées mènent à un verdict de culpabilité au Canada. Malheureusement, le prix à payer de cette « justice » est encore bien trop cher pour celles et ceux qui osent porter plainte  : menaces, humiliations, discréditation et victim-blaming sont au rendez-vous, ce qui rend l'expérience juridique tout aussi traumatisante que les évènements qui en sont la cause. On parlait d'un « avant » et d'un « après » #metoo, mais force est de La nature en centre-ville Cette lectrice a envoyé une photo de sa terrasse fleurie dans l'arrondissement Ville- Marie, en plein centre-ville de Montréal. Elle explique que c'est son ami Gaètan Luce, l'artisan de cette beauté urbaine./COLLABORATION SPÉCIALE/M.-F ROULEAU Faites-nous découvrir vos talents ! Jiniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre/d Journal favori... Faites-nous parvenir les photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. rem constater que les changements sont pour le moins superficiels et que le cadre institutionnel demeure hostile aux victimes, et ce au vu et au su de la société tout entière. « Je ne suis pas très douée pour l'écriture et de me remettre à penser à cette relation malsaine est loin d'être un plaisir, mais je Transport aérien régional  : le fédéral doit monter à bord Pour diverses considérations, le transport aérien régional a historiquement fait couler beaucoup d'encre. Or, depuis plus d'une semaine, des régions font face à une rupture de service sans précédent. Au Québec, le dossier fait consensus. Le ministre des Transports, François Bonnardel, les municipalités, ainsi que les organisations économiques, s'entendent pour dire que le moment est venu de redéfinir le modèle et de revoir nos façons de faire en matière de transport aérien régional. C'est urgent. C'est une question de survie pour les régions du Québec, surtout dans un contexte où la COVID-19 a fragilisé leur économie. L'objectif numéro un est de régler le dossier pour de bon. Bref, de trouver la solution pour assurer la pérennité du transport aérien régional. C'est une occasion à ne pas manquer. dois ça aux femmes de demain », explique Katherine D'Amours dans son témoignage. Depuis le début de la vague de dénonciations, plusieurs personnes ayant partagé publiquement leur histoire ont reçu des mises en demeure. « On m'a demandé d'écrire une lettre pour m'excuser et nier les faits que j'ai dénoncés plus tôt cette semaine. On a essayé de me taire, mais je refuse de me taire », raconte Jeanne Sabourin. Dans ces cas-là, poursuivre en diffamation, c'est profiter d'un système corrompu et inadéquat parce que ce dernier t'avantage. Le pourcentage de fausses accusations relatif à tous les crimes est de 2% et rien ne permet de conclure qu'il soit plus élevé en matière d'agression sexuelle. Ce préjugé, fortement véhiculé, met en doute la parole de la victime et confère davantage de pouvoir à l'agresseur.se qui profite déjà aux dynamiques de pouvoir déséquilibrées au sein de notre système de justice. « Une femme sur trois a été victime d'agression sexuelle depuis Les idées abondent, les initiatives se multiplient. Les transporteurs régionaux actuels sont prêts à desservir le Québec. Tout le monde travaille à trouver des solutions. Il manque un seul joueur  : le gouvernement fédéral. Pourtant, le transport aérien est une compétence fédérale exclusive. La sensibilité fédérale doit se transformer en actions tangibles. Aujourd'hui, les députés fédéraux du Québec doivent se mobiliser pour préserver un service l'âge de 16 ans, c'est énorme et il faut que ça cesse », souligne Sandrine Khuon. Il est important de se questionner à savoir pourquoi ces statistiques sont si élevées. Une éducation sexuelle positive et inclusive est essentielle dès le plus jeune âge, comme le confirme Action Canada pour la santé et les droits sexuels. « Une bonne éducation à la sexualité peut jouer un rôle clé dans la prévention de l'agression sexuelle pendant l'enfance, de la violence au sein de relations intimes et de la violence sexuelle. » Des ressources qui viennent en aide aux victimes et aux agresseur.se.s doivent être mises de l'avant et rendues accessibles à toutes et à tous. Il est important de mentionner que seulement 5% des crimes sexuels sont rapportés à la police. Il est temps d'entamer une réflexion sur les causes expliquant cette statistique. Par leur silence, les médias protègent les agresseur. se.s et perpétuent cette problématique systémique, participant ainsi à l'oppression des victimes et au maintien du statu quo. ZOTAIfNE CÔTÉ essentiel, des Îles-de-la-Madeleine à l'Abitibi-Témiscamingue et de la Côte-Nord à la Gaspésie. Le gouvernement fédéral doit assurer un leadership et monter à bord avec nous. MARTIN SOUCY, ALLIANCE DE L'INDUSTRIE TOURISTIQUE DU QUÉBEC ET QUATRE CO-SIGNATAIRES L'actualité vous fait réagir ? Écrivez-nous ! opinions @journalmetro.com Volume  : 119 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. ira, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 314 286-1066 Téléc.  : 614 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, H111T7 Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Chloé Machillot et Elena Broch Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
I V WW Or a 1/41,cC MANUEL MATHIEU/IMAGINARY LANDSCAPE 2020 MORIDJA KITENGE BANZ A/CHIROMANCIE #9, NO.6 2019 HURVIN ANDERSON/MRS S. KEITA 2001 La vingtaine de peintres rassemblés dans l'exposition collective Relations  : la diaspora et la peinture ont tous au moins un point en commun  : ils portent dans leur bagage la mémoire et l'héritage d'un autre pays que celui qu'ils habitent. Leurs expériences multiples et variées de la diaspora se transposent dans la cinquantaine d'oeuvres sélectionnée par la commissaire de la Fondation Phi, Cheryl Sim. Le thème de cette expo est cher à la directrice générale de l'établissement du Vieux-Montréal. Elle-même est artiste visuelle et est née au Canada de parents immigrants. « C'est vraiment personnel, c'est un intérêt de recherche que j'ai depuis 30 ans », confie-t-elle. « Qu'est-ce que c'est d'être autant immergé dans ma culture occidentale, canadienne, montréalaise et québécoise, mais aussi, simultanément, de rechercher mes origines ethniques philippines et chinoises ? C'est un peu particulier », médite-t-elle à voix haute. Sans fournir de réponses à ces questions, Relations nourrit la réflexion et encourage le dialogue artistique sur les expériences de la diaspora, notamment sur les notions d'identité, d'héritage et d'appartenance. « Il y a tellement de questions fascinantes là-dedans ! s'enthousiasme la commissaire. Et les réflexions des artistes sont super riches. » Ceux-ci ne créent pas en ayant forcément ces questionnements à l'esprit, mais leurs préoccupations intrinsèques se reflètent néanmoins dans leurs oeuvres. Parmi les tableaux exposés, quelques-uns sont fortement politisés, d'autres sont très conceptuels, mais tous ont été conçus en puisant dans le bagage et la somme des expériences des artistes. Au fil du parcours décliné sur cinq étages dans l'édifice principal de la Fondation Phi ainsi que dans la grande salle d'un bâtiment voisin, cer- SHANNA STRAUSS/EIJZA 2019 tains thèmes MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com « LA DIASPORA OFFRE DES REGARDS MULTIPLES SUR LE MONDE. C'EST UN POINT DE DÉPART TRÈS RICHE ARTISTIQUEMENT. L'EXPOSITION SOULIGNE TRÈS BIEN CETTE PLURALITÉ. ELLE EST EXTRÊMEMENT COMPLEXE, PARCE QU'IL Y A BEAUCOUP DE CHOSES QUI SE DISENT, QUI S'ENTRECOUPENT ET QUI SE CONTREDISENT. » MANUEL MATHIEU, PEINTRE sont récurrents. Parmi eux  : la migration, le colonialisme, les mythes, la tradition, le déracinement, la marginalité, le deuil, la guérison, le racisme, la fierté, la beauté et l'Histoire. Ces enjeux sont souvent déclinés sous forme de portraits, ce qui traduit un besoin de représentation. « Quand on n'a eu accès qu'à des tableaux européens, par exemple, on se demande  : où est-on ? », souligne la commissaire. Les paysages sont aussi très présents, évoquant parfois le territoire d'accueil ou celui d'origine, comme dans les immenses fresques bleutées de Rick Leong, artiste canadien d'origine chinoise. Des peintres de plusieurs générations se côtoient dans l'exposition. Certains sont plus âgés, comme Yoko Ono et Frank Bowing, d'autres sont plus jeunes, dont Jordan Nassar et Rajni Perera. Il s'agit d'un choix conscient de la commissaire, qui souhaite établir un dialogue intergénérationnel entre les tableaux. la somme de ces oeuvres picturales transmet une pluralité de visions de l'expérience de la diaspora, un mot « complexe et insaisissable », souligne Cheryl Sim. « Les artistes ont une multiplicité de façons d'exprimer ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils recherchent.. Au final, ça marche bien ensemble. » Chiromancie et héritage Prenons la série Chiromancie #9 de Moridja Kitenge Banza, dont deux oeuvres font partie de l'exposition. À première vue, ces tableaux hypnotisants aux lignes multicolores et arrondies sur fond blanc ne semblent pas porter de message précis. En entrevue, le peintre montréalais originaire de la République Démocratique du Congo explique que chacune des toiles de cette série, produites sur du papier mylar, traditionnellement employé pour créer des cartes géographiques, représente la carte de ses identités en mouvement La chiromancie est l'étude des lignes de la main. Justement, l'artiste a entamé ses créations en traçant les trois lignes principales du centre de sa paume. « Ces trois lignes sont pour moi comme une base qui me permet de me rappeler qui je suis, d'où je viens. Avec ce travail, j'étudie mon passé, mon présent et mon futur de manière poétique », décritil face à une de ses oeuvres. Les différentes couleurs de ses lignes représentent les différentes facettes de son identité, qui cohabitent et sont perpétuellement en mouvement « Mises ensemble, ces identités forment la personne que je suis aujourd'hui. Quand j'ai commencé, l'idée n'était pas d'arriver à une forme, mais de mélanger ces lignes. » Au final, l'artiste souhaite transmettre son expérience personnelle. C'est également le cas de Manuel Mathieu, dont quelques tableaux sont exposés dans le deuxième édifice du musée. Dans un habile mélange de textures et de couleurs pastel et terreuses, le peintre montréalais né en Haïti évoque la vitalité de son pays d'origine, mais aussi ses traumatismes. L'artiste ne réfléchit pas consciemment à ces enjeux lorsqu'il peint, mais ils font partie de son bagage. « Quand je peins certains sujets liés à mon pays, à ma culture, je parle d'un certain héritage, d'histoires qui ont forgé ma sensibilité, détaille-t-il. Il y a ces thématiques, mais j'ai autre chose dans ma tête et dans mon coeur quand je crée ; je ne pense pas à mon identité. » Bien qu'il soit tout à fait normal de contextualiser le contenu de l'exposition — « Je sais que c'est votre travail comme journaliste. C'est un beau challenge pour vous, il y a beaucoup de couches à peler ! », dit-il —, la meilleure façon d'aborder cette exposition collective selon lui est de tout simplement partir des oeuvres, sans chercher à leur trouver un sens a priori. « ressaie de prendre ce qu'il y a dans les oeuvres et de tirer mes conclusions à partir de ça. Ça force à passer plus de temps avec elles. Après, bien sûr, la commissaire et l'institution doivent décrire leur démarche pour que le public sache à quoi s'attendre  : ce ne sont pas des images de pizza, de dauphins et de baleines ! » lance-t-il en riant Les propos de Manuel Mathieu font écho à la façon dont Cheryl Sim envisage son travail. En créant des expositions, elle veut permettre aux artistes de se raconter. « Tout est dans l'optique du partage. On a besoin que le public soit à l'aise de recevoir les oeuvres et d'en livrer sa propre lecture sans qu'on lui dise quoi penser, quoi ressentir », dit-elle. UN PEU D'INFO Relations  : la diaspora et la peinture Jusqu'au 29 novembre à la Fondation Phi Gratuit, mais il est recommandé de réserver à l'avance étant donné le nombre de visiteurs limité



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