Métro Montréal n°2020-07-02 jeudi
Métro Montréal n°2020-07-02 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-07-02 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : ça déménage à Montréal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr e 44 e M'4 journalmetro.com OPINIONS\Week-end 2-6 juillet 2020 Faites-nous découvrir vos talents ! Jardiniers, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre/f journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de vos fleurs/jardins à opinions@journalmetro.com. raft » UN MAUVAIS FILM D'enWELL CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue « Vous avez peut-être vu passer la blague, ou plutôt boutade, suivante  : 1984 est un roman, pas un mode d'instruction. Genre de truc qui fait rire jaune. Parce qu'une simple lecture ou relecture du chef d'oeuvre d'Orwell confirme — et c'est à se glacer les sangs — que notre monde politique actuel, trumpisme en tête, semble effectivement s'en être minimalement inspiré. Notamment sur le plan du néoparler, celui qui, essentiellement, réécrit sans honte le lexique propre au débat public  : la guerre, c'est la paix ; TRIBUNE LIBRE Laissez-moi respirer Je trouve vraiment désolant que François Legault et Dr Horacio Anucla adhèrent aux supplications d'Amir IChadir sur l'obligation du port du masque dans les transports en commun. Ainsi commence la domination d'un peuple sur un autre. On dit couvre-visage, cela fait moins dictature, mais cela reste une atteinte à notre liberté. Jusqu'à aujourd'hui, je me croyais dans un pays libre. La peur, le danger, l'anxiété que l'on nous transmet sous le couvert de l'information, tous ces renseignements des autres pays sous forme de chiffres, statistiques, de ouï-dire ne font que cristalliser la pensée négative, néfaste, défaitiste. On nous dit, on nous montre avec tableaux à l'appui des schémas, des courbes, des pronostics, pays en avance, celui qui suit, etc... [...] Plusieurs personnes décédées étaient déjà à l'article de la mort, sinon les la liberté, c'est l'esclavage ; l'ignorance, c'est la force. Cette insulte à l'intelligence collective prend également place au Québec, là où, comme j'en traitais lors de chroniques antérieures, l'utilisation marquée de néologismes vient distortionner la discussion. C'est ainsi qu'il est dorénavant un crime, moral du moins, de s'afficher comme antifasciste (!) , et que le qualificatif d'antiraciste radical (! !) relègue le coupable au rang de pestiféré de la nation. Mieux, la reprise de la bulletins de nouvelles et interventions quotidiennes des « décideurs » étaient là pour entretenir leurs craintes et accélérer leur départ que l'on attribuait à la COVID-19 sans certitude. Chez le citoyen « ordinaire », le cancer, les pneumonies, la vieillesse et autres maladies n'ont fait ni plus ni moins de morts. Alors d'où vient cette panique de nos décideurs si ce n'est pas un « power trip ». J'entre dans le métro, je dois me nettoyer les mains (de plus en plus gercées), je suis dans l'escalier mécanique quand une voix de stentor déclame dans les hautparleurs de se laver les mains, tousser cassette du « racisme andblanc », concept non reconnu par la sociologie, mais sorti tout droit du cerveau de Jean-Marie Le Pen. L'idée derrière cela ? Évidemment transférer sur les épaules des anti-racistes la responsabilité de la débâcle, et dédouaner il va sans dire, les racistes de leurs faits et gestes. Pas très subtil, mais pratique. Comme si la cour de l'agora n'était pas suffisamment pleine, un néologisme supplémentaire vient d'y faire son apparition, repoussant davantage, si telle chose était permise, les limites de la décence intellectuelle  : le « racialisme ». Parfaitement malgré moi, j'ai dû faire connaissance, tout récemment, avec ce nouveau « concept ». Un caricaturiste auto-proclamé, dont j'ignorais jusqu'alors *44 Un caricaturiste autoproclamé, dont j'ignorais jusqu'alors l'existence s'est amusé à me dépeindre en Général Wolf. l'existence — faut dire que son nombre d'abonnés est inférieur à celui de la page du Club optimiste de Verdun — s'est amusé à me dépeindre en Général Wolf. Ah bon. Affaire insignifiante et sans intérêt, bien sûr. Sauf que l'artiste en résidence en rajoute une couche en s'attaquant également à Mâtée Labrecque-Saganash caricaturée en Blanche-Neige (« pas assez Saganash et trop Labrecque », à Will Prosper en un Michael Jackson « découvrant sa blanchitude » et enfin, à Fabrice Vil comparé à une barre de chocolat dans notre coude, etc... J'attends sur le quai et lis sur le panneau numérique les mêmes consignes, règlements, etc. J'entre dans le wagon m'assois face à l'écran numérique qui affiche les mêmes consignes, mêmes ordres. PLUS CAPABLE ! Et quand j'irai à la banque, à l'épicerie, certains magasins, tout recommencera... PLUS CAPABLE ! [...] Je savais qu'à partir du jour de ma naissance, la mort ferait partie de ma vie, alors cessez de vouloir pour moi que je survive et laissez-moi respirer. W GUH.BAULT sortie de son emballage et projetant, vous l'imaginez aisément, l'image dégradante propre au stéréotype raciste classique. S'ensuivirent sans surprise une pléiade de réactions sinon scandalisées, au moins offusquées ou dubitatives. Au point où notre bougre manifestement en manque d'attention et donc fier de son coup — en rajoute une lampée  : son « oeuvre » visait, au contraire, à dénoncer les racistes. Vous avez bien lu. Il persiste et signe d'ailleurs, allant même jusqu'à expliquer son « gag » aux cons  : les racistes seraient, au final, justement les Vil, Prosper et Labrecque- Saganash (forts de l'appui de traîtres-blancs de mon acabit), ceux-là même qui se font sinon porteparole, au moins militants Contrer l'exode des enseignants L'exode provoqué par nombre d'enseignants qui prennent leur retraite plus tôt que prévu est, à mon avis, d'une part, le résultat des coupures du gouvernement précédent dans le personnel de soutien aux enseignants, et d'autre part, le manque de plan de redressement présenté par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, depuis son arrivée en poste. Ce n'est pas d'hier que nous entendons les récriminations de nombreux enseignants à l'égard de la lourdeur de leur tâche causée notamment par la pénurie de personnel spécialisé tels les travailleurs sociaux, les psychologues ou les orthopédagogues, une situation qui vient alourdir, voire rendre impossible, l'accomplissement de leur tâche à l'égard des élèves en difficulté d'apprentissage. Si on ajoute à cela les nouvelles consignes sanitaires dites à la pandémie qui seront mises de l'avant à la rentrée, il n'est pas surprenant que plusieurs enseignants qui envisageaient une fin de carrière sereine ne soient tentés d'y du mouvement antiraciste. Et pourquoi donc ? Parce qu'ils ramèneraient leur combat à une affaire raciale. Grosse trouvaille. la lutte afférente aux stéréotypes raciaux avec, au coeur de l'affaire, la question... raciale. Maudite affaire pareil, non ? Et quel sera le prochain ajout au dictionnaire de la discussion publique ? Accuser les militants LGBTQ d'homophobie ? En vouloir aux victimes de viol d'encourager la culture à cet effet ? Plein de bon sens. Comme le fait d'amalgamer, au nom de l'égalité et l'harmonie, un Noir à une barre de chocolat. Un mauvais, ou plutôt excellent film, orwellien  : — Les antiracistes sont les racistes ; — Les victimes sont les bourreaux ; — La haine, c'est l'amour. mettre fin à regret prématurément De son côté, Jean-François Roberge semble plutôt réagir à h pièce aux diverses situations auxquelles les enseignants sont confrontés au lieu d'être proactif et de leur présenter un plan de redressement à long terme qui viendrait pallier les inconvénients liés à la lourdeur de leur tâche. Enfin, j'oserais proposer un élément de solution à court terme qui pourrait freiner le désir de certains enseignants de quitter le bercail, à savoir l'appui d'un jeune enseignant, une mesure permanente qui permettrait à l'enseignant en fin de carrière de bénéficier d'une aide précieuse, notamment auprès de certains élèves en difficulté d'apprentissage. HENRI HAMEAU Volume  : 115 Numéro  : 2 À Montréal, Métro est publié par Métro Média. loi, boul. Marcel-taurin, Montréal H4N 2M3 Tél.  : 514 286-1066  : 514 286-9310 Imprimé par  : Transcontinental Transmag, 10807, rue Mirabeau, Anjou, Québec, HUIT ? Distribué par Metropolitan Media Services/Directrice de la distribution  : Danielle Tessier Directeur principal des ventes  : Patrick Marsan Contrôleur  : François Dallaire Directeur de l'information  : Olivier Robichaud Chef de pupitre  : Carole Côté Actualité  : Chloé Machillot Vous avez une opinion à nous faire parvenir ? opinions@journalmetro.com Vous voulez annoncer dans nos pages ? publicite@journalmetro.com Vous avez une nouvelle à nous faire parvenir ? info@journalmetro.com. ISSN 1716-9895
journalmetro.com métr 117, Week-end 2-6 juillet 2020 CU VT,'Kiara et Rita Baga sont 2 des 12 participantes à Canada's Drag Race, diffusé les jeudis sur Crave dès aujourd'hui./CIME Une fête du Canada en deux temp- En première partie du spectacle pancanadien Canada Ensemble, présenté hier soir par Pierre-Yves Lord et Serena Ryder, un concert montréalais filmé dans un Stade olympique vide a été diffusé pour souligner la fête du Canada. En vedette, Patrick Watson, Elisapie, Charlotte Cardin, Hubert Lenoir ainsi que les frères et soeurs Martha et Rufus Wainwright. erRo Les nouvelles reines du Canada La Reine Elizabeth Il peut aller se rhabiller, le Canada s'apprête à couronner sa nouvelle souveraine. Sa Majesté des drag queens pourrait être montréalaise, puisque Kiara et Rita Baga représentent la Belle Province dans la première mouture de Canada's Drag Race  : Que la meilleure gagne, adaptation locale du phénomène Ru Paul's Drag Race. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com (el Messieurs, démarrez vos moteurs, et que la meilleure femme gagne ! Après des mois d'attente, la course vers le trône est officiellement lancée. Rita Baga et Kiara ne cachent pas leur excitation. « On a hâte, ça fait longtemps ! » lancent-elles presque à l'unisson. C'est que la compétition a été filmée il y a plusieurs mois, bien avant que la pandémie de la COVID-19 n'interrompe brutalement nos vies. « On n'a pas eu à se filmer à deux mètres de distance avec des masques on the runway ! » blague Kiara, 21 ans, dont le nom de tous les (40 Jeux4:3 jours est Dimitri Nana-Côté. Pour les deux aspirantes superstar du drag, être sélectionnées dans cette première édition canadienne de la célèbre télé-réalité est un rêve en soi. « Kiara et moi regardons assidument Ru Paul's Drag Race. Cette émission est comme le hockey pour la communauté queer, ça nous permet de nous rassembler, de regarder les "matchs" dans les bars. C'est surréel d'y participer », soutient Rita Baga, qui cumule 13 ans d'expérience dans le milieu. « C'est historique », renchérit sa consoeur. Un grand secret entoure la production de Canada's Drag Race. A plusieurs reprises au cours de notre entretien, les phrases « En tout cas, vous allez voir ! », « Je ne pense pas que j'ai le droit de parler de ça » et « J'essaie d'établir la limite de ce que je peux divulguer » ont été prononcées. « C'est contraignant ! » finit par échapper dans un grand éclat de rire Rita Baga, Jean-François Guevremont de son vrai nom. Impossible de savoir, par exemple, si comme pour la finale de la plus récente saison de RPDR, le couronnement se fera par vidéoconférence. (On espère que non !) Ce qu'on peut dire  : cette adaptation canadienne ne dépaysera pas les habitués de la populaire émission de nos voisins du Sud. La même formule avec confidences à l'écran La référence en matière de jeux vidéo et jeux de société et défis en tous genres, dont le fameux Snatch Gaine, attendent nos reines du Nord, qui seront jugées d'après leur charisme, originalité, personnalité et talent (traduction libre de la fameuse devise de Ru  : charisma, uniqueness, nerve and talent). Celui qui donne son nom à la version originale fera quelques apparitions, mais l'animation de ce penchant nordique sera assurée à tour de rôle par diverses célébrités, pour la plupart canadiennes, dont la complice de Ru, Michelle Visage, et l'humoriste Tom Green (!). Trois juges seront présents tout au long de la compétition  : la drag queen torontoise Brooke LynnHytes (finaliste de la saison 11 de RPDR), l'acteur Jeffrey Articles Guides Vidéos Podcasts « En drag, je deviens quelqu'un d'autre, ce qui me permet d'aller dans des zones où je n'irais pas en tant que gars. » Kiara/Dimitri Nana-Côté Bowyer-Chapman (Unreal) et la mannequin Stacey McKenzie (Canada Next Top Model). Prenant bien soin de ne rien révéler, les deux participantes québécoises soutiennent que leur expérience a été enrichissante. « Déjà, entre le voir et le vivre, c'est deux choses », avance Rita Baga, sous un « hum hum » approbateur de Kiara. « C'est vraiment comme si on entrait dans notre émission préférée, résume cette dernière. J'ai vraiment hâte de voir toutes les pièces du casse-tête réunies  : les confessionnaux de tout le monde, les critiques des juges... » Bien qu'il s'agisse d'une compétition, la camaraderie entre les deux drag queens est palpable. On doit tout de même s'attendre à voir quelques tensions à l'écran entre les 12 aspirantes reines, qui souhaitent toutes être couronnées et, ainsi, remporter le grand prix de 100 000$. « C'est sûr que quand on met plusieurs personnalités fortes dans la même pièce, il y a un peu de drame ! lance Kiara en riant Les gens vivent la pression de façons différentes. » Kiara et Rita Baga sont les seules représentantes francophones de CDR. L'émission « Je peux être très zen, même low profile en gars. En drag, je suis plus all over the place. C'est ainsi que j'ai trouvé mon équilibre. » Rita Baga/Jean-François Guevremont sera diffusée en anglais avec sous-titres en français. « On peut imaginer que si on a été sélectionnées, c'est qu'on a jugé que notre anglais était suffisant Est-ce vrai ? Il faudra l'écouter ! » blague Rita Baga. On rit, mais le drag, c'est du sérieux. Plus qu'un simple divertissement, ce mouvement est depuis toujours militant Tout récemment, Kiara (rare drag queen de couleur au Québec) et Rita Baga ont profité de leur tribune pour parler de racisme systémique. « C'est impensable de ne pas avoir ces discussions étant donné qu'on est vraiment à l'avantplan de notre communauté, avance Kiara. C'est vraiment important de militer pour les causes qui nous tiennent à coeur et d'inviter les gens à en parler. » Rita Baga, qui a plus de 25 000 abonnés sur Instagram, a réfléchi à son usage des réseaux sociaux au cours de la pandémie. « Quand on a une plateforme, il faut l'utiliser sciemment et essayer de faire rayonner les gens qui n'ont pas nos privilèges. C'est beau mettre des photos où on a de super beaux looks, mais il faut aussi passer des messages, élever des voix. » Ça mérite un « amen ». 7



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