Métro Montréal n°2020-06-26 vendredi
Métro Montréal n°2020-06-26 vendredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-26 de vendredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : au tour des bars de réouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Week-end 26-28 juin 2020 CIPINIO> Iÿ TRIBUNE LIBRE Les saisonniers devant un précipice Tous les ans, des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs saisonniers comptent sur les prestations de l'assurance-emploi pour joindre les deux bouts. Cet hiver, si rien n'est fait, ils seront nombreux à se retrouver sans revenus. C'est particulièrement vrai en région, où une part importante des emplois disponibles dépendent du tourisme et des ressources naturelles. À titre d'exemple, environ 20% des emplois dans la région de la Gaspésie sont saisonniers  : c'est quatre fois plus que la moyenne québécoise ! Malheureusement, même dans une année dite « normale », le programme des prestations de l'assurance-emploi ne garantit pas à tous un revenu suffisant pour combler toutes les semaines non travaillées. La période séparant la fin des prestations de chômage et le retour au travail est surnommée par les travailleuses et travailleurs concernés le « trou noir ». Avec les conséquences économiques désastreuses Lettre ouverte au Gouverneur Général du Canada Son excellence la très honorable Julie Payette, Les aînés Canadiens crèvent de faim et les députés s'enrichissent, dans quelle royaume sommes-nous ? Personnellement après avoir travaillé 32 ans au Québec et participé au Régime de rentes du Québec, je reçois 308$ par mois. C'est à peine de quoi nourrir un sans abri (10$ par jour pour les trois repas), sans vêtements à acheter, ni médicaments, ni soins sanitaires. Il ne reste rien pour payer un loyer après ça. Les étudiants vivant chez leur parents ont reçu 2000$ par mois. C'est ça la démocratie ! La justice ! Les valeurs canadiennes ! Le Canada compte 36 millions d'habitants, 14 gouvernements, 1 106 députés, 105 sénateurs et 14 gouverneurs. Nous payons leurs salaires, leurs dépenses et leurs pensions. Certains après 6 ou 8 ans ont le droit à une liées à la pandémie de la COVID-19, ce « trou noir » est en voie de devenir un précipice. La plupart des personnes employées de la Sépaq, tout comme de nombreuses autres accréditations avec des activités saisonnières (Val Jalbert, Jardins de Métis, CGRMP, etc.), que nous représentons vivent cette situation. En effet, leur retour à l'emploi a malheureusement été différé en raison d'une ouverture tardive des parcs et des établissements touristiques, conséquence directe de la pandémie. Or, comme l'admissibilité aux prestations de l'assurance-emploi dépend du nombre d'heures travaillées, chacune de ces semaines manquantes représente un risque non négligeable pour l'obtention à ce droit cet hiver. Certes, ils ont jusqu'ici pu compter sur la prestation canadienne d'urgence (PCU), mais cette dernière ne rentre pas dans les critères d'admissibilité aux prestations de l'assurance-emploi. Si rien n'est fait, des milliers de travailleuses et travailleurs des régions du Québec, comme les personnes employées de la Sépaq, se trouveront au bord du précipice à la fin de l'été. Avec l'actuelle augmentation du taux de chômage, les économies régionales qui, en temps normal, composent déjà avec un taux de chômage important, n'auront rien à offrir aux personnes saisonnières comme pension équivalent à 100% de leur salaire. Et au Québec, quand ils quittent la vie politique, ils ont une indemnité de départ et peuvent encaisser des centaines de milliers de dollars. On veut un Pays, un Président un Parlement et un Gouvernement Pourquoi payer pour 14 Gouvernements pour 36 millions de populations ? Les pays d'Afrique et d'autres continents sont indépendants depuis les années 1950. Pourquoi le Canada est-il encore sous l'Empire britannique ? Ce système est archaïque nous devons nous libérer et créer un pays. Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO celles travaillant à la Sépaq. Il est impératif que nos gouvernements déploient une aide particulière pour ce personnel. Ce soutien pourrait impliquer des modifications temporaires aux critères d'accessibilité aux prestations de l'assurance-emploi ou encore la création d'un programme particulier adapté à cette situation exceptionnelle. Cet été, les régions du Québec accueilleront des centaines de mil- Si on élimine tous ces gouvernements nous allons tous devenir riches. On va économiser des milliards de dollars, on va pouvoir se payer à tous des retraites généreuses comme les ministres et les députés, on pourrait se payer une éducation gratuite, une garderie pour enfant gratuite, un système de santé et des médicaments gratuits. Les aînés seront choyés dans des maisons de retraite avec tous les services et ne crèveront pas de faim ou de maltraitance. Après avoir siégé pendant seulement deux mandats, un député fédéral touchera une rente pleinement indexée de 40 000$ par année à partir de 55 ans. S'il a siégé 15 ans, la rente sera d'environ 75 000$, et entre 100 000$ et 150000$ s'il a occupé un poste de ministre ou de chef de l'opposition. La rémunération de base d'un député est de 88 186$. À cela s'ajoute un montant non imposable de 16 027$ pour ses dépenses. J'ai écrit au premier ministre du Que-bec, pas de réponse. Alors je m'adresse à vous et au peuple canadien. MOHAMED GARRAM liers de visiteurs qui profiteront de toutes leurs richesses. Nous devrons être solidaires en nous assurant que les personnes qui y habitent obtiendront le soutien nécessaire leur permettant de traverser l'hiver et la pandémie avec dignité. CHRISTIAN DAIGLE, SYNDICAT DE LA FONCTION PUBLIQUE ET PARAPUBLIQUE DU QUÉBEC, impRÉsErrourr mis TRAVAILLEUSES sr TRAVAILLEURS DE LA SÉPAQ Oui au maintien de la station de métro Lionel-Groulx Une pétition circule actuellement dans les médias, particulièrement anglophones, visant à modifier le nom de la station de métro Lionel- Groulx pour Oscar-Peterson. D'entrée de jeu, qu'un édifice, une rue ou une station de métro soient nommés en l'honneur de M. Oscar Peterson, là n'est pas le problème. Toutefois, cet objectif ne doit en aucun temps servir à effacer l'histoire du peuple canadien-français pour lequel Lionel Groulx a été une figure marquante au Québec. Dans les médias ainsi que sur la pétition elle-même, on peut lire des commentaires qui s'attaquent au Québec, vu comme xénophobe, et qui glorifient la ville de Montréal, vue comme étant un pôle multiculturel incontournable. Si cette pétition n'est pas une attaque contre Lionel Groulx, le père spirituel du Québec, alors pourquoi n'est-ce pas une autre station que Oublier le drapeau québécois Oublier de mettre le drapeau québécois le jour de la fête nationale est un mauvais présage. Que ce soit voulu ou non, comment peut-on fêter quelqu'un en omettant de mettre un signe qui le représente ? Est-ce intentionnel ou sous prétexte du multiculturalisme ? Est-ce que cela signifie que certains Québécois oublient leur identité et sont prêts à se défaire petit à petit de leurs moeurs, leurs coutumes et leurs traditions, et de faire table rase de leur histoire séculaire pour le bon plaisir de quelques groupes de personnes ou d'une idéologie globalisante ? Ou est-ce intentionnel de vouloir redonner une autre image au pays et d'en reconstruire un autre sans identité, ni culture, mais ayant pour fondation toutes les pressions politiques, tous les rejets, les peurs, les plaintes et les offenses de certaines personnes ? Le drapeau québécois rappelle justement à nous, les immigrants venant de différents pays, qu'on a choisi d'habiter dans un pays de libertés qui a eu la générosité de nous accueillir et de nous aider à vivre convenablement et en paix. 6 MONIQUE KHOUZAM, MONTRÉAL l'on veut renomme' ? Pourquoi renier Lionel Groulx plutôt que McGill, riche commerçant de fourrures qui exploita les autochtones et les ressources naturelles et qui a lui aussi une station en son nom ? « Un peuple ne se sépare pas de son passé, pas plus qu'un fleuve ne se sépare de sa source, la sève d'un arbre, de son terroir », disait Lionel Groulx. Le nom de la station de métro Lionel-Groulx doit être maintenu. Nous devons mettre fin aux changements de noms d'édifices, de lieux ou de rues sous prétexte que le passé contredise ou choque les valeurs actuelles. Il faut au contraire construire de nouveaux lieux, de nouvelles places, de nouveaux édifices qui porteront le nom de ceux et celles qui auront marqué leur temps, comme l'a fait avec courage et conviction le chanoine Lionel Groulx. HENRI MARINEAU, QUÉBEC Écrivez-nous ! , pinions@
r2nnétr 1 6-28 JUIN 2020 Quiconque a déjà emprunté la route 132 dans le Bas-Saint-Laurent a assurément été saisi par le nom lugubre de ce village annoncé en lettres blanches sur un fond vert  : Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Pas une, mais sept douleurs ! « Ce nom était omniprésent dans ma tête depuis longtemps, raconte Klô Pelgag, qui en a fait le titre de son troisième album. C'est vraiment évocateur et mystérieux, ça porte à réflexion... Et c'est tellement dark ! » Dark, sombre, comme le surmenage et la dépression surmontés par l'autricecompositrice-interprète dans les dernières années. Si NDD7D est d'abord un village au nom sinistre qui la terrorisait dans son enfance, c'est aussi le nom qu'elle a associé à son mal de vivre. « Ça fait vraiment échos à ce que j'ai vécu à travers la création de l'album, qui est partie d'un endroit assez sombre dans mon imaginaire, dans mes angoisses, dans ma tête », dit-elle de sa voix basse attablée dans un café vide. Au bout de sa traversée intérieure, elle a trouvé le bonheur Au bout de la traversée en bateau qui mène à l'île comptant une trentaine d'âmes, elle a découvert un village » idyllique ». Deux phares dans sa nuit. Dans un court métrage racontant la genèse de son album, Klô Pelgag soutient que ses nouvelles chansons lui ont sauvé la vie. « C'est intense comme déclaration ! admet-elle en riant C'est fort, mais c'est ça, pour vrai. La musique, ses chansons et le fait d'être capable de créer m'ont sauvé la vie à de multiples reprises. » L'artiste parle de h musique comme d'une amie. « Je la vois comme ça, elle est toujours là pour moi », dit-elle en pesant ses mots. D'ailleurs, si elle a appris à chanter et à jouer du piano, c'était dans le but de pouvoir s'exprimer. « Ça n'a jamais été un truc de performance. » Klô Pelgag s'est affranchie dans la composition et ça s'entend sur cet album pop orchestral dont les textes imagés et poétiques sont lourds de sens. Elle mentionne en exemple la chanson A l'ombre des cyprès, qui malgré son instrumentalisation plus rythmée et ses « ouh-ah-ouh-ah » en début de parcours, traite de suicide. « C'est une toune de libération, explique-t-elle. En nommant les trucs, on dirait que la narratrice— qui est moi— se rend compte de ce qui ne va pas. Et ce qui ne va pas, c'est la peur et l'angoisse. Ton propre ennemi, c'est toi-même. » Désormais sortie de ce trou noir, « C'EST UN ALBUM QUI A VRAIMENT ÉTÉ IMPORTANT POUR MOI, QUI M'A TELLEMENT APPRIS, QUI M'A ACCOMPAGNÉE, QUI M'A RECONSTRUITE. » KLÔ PELGAG Klô Pelgag souhaite ne plus jamais y retourner. C'est ce à quoi elle fait allusion lorsqu'elle chante  : « Je ne reviendrai pas à la maison jaune » sur l'avantdernier titre de son album, la maison jaune étant une référence à l'univers de Van Gogh, tourmenté peintre dont elle admire l'oeuvre. La lauréate de plusieurs Fax parle de tout ce vécu avec douceur et recul. Mais le bonheur est « un combat de tous les jours », dit-elle. Sur NDD7D, elle aborde à deux moments l'idée de se « battre pour la paix »  : sur la chanson J'aurai les cheveux longs et dans un message inscrit dans la pochette. « Je me suis souvent complu dans la tristesse et je connais beaucoup de gens comme ça, avance-t-elle. C'est correct d'être triste et de vivre des affaires difficiles, mais à un moment donné, il faut se botter le cul et se battre pour aller mieux... Je sais que c'est difficile et qu'il y a des gens qui se battent et qui n'y arrivent pas. » Encore une fois, elle étaye son propos en citant en exemple une chanson de son album, la dansante et inquiétante Mélamine. « Mélamine, c'est comme pleins de personnes, mais c'est aussi moi d'une certaine façon. Ça parle de tous ces moments où j'ai voulu être quelqu'un d'autre parce que j'avais l'impression que c'était plus facile pour eux. Quand on est triste, on a l'impression d'être plus triste que les autres, c'est con ! » dit-elle en riant « J'avais envie d'exploser ! » Avant d'écrire cette collection de chansons, Klô Pelgag avait l'intention de créer un album simple au style MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com épuré. Elle a finalement enrobé ses compositions de grandioses arrangements orchestraux chargés d'émotions fortes. « J'avais envie d'exploser ! » lance-t-elle pour justifier son virage à 180 degrés. Cette explosion symphonique enrichit et ajoute de la profondeur aux 12 morceaux de NDD7D. L'autricecompositrice-interprète compare ces textures musicales à des voix. « Je suis arrivée à un moment où je les entendais. Mes musiciens m'ont poussé à les mettre en musique. Ils m'ont dit  : "Vas-y, t'es capable". » Ces musiciens, ce sont Sylvain Deschamps (également coréalisateur de l'album), Pete Pételle, François Zaïdan et Étienne Dupré. Elle prend soin de les nommer en entrevue, car elle est infiniment reconnaissante de « la collaboration extraordinaire » qui s'est formée avec eux. « C'était les personnes parfaites pour rendre ce que je voulais, ça a été une communion musicale, ajoutet-elle. Ce sont des gens super impliqués, généreux, qui ont beaucoup d'écoute et qui ne mettent pas leur ego de l'avant, ce qui existe en musique ! » assure-t-elle. Encouragée par leurs bons soins, elle a conçu les arrangements de La maison jaune, Rémora et Où vas-tu quand tu dors — une chanson onirique qui déplore le fait qu'en vieillissant, on ne rêve plus. « J'ai vraiment, vraiment aimé ça, même si je l'ai fait sans prétention parce que je n'ai pas étudié l'orchestration dans ma vie. » Klô Pelgag a aussi beaucoup expérimenté en studio notamment avec des synthétiseurs et des logiciels d'enregistrement. « C'est un peu contre nature pour moi, parce que je suis super instinctive dans ma façon de faire de la musique, explique-telle. Il a fallu que j'apprenne de la technique, que je me botte le cul, parce que je savais que ça allait m'amener des outils qui m'aideraient à faire quelque chose de différent, et c'est ce que ça a fait j'ai beaucoup appris à ce niveau. » Sachant bien s'entourer, elle a aussi fait appel au réputé compositeur Owen Pallett pour habiller trois autres titres  : À l'ombre des cyprès, J'aurai les cheveux longs et Soleil. « Je voulais le regard de quelqu'un d'autre sur ces tounes. C'était un peu un rêve de travailler avec Owen. On a un truc en commun lui et moi... "Aaaaaah ! ", s'exclame-t-elle en gesticulant On n'est pas dans la simplicité ! » NDD7D est loin de l'album minimaliste qu'elle souhaitait faire au départ, ce qui ne l'empêche pas d'adopter la formule piano-voix sur la bouleversante chanson La fonte, dans laquelle elle s'adresse à son père récemment décédé. Vous l'aurez compris, Notre-Damedes-Sept-Douleurs est une oeuvre très personnelle. « C'est mon album le plus transparent et brut dans le propos », dit-elle après avoir pris le temps d'y réfléchir. De sa traversée, Klô Pelgag est ressortie grandie. « C'est quelque chose qui m'a construit, comme un passage obligé. Je suis contente d'être passée par là, même si ça a été vraiment, vraiment difficile. » UN PEU D'INFO Notre-Dame-des- Sept-Douleurs En vente aujourd'hui (ÉTRO



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