Métro Montréal n°2020-06-25 jeudi
Métro Montréal n°2020-06-25 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-25 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : le risque demeure rappelle l'OMS.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Jeudi 25 juin 2020 OPINIONS SUIS RACISTE MOI NON PLUS CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue La fin de session parlementaire fédérale s'annonçait, du moins en apparence, tranquille. Puis boum. Une simple motion du NPD aux allures de « pour ou contre la tarte aux pommes », devait mettre ainsi le feu aux poudres. Parce que ladite motion, condamnant le racisme systémique de la GRC (un huitième autochtone venait d'être assassiné par celle-ci depuis les... trois derniers mois), s'est vue être rejettée par l'une des oppositions. Les Conservateurs ? Ninon. Le Bloc québécois. Oui, le bloc à la défense de... la police montée, joli symbole impérialiste-mange- TRIBUNE LIBRE Voies cyclables et droits de la personne Nous sommes nombreux à avoir déjà manifesté notre mécontentement au sujet des nouvelles voies cyclables. Malgré de nombreuses plaintes, une enquête de l'ombudsman, des manifestations et un achalandage presque inexistant (je peux compter sur les doigts de ma main les vélos qui passent devant chez moi sur Christophe-Colomben l'espace d'une heure) et je vois avec étonnement que le projet continue de plus belle. Une nouvelle voie a été installée sur Villeray et passe entre autres devant une résidence pour personnes âgées au coin de la rue Boyer. Vu qu'il y a déjà une piste cyclable sur cette rue, les personnes âgées à mobilité réduite n'ont plus accès canayen. Surréalisme à la sauce hallucinogène. Bien entendu, le parti d'Yves-François Blanchet devait invoquer une excuse déjà mâchouillée, du style « un comité se penche présentement là-dessus, attendons d'abord ses conclusions, blablabla. » Le Bloc qui s'en remet donc à l'autorité d'un comité fédéral sur l'enjeu du racisme systémique pratiquée par la GRC, lequel était déjà reconnu par... la GRC elle-même. Surréalisme, disions-nous. La stratégie, peu subtile au demeurant, devait être ensuite avouée par le chef bloquiste, ce dernier refusant de façon sécuritaire au transport adapté. Les autobus stationnent sur la rue, ce qui rend dangereux et difficile le transport en chaise roulante de la résidence. Cela créé aussi des conditions routières à risque puisque les voitures les dépassent en sens inverse. Cela arrive très souvent et pas juste sur la rue Villeray. Des automobilistes qui refusent d'attendre 15 minutes derrière un autobus ou un camion de livraison qui roule en sens opposé. C'est ce que j'ai observé avec horreur hier soir lorsqu'une ambulance s'est arrêtée sur Christophe-Colomb  : des dizaines de véhicules ont dépassé la ligne continue tracée au milieu de la rue pour contourner l'ambulance. C'est dangereux pour les automobilistes. C'est dangereux pour les ambulanciers qui doivent traverser la piste pour aller au logement de la personne qui est en détresse. C'est dangereux pour la personne en détresse qui pourrait se faire rentrer dedans par un cycliste alors qu'elle est allongée sur une civière. Il est où le gros bon sens et le respect des citoyens ? d'annoncer si, le cas échéant, il reconnaîtra les conclusions du comité en question. Un chausson au cynisme, avec ça ? Parce qu'évidemment, la stratégie allait cartonner à merveille. Manifestement émotif de voir sa motion prendre le chemin des objets perdus, Jagmeet Singh saute un câble et traite Alain Therrien, leader en chambre bloquiste, de raciste. Vrouf. Sans surprise, l'affaire fait le tour du Canada avec, en prime, une charge autant prévisible que déplorable de Quebec Bashing. Formule idéale afin de braquer les projecteurs ailleurs, c'est-à-dire substituer le racisme envers les Autochtones par celui dont sont victimes les Québécois. Éviter aussi, par conséquent, d'avoir à reconnaître le concept honni de « racisme systémique ». Bref, une pierre trois coups. Habile. Et pourquoi cette crainte de reconnaître l'évidence ? Simples calculs politiques. Par définition, un électeur Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO Et pourquoi cette crainte de reconnaître l'évidence ? Simples calculs politiques. raciste ou xéno (oui, ça existe), ne pardonnera possiblement jamais à une formation de reconnaître ce même racisme systémique. Pire, il sera tout sensible aux messages ou slogan empreints de préjugés envers quelques minorités facilement identifiables. Des votes faciles, ainsi donc, pour tout politicien acceptant de se boucher le nez. Soyons honnête, le Bloc 2.0 a dernièrement succombé aux chants des sirènes. D'abord, deux publicités de sa campagne de 2015. Dans l'une, il accusait le Nouveau parti démocratique de faire la promotion du niqab (« faut-il se cacher le visage pour voter NPD ? »). Dans l'autre, une goutte de pétrole se transformait en On est en période de pandémie et on restreint l'accès aux ambulances ? Vraiment ? À ma grande surprise les trajets d'autobus ont également été affectés (le transport en commun n'est-il pas supposé faire partie de la solution environnementale ?). Cela réduit l'accès au transport aux personnes à mobilité réduite et aux personnes à faible revenu. C'est toute une partie de la population qui est discriminée par ce projet  : les jeunes familles, les personnes handicapées, les personnes malades et les personnes âgées. Mais aussi les personnes qui avaient déjà de la difficulté à payer leurs factures et pour qui l'achat d'un nouveau vélo est en dernière priorité après la perte de leur emploi. Et les personnes pour qui ajouter des frais de stationnement privé serait difficile. Ce n'est pas seulement discriminatoire  : ce projet est dangereux pour la santé publique. A un moment où il n'est pas préférable d'utiliser le transport en commun à cause des risques de contamination, on essaie d'empêcher les gens de circuler en voiture. niqab (!) , pendant qu'une narratrice déclarait  : « Les élections s'en viennent, et si Thomas Mulcair est élu, il y a aussi un beau gros pipeline qui s'en vient, même si on n'en veut pas. Puis, même si on n'est pas d'accord avec le port du niqab pour voter ou se faire assermenter, Thomas Mulcair, lui, il l'est. C'est la goutte de trop. Je retourne au Bloc. » Ajoutons à ceci les propos islamophobes de quelques candidats bloquistes à la dernière élection, notammen — Claude Forgues, ayant fait circuler sur Facebook une vidéo avec une mention « L'islam est une maladie » ; Lizabel Nitoi, ayant diffusé une publication dénigrant l'intelligence des musulmans sous prétexte de « consanguinité » ; Valérie'nemblay, qui écrivait que « le voile, c'est le début. Après c'est  : tu fais à manger et tu la fermes » ; Caroline Desbiens (maintenant députée), qui craignait que les femmes soient bientôt obligées de se mettre un voile Si au moins l'argent public avait été utilisé pour l'achat de matériel de protection pour les usagers du métro...combien de masques auraient pu être achetés avec ces millions dépensés ? Ce projet de pistes cyclables contrevient ainsi aux articles 1 et 15 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, qui disposent du droit à la sûreté et du droit de ne pas se voir empêcher l'accès au transport pour des raisons discriminatoires. Sans parler de l'énorme violation du principe démocratique. La mairesse de Montréal semble faire très peu cas de l'opinion de la population. « Pour l'instant, je n'ai reçu aucune plainte. Je ne me fait pas d'illusions, ça va venir », a-t-elle dit en riant. Cela en dit long. Il ne s'agit pas ici du débat vélo-auto du tout, mais de l'accessibilité au transport, aux soins d'urgence, de la sécurité des résidents et des travailleurs et du droit à la démocratie. Il ne s'agit pas non plus du débat environnemental. Au contraire, le projet de l'administration Plante se dirigeant tout droit afin d'aller au IGA sous peine de se voir jeter en prison, et qui vantait, dans la même veine, Marine Le Pen. Juste ça. Les sanctions imposées par chef Blanchet ? Aucune expulsion desdits candidats, comme la décence l'aurait exigé. Plutôt une insignifiante publication à la formulation quasi identique sur les réseaux sociaux dont la sincérité était risible — chacun d'entre eux allant même à accuser le Journal de Montréal d'avoir « considéré » leurs propos comme étant racistes — comment pourraitil en être autrement ? Est-ce à dire que ce même Blanchet serait lui-même raciste ? Aucun commencement de preuve à cet effet, ni raison objective ou subjective de le croire. Reste que ce dernier devra choisir  : continuer d'ignorer ou nourrir le monstre de l'intolérance ou, geste plus noble et courageux, l'assassiner péremptoirement. Vivement la dernière option. vers un échec monumental, il donnera de bons arguments à ceux qui s'opposeraient à de futures (vraies) initiatives pour rendre la ville plus verte. Il y a quelques années, sous une autre administration, je prenais plaisir à marcher plusieurs kilomètres par jour dans ma ville et à profiter des pots de fleurs géants, des pianos dans les parcs, des aménagements ludiques sur les trottoirs et des nouvelles fresques. Après des mois de confinement j'aurais aimé sortir de chez moi et apprécier ma ville. Désormais je ne vois que désolation, barrières de bétons et marées de bolards et de cônes oranges. On dirait une zone de guerre. Si je me fis aux 60 000 personnes en file d'attente sur le site de la Sépaq aujourd'hui, nous serons nombreux à quitter Montréal cet été pour prendre une bouffée d'air frais et retrouver de la beauté. 6 VIVIANE GAUTHIER, VILLERAY Écrivez-nous ! opinions@ journalmetro.com
journalmetro.com métr 117, Jeudi 25 juin 2020 7 ClIMT11R Un concert en ligne pour célébrer les droits LGBTQ+, Alors que le mois des Fiertés LGBTQ+ se termine aux États-Unis, de grands noms de la musique, dont Taylor Swift et Katy Peny, se produiront virtuellement vendredi pour commémorer les anniversaires des émeutes de StonewaR de 1969 et du mariage,  : pour tous voté en 2.015.1 ! événement intitulé Stonewall Day sera diffusé en direct sur Facebook et YouTube. AFP RELAX raws Honorer les savoir-faire autochtones Arts visuels. Le déconfinement donne un nouveau souffle aux musées et aux galeries d'art, et par ricochet, à la cinquième édition de la Biennale d'art contemporain autochtone (BACA), qu'il aurait été fort dommage de manquer. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetrocom L'événement, nommé Kahwatsiretcitie  : Trionlcwatiwaienna Tetariwaiennawahentie en langue kanien'keha (mohawk) a d'abord été lancé par vidéoconférence le 23 avril Depuis, les oeuvres de la cinquantaine d'artistes qui y participent sont accessibles en ligne sur le site de la BACA. Mais il n'y a rien comme voir de ses propres yeux les tableaux, sculptures, installations, vidéos, tissages et autres créations des artistes issus de plusieurs communautés autochtones canadiennes pour apprécier pleinement leur talent et leur imaginaire. C'est pourquoi l'événement, qui devait prendre fin la semaine dernière, a été prolongé jusqu'au 30 août. Depuis peu, trois galeries d'art montréalaises partenaires de la Biennale ont rouvert leurs portes. Il s'agit d'Art Mûr, Pierre François Ouellette Art contemporain et la guilde. 12 première, située dans La Petite- Patrie, présente une importante sélection d'oeuvres réparties sur trois étages. À cause de la pandémie, des créations en transit sont restées bloquées pendant des semaines. Petit à petit, elles arrivent à destination, bonifiant l'offre des lieux de diffusion. « On a reçu des oeuvres de Vancouver, notamment une grosse installation de tissages réalisés par des artistes de la nation Squamish sur la côte ouest Il y a aussi beaucoup d'oeuvres 3..si Quelques oeuvres présentées jusqu'au 30 août en galerie et au baca.ca  : Four Generations, de ion Corbett, Ahlolimiye (She Keeps Praying), d'Emma Hassencahl-Perley,'Mis One Brings the Most Pride, de Judy Anderson, Skateboarding is Medicine, de Lucas Hale, et Please Stand Dy, de Sharon Cherweniuk./BIENNALE D'ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE sonores et vidéos qui ont été ajoutées au troisième étage d'Art Mûr », s'enthousiasme la coordonnatrice de la BACA, Christine Dufour. Une visite à l'établissement de la rue Saint-Hubert nous a permis de constater La diversité et la richesse des oeuvres de cette cinquième édition de la Biennale, dont le thème rassembleur « Honorer nos affinités » a de multiples sens. « Les oeuvres mettent en scène, notamment, les relations intergénérationnelles, le rapprochement avec les ancêtres passés et futurs, les liens avec d'autres entités que les êtres humains, les personnes à la recherche d'un "foyer" dans des territoires que les pas de leurs ancêtres n'ont pas foulés, les amitiés, les liens entre mentor et mentoré, et autres interactions », détaille le commissaire invité et métis David « Le milieu de l'art contemporain est issu d'un système très occidental, très européen. Ça correspond mal aux façons de penser autochtones. La Biennale de 2020 essaie de sortir de ce moule. » Christine Dufour, coordonnatrice de la BACA et muséologue Garneau dans un éditorial présentant cette édition qu'il a orchestrée assisté de rudi aker (Wolastoqiyik) et de Faye Muller (Anishinaabe). « Il ne s'agit pas strictement de relations humaines ou d'affinités humaines, détaille en entrevue Christine Dufour, qui n'est pas autochtone. C'est vraiment les affinités au sens large, comme quoi l'être humain fait partie d'un environnement, d'un système dans lequel il est un élément parmi tant d'autres. » Résistance par la création Les commissaires ont d'abord rassemblé des oeuvres célébrant l'interdépendance de tout ce qui existe. Les artistes sélectionnés ont ensuite été invités à définir leur rapport à ce thème, ce qui permet de porter un nouveau regard sur leurs créations. « C'est très intéressant de lire les réponses des artistes, ça se recoupe beaucoup autour du respect de l'environnement, sur le territoire... Il y a vraiment des convergences dans les propos », remarque la coordonnatrice, qui est aussi muséologue. Cette convergence saute aux yeux lorsqu'on découvre les oeuvres de la Biennale. Bien que très différentes les unes des autres, elles ont toutes une portée sociale et politique très forte. Parmi les thèmes évoqués par les artistes  : l'identité, la colonisation, l'histoire et la violence. Ces messages sont véhiculés par des techniques qui honorent les pratiques ancestrales de leurs ancêtres, dont le tissage, le perlage et le tannage de peaux. Cette édition de la BACA se distingue particulièrement par cet audacieux assemblage de textures. « Ce qui se dégage de ça, c'est que les Autochtones ont tendance — et c'est positif — à se réapproprier leurs savoirs pour faire les choses à leur façon, observe Christine Dufour. C'est une forme de résistance et une forme de réaction au colonialisme qui est très constructive, très créative. » C'est notamment ce qu'a fait l'artiste d'origine crie, métis et saulteaux Jon Corbett, en concevant un programme informatique qui reproduit la pratique du perlage de façon numérique, avec lequel il a créé les portraits de membres de sa famille. David Garneau a également invité une douzaine de créateurs à sélectionner euxmêmes les oeuvres de collègues avec qui ils ont des affinités, qu'ils soient artistes professionnels ou amateurs. Une belle façon de donner une visibilité à des artisans méconnus. « Ce n'est pas une pratique qui se fait normalement dans les expositions, souligne la coordonnatrice. Là, c'était un objectif assumé. On s'est dit  : "On va voir où ça va nous amener, ce que ça va nous proposer". Ça permet d'élargir notre offre. C'est intéressant ! » C'est ainsi qu'on peut apprécier les talents de perlage de Lucas Hale, qui a décoré une planche à roulettes, ainsi que la créativité d'Emma Hassencahl-Perley, qui a conçu une robe traditionnelle à clochettes en y intégrant des morceaux de la Loi sur les Indiens. Les créations sont présentées sur un large éventail de supports  : textiles, dessins, peintures, céramiques, sculptures, photographies, installations audio, vidéo... « C'est moins monumental que les autres Biennales. Il y a eu des éditions comportant énormément d'oeuvres très imposantes. Dans ce cas-ci, on est dans quelque chose de plus délicat. Comme si les revendications étaient faites avec douceur », constate Christine Dufour, qui est en poste depuis l'automne dernier, mais qui est « abonnée » de la BACA depuis ses débuts. « J'allais à toutes les éditions même quand j'habitais à Sept-tles », dit-elle. Qu'est-ce qui la fascine dans les arts visuels des peuples autochtones ? « Dans le milieu de l'art contemporain, on a des façons de faire et on s'en tient à ça. Quand des commissaires autochtones arrivent et veulent briser ce concept, ce n'est pas toujours évident, mais c'est super enrichissant Et le résultat est au rendez-vous. »



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