Métro Montréal n°2020-06-23 mardi
Métro Montréal n°2020-06-23 mardi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-23 de mardi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : au voleur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com Mardi 23 juin 2020 6 OPINIONS TRIBUNE LIBRE Les personnes handicapées sont des piétons ! Cet été, la population montréalaise pourra profiter des rues de la ville grâce aux nouveaux aménagements extérieurs offrant une place de choix aux déplacements actifs, à pied ou à vélo. En cours d'implantation, les voies actives sécuritaires et les rues piétonnisées s'ajoutent aux corridors sanitaires ayant vu le jour au cours des dernières semaines. En ces temps de pandémie, alors qu'on nous promet un espace public repensé en fonction des besoins de la communauté en matière de loisirs et de mobilité, un pan entier de cette population est encore laissé pour compte  : les personnes en situation de handicap. En effet, les obstacles à leur mobilité se multiplient et compromettent grandement leur accès à des transports collectifs sécuritaires. Du domicile à l'arrêt d'autobus, des clôtures, des cônes oranges et 3 mois sans Métro ! Depuis quelques années, je lis deux journaux chaque jour. Celui que vous avez dans vos mains et le Journal de Montréal. Ça me donne un peu de variété [...]. Durant le confinement, j'ai été privé de Métro car je le lisais avec mon café quotidien, au McDonald's. Inutile de dire qu'avec le confinement, les McDonald's étaient fermés, à l'exception du service au volant Je continuais à acheter mon café quotidien mais sans le Métro. Je pensais même qu'il n'était plus publié durant cette crise. autres dispositifs jonchent la rue et délimitent un nouveau parcours. Si nous nous déplaçons à l'aide d'une canne blanche ou d'un chien guide, nous devons trouver notre chemin dans le couloir de déplacement où files d'attente, et bientôt terrasses, obstruent notre circulation. Les nouveaux aménagements engendrent une réelle perte de repères et nous demandent de nouveaux apprentissages, notamment si nous avons une déficience intellectuelle ou visuelle. Lorsque l'on se déplace en fauteuil roulant, en quadriporteur ou avec un déambulateur nous savons que nous nous buterons, tôt ou tard, à un trottoir sans abaissement ou un corridor trop étroit. Le constat est clair  : ce chemin n'a pas été pensé pour nous. Mais supposons qu'aujourd'hui la chance a frappé et que nous avons réussi à atteindre l'arrêt de bus le plus près malgré tout... Comble de malheur, cet arrêt est désormais inaccessible ; le corridor sanitaire implanté ne permet plus à l'autobus de longer le trottoir afin de déployer sa rampe d'accès. Il faut donc se rendre au prochain arrêt en espérant que celui-ci soit aménagé différemment, ce qui n'est pas garanti puisque, par les temps qui courent, certaines lignes d'autobus Toutefois hier, quand je sortais d'un supermarché, j'ai vu le Métro avec la date d'hier. Je me suis dis « WOW » ! C'est comme voir ton enfant après une absence de trois mois. Vraiment un bon feeling ! Comme on le sait, tous les restaurants du Grand Montréal ont rouvert hier, incluant les McDonald's. Cela signifie que ma vie va s'enrichir car je pourrai prendre mon café quotidien à l'intérieur du McDonald's et en même temps prendre mon journal favori qui s'appelle Métro et de temps en temps m'exprimer dans la rubrique Opinions. JIMMY METAXAS, SAINT-LAURENT À pattes et à plumes Ces outardes et leurs petits ont été photographiées au Parc-nature de 11e-de-la-Visitation, à Montréal/COLLABORATION SPÉCIALE/SYLVIO LE BLANC Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO comportent jusqu'à 3 arrêts inaccessibles consécutifs ou sont carrément déroutées sur une autre rue... Nous sommes finalement dans l'autobus. Nous avons accumulé du retard sur notre horaire parce que nous avons parcouru le double de la distance habituelle afin de pouvoir monter à bord. Par contre, certaines d'entre nous ont été forcées de rebrousser chemin en raison des obstacles rencontrés. Ces personnes ont dû renoncer à se déplacer. Pourtant, si elles avaient été consultées, elles auraient pu faire valoir leurs besoins en matière de déplacement ; pour que de simples détails ne deviennent pas des impasses. La prévention, moteur de relance économique Durant le confinement et en période de retour graduel à une vie dite normale, la santé demeure notre plus grande richesse individuelle et collective. En effet, le développement socioéconomique et la prospérité d'une société reposent essentiellement sur les bras, le savoir et la compétence de ses citoyens, qui doivent conséquemment être en bonne santé. Avant la COVID-19, nous combattions déjà la fulgurante épidémie des maladies non transmissibles liées au mode de vie et à notre environnement. Ces maladies que nous créons individuellement et collectivement, majoritairement évitables, créent des souffrances et grugent la plus grande part des coûts de notre système de soins. Ce dernier s'effondre, comme ses travailleurs d'ailleurs, sous la pression. la COVID-19 n'est que la goutte qui a fait déborder un vase déjà trop plein. Un constat s'impose  : on investit trop peu dans la prévention. Depuis des années, la Santé publique, soutenue par des milliers de professionnels de la santé, d'organismes et de Le même scénario se répète avec le transport adapté qui assure un service de déplacements porte-à-porte essentiel. Les personnes ayant des limitations fonctionnelles admises bénéficient de ce service de transport collectif à la suite d'une réservation faite la veille. Présentement, nous ne savons pas si les véhicules du transport adapté viendront nous chercher lorsque nous habitons sur une rue touchée par les réaménagements ou si nous pourrons utiliser les débarcadères situés près des commerces où des corridors sanitaires ou des rues « sans automobiles » sont implantés. Autrement dit, le droit au transport des personnes en situation de handicap est une fois de plus passé au tordeur et les moyens de consultation permettant d'éviter ces situations le sont aussi. « Réparer » la chaîne de déplacement Sur l'ensemble du territoire québécois, 33% des personnes âgées de 15 ans et plus déclarent avoir des difficultés à réaliser certaines activités quotidiennes en raison d'une limitation fonctionnelle temporaire ou permanente. Ce taux ne tient pas compte des familles avec de jeunes enfants utilisant une poussette. Le 20 mai, l'ombudsman de la Ville citoyens, plaide l'urgence d'investir davantage en prévention des maladies chroniques évitables afin de diminuer la pression économique grandissante sur les soins de santé. Pourtant, le nombre de cas croît et la facture des soins de santé ne fait qu'augmenter. Quand mettronsnous l'énergie et les ressources suffisantes pour aplatir la courbe des problèmes cardiovasculaires, du diabète, des cancers et des autres maladies sur lesquelles nous avons le pouvoir d'agir par des environnements plus sains ? Quand cesserons-nous de banaliser toutes ces morts et ces souffrances évitables ? Depuis mars, nous l'avons pourtant amplement répété  : derrière les statistiques, il y a des vies humaines. Il n'est plus acceptable de réserver uniquement des miettes du budget de l'État à la prévention. Parlons (gros) chiffres ! Pour parvenir à réduire les maladies, il faut se pencher sur leurs causes. Par exemple, saviez-vous que, chaque année, le tabagisme nous coûte au moins 4 milliards de dollars, l'obésité a un impact économique de près de 3 milliards de dollars et la consommation d'alcool ajoute un fardeau estimé à 3 milliards de dollars ? Et ce n'est que la pointe de l'iceberg. de Montréal rédigeait un avis de préoccupation à l'intention de la mairesse afin de lui rappeler ses obligations relatives aux déplacements des personnes en situation de handicap. Plus tard, une enquête fut lancée concernant les multiples réaménagements en cours. À la Ville, on se défend en disant que ces installations sont temporaires et que des ajustements pourront être faits. Nous savons trop bien que, trop souvent, ce qui est temporaire aujourd'hui sera permanent demain, et que c'est maintenant qu'il faut écouter les besoins de l'ensemble des citoyennes et des citoyens, notamment ceux des personnes en situation de handicap. Que les obstacles à la mobilité de ces personnes soient causés par un arrêt inaccessible, un débarcadère supprimé, une terrasse ayant bénéficié d'un agrandissement ou d'autre mobilier urbain balisant les files d'attente extérieures, il suffit d'affaiblir un maillon de la chaîne de déplacement pour qu'elle se brise. Rappelons à la Ville de Montréal que l'accessibilité des transports collectifs ne se segmente pas  : elle est universelle ou elle n'est pas. TABLE DE CONCERTATION SUR L'ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE DES TRANSPORTS COLLECTIFS DE L'ÎLE DE MONTRÉAL La prévention n'est pas qu'une question d'éthique et de bon sens. C'est aussi une question économique qui vaut des dizaines de milliards de dollars. Chaque dollar investi en pré vention est payant Selon les interventions, le rendement de l'investissement varie entre 2 et 20$ pour chaque dollar investi. Avons-nous beaucoup de placement aussi payant au Québec ? Pourquoi sommes-nous si hésitants à prendre un véritable virage vers la prévention ? Au nom de la prospérité du Québec, l'Association pour la santé publique du Québec exhorte de placer la prévention et la promotion de la santé au coeur de toutes les décisions et politiques publiques. Pour son avenir, le Québec doit investir dans des actions de prévention, de promotion de la santé ainsi que dans la recherche et l'évaluation permettant notamment de détecter les problèmes de santé émergents. Donnons-nous ensemble les moyens de bâtir un projet social et économique basé sur la santé durable par la prévention. LILIANNE BERTRAND, ASSOCIATION POUR LA SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC (ASPQ) Écrivez-nous !ummumt. journalmetro.com
métr au'117, journalmetro.com Mardi 23 juin 2020 CinTlry Une « Saint-Jeanne » sans frontières Spectacle. La Fête nationale des Québécois aura assurément un visage différent cette année. Non seulement les traditionnels rassemblements sontils repoussés à l'an prochain, mais un nouvel évènement veut élargir les limites de l'identité québécoise  : la Saint-Jeanne, projet parrainé par Safia Nolin. BENOITVALOIS-NADEAU bvalois-nadeau@journalmetro.com Cette idée de « Saint-Jeanne », clin d'oeil à l'identité fluide des participants, est née de la rencontre virtuelle entre l'autrice-compositrice-interprète et son ami Philippe Marinier. La première, confinée en France, était en plein examen de conscience dans la foulée de la mort de George Floyd et de la montée du mouvement Black Lives Matter. Le second, homme queer dans la jeune vingtaine, venait de quitter son emploi, déçu de la réponse de son employeur à la lutte contre la discrimination, et cherchait à s'engager auprès de la communauté LGBTQ+. Ensemble, ils ont eu l'idée d'une Saint-Jean qui ferait une place d'honneur aux différentes communautés culturelles et LGBTQ+. La programmation du spectacle virtuel est en effet à des années-lumière de ce qu'on trouve (en temps normal) sur les plaines d'Abraham  : des artistes trans, racisés ou autochtones comme la rappeuse Backxwash, l'humoriste Tranna Wintour, la comédienne Gabrielle Boulianne Tremblay ou le musicien Jeremy Dutcher. « Le mandat de la Saint- 1 Jean devrait être de représenter les Québécois, la diversité et la beauté de notre culture. » Safia Nolin, autrice-compositrice-interprète et organisatrice de la Saint-Jeanne Kiara, fière participante de Canada's Drag Race, sera à l'animation. Le tout sera diffusé sur les pages Facebook, Instagram et YouTube de Safia demain à 20h. « La fête nationale, ça ne m'a jamais touché. Pourquoi ? Parce que les artistes qu'on retrouve sur scène, ce ne sont pas des gens qui me ressemblent ou qui viennent me chercher », admet Philippe Marinier. « Pour moi, c'est mon identité queer qui fait que je ne m'y reconnais pas, mais pour d'autres c'est la couleur de leur peau, leur statut d'immigrant ou la langue qu'ils parlent à la maison. Mais tous ces gens sont Québécois. Être Québécois, ce n'est pas qu'être blanc et parler français. » Une identité plus ouverte Le temps est donc venu de proposer une définition plus ouverte de l'identité québécoise, croient les deux organisateurs en herbe. « Mon Québec à moi est queer, racisé, militant, artistique et parfois anglophone. Ce sont des aspects qui ne sont pas représentés par la fête nationale. Et tout simplement pas représentés dans la société en général », estime Safia Nolin, née d'un père algérien et d'une mère québécoise. « Beaucoup de gens pensent que si leur définition de l'identité québécoise se colle à la majorité, c'est une bonne définition. Je pense que c'est là le problème. L'identité québécoise, c'est tout et n'importe quoi. Si tu vis au Québec, si le Québec est ta maison, alors tu es Québécois. C'est aussi simple que ça. On ne devrait pas remplir certaines cases pour se dire Québécois », soutient Philippe Marinier. « Tous les jours, malheureusement, des gens doivent choisir entre une identité et une autre. Et beaucoup ne s'identifie pas comme Québécois, parce que tout ce qu'on leur sert, à la télé, ce sont des personnes blanches, présumées hétérosexuelles et cisgenres. Il n'y a pas de place pour d'autres représentations. » Un espace « différent » Un recensement rapide de la quarantaine d'artistes qui participeront au spectacle Le Québec à l'unisson, qui remplacera les grands spectacles de la Saint-Jean cette année, permet de constater que (encore une fois) l'écrasante majorité des invités sont blancs, francophones et hétéros. Si les deux animateurs de la soirée (Ariane Moffatt et Pierre Lapointe) sont ouvertement gais, deux seulement (Gregory Charles et Corneille) sont issus de communautés culturelles, en plus de Didier Lucien, porte-parole officiel de la Fête nationale 2020. La communauté anglophone sera représentée par Martha Wainwright et Jim Corcoran, alors que l'artiste inuite Elisapie participera au discours patriotique. Les deux organisateurs assurent ne pas organiser leur Saint-Jeanne « contre » la fête nationale, mais bien pour créer un endroit pour rassembler tous ceux et celles qui se retrouvent dans leur message. « C'est un espace complètement différent, dit Philippe Marinier. On veut profiter du congé et de ce que ça signifie pour se réapproprier la Saint-Jean et créer un espace pour nous, pour les gens qui nous tiennent à coeur et ceux qu'on veut mettre de l'avant. » Les salles de spectacles indépendantes crient à l'aide Après le milieu des arts de la scène, c'est au tour des salles de concerts indépendantes de réclamer davantage de soutien des gouvernements. Il en va de leur survie, selon le mouvement canadien #SoutenezNosScènes, qui déplore que la pandémie de COVID-ig a « amplifié leur fragilité financière systémique déjà accrue ». mtrito La Saint-Jeanne regroupera une dizaine d'artistes, dont Annie Sama, Jeremy Dutcher, Anachnid et la drag queen Denim Pussy. Le spectacle sera diffusé sur le web demain, dès zoh./BONSOUND ŒildeVacances.ca vivre des souvenirs, partout. LE SITE WEB GRATUIT POUR ORGANISER SON ÉTÉ.1 HRONIQUES VIDÉOS CONCOURS BALADOS 7



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