Métro Montréal n°2020-06-17 mercredi
Métro Montréal n°2020-06-17 mercredi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-17 de mercredi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : davantage de logements à louer à Montréal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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métr journalmetro.com Mercredi 17 juin 2020 OPINIONS Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. mÉTRO DES COMPLOTS À RENDRE FOU CHRONIQUE IN LI BRO VERITAS FRÉDÉRIC BÉRARD docteur en droit et politologue « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir, mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. » Ces mots d'Hannah Arendt, brillants et justes comme toujours, m'ont récemment envahi le cortex, sous l'angle suivant  : en sommes-nous à assister, présentement, à l'irréversible rupture entre le ce TRIBUNE LIBRE Une ville cool Pilier de l'identité de notre ville, la vie nocturne forme depuis toujours un rendez-vous culturel essentiel à notre vivre-ensemble. C'est lors d'une nuit à Montréal que nous côtoyons nos amis, découvrons nos collègues de travail et peut-être même trouvons l'amour. La vie nocturne est fondamentale à notre besoin de socialisation. Les nuits de Montréal constituent également une industrie vivante formant le coeur créatif montréalais  : des concerts folk du Quai des Brumes aux shows métal du Turbohaus, en passant par les raves du Studio Notre-Dame, elles font vivre d'innombrables artistes et techniciens qui, bien souvent, produisent de la culture à l'extérieur des structures institutionnelles. C'est un secteur si important de l'identité de notre ville que lors de la dernière campagne électorale, la mairesse Valérie Plante avait pris l'engagement de nous doter d'une politique de la vie nocturne. citoyen et la démocratie ou, du moins, avec les institutions afférentes à celle-d ? Et bien qu'il serait tentant, voire rassurant de le faire, je ne réfère pas au remuage chez l'Oncle Sam ou ailleurs en Occident, mais bien à la situation du Québec. Parce que la tendance complotiste en tout genre, comique à ses balbutiements, le devient soudainement moins lorsque celle-ci infecte une partie autant appréciable de l'électorat d'une nation. rai déjà écrit ici, en citant Eco, à quel point les réseaux sociaux sont venus galvaniser la hausse de la désinformation Contrairement à d'autres grandes villes canadiennes ayant mis en place ces dernières années des infrastructures permettant d'administrer la vie nocturne, Montréal traîne toujours un retard gênant que la pandémie de coronavirus actuelle est venue aggraver. Pourtant, le 23 mai dernier, la mairesse déclarait à propos de l'été à venir  : « Il doit y avoir un élément cool [...]. Je veux qu'on se dise que ambiante, celle-là même qui fait en sorte que les complots à la sauce chemtrails, 5G, micropuces par vaccin et organisation pédo-sataniques dont font apparemment partie intégrante de maints leaders Occidentaux, sont dorénavant considérés comme crédibles, du moins partiellement, par trop de gens. « Hey Fred, juste te dire merci de vulgariser certains enjeux, mais pourrais-tu me dire si c'est vrai que le gouvernement est corrompu et sous le joug de l'OMS ? rai vu des vidéos sur YouTube et je pense que je le crois, mais je ne suis pas sûr. » Un autre, d'une personne engagée dans les hautes sphères d'un parti politique fédéral  : « Allô, t'as raison, les mesures de Legault avec le confinement et déconfinement, c'est n'importe quoi, merci de le dire. Mais pourrais-tu aussi écrire sur les complots ? » "Le problème, au-delà du potentiel comique, résidera aujourd'hui, pour le citoyen, de départager le vrai du faux." « Salut, merci, mais c'est-àdire ? » « Ben écrire sur la stratégie de Gates de nous insérer une micropuce par vaccin pour réduire la population mondiale ! » Je me suis d'ailleurs trouvé en plein coeur du débat sur le projet de loi 61 dans une curieuse posture. Initialement pessimiste quant au succès de la lutte en question, je me réjouis en réalisant à quel point ma prédiction se voulait erronée, un vaste mouvement citoyen hétéroclite et éparse en venant, pour la première fois, à s'opposer farouchement et en quasi-bloc au Montréal est cool, je veux qu'on ait envie de revenir. » Aurons-nous envie de revenir à Montréal si nos nuits « cool » se terminent à 23 heures avec la fermeture des terrasses ? Où la jeunesse pourrat-elle se retrouver, alors que les bars et les clubs de la ville resteront fermés ? Y aura-t-il un espace pour la vie nocturne cet été à Montréal ? En raison de l'interdiction des rassemblements privés, la mairesse gouvernement-chéri. Sauf que ce mouvement informel devait réunir l'ensemble des complotistes de tout acabit, lesquels voyaient manifestement dans le PL61 la confirmation supplémentaire de leurs appréhensions les plus folles (et c'est le cas de le dire). C'est ainsi que Lucie Laurier devait partager avec passion... mes petites vidéos ou chroniques sur le sujet. Plus on est de fous, plus on s'amuse, non ? Reste que le problème, au-delà du potentiel comique, résidera aujourd'hui, pour le citoyen, de départager le vrai du faux La crédibilité des médias traditionnels ayant chuté dans l'estime populaire au profit du faitesvosrecherches.com, pente glissante s'accélérant sans cesse, comment faire afin de remettre le dentifrice dans le tube ? Bien sûr, le tout serait fort probablement plus aisé si certaines institutions ne venaient pas devrait fournir des espaces de socialisation pour que les montréalais-es puissent profiter des nuits estivales. La ville devrait innover en s'appuyant sur des mesures exceptionnelles qui rendront la vie nocturne possible cet été. Mme Plante pourrait transformer des zones industrielles en espaces de socialisation nocturne, où camions de rue et grandes tables qui respectent la distanciation pourraient très bien vivre au-delà de 23h, en extérieur, sans créer de nuisances. Elle pourrait mettre fin au « sandwich avec la bière » et légaliser la consommation d'alcool dans les parcs et dans certains endroits publics, comme à Vancouver et Toronto. Elle pourrait faire pression pour que Québec permette aux bars la vente pour emporter, comme en Ontario. L'absence d'une telle mesure dans le projet de loi 61 relève d'une insulte à une industrie de 1,5 M$ en retombées économiques et 30 000 emplois. Enfin, elle pourrait permettre la diffusion de musique amplifiée dans certaines zones de certains parcs de la ville le jour, pour compenser la perte des lieux de diffusion culturelle. Faute d'espace pour s'exprimer, entretenir davantage le sentiment populaire de trahison des élites gouvernementales et autres. Pour preuve, la récente sortie de l'Institut économique de Montréal sur les politiques de confinement du gouvernement québécois, entretenant encore davantage l'idée que celui-ci aurait tenté, sur la base d'une seule étude par ailleurs erronée, d'étouffer l'activité économique de la province. Comme l'explique Alexandre Blanchet, PhD et leader de la recherche quantitative à la CREVAJ  : « on remarquera d'ailleurs que l'IEDM n'essaie même pas de démontrer la chose. Ils l'affirment et on est censé gober ça comme si ça tirait de l'évidence. Sauf que le narratif est absurde. Aucun pays ne s'amuse à fermer toute son économie du jour au lendemain sur les bases d'une seule étude. » De quoi rendre fou. Bien vu, Hannah. les noctambules ne disparaîtront pas pour autant. Ils seront plutôt poussés à transgresser les règlements de la Santé publique en se tournant vers des espaces qui ne les respectent pas ; ils causeront peutêtre des nuisances en s'appropriant des lieux qui seront mal adaptés à ces usages. Il est déplorable que Montréal soit devenue moins cool et permissive que d'autres grandes villes canadiennes. La mairesse doit corriger le tir. Le dernier Conseil de ville ayant eu lieu lundi dernier et rien n'y ayant été prévu pour intégrer la vie nocturne dans le plan de relance culturel estival, Montréal se couchera donc à 23h cet été, avec la fermeture des terrasses et des parcs. À quand une classe politique qui se soucie réellement de la vie nocturne, moteur essentiel de notre identité et de notre réputation internationale ? C'est ça qui rendra notre ville si « cool ». 6 LES MEMBRES DU CONSEIL DE NUFE DE MTL 24/24 Écrivez-nous ! omnium@ journalmetro.com
métr 117, journalmetro.com Mercredi 1.7 juin 2020 7 Pas si cute, le mignon Littérature. Inoffensifs, les vidéos de chats sur le web ? Moins qu'on le pense, prévient l'historien de la photographie Vincent Lavoie dans son essai Trop mignon ? Mythologies du cute. Employée à des fins de propagande, oppressive à plusieurs égard et incitant à la violence, la culture du cute ne l'est finalement pas tant que ça. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journaimetro.com dl y a une ambiguïté fondamentale à la mignonnerie, déclare d'emblée en entrevue l'auteur, également professeur en histoire de l'art à l'UQAM et directeur du centre de recherche Figura. Des images en apparence totalement innocentes, ludiques, produites pour le simple divertissement recouvrent parfois une violence ou des ambivalences assez sérieuses. » Le constat semble lourd a priori. Après tout, on ne parle que d'irrésistibles chatons, d'adorables personnages de dessins animés ou encore de bébés joufflus beaux à croquer. Mais justement, cette irrépressible envie de mordiller la jambe potelée d'un nouveau-né en dit long sur les pulsions de violence que suscite le mignon, affirme Vmcent Lavoie. « D'où le titre de l'ouvrage, Trop mignon ? dit-iL Le "trop" a un sens. D'abord, est-ce qu'il y a trop d'images comme celleslà ? Le "trop", c'est aussi notre réaction excessive lorsqu'on regarde ces images. Il renvoie à l'idée d'une limite atteinte. Ces réactions semblent exprimer le contraire que serait censé susciter l'image ou l'objet en question. » Outre cette ambivalence que suscite tout ce qui est cute d'un point de vue psychologique, ces images sont souvent utilisées « Ces images sont une source d'enseignement. Elles ont plus de profondeur qu'on l'avait pressenti au premier abord. » Vincent Lavoie, historien et professeur à des fins d'endoctrinement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses photos de soldats flattant des chats ont été captées et diffusées, tant du côté des Alliés que de l'Axe. Le Tumblr Nazi With Cals en recense. « Tout au long de l'histoire du XXe siècle, on a utilisé les animaux juvéniles, ceux qu'on trouve mignons et qui peuvent nous attendrir, comme une sorte de contre-pouvoir ou de masque à la violence du fait militaire », soutient Vmcent Lavoie. Plus récemment Daesh a repris et adapté cette formule avec le mot-clic #catsoiliad, montrant de mignonnes petites bêtes aux côtés d'armes à feu. dis utilisent précisément ce qu'on aime — les chatons — et le mettent en scène dans un cadre militaire pour humaniser et modifier notre perception du djihadisme », analyse l'auteur. À une autre échelle, Joe EXOtic, la vedette de la populaire série documentaire Tiger Ring, s'est prêté au jeu en se faisant photographier abondamment avec des bébés tigres dans les bras. Il purge actuellement une peine de 22 ans de prison pour complot pour meurtre et maltraitance d'animaux. Le côté sombre du mignon Notre obsession pour le mignon existe depuis bien avant l'arrivée des gifs et des mêmes mettant en vedette Atilla Fluff, Happy Cat, Grumpy Cat ou Lil Bub, ces stars félines du web. Dès 1913, la bande dessinée Krazy Kat faisait un tabac dans les journaux américains. « Addictif, court et ludique, Krazy Kat se présente comme l'ancêtre des vidéos animalières comiques », écrit Vincent Lavoie dans son essai. n'y a pas que les chats qui sont mignons  : une célèbre souris a conquis le coeur de générations d'enfants grâce aux traits juvéniles que lui a donnés son créateur, Walt Disney. L'apparence de Mickey Mouse s'est arrondie au fil des ans, lui conférant un air plus infantile. Cette transformation n'est pas anodine puisqu'elle susciterait davantage d'empathie et de bienveillance envers le personnage. C'est du moins ce qu'a conclu le biologiste autrichien Konrad Lorenz en établissant une charte de la mignonnerie nommée « Kmdchenschema », ou le « schéma enfant ». Le principe est simple  : plus une personne a des attributs physiques s'apparentant à un jeune enfant — grands yeux, formes arrondies, etc. —, plus on a l'instinct de la protéger. « Façon de dire que notre progéniture a intérêt à être mignonne si elle veut qu'on s'occupe bien d'elle ! » rigole l'historien. En plus du fait que cette théorie a été développée en plein nazisme par un scientifique membre du parti, il est troublant de constater que ces caractéristiques physiques associées à l'innocence et à la vulnérabilité se muent en critères d'attirance sexuelle lorsqu'on les trouve chez les femmes, ce qui va à l'encontre du féminisme, souligne l'auteur. Refuge aux horreurs On ne regardera plus les vidéos de chats sur Internet comme avant après avoir lu Trop mignon ! Mais Vincent Lavoie ne condamne pas pour autant ce divertissement associé à un plaisir simple et immédiat. En cette période angoissante marquée par la pandémie de la COVID-19, ces contenus peuvent servir de refuge « aux microagressions du quotidien », souligne l'expert. « Quelles sont les autres images qui nous assaillent et nous sollicitent ? Ce sont souvent des images d'actualité qui sont le reflet d'une société faite d'affrontements. Avec les vidéos de chatons, on peut sans problème — et c'est même requis — suspendre tout effort analytique et s'abandonner pendant quelques instants, parfois plus longtemps ! » Des artisans du Cirque du soleil impayés Des artisans du Cirque du Soleil attendent toujours d'être payés pour du travail effectué avant que n'éclate la crise du coronavirus. Hier, une trentaine d'entre eux se sont réunis dans le Vieux-Port pour monter un chapiteau symbolique. Au total, ce sont 115 personnes qui réclament une somme de 1,5 M$. rem Un chapitre de Trop Mignon ! Mythologies du cute est consacré à Lit Bub, cette chatte naine souffrant d'ostéopétrose devenue une véntable vedette et décédée en décembre dernier. L'essai est publié aux éditions Put/GETTY Guide Vacances.ca où ALLER, "'Quoi FAIRE, OU MANGER, QUOIMISITERL où I5'AMUSER ? LE SITE WEB GRATUIT POUR ORGANISER SON ÉTÉ CHRONIQUES VIDÉOS CONCOURS BALADOS ivrees souvenirsartout



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