Métro Montréal n°2020-06-11 jeudi
Métro Montréal n°2020-06-11 jeudi
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-06-11 de jeudi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Médias Transcontinental S.E.N.C.

  • Format : (279 x 286) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : grogne autour du plan estival.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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métr journalmetro.com Jeudill juin 202o 6 CIPINIO> TRIBUNE LIBRE Lettre au ministre des services aux autochtones Vous avez exprimé votre indignation concernant le récent « contrôle de bien être » de la police d'Edmundston sur Chantel Moore, qui a conduit la police à tirer sur ChanteL Nous Native Women's Shelter of Montreal, Résilience Montréal, Femmes Autochtones du Québec et l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador sommes également indignées. Pourtant, une partie de notre indignation vient de notre conscience de la fréquence avec laquelle la police utilise une violence extraordinaire pour intervenir dans des situations impliquant des Autochtones. Un incident profondément troublant s'est récemment produit dans votre propre quartier, à moins de 800 mètres de votre bureau de circonscription. Le 3 mai dernier, au Square Cabot, à Montréal, alors qu'une femme issue d'une Première Nation, visiblement en Un Collège qui innove pour le bien du public Cette semaine, le Collège [des médecins du Québec] lance une nouvelle interface dans son site Web qui permettra à tout citoyen de consulter en ligne les décisions disciplinaires rendues depuis le 1er janvier 2019 et d'obtenir de l'information sur les antécédents disciplinaires d'un médecin avant cette date. Les décisions disciplinaires sont de nature publique, et le Collège a toujours permis l'accès à ces renseignements. Jusqu'à maintenant, la transmission d'informations au sujet du dossier disciplinaire d'un médecin s'effectuait principalement par téléphone. Depuis plusieurs années, nous recevions des commentaires de personnes qui ne savaient pas comment procéder ou qui trouvaient la démarche ardue. En réponse à ces commentaires du public, nous envisagions un projet de plateforme de consultation depuis un moment déjà. C'était avant la survenue de deux éléments déclencheurs qui allaient grandement nourrir notre réflexion. détresse psychologique, nécessitait un transport en ambulance afin de recevoir des soins hospitaliers d'urgence. Ce sont plutôt plusieurs véhicules et 17 policiers du SPVM qui ont été les premiers répondants, appuyés par l'escouade canine, dans l'attente d'une ambulance. S'agit il également d'un contrôle de bien-être ? Est-ce le genre de « bien être » que les peuples autochtones du Canada devraient s'attendre de la police en temps de crise ? Nous posons cette question, mais nous connaissons la réponse partout au Canada, les Autochtones sont terrifiés par la police, car lorsque nous appelons à l'aide, ils nous viennent rarement en aide ou lorsqu'ils viennent, ils appliquent une force excessive, y compris, bien trop souvent, une force mortelle au lieu de la communication, de la désescalade et d'une résolution non violente. Il n'y a aucune hyperbole dans cette déclaration c'est une évaluation aussi juste et précise que l'on peut faire en tant qu'Autochtones qui ont vu ces événements se dérouler avec une constance implacable et démoralisante pendant des décennies. Nous sommes outrées par cette intervention ! Comment pouvons nous protéger les femmes autochtones de la police chargée de les « servir » et de Une année décisive L'année 2019 a marqué un tournant au collège. D'une part, il s'y est tenu une grande consultation à l'interne, menée par la direction générale. Tous les employés ont eu la chance de s'exprimer sur ce qui allait bien ou moins bien dans leur milieu de travail et sur ce qui pouvait être amélioré. La volonté de rendre plus accessibles les décisions disciplinaires a constitué l'une des recommandations phares issues de cette consultation auprès des employés. D'autre part, cette année fut également marquée par une autre démarche de consultation, menée à plus grande échelle et dans laquelle je me suis personnellement investi. Dans le cadre de cette vaste consultation publique, près de 3000 personnes ont pu exprimer leur perception du Collège des médecins, au moyen d'entrevues et de sondages. Je ne vous le cacherai pas, j'ai entendu et lu beaucoup de choses qui m'ont interpellé durant cette année de consultation. Une chose qui m'a particulièrement frappé fut la méconnaissance de notre mandat de protection du public et de nos actions. Lors de la consultation, les gens me disaient  : « On connaît le collège, mais que fait- Faites-nous découvrir votre Montréal ! Photographes, à vos appareils ! Courez la chance de voir votre cliché publié dans les pages Opinions de votre journal favori... Faites-nous parvenir vos photos de la ville à opinions@journalmetro.com. MÉTRO les « protéger » ? Chaque femme autochtone en crise ou ayant besoin d'une aide médicale a-t-elle besoin d'un intervenant pour assurer sa sécurité face à la police ? L'Assemblée des Premières Nations Québec-labrador (APNQL), Femmes Autochtones du Québec (FAQ), Native Women's Shelter of Montreal et Résilience Montréal se sont unis pour défendre la cause de cette femme crie. [...] Monsieur le ministre Miller, pour répondre à leur silence et à la déclaration déconcertante de M. [François] Legault, permettez nous de vous poser une question non rhétorique  : combien de personnes autochtones doivent être harcelées, agressées ou tuées avant que la police et les gouvernements aux niveaux municipal, provincial et fédéral il au juste ? » Or, comment le public peut-il se sentir adéquatement protégé s'il ignore ce que notre organisme fait réellement pour assurer sa protection ? Je trouvais ce constat particulièrement préoccupant. En outre, il est ressorti de cette consultation que la population et les médecins associaient peu le collège à des valeurs d'innovation et de transparence. La question n'est pas de savoir si ces perceptions sont exactes ou non, mais le simple fait qu'elles aient été exprimées justifie la nécessité de s'y attarder. Mieux informer pour tisser la confiance Nous travaillons pour le public et avec les médecins, et nous devons ne s'engagent à rendre des comptes ? Nous comprenons votre indignation à la nouvelle de la mort de Chantel Moore, mais nous voulons plus que de l'indignation ; nous avons besoin d'action. Nous pensons que dans votre situation privilégiée, vous pourrez inviter des gouvernements de juridictions différentes à une discussion nationale sur la responsabilité des forces de police envers les peuples autochtones. Le gouvernement du Canada et ses provinces ont des obligations internationales envers la sécurité des peuples autochtones, et plus particulièrement envers les femmes et les enfants. Cette situation récente s'inscrit dans un continuum historique de violence policière envers les femmes autochtones du Québec. Récemment, des femmes autochtones de Val-d'Or ont dénoncé de nombreux abus commis par des policiers ; des abus sexuels, de l'intimidation, de la force excessive et des « cures géographiques ». Le gouvernement du Québec a lancé une enquête provinciale nommée la « Commission Viens » ou la CERP. L'enquête a également entendu des témoignages d'interventions inappropriées et excessives des forces de police envers les peuples autochtones dans différentes villes du Québec, dont le SPVM de Montréal. Cependant, le rapport de obtenir la confiance de l'un comme des autres pour exercer adéquatement notre mission. Une grande majorité de médecins québécois exercent leur profession de façon exemplaire, et notre but n'est pas de créer un sentiment de peur chez nos membres en rendant les décisions disciplinaires plus facilement accessibles. Offrir un accès simplifié à de l'information qui permettra de mieux outiller le public pour faire des choix éclairés, voilà qui touche le coeur même de la responsabilité du collège. C'est en empruntant cette voie qu'il sera possible d'établir les ponts nécessaires pour renforcer nos liens avec la population. l'enquête CERP a été reçu avec beaucoup de déception et de colère, car aucune recommandation de redressement n'a été adressée aux forces de police provinciale du Québec. Encore un silence ! Il semble que les violences policières envers les femmes autochtones au Québec ne suscitent pas beaucoup d'indignation envers nos autorités. Alors que nous appelons à l'action, nous vous invitons à consulter le mémoire des femmes autochtones du Québec déposé devant l'ENFFADA qui portait spécifiquement sur les abus des forces de police du Québec et les actions qui sont nécessaires pour réparer la relation brisée entre les forces policières et les femmes autochtones et pour adresser les abus de la police envers nos femmes. Si votre expression d'indignation était profonde et honnête, nous espérons qu'elle alimentera de sérieux changements dans la relation entre la police et les Autochtones, contrairement à ce que nous avons vu jusqu'à présent. Nous serions très heureuses de vous soutenir dans cette initiative. L'heure du changement a sonné ! CHEFFE ADRIENNE Oak «, CO-PORTE-PAROLE FEMMES ÉLUES DE L'APNQL, ET TROIS AUTRES ÉLUES Un premier pas vers le Collège de demain Le lancement de cette interface Web d'accès aux décisions disciplinaires marque un premier jalon dans ce passage à l'action après une année de consultation. ri s'agit d'un premier grand trait pour dessiner le collège de demain. La planification stratégique, qui découlera notamment du rapport de la consultation publique menée en 2019, sera dévoilée à l'automne prochain, et amènera d'autres changements et initiatives. Mon souhait serait que d'ici quelques années, lorsqu'on demande au public ou aux médecins ce qu'ils pensent du collège, les mots qui jaillissent spontanément soient  : transparence, innovation, ouverture, intégrité. Je suis convaincu que nous parviendrons à réaliser ce grand virage vers un collège qui inspire la confiance du public et des médecins et ce, toujours pour le bien de notre société. MAURIL GAUDREAULT, PRÉSIDENT, COLLÈGE DES MÉDECINS DU QUÉBEC Écrivez-nous ! opunugne ! journalmetro.com
journalmetro.com métr 117, Jeudi Ji juin 2020 7 CIMTri" Le film Antigone a triomphé hier soir lors de la remise des prix I riS./CAFFURE D'ÉCRAN Les habitués prêts à retourner au Quartier des spectacles La majorité des visiteurs réguliers du Quartier des spectacles sont prêts à y retourner pour des activités culturelles une fois les mesures de confinement levées, indique un sondage de la firme Léger publié hier. Au total, ce sont 6o% des habitués qui se disent prêts à retourner prochainement dans le quartier culturel du centre-ville. mfrrRo Sophie Deraspe, héroïne des prix Iris Cinéma. Antigone de Sophie Deraspe s'est mérité les grands honneurs hier soir lors d'une remise des prix Iris atypique qui a par moments eu des airs de discussion Zoom cacophonique, pandémie oblige. MARIE-LISE ROUSSEAU mirousseau@journalmetro.com L'équipe d'Antigone repart avec six prestigieuses statuettes, dont celles du Meilleur de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario à Sophie Deraspe, ainsi que celle de la Révélation de l'année pour Nahéma Ricci, qui crève l'écran dans le rôle-titre. « Merci à ma mère et merci à ma grand-mère, qui m'ont donné le privilège de rêver devenir actrice un jour », a dit la jeune lauréate. La réalisatrice a établi des parallèles entre la tragédie « deux fois millénaire » qu'elle a adaptée, qui porte sur « une jeune héroïne qui se bat contre l'injustice du système », et cette même injustice mise de l'avant par le mouvement mondial contre les brutalités policières, qui a lieu dans la foulée du meurtre de George Floyd. « C'est quelque chose qui nous concerne tous », a-t-elle dit. Adaptation moderne de la tragédie grecque de Sophocle, Antigone met en scène une adolescente d'origine kabyle qui, armée de ses convictions et d'une force de caractère sans pareil, se dresse seule face à l'injustice subie par son frère. Le scénario s'inspire de l'affaire Villanueva. « C'est une histoire d'empathie, de solidarité et d'amour », a déclaré Sophie Deraspe lors de son premier discours de remerciement. En tête des nominations de la soirée, le très beau film 11 pleuvait des oiseaux de Louise Archambault a été sacré du Prix du public, en plus de récolter les deux Iris d'interprétation pour un premier rôle, décernés respectivement à Andrée Lachapelle (à titre posthume) et à Gilbert Sicotte, tous deux bouleversants dans les rôles de Marie-Desneige et de Charlie. L'acteur a d'ailleurs remercié sa « belle et tendre partenaire de jeu » en ondes. La fille d'Andrée Lachapelle, Nathalie Gadouas, s'est dite émue  : « Je pense que maman serait absolument ravie et heureuse d'avoir remporté ce prix » Avec raison, elle a mentionné que ce rôle a permis à sa mère de « finir sa carrière en beauté ». D'abord omis de la sélection pour l'Iris du Film s'étant le plus illustré à l'extérieur du Québec, Matthias & Maxime a finalement été vainqueur dans cette catégorie. Le film de Xavier Dolan, qui était en sélection officielle à Cannes l'an dernier, s'est également mérité un prix d'interprétation, décerné à Micheline Bernard, ainsi que l'Iris de la Meilleure musique originale, signée par le pianiste Jean-Michel Biais. Ce dernier a remercié le compositeur Schubert, « une grosse inspiration ». Le vingtième siècle, long métrage éclaté et atypique de Matthew Rankin portant sur l'ascension du premier ministre canadien Mackenzie King, s'est quant à lui mérité la plupart des prix techniques, notamment pour sa direction artistique, ses costumes, ses maquillages et ses coiffures. Rappelons que cette édition des prix Iris était historique, non seulement en raison du contexte inédit de son déroulement, mais aussi grâce à l'importante représentation des femmes cinéastes parmi les nommés. Les joies du direct Ce gala est le premier du Québec à se tenir en pleine pandémie de la COVID-19. L'équipe de Québec Cinéma a réussi à créer un événement sympathique et rythmé, malgré plusieurs problèmes de son durant la première partie. On osera même écrire que la cérémonie était plus plaisante que ses éditions précédentes. La remise de prix s'est déroulée en deux temps. En premier lieu, un « gala sur le sofa » animé par Elise Guilbault, Guillaume Lambert et Mani Soleymanlou (qui s'est « réin- venté » en animateur de gala) s'est tenu en ligne dans une ambiance bon enfant Vingtquatre prix y ont été remis. Comme il fallait s'y attendre, des problèmes techniques ont ponctué cette diffusion en direct, dont un fâcheux en tout début de soirée, alors qu'on entendait l'équipe en régie parler par-dessus le discours d'ouverture de Ségolène Roederer portant sur le très sérieux enjeu de la diversité sur nos écrans. À ce sujet, la directrice de Québec Cinéma s'est engagée à « poursuivre le travail » afin que les personnes afrodescendantes soient mieux représentées. Durant cette partie, on a souvent eu l'impression de prendre part à une discussion Zoom étourdissante, avec des gens qui se coupent la parole involontairement et plusieurs décalages sonores. À cet égard, on salue Micheline Bernard, première lauréate de la soirée, qui n'a pu faire ses remerciements qu'à la fin du premier segment. « Je pense que Infoman a du stock pour au moins trois saisons ! » a blagué Guillaume « C'est encourageant  : on s'en va vers une autre ère où les portes sont ouvertes pour nos jeunes, afin qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent. C'est possible. » Alanis Obomsawin, récipiendaire de l'Iris Hommage, au sujet des progrès dans [es relations entre autochtones et allochtones Lambert plus tard dans la soirée. Heureusement, le trio d'animateurs a compensé avec sa répartie et son autodérision. Ce même trio nous a aussi offert le moment le plus touchant de la soirée par leurs hommages sentis aux disparus de l'année. Chacun a partagé des souvenirs personnels vécus avec Monique Mercure, Claude Lemieux, Michelle Rossignol et Andrée Lachapelle. Autre grand moment  : la présence de la prolifique documentariste abénakise Alanis Obomsawin, récipiendaire de l'Iris Hommage, qui a été décrite avec justesse par Mani Soleymanlou comme une « femme de parole, de coeur et d'action ». L'inspirante réalisatrice qui, depuis le début de sa carrière, braque sa caméra sur les injustices vécues par les peuples autochtones a salué les progrès accomplis à cet égard. On a également apprécié sa discussion tout sourire avec l'animateur Jean-Philippe Wauthier dans la deuxième partie du gala, tenue lors du talle-show Bonsoir, bonsoir ! sur Id Radio- Canada Télé, dans une facture, nettement plus soignée que la portion web. L'animateur était accompagné de Christine Beaulieu et de Paul Houde pour remettre les quatre derniers prix de la soirée, dont celui du Meilleur film Fidèle à lui-même, celui-ci a présenté quelques amusantes statistiques sur le cinéma québécois sous forme de quiz. Et il a peut-être même convaincu le cinéaste Jean-Marc Vallée de lui donner un rôle dansC.RAZ.Y. 2 ! Et les gagnants sont  : Meilleur film Antigone (Sophie Deraspe) Meilleure réalisation Sophie Deraspe (Antigone) Meilleur scénario Sophie Deraspe (Antigone) Meilleure interprétation féminine Andrée Lachapelle (Il pleuvait des oiseaux) Meilleure interprétation masculine Gilbert Sicotte (Il pleuvait des oiseaux) Meilleure interprétation féminine (rôle de soutien) Micheline Bernard (Matthias & Maxime) Meilleure interprétation masculine (rôle de soutien) Sergio Castellitto (Mafia Inc.) Révélation de l'année Nahéma Ricci (Antigone) Meilleur premier film Sympathie pour le diable (Guillaume de Fontenay) Meilleure direction photo Yves Bélanger (14 jours 12 nuits) Meilleure musique originale Jean-Michel Biais (Matthias & Maxime) Meilleur film documentaire Xalco (Hind Benchekroun et Sami Mercier) Meilleur court métrage (fiction) Juste toi et moi (Sandrine Brodeur-Desrosiers) Meilleur court métrage (animation) Physique de la tristesse (Theodore Ushev) Film s'étant le plus illustré à l'extérieur du Québec Matthias & Maxime (Xavier Dolan) Prix du public Il pleuvait des oiseaux (Louise Archambault) Prix Hommage Alanis Obomsawin



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